ESP ALT
A la fui (lu vie siècle, du temps de Grégoire de Tours, le premier historien qui en fasse mention , la ville du Puy, ou mieux d'Anis ( Aniciutn) , n'existait pas encore. Cette dénomination s'appliquait à une montagne où domina ensuite la ville d'Anis, appelée aujourd’hui Le Puy, mot dérivé, comme il a déjà été dit dans le cours de cet ouvrage, de l’aquitain puich ou pueeh , signifiant hauteur, éminence. Dès son origine, nous voyons la ville du Puy ou d'Anis, située dans le Velay, se montrera nous sous la dépendance de ses évêques, parmi lesquels nous comptons onze saints. L’époque précise de la fondation de ce siège épiscopal est fort douteuse, et c’est à peine si nous connaissons les noms des évêques du Velay
I. Chronique en vers de Bertrand Du Guesclin , par Cuvelier, trouvère du nv» siècle, publiée par M. Cbarrière. — Francisque Michel , Chronique en prose de Bertrand Du Guesclin, collationnée sur l'édition originale du xv? siècle, avec une notice bibliographique et des notes. — Lcfehuru, Anciens mémoires du xive siècle sur Berland Du Gue«c/tn, t. -I de la collection Michaud et Poujoulat. — Louis Paris, Chroniques de Saint -Denis. — Chroniques de Froib&irl. — D’Argentré, Histoire de Bretagne. — Dora Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire de Bretagne, t. 11. — Histoire générale de t^inguedoc, par dont Vaisselle. — Vie de Charles V, par le Laboureur. — Yillarel, Histoire de France. — Henri Martin , Histoire de France. — De Fretniuville, Histoire de Du Guesclin. — Annuaire Dtnanna»*.
qui
mai
mo
mit
lés
sait
Évt
(or
ou
Sel'
lavi
car
celi
n’él
con
sert
Ad.
dai
res
on
inc
po<
fat
fo
ch
roc
ttl(
à l< lié,
Ur
le,
et I rev Km
lie.
dw
du
rac
eti
' • -, ' • i LE PII Y EN VELAY. • . * 515
qui t out occupé antérieurement au vi* siècle. Les deux historiens de cette église, Gissey et Théodore, rapportent , il la vérité, plusieurs circonstances de leurs vies; mais ils ne se fondent que sur des bréviaires ou des légendes d'une autorité trop moderne , et par cela même très-contestable. Ils donnent à cette église pour premier évêque saint Georges, qu'ils font disciple de saint Pierre, et dont l'église collégiale de son nom, dans la ville du Puy, conserve les reliques. On cite, après lui, saint .Marcellin et saint Paulior, et l'on veut que le successeur de celui-ci , saint Évode, vulgairement nommé Voisy, ail transféré , soit au nr, soit au vT siècle (on est loin d'être d'accord à ce sujet) , le siège épiscopal , placé alors à Ruessium ou Y alla vu , datas Yelluvonim , depuis Saint-Paulier, dans la ville d' Anicium. Selon une nuire version , cette translation ne s'opéra qu'entre les années 877 et 919, par les soins de l’évêque Norbert, qui, à cette occasion, transféra de Yallava au Puy les reliques de saint Georges et de saint Marcellin.
Quoi qu'il en soit , les commencements de la ville du Puy durent être difficiles, car il ne parait point quelle se soit constituée dans un intervalle moins long que celui qui s'étend de la fin du x' siècle aux premières années du xir. Anicium n'était encore qu’un bourg, dont le domaine appartenait aux ducs d'Aquitaine, comtes particuliers du Vclay, lorsque le roi Itaoul donna, le 8 avril 921, du consentement de l'un d'eux, Guillaume II ou III , son vassal , à l'évêque du Velay, Adalard, le bourg contigu à l'église de Notre-Dame du Puy, avec toutes scs dépendances, savoir: les droits de télouée ou de douane (leloneitm) , de marché, de ressort et de monnaie. L'évêque du Puy jouit donc, dès lors, des droits régaliens; on ne saurait affirmer pourtant qu'Adalard ait le premier battu monnaie; un fait incontestable, c'est que scs successeurs firent frapper des sous qu'on appela 1 porlirtues. La charte de Raoul fut confirmée, en 955, par le roi Lothaire, en faveur de l’évêque Gotescalc qui s’était rendu auprès de lui, à Laon; et, en 113V, par Louis-le-Gros, dont le diplôme, daté d'Orléaus, confond pour la première fois Anis ( Anicium ) avec Le Puy et le qualifie de cité. Louis-le-Gros, dans cette charte, donna en outre le château de Corneille à l’évêque Humbert ; mais il n’y mentionna, pas plus que ne l'avaient fait les rois Lothaire et Raoul, le comté même de Velay, ce qui prouve que les évêques du Puy ne Punirent pas de si tôt i leur domaine. S'il faut en croire quelques auteurs, ils ne relevaient que du saintsiège, depuis 998, par privilège accordé à l'évêque Théotard ; ce n'était que plus tard , en 1051 , que le pape Léon IX avait joint à cette prérogative celle de porter le pallium.
L'église de Notre-Dame du Puy possédait déjà un grand renom de sainteté, et les fidèles y accouraient de toute part. Le très-pieux roi Robert la visita eu revenant de Rrioude ( 1229). L'évêque Aymar de Montcil força le vicomte de l’olignac à se désister de scs prétentions sur elle ( 1087) ; de manière que le pouvoir des prélats s'accrut successivement d'une infinité de dotations, émanées de la dévotion superstitieuse de l'époque , et des concessions de plusieurs places fortes du Velay (1169). Louis-le-Jcune fut le premier roi de France, de la troisième race, qui leva un subside dans la cité du Puy, où il était venu deux fois (1138- 1146). Cette ville avait reçu dans ses murs les papes l’rbain II (1095), Gélase I! et Calixte H, sou successeur (1118), Alexandre lt (1162) et Alexandre. III (1165 .
LANGUEDOC
Il s'y était tenu un concile (ll.'tO), dans lequel Innocent II lut unanimement reconnu pape, et Anaclet, son compétiteur, excommunié; et, quand l'hérésie des Albigeois devint inquiétante, un légat du pape Alexandre III y eu réunit un nouveau (1381), pour la combattre. Il serait trop long d'énumérer tous les roi», princes ou seigneurs, toutes les reines et toutes les grandes dames, tous les pèlerins et autres de toute condition, de tout sexe.de tout fige, que la réputation de la sainte Vierge du Puy y amenait en foule ; nous nous contenterons de dire qu'il y eut, en 1 ’iOG , le jour de l’Annonciation , à cause de la simultanéité de cette fête avec le Vendredi-Saint et de l’indulgence particulière qui y était attachée , un tel concours de pèlerins a Notre-Dame du Puy, qu’on lie compta pas moins de deux cents personnes étouffées dans cette prodigieuse affluence.
Avant d'entreprendre le voyage de la Terre-Sainte, le roi Philippe- Auguste s'avança jusqu'au Puy pour invoquer le secours de la Vierge et la rendre favorable à son entreprise (1188). Quelques années après commencèrent, entre l’évêque du Puy, Itobert de Mrhun, et les habitants de cette ville, des démêlés dans lesquels le roi intervint au profit de l’évêque, qui périt bientôt assassiné, à Saint-Germain, par un certain Bertrand de Cares, qu'il avait excommunié. Plus tard, les habitants cherchèrent de nouveau à se soustraire h la puissance temporelle de leur prélat ; mais celui-ci, étayé de l'autorité royale, finit toujours par les mettre à la raison ( 1219-1236). Saint Louis eut une entrevue au Puy avec Jacques, roi d’Aragon, et y séjourna trois jours à son retour de la Palestine; il reçut le droit de gîte de la part îles bourgeois, de l’évêque et du chapitre ( 1253-1255 ). Cependant une déplorable sédition agita Le Puy, an sujet de quelques soldats qui avaient pillé la campagne des environs. Deux officiers de justice périrent victimes de l'exaspération populaire, et, à cette occasion, la commune resta privée | fendant longtemps de son consulat et de ses franchises (1277). Philippc-lc-Hardi et Philippe-le-Bel s’arrêtèrent aussi au Puy, l'un, en 1283, l’autre, en 1285. L’évêque, Jean de Cuménis, figura au nombre des prélats qui soutinrent ce dernier prince contre le pape Boniface VIII, et en appelèrent au prochain concile des entreprises du saint-siège (1283-1285-1313).
Pendant la captivité du roi Jean, les habitants du Puy prirent les armes et arrêtèrent les courses des Anglais près de Clermont (1359). Charles VI, dans l’espoir d'obtenir quelque adoucissement à ses accès de démence, entreprit deux pèlerinages au Puy, où il toucha les écrouelles. Le même roi fixa à six le nombre des consuls de la ville, et ne trouvant pas sans doute que la couleur de leurs robes, manteaux et chaperons fût de bon goût, il ordonna que désormais, au lieu d'être faits de drap bleu, péri, ils le seraient d’écarlate ( 1389-1395). Au commencement du siècle suivant, les seigneurs du Vêla y eurent à lutter à la fois contre les Anglais et contre le duc de Bourgogne. Ils s’enfermèrent dans la ville du Puy que le duc avait essayé de surprendre , espérant que sa soumission entraînerait celle du Vivarais et du Gévaudan. Leur résistance découragea les assaillants, commandés par le prince d’Orange (1519). Peu de temps après , le dauphin, depuis Charles VII, ayant fait son entrée nu Puy, après avoir soumis le Languedoc, créa chevaliers tous ceux qui s'étaient distingués contre les Bourgui-