‹ Histoire des villes de FranceChapitre 88 sur 137 · PRIVAS · texte numérisé non relu

PRIVAS

sédéc le long du Rhône. Le siège en avait duré dix jours ; il y périt de part et d’autre un grand nombre de personnages de distinction. Le roi sauva, dit-on, la plupart des femmes, mais il livra la ville au pillage, et ses troupes l'ayant incendiée, elle fut entièrement brûlée. Non content de cette terrible vengeance qui aurait dû lui suffire, il fit pendre cent des principaux prisonniers et en envoya cent autres aux galères. On confisqua tous les biens des habitants de Privas, sans préjudice des autres peines qu’ils encoururent. L'emplacement «le la ville fut donné en propriété au sieur de Chyliane-Lestrange , et le roi fil défense de la rebâtir sans son autorisation. I.es malheureux Privadois restèrent ainsi sans asile, sans pain, et furent réduits à errer dans les montagnes voisines. Toutes les fortifications de la place furent démolies ; on ne conserva que le fort de Toulon , dont le commandement fut confié au sire de Chyliane-Lestrange.

Ce gentilhomme, depuis la prise de Privas, était devenu le seigneur le plus puissant du Vivarais. Enflé de sa grande fortune , il eut l'imprudence d'entrer dans la coalition formée par le duc de Montmorency contre le cardinal de Richelieu , et de soulever le pays. Le maréchal de La Force, qui se trouvait nu Pont- Saint-Esprit avec l’armée royale, envoya d'abord contre lui quelques troupes auxquelles on réunit les Privadois sans asile qui brûlaient de se venger de leur ancien seigneur, auteur de tous leurs maux. Celui-ci se vit bientôt assiégé par l'armée royale dans les murs de Tournon-lés-Privas où il s’était renfermé ( 1632). Blessé après une résistance opiniôtrc et désespérée , il tomba entre les mains de scs anciens vassaux qui en eussent fait bonne et prompte justice , si le commandant des troupes royales n'avait eu ordre de le réserver pour le bourreau. Mais il obtinrent du moins, en manière de dédommagement, qu'on le livrât préalablement à leurs insultes. Le fier baron , garrotté comme un malfaiteur, fut entraîné par eux sur les ruines de leur ville; là, après lui avoir prodigué toutes les injures, toutes les humiliations que peut inventer la vengeance, ils le dépouillèrent, pour dernier outrage, de ses vêtements et le fouettèrent sur la place publique. Quelque temps après, Chyliane-Lestrange fut décapité. Les habitants de Privas, en récompense de leur conduite dans cette dernière guerre, obtinrent la restitution de leurs biens et de leurs privilèges. Peu à peu leur ville se releva de ses ruines ; le commère» et l'industrie rev inrent se fixer dans ses murs. Ses alentours se peuplèrent successivement de riches fabriques, et les coteaux qui l'avoisinent se couvrirent de plantations de mûriers.

Privas n’offre rien de remarquable dans scs constructions. Si l’on en excepte les bâtiments modernes qui ont un aspect agréable, scs maisons sont tristes et grossièrement bâties ; mais ses rues sont propres, bien entretenues, et ses environs riches en sites pittoresques. Nous citerons , parmi scs principaux édifices , l’hôtel de la préfecture, le temple des protestants, le palais de justice et le bâtiment des prisons. Privas possède, en outre, une bibliothèque publique de deux mille volumes. La population du département de l’Ardèche, dont cette ville est aujourd'hui le chef-lieu, s'élève à plus de 361,500 habitants; l'arrondissement en renferme 117,000 et le chef-lieu près de 4,300. On y fabrique des étoffes de laine et des soies ouvrées; le commerce y a pour objets la soie, les bestiaux, les cuirs, la houille et les eaux-de-vie. Deux marchés par semaine attirent, en vi. 67

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xmtre, A Privas, un nombreux concours des habitants des villes voisines de la rive gauche du Rhône, qui viennent s'y approvisionner de gibier, de fromage, de beurre, de truffes et décochons gras. — Le cardinal de Bernis est né nu château de Saint-Marcel d'Ardèche, dans l'arrondissement de Privas. 1

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