ANNÉE
« Pour garantir ceux de nos Sujets qui trafiquent » ati Levant, des pertes qu'ils reçoivent des Corsaires 9 de Barbarie et maintenir la réputation et la dignité
(I) Roffi, hittoiro de Marseille .
(t) Péliftier, Démoirea historiques.
(3) Beaulieu, en iWi, surprit aussi la flotte des Corsaires Tunisiens en rade de la Goulelle et rioeendia.— Pétissier, Mémoires historiques.
» de noire coûroaoe parmi les Etrangers, nous vou- » Ions qu'à Tavenir il y ait toujours en nos Ports qua- 1» rante Galères bien et dûment entretenues, prêtes à » servir hiver et été pour nettoyer les côtes.
> Pour cet effet, nous ordonnons au Trésorier de » notre Epargne, de délivrer présentement la somme » de cent cinquante mille écus pour la construction > de trente Galères. Commandons au Grand Maître ^ de notre Artillerie de les fournir de toute celle » qui leur sera nécessaire, et voulons que, tous les » ans, soit mise entre les mains des Trésoriers de la » Marine la somme de deux cent quarante mille écus » pour Tentretènement du Corps, Chiourmes et Ma- » riniers des dites Galères, aux Capitaines desquelles » nous accordons six mille écus à cet effet, nous * réservant lentreténement des Soldats. •
» Pour empêcher que lesdits Corsaires ne prennent » abri à plusieurs de nos Ports déshabités, et ainsi » ayant plus commodité de troubler le trafic que nos » Sujets font par mer, nous voulons qu'en tels et tels » lieux, soient bâtis des Forts ou, à l'avenir, seront
entretenus des Garnisons qui, avec du Canon, ém-
» pécheront Tabord des dits Ports,
» Le pays de Provence fera les frais du Bâtiment et * Munitions des Forts, et sur Iceluy se lèvera Tentre- 9 tènement des Garnisons.
» L'entretènèment des Galères se prendra sur l'Im- » pôl du pelun et du sucre (1) »
Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1626. Cette même année, la lassitude de la guerre ayant effacé le
(1) Leitrea do Cirdintl dt Mebelieo, A^eptX II, p. 163 el ftaif. Le pelOB f tt ie nom qae Ton doone m itbac dans TAinérique méridlODal^.
souvenir des anciens gri^^^> le Oardinal de RiokeUeu chargea le Capitaine Corse Sanson NapoUon, gentilbomme de la Chambre da Roi, de travailler à un rapprochement, et de négocier la pai3( et la liberté du commerce entre les sujets de France et ceux d'Alger. Cet Agent se rendit d'abord à Constantinople où il obtint, de la Porte, des ordres précis pour Texécution du Traité de 1604, obtenu par de Brèves.
De là, il se transporta à Alger, où il fut assez bien accueilli ; mais quelques Armateurs qin avaient intérêt à prolonger les hostilités, parvinrent à élever des doutes sur Tautheo licite des pièces qu'il rapportait de Constantinople. Les plus furieux opinaient pour qu'on brûlât vif cet insolent envoyé. Le Divan décida qu'avant de passer outre on enverrait à la Porte pour s'assurer du faît. La réponse du Gouvernement Turc ayant été favorable à Sanson Napollon, cette première difficulté fut écartée ; mais on suscita mille chicanes de détail. Sanson vit bien qu'il lèverait tous tes obstacles avec un peu d'argent. Comme il n*en avait point, il partit pour Marseille à l'effet d'en obtenir du Commerce.
« La Chambre du Commerce de cette ville fournis- » sait, en effet, les fonds destinés à subvenir soit aux » dépenses extraordinaires des Nationaux, soit aux D cadeaux présentés aux Autorités algériennes. Vis- » à- vis d'un peuple barbare, avide, vivant de rapi- » nés, méprisant les Chrétiens, et foulant aux pieds le 9 droit des gens, les remontrances étaient sans valeur » et les menaces vaines ; la seule manière d'obtenir » quelque tranquillité sans faire trop bon marché de » sa propre dignité, était d'offrir, à propos, d'adroits » présents. Les Négociants marseillais, en fournis- 9 sant les cadeaox, ont contribué puissamment au » maintien des bonnes relations de la France avec
» Alger. De plus, la Cbambre de Commerce de Mar* » seule paya directement les Consuls jusqu'en 1718, » et eut toujours exclusivement qualité pour délivrer > à nos Nationaux Fautorisation de résider dans le 9 Levant et en Barbarie.
» Marseille a donc conquis dans l'histoire de nos » Rapports avec la ïlégence d'Alger, une place con- » sidérable que l'équité fait un devoir de mention- » ner (i). »
Pendant le voyage de Sanson, le Gouvernement français voulant trancher la question fit partir pour le Bastion, d*Argencourt, Gouverneur de Narbonne, Surintendant des Fortifications de France, chargé de relever cet Etablissement. Cette mesuré n'eût pas un heureux succès, parce qu'elle ne fut pas appuyée du nombre de troupes nécessaires.
A peine d'Argencourt avait-il commencé ce travail qu'il fut attaqué par les Arabes et par la Milice de Bône, et contraint de se rembarquer. Il fallut revenir à la voie des négociations (2).
Sanson muni d'une lettre d'amitié du roi de France et ayant réuni quelque argent (3) repartit avec trois navires pour Alger où il arriva le 17 Septembre 1628. Le Gouvernement frauçais avait consenti à lui remettre deux canons de bronze pris aux Corsaires d'Alger, et que ceux-ci redemandaient depuis longtemps. Le Capitaine ramenait aussi avec lui plus de deux cenùs bons esclaves musulmans rachetés par ses soins, mais cependant il fallut encore payer. Les présents
(1} AU>ert DevoQlx, Archkeê du Consulài d'Alger.
(S) Rafli, Biitofre de Marieilte.G<rtleetioii manuscrite deBrienne. Pelittier, Mémoiret bisioriqnes.
(9 La TiUe de Marseille s*eDlendit a^ec qoelqaes antres filles dn littoral pour fournir au Négociateur une somme de 16,000 piastres ou 72,000 litres qui le mit I même de conclure le traité de 1088.
quo Sanson fut obligé de faire, à Alger, sont indiqués dans la note ci-après, et dès lors la puissante et in^ vtncible Milice d'Alger ne se refusa plus enfin à changer Fancienne inimitié en une amitié bonne et durable :
« Les affaireaqui se font en Turquie veulent qu'on 9 dispose ceux du Conseil par donatif et par présent » pour les résoudre à conclure les affaires favorable- » ment ; c'est pourquoi il a fallu que le dit Sanson » Napollon aye passé par là et qu'il aye donné aux » principaux Ministres ce qui s'ensuit :
« Premièrement :
» A Sidi Hamouda, premier Secrétaire » et Surintendant des finances, celui qui » donne la solde à la Milice, la somme » de onze mille pièces de huit réaux » d'Espagne, réduites en monnaye de » France, montant à la somme de. .... . 26 . 400 liv.
9 Au Bâcha, la somme de trois mille » pièces de huit réaux, réduites en mon- » naye de France font la somme de 7 . 200 »
1) Au lieutenant du Bâcha, cinq cents » pièces de huit réaux, réduites en mon- » naye de France montant à la somme de 1 .?00 »
» A l'Agha, chef de la Milice, mille » pièces de huit réaux, réduites en mon- » naye de France 2.400 d
0 A plusieurs Chefs des parties du » Conseil, cinq cents pièces de huit » réaux, réduites • 1 .200 »
» Le vingt cinquième Octobre de la » dite année, les Tabarquins ont fait de » grandes offres pour empêcher le dit
A Reporter 38.400 liv.
Report 38.400 liv.
^ redressement II a fallu passer les » offres par le Conseil où 11 fut ordonna » que le Contrat padaé avec NapoUon » tfondrait et autant que de besoin ratl- 9 fié. Pour<^t effet, il a fallu dépenser
* en donatif fait i plusieurs personnes » du Conseil i cinq cents ^ytéces de huit
9 véBWL en monnafe da France 4 200 ^
9 Bei^us, se fait achat au dit Â.rger de 1» quantfléde biscu^ pour porter au Basil tion et plusieurs munitions, ferrements « pour la fabrique, tables de Flandre, » autres munitions nécessaires pour 1b » redressement des dites Places ; en tout » 8*est dépensé deux mille quatre cents » pièces de huit réaux, auxquelles est
> oonapris cinq cents pièces avancées à » quaraiM maîtres et vingt manœuvres 9 Turcs et Vores qui sont allés en corn-
> pagnié du dit NapoUon pour redresser ) les dites Places, réduites en monnaie
• deFrance, à 5.760 »
» Somme totale des parties susdites » montent à la somme de 45.360 liv.
Le 19 Septembre 1628, le Capitaine Napollon fut admis en présence du Grand Conseil présidé par le Pacha Hossein.
On donna d*abord publiquement lecture de la Lettre de Commandement du très haut En^pereur des Musulmans contenant en tête ces paroles:
• VouSf ô mes Esclaves, de la Milice d* Alger, » av€>^ autrefois vécu comme frères avec les Fran^
» çais et, toutefois, il vous est advenu depuis de » les traiter comme ennemis, ce que je sais être ar* » rivé par les pratiques de quelques méchants qui » ont commis des aàtes d'hostilité contre le devoir » et ta justice ; c'est pourquoi je veux maintenant » que tout le passé soit aboli et que, sams vous sou-" » venir des injures reçues, vous tenies à l'avenir » lesdits FrançiXis pour frères et amis. »
Easuite de quoi, raconte Dan, tous généralement grands et petits, le Pacha et tous les Membres du Conseil répondirent : Nous désirons que cela^eoit et voulons tous obéir aux Commandements do notre Empereur, duquel nous sommes Esclaves.
Puis on lut pareillement la lettre d*amitié de l'Empereur des Français ainsi conçue :
« Comme par la lettre que j'ai reçue de mon très » cher et parfait ami l'Empereur des Musulmans, » les jours duquel soient heureux, il me témoigne » son intention que nos Sujets de part et d'autre 9 vivent désormais en amitié et bonne intelligence, > je la désire aussi de même, et cette paix me sera » fort agréable, » (1)
Ensuite de quoi, tous ceux du Divan, pour ne point dérogera la Paix convenue entre les deux Empereurs promirent solennellement et jurèrent de la conserver inviolable.
Le capitaine Sanson Napollon conclut alors, avec le Pacha et la Milice d'Alger, un Traité qui est le premier Acte de ce genre, entre la France et la Régence.
Voici les documents textuels de cet arrangement.
« Le vingtième Septembre mil six cent vingt-huit, en Arger, nous Sanson de Napollon, disons et faisons.
(1) DtD, Bifttoire de Btrbtrie.
Après avoir accompli heureusement le Traité de paix entre les Sujets du Boy et ceux d'Arger, passé les écritures et article^ signés du Badia, de TAgha, chef de la Milice, du grand Mofti et Cadi dudit lieu, pour assurance et conservation de leur promesse, et sous le bon plaisir du Roy, considérant ledit Napollon, qull fallait accomplir la volonté du Boy pour l'établissement du Bastion, ainsi qu'il est contenu dans un article exprès de son instruction, que Sa Majesté lui a fait expédier et par une recommandation extraite que le Duc de Quise lui a faite, lui recommandant de rechercher la permission dç rétablir ledit Bastion, Napollon proposa dans le Divan et Conseil les mêmes mots que ceux qui suivent : « Messieurs, anciennement les Français avaient construit un Bastion appelé De France, en la côte de votre Royaume, lequel a été par vous démoli, il y a environ trente ans ; si vous voulez que je le redresse, je le ferai au nom du Boy, mon mattre.
> Ayant le Conseil, mis la demande de Napollon en considération, chacun dit son opinion.
» Il fut conclu de donner ladite Place du Bastion et ses dépendances au Boy, avec permission audit Napollon de le rebâtir sur les ruines et fondements où il était anciennement, à la charge et condition de payer tous les ans dix mille doubles (1) à la bourse des finances, de laquelle se paye la solde de la Milice ; et d'autant que Napollon a rendu de fidèles services, tant d'une part que d'autre, à ladite négociation, pour récompense lui avons donné le Capitainage dudit Bastion durant sa vie ; et après sa mort, l'Empereur de France mettra tel autre bon lui semblera.
9 Napollon ayant remercié le Conseil, a promis,
(1) EfiolfaUnl à ,10,000 Ufrei de cette époque*
pendant qu'il sera Capitaine, de payer, tous les ans, la somme de dix mille doubles contenus au premier article pour la Bourse du Trésor ; seize mille doubles à la Bourse des Finances, lesdites deux parties, réduites en monnaye de France, montent seize mille livres ; moyennant laquelle somme, ceux d*Arger ne peuvent prétendre aucune chose sur les dites Places, ^ ni faire levée d'aucun droit sur les marchandises qui entrent et sortent, rayant déclaré et déclarons franc et libre ; et pour l'observation de leur promesse, ont passé récrit et contrat en langue Turquesque.
« La teneur de la dite promesse est, suivant la traduction ci-aprés, en Langue française :
•Teneur du Contrat passé avec le Divan et le Consul général d'Alger, pour le rétablissement du Bastion et ses Dépendances.
« Au nom de Dieu soit-il ! L'an mil six cent vingt- » huit et le ving-tneuviéme dumoisde Septembre, sui- » vaut le compte Musulman Pannée mille trente-huit.
» Le sujet de la présente est que le Roy de France, » les jours duquel soient heureux, nous a envoyé de » sa part un de ses gentilhommes, nommé le Capi- » tain« Sanson Napolon (i), avec les souverains Çom- » mandements de Notre Très Hault Empereur, lequel 0 est l'ombre de Dieu sur la face de la Terre, avec » lettres d'amitié de la part du Boy de France, » ensemble deux canons de bronze et plus deux cents » bons Esclaves musulmans, avons changé l'inimitié » en bonne amitié.
0 Lequel Capitaine Sanson Napolon étant arrivé en » cette invincible ville d'Arger, les Commandements » de notre Empereur ont été reçus et vus, et ayant » compris le contenu d'iceux et substance desdites
(1) U pom de If ipolon e§i écrit UQtdi «rec na L Uniôt arec d««x.
» lettres d'amitié, étant le tout reçu de l)OQne part, » avons lié et accordé la palx^ et pour conserver une » bonne amitié parmi nous, avons écrit la présente, A en témoignage de notre parole et promesse comme » suit,
» Ainsi que par ci-devant les Français avaient » commandé le lieu appelé le Bastion avec l'Echelle 9 de Bône, les avons accordés moyennant vingt-six » mille doubles, savoir : i 6,000 doubles pour la paye » des Soldats et 10,000 doubles pour le Glorieux Tré« » sor de la Casbah, ainsi qu'il a été promis par le Ca- 9 pitaine Sanson de NapoUon.
» Et moyennant ces dites sommes, avons déclaré » et promis donner lesdits Bastions et Echelles de » Bône au Roy de France, avec pèches ; que pour ré- » compenser des services rendus par le Capitaine » Sanson, il en sera le Chef et commandera les dites » Places sans que Ton en puisse mettre aucun autre. » Néanmoins, après son décés^ le Roy y pourra pour- » voir à d'autres personnes.
8 Les vaisseaux dudit Capitaine Sanson pourront 9 aller et venir anxdits lieux, pour y vendre, négocier 9 et acheter, enlever cuirs, cire, laine, et toutes au- » très choses comme était anciennement, sans qu'au- 9 cun autre vaisseau de qui que ce soit^ y puisse abor- » der, vendre, négocier ni acheter cire, laine et autres » marchandises, sans qu'il eut ordre par écrit du Ca- » pitaine Sanson.
> Permettons et entendons que les vaisseaux du- » dit Capitaine Sanson puissent partir de France, » pour aller, venir et retourner auxdites Echelles en • droiture, sans aucune permission.
» Etant les dits vaisseaux rencontrés par nos Cor- » saires, ne leur sera lait aucun déplaisir, ni repro- 9 chOi allant ou venant à droiture,
— iî8 -
» Bem permis aux dits vaiaseaux du CapUaHie SaosoD d'aller aborder en tous les lieux de noire C6te, sans regrets, allant el venant
» Bt d'autant que la dite Place du Bastion et ses dépendances ont été démolies, permettons de les pouvoir redresser et fabriquer comme elles étaient anciennement, pour pouvoir se garantir contre le» Maures, vaisseaux et brigantines de Majorque et Mlnorque; ensemble jouiront des magasins de cuirs qui se soûlaient servir de l'Echelle de Bône. f Ils pourront redresser les autres lieux et Places qui avaient accoutumé être tenus pour se défendre comme étaient anciennement.
• Etant les bateaux de poche de corail contraints^ par vents contraires, d'aborder aux lieux de la Côte comme Gigelli, Collo et Bône, ne leur sera fait aucun déplaisir, ni Esclaves pour vendre aux Maures.
1 Toutes sortes de navires, galères et frégate qui passent par la dite Côte, soit en négociation ou autrement, allant et venant au Royaume de Tunis ne pourront nuire ni faire aucun déplaisir aux bateaux qui pèchent le corail ; en façon quelconque n'y feront aucun mal.
» Cette promesse, foi ei parole, l'avons écrite et remise entre les mains de Napolon.
» Fait à Alger, à la fin du mois de la lune de Maharrem Tannée 1630. Signé et scellé Ossan Bacba, Gouvemenr d'Alger et Moussa Aga, Chef et Général de la Mîlioe ; du Mufti et du Cadi de la dite Ville (1). »
(t) Pièce extraite du f olume manotcrll : — Du traité da Turc af ec les PHocet chrétiens. — JibQaUièque «fttloMle. r- Tra4iKti<M^ du Saloffloa Caiilo,)merpréieduRoi.
— iflô —
L'Btût suivatnt, aciûex}^ au Traité donne une idée eiacte de Hmportonce de nos premiers Etablissements eD Afrique.
Estât de ce qui est nécessaire pour l* entretien du Bastion, La Calle, Cap de Rose, la Maison de Bône et celle d'Alger, construites par Sanson Napolon, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roif Chevalier de son Ordre de S t- Michel, par Commandement de Sadite Majesté, comme il appert par l'Instruction que Sa dite Majesté lui fit expédier par M. de Id Vlllaubert, Secrétaire de ses Commandements en l'an 1626,
c Les dit€« Places sont redressées avec de grands » trais et dépenses qui sont couchées dans les livres » de comptes que Pierre Duserre a tenus depuis le » commencement de ladite Entreprise^ Pour avoir la » permission de Mes^urs d'Alger, a fallu dépendre B à des donatifs an Pa^ha d'AJger et Principaui^ de la ^ Milice, avec lesquels il a fallu convenir et accorder 9 une rente annuelle, ainsi qu'il est ^ciûé ci-aprés .
» Faut remarquer que le Pacha d'A4gar fait payer 9 un droit de toutes les marchandises qui entrent et » sortent, savo'u: :
» K TEntrée, tant des marcbasdises qa*ai^;eAt, à 9 raison de douze et demi pour cent, et de Sortie au- » tant, et de plus un pour cent pour La fabrique et 9 entretien du m61e d'Alger, comme encore la récom- 9 pense que prennent les Officiers-Ministres qui font 9 la levée des dits droits, lesquels reviennent ^ deux 9 pour cent.
f Napolon, pour rendre les dites Places libres et 9 qu'aucun Turc n'y puisse prétendre ni voir aucune 9 chose, ni faire aucune résidence ni garde, a trouvé » ton d'accorder avec to Pfteha et Milice, tant la per-
» mission de construire que prétentions ée droits à » une somme limitée tous les ans, payable en six » mois, de deux en deux mois, audit AJger, par main » d'un commettant qui demeure à la maison dudit
> Alger, pour s'immiscer aux affaires qu'il est besoin » pour le Bastion, laquelle somme se paye dix mille » doubles, monnaie d'Alger, qui font cinq mille livres » monnaie de France, à la bourse commune du Tré- » sor, réserve que la chose plus privilégiée au pré-
> judice de laquelle n'y eût personne qui osât parler. » La dite partie a été jdestinée à la considération de » rendre les affaires du Bastion assurées et pour le- » ver les moyens aux malaffectionnés de pouvoir nui- » re aux affaires du Bastion, contre lequel il ne se » peut entreprendre, que premièrement ladite partie » annuelle ne soit assurée, et pour ce,
» ici • 5.000 liv.
» De plus, se paye seize mille dou- » blés qui entrent dans la Bourse des » Finances assignées pour payer les B gages des salaires de toute la Milice, » qui est la cause que tous les Soldats » portent respect aux choses du Bas- » tion, qui sont huit mille livres mon- » naye de France, pour ce, ici 8 .000 »
» De plus, se paye trois mille livres, » tous les ans, de Présents au Pacha et » et autres Principaux de la Milice, » pour les entretenir pour amis dans.
» les Affaires du Bastion, ci 3.000 »
» Pour les affaires et dépenses du n Commis et entretien de la Maison du » dit Alger, huit cents livres, ci 800 »
A Reporter 16.800 liv.
Report 16.800 liv.
» Somme totale des dépenses qui se » font à Alger, montant k la somme de f 16,800 livres.
» A la villa de Bône, pour les droits » et prétentions, droits de marchandi • » ses, d'Entrée et de Sortie^ la somme de » quatorze mille doubles, qui sont sept
* mille livres monnaye de France, à un » Fermier particulier qui tient la Ferme » de B^ne: moyennant la dite somme, il » est obligé de donner deux mille cuirs 9 des plus grands, tous les ans, à vingt- » cinq sols pièce, sur lequel prix il y » aura vingt sols de bénéfice suivant » les acheteurs des cuirs de la dite ;
» pour ce, ci 7.000 »
» Pour les dépenses ordinaires, en- » tretien de la maison et de cinq per- » sonnes qui y demeurent pour faire le » négoce, quatre mille livres, ci 4.000 »
» De plus, se donne aux ChefsetOfil- » ciers principaux de la garnison qui » demeurent en la dite Ville, tous les » ans huit cents livres, ci 800 »
» De plus, pour Textraordinaire des 1 navires et galères de Guerre qui abor- » dent pendant Tannée au dit Bône, à
• qui il faut présenter des rak-atchisse- » ments et quelque chose de Présent aux » Capitaines, se montent à cinq cents H-
» vres^ cl 500 »
A Reporter 29 . 100 liv.
Report 29,100 1iv.
» De plus, les salaires des dits cinq 9 hommes reviennent à mille livres tous t les ans, pour ce, ici 1 .000 »
» Somme totale des dépenses qui se » font à la maison de Bône, tous les ans, » se montant à 13.300 livres.
» La forteresse de Cap de Rose qui » est la plus forte Place de Bône ; il y » demeure un Caporal qui est en salaire » à trente livres le mois, pour chacun ; » un Trucheman à dix hi^it livres le » mois ; huit Soldats à neuf livres le 9 mois, chacun, qui reviennent tous les » ans de salaire, à 1 .440 »
9 La dite Place se renforce de Soldats ■ selon les occasions. De plus, se four- • nit tous les vivres de bouche nèces- » saires pour la dite garnison, quis'en- » voient du Bastion, le prix desquels » est compris dans le gros des dépenses » du Bastion.
» Le lieu de La Calle est le Port où » les navires qui abordent le Bastion de- ]» meurent avec tout temps assuré^ et » sans aucun danger. Il y a une For- » teresse et deux grands magasins f où il demeure un Capitaine et » quatorze Soldats d'ordinaire en gar- » nison, et, sulyant les occasions, on la » renforce. Le Capitaine est en salaire » à trente livres le mois, les Soldats à » neuf livres le mois pour chacun.
A Reporter 31 ,540 liv.
Report
» De plus, il y â un Commis pour
faire les achats de blé, avec six hommes qui reçoivent le blé et font les chargements. Le Commis a six cents livres l'année de salaire, et les autres six à neuf livres le mois pour chacun. Le salaire des susdits vingt-deux
hommes revient, l'année, à
» De plus se fournit tous les vivres de bouche et munitions de guerre nécessaires pour ladite garnison, qui s'envoyent du Bastion, le prix desquels est compris dans le gros de la dépense du fiastion.
» Le Bastion est la Place principale et la plus forte, dans laquelle se tient toute la munition de guerre et de bouche nécessaire pour toutes les dites Places, dans laquelle y demeurent ordinairement le Capitaine et son Lieutenant, un homme qui a Tlntendance et l'ÂLdministration du négoce, un Bcrivain qui tient compte de toutes les ÂfEaires et prend les Ecritures publiques qui sont nécessaires pour le commun du Bastion, les salaires de^uels ne sont pas accordés encore : Ce sont des personnes qui ont aidé et. contribué de leurs travaux depuis le principe jusques à la construction de la dite Place, les salaires et récompenses desquels demeurent à la discrétion du Capitaine.