‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 3 sur 92 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

jetteront les bases du plus généreux contrat que puissent passer des nations entre eUes : la charte de la paix mondiale.

Dans tous les domaines, et sans en négliger aucun, l'Allemagne, pendant les quatorze mois qui vont être étudiés ici, se ménage, selon ses besoins à proche ou à long terme, des portes d'entrée et de sortie. Elle entretient partout cette discorde qui, bien que semée dans le vent, n'est pas sans valoir des bénéfices estimables à celui qui sait ouvrir la main et laisser tomber son grain au bon moment. L'idéal des Allemands est de justifier, à la fin, par des faits positifs, qu'ils eurent raison, au lendemain de la cessation des hostilités, de prétendre, à la face du monde, qu'ils n'avaient pas été défaits. Le respect de la parole doxmée, la loi des traités, le devoir moral et matériel de réparer le crime pour mériter, plus tard, l'indulgence et l'estime de l'Histoire, leur semblent des impedimenta dont ne saurait s'alourdir un peuple qui veut se restaurer dans sa position de conquérant de la terre, de par la volonté de Dieu.

Ainsi, à chaque pas, le Reich, pour faire obstruction au traité, creuse-t-il la tranchée perfide, hérissée d'interprétations casuistes où s'empêtrent trop souvent les représentants de l'Entente, réunis en Conférence d'où sortent, avec trop de fréquence, les concessions et les amendements. Entre temps, l'Allemagne qui organise avec un soin minutieux sa banqueroute intérieure, reconstitue à l'extérieur cette double fortune que représentent l'élargissement de son prestige, par la plus intensive propa* gande et l'extension de son commerce et de ses

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