AVANT-PROPOS VII
industries, par les initiatives inlassables de ses Stinnes et de ses commis voyageurs.
I^a paix devait refaire tme Europe saine, heureuse de son nouveau statut. Or, à la fin de Tannée 1921, l'indécision, la perplexité sont partout. On se bat en Orient, les peuples balkaniques restent sur le qui-vive, la Pologne surveille ses frontières avec vigilance, la France se demande si elle recevra jamais les milliards nécessaires à la restauration de ses régions dévastées, au paiement de ses pensions de guerre, à l'équilibre de ses budgets futurs. Et ce ne sont là que quelques faces du problème en suspens. Il est si ardu dans son ensemble, et les Allemands recommencent à prendre une telle place dans les conseils des peuples, qu'on en est à se demander s'il n'est pas opportun de remettre au creuset le traité de Versailles. Nous n'exagérons rien. C'est là une vérité qu'on chuchote discrètement, dans certains dans et surtout dans certaine presse étrangère, à l'heure où nous envoyons ces pages à l'impression et où, en janvier 1922, échoue, par la chute du ministre français Briand, une Conférence interalliée amorcée à Cannes « pour la reconstruction économique de l'Europe ».
La France, le 28 juin 1919, espérait, de sa victoire, des satisfactions plus personnelles.