‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 53 sur 92 · X. Deutsche Tageblatt, 7 avril · texte numérisé non relu

X. Deutsche Tageblatt, 7 avril

2. Pour èdairer la religion du « peuple ami de la France >, le gouvernement vient de faire parvenir aux iStats-Unis un exposé montrant Teffort accompli ^«r nous pour la reconstruction de ses départements dévastés :

3.524 commîmes ont été occupées par l'ennemi et la vie municipale avait été suspendue dans 3.256; or, au 31 décembre 1920, elle avait repris dans 3.216. I«a surface de terre détruite était de 3.800.000 liectares; la surface remise en état an 3Z décembre 1920 : 3.4x5.258 liectares. Sur 293.733 haUtatioms totalement détruites et 296.502 habitations partiellement détruites, on compte 280.825 habitations réparées, 4X.X28 baraquements construits, 60.605 maisons provisoires en bois, 29.860 maisons provisoires en vieux matériaux. Au total, x. 685.883 habitants logés dans des maisons réparées ou dans des abris provisoires. Au 3X décembre 1920, sur x.757.577 hectares de surface cultivable à remettre en état, x.405.885 étaient labourés et 961.578 étaient ensemencés.

I^ 6 avril, au Sénat, M. Ribot s'élève à son tour contre la note adressée par l'Allemagne aux l^tats-Unis, représentant la France comme spéculant sur ses doulewi.

mettre, dit-on, bientôt à Toeuvre, surtout si Ton disposait des ressources d'un emprunt mondial. Ce n'est qu'un projet parmi d'autres. Nous avons ^gnalé, en notre chapitre des Indemnités (en note, à la date d'avril 1921), le projet Arnold Rechberg (association de la France, pour im tiers, aux bénéfices des industries allemandes); on assure qu'il y a un projet Bergmann-Rathenau, et que, par ailleurs, le docteur Simons « prépare tm travail ». (Gazette de Francfort et Gazette de Voss,) Et Hugo Stinnes est trop avisé pour ne pas tenir en réserve quelque proposition, au cas de nécessité. Le 18 avril, c'est encore une nouvelle motion : elle émane de l'Association des techniciens allemands, où l'on souhaite voir confier à tm commissaire d'Empire l'ensemble des questions de réparations. Le même jour, le parti socialiste allemand, comme en écho d'Amsterdam, redit avec énergie :

Tfis ouvriers allemands reconnaissent Tobligation, pour eux, de reconstituer les régions dévastées; toutefois, les exigences de TEntente doivent être maintenues dans les limites raisonnables, c'est-à-dire conformes aux capacités de payement de la nation allemande. I^ ouvriers allemands ne veulent pas accepter d'être réduits en esclavage économique pendant des générations. I^ mesures militaires prises par l'Entente ne servent qu'à renforcer la réaction et le capitalisme dans tous les pays. Elles contribuent à rendre plus difficiles les conditions de vie et de travail pour les ouvriers du monde entier *.

Le 22 avril, l'Allemagne est-elle brusquement atteinte d'une crise de vertu? Elle télégraphie au gouvernement britannique : « L'Allemagne est absolviment persuadée qu'il est inéluctablement nécessaire, dans le but de rétablir la paix économique dans l'univers, que les territoires dévastés par la guerre soient restaurés. Tant que ceci n'aura pas été fait, il y atira danger que les sentiments de

X. A la séance de clôture du Congrès nationaliste de Munich, le 4 septembre 1921, M. Helfiferich dira :

« Pourquoi ne nous a-t^on pas chargés de la reconstruction effective de la France ? lycs blesstures seraient depuis longtemps cicatrisées. » M. Rathenau a accepté à Wiesbaden que les travailleurs alleniands soient exclus de la reconstruction. Ainsi se dissipe cette illusion des socialistes majoritaires que dans nos prestations en nature quelques milliards pourraient être inscrits au compte des réparations* Au lieu de cela, nous devons prêter 2 milliards as % àla France*

LA RECONSTITUTION DES RÉGIONS DÉVAâTÉES J79

haine continuent à exister parmi les nations intéressées.

« En conséquence, l'Allemagne se déclare, une fois de plus, entièrement disposée à coopérer à cette reconstitution avec tous les moyens et toute la force à sa disposition et à tenir compte, à cet effet, autant que possible, dans tous les cas individuels, de chaque désir des puissances intéressées^ »

Il ne faut pas oublier que ce « bon mouvement » intervient huit jours avant l'échéance du i**' mai

Un document suit par l'tm des prochains courriers : « Le gouvernement allemand, tout en maintenant les propositions qu'il fit depuis 1919, a l'honneur de soumettre un résumé des possibilités suivantes. »

En ce texte on ne propose aucun remboursement. Sur les milliards dépensés par nous, aucun gage, aucune combinaison financière, aucun plan général. Que dit-on? Que l'on veut nous aider à reconstruire nos maisons et à relever nos forêts, sous condition que nous remettrons à une société internationale de colonisation { ?) la charge de rebâtir, que l'industrie allemande assume la fonction de construire les édifices de briques, en commençant par les usines productrices de chaux, de plâtre et de ciment. Les autres matériaux viendront d'Allemagne, avec les mobiliers. Il pourrait être envisagé des contrats directs entre sinistrés et S3mdicats industriels allemands. L'Allemagne, généreusement, fournirait des adresses de bons entrepreneurs... germains. Pour commencer, on tient à notre disposition 25.000 maisons en bois. La main-d'œuvre serait allemande.

Le ministre des Régions libérées, réservant le point de vue du gouvernement français sur le principe même, demande des propositions concrètes pour des fournitures précises. A Berlin, la presse se réjouit de constater que nous ne repoussons pas, sans phrases, l'offre des 25.000 maisons. I/C Vorwaerts précipite ses déductions :

X. Cette note est adrcMée par la Kriegslastenkommission. Bile est également femise A Paris le 23 ayril.

l80 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

« La France renonce à son opposition systématique à l'emploi sur place de l'ouvrier allemand. » On n'en est encore, le i®' juin, qu'à examiner des croquis et maquettes, mais déjà il est établi par nous que la main-d'œuvre allemande ne participera que pour une faible proportion au montage des maisons, si les types en sont acceptés. Le 15 juillet, on apprend qu'à titre d'essai seulement nous avons commandé 66 maisons démontables \

Il est à souhaiter que ces constructions donnent plus de satisfactions que celles dont les Allemands se déclarent si fiers d'avoir été les artisans, même pendant l'occupation, à preuve le théâtre de Lille. « La ville a dû se mettre d'arrache-pied à réparer les prétendues réparations accomplies par les Allemands, » écrit M. Georges Lyon, recteur de l'Université de Lille, le 9 août 1921, dans le McUin^. Quoi qu'il en soit, les Allemands tirent une satisfaction évidente d'avoir pu construire chez nous quelques douzaines de spécimens d'habitations. Ils voient là une avance vers le moment où nous généraliserons la méthode, et vers les âges, encore lointains, où quelque moyen de s'acquitter leur permettra enfin de se débarrasser de toutes nos missions et commissions. Trop d'yeux français sont ouverts chez eux. Ils nous font valoir, ce qui est exact, que l'ensemble de nos récupérations en matériel, à la fin d'août, s'élève en chiffres ronds à tm milliard de francs, que nous avons retrouvé aiâ moins la moitié de ce qui nous avait été dérobé. Ils nous envoient (septembreoctobre) des délégations d'associations techniques, qui visitent les communes où ces groupements professionnels projettent des travaux de reconstitution. Ils mar-

Page 1