‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 52 sur 92 · e Ttmpt, 3x mats · texte numérisé non relu

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tables. Cette invasion d*un autre genre est plus que suspecte, à cet égard : nul contrôle rigoureux n'en préviendrait complètement les effets. Les artisans de la mort, ouvriers de la résurrection, seraient peut-être un jour ceux de la ruine morale du pays.

Sans se fixer à tme solution d'une nature aussi catégorique, on essaye de régler des détails pressants. Le gouvernement allemand, d'après le traité, doit fournir aux Alliés des objets de toutes natures pour les régions dévastées. Approximativement, les chiffres suivants peuvent être considérés comme exacts :

Francs-papier

Bois 6.700.000.000

Textiles, papiers 100.000.000

Matériaux de construction i .500.000.000

Constructions métalliques 900.000.000

Fonte, fer, ader 100.000.000

Plomb, zinc, aluminium 570 .000 .000

Outillage industriel 2.500.000.000

Animaux 4 850.000.000

Semences et plantes 30.000 .000

Total 13.250.000.000

Des offres allemandes, d'tm prix trop élevé, ont été refusées, l'industrie française pouvant en prendre la charge. En fin mars 1921, le ministère des Régions libérées examine, pour la rejeter bientôt, ime proposition de 450.000 mobiliers représentant une valeur de 350 millions de francs. Les modalités d'exécution des livraisons de bois, semences, bétail, gibier \ ont été arrêtées par la Commission des Réparations. Quant au reste, une note allemande du i«r avril répond à notre reproche de n'avoir contribué aux réparations, ni par des livraisons de matériaux, ni par des travaux. Nous avons demandé, le 5 juillet 1919, 30 millions de briques, 50 millions de tuiles, 30 millions de tonnes de ciment et de chatix. Le gouvernement

X. ISO cerfs, 63.000 bichos, 660.000 lièvres, 195.000 laisaiis, 75.000 csufs de iafaaas et 6 fflUUaiu d'oeufs de perdrix.

a promis la. livraison, mais, dit-il, on ne Ta jamais avisé du lieu où il fallait livrer. Il s'est donc abstenu. Nous avons réclamé 3 milliards de marks de livraisons en nature, nous n'en avons reçu que 4 millions de marks? C'est bien possible, mais, fait-on observer, la Commission allemande a été jusqu'à offrir à la Commission des Réparations des matériaux pour un total de 7' milliards 300 millions de marks et on n'a passé des commandes à TAllemagne que pour 230 millions de marks. « La France a demandé mmns que l'Allemagne offrait de livrer, » conclut, en substance, la note du i^r avril. Simultanément, l'Allemagne fait connaître le texte d'un mémoire remis par elle aux États- Unis et où il est dit, entre autres singularités :

Eij France, aussi étrange que cela puisse paraître, il n^eyiste qu*un intérêt véritablement minime pour la restauration des régions dévastées. Ifis anciens habitante ont reçu des indemnités par voie d'avances et se sont établis dans d'autres parties du pays. Bes groupes influents d'industriels sont occupés à l'utilisation du matérià abandonné et aux travaux d'évacuation; mais ils ne se hâtent nullement de mener leur tâche à bonne fin. Mais le facteur le plus important est que des partis puissants considèrent les région^ dévastées comme constituant un moyen d'agitation politique, d'une puissance extraordinaire, ce qui fait nattirellement ime profonde impression sur les indigènes et les étrangers.

A entendre Berlin, no$ hommes d'État déplorent qu'il n'y ait pas asse» de villages en ruines, pour qu'ils puis$»it, sans discontinuer, y porter des croii de guerre et les épingler sur des coussins aux couleurs françaises \ Le I®' avril, la Commission des Réparations- a entendu la délégation allemande sur la question des dommages à la propriété non bâtie ^. Les délégués font mille restrictions sur les torts faits aux vignobles et vergers, la rei^antaticm des forêts, la refertilisation du sol. Chi répète, faussement, qu'une large part du travail de réparations a été faite par les prisonniers de guerre allemands et que « les ehe-

X. I^ 3 avril, M. Maginot, miniatre des Pensions, à Bar-le-Duc» remet aux cantons de Saint-Mibiel, de Pierrefitte et de Vigneulles, 63 croix de guerre. « Soyez tranqiUlles, dit le ministre, ta France n'oublie pas qu'elle vous doit davantage. >

a. Paragraphe 9 de l'annexe I à la partie VIII du traité.

mms de fer français ont été améliorés par l'envahisseur ^ ». Le 6 avril, M. Briand, au Sénat, répond aux mensonges allemands :

^Allemagne dit que nous n'avons rien fait pour réparer jusqu'à ptèacût. Or, nos paysans ont nivdé 95 % de la sur&ce de terres bouleversées par la guerre et rendu à la culture 80 % de cette même surface. 50 % des usines sont remises en acUon; 99 H % <^^ lignes de chemins de fer détruites ont été réparées; 80 % des travaux d*art démolis ont été refaits.

Le gouvernement allemand sait cela et, cependant, il a Vaudace SàUer au loin insinuer à un peuple ami de la France que celle-ci entretieni ses désastres pour perpétuer la haine dans le monde. Cela ne mérite pas d^Hre relevé*.

En Allems^e, cependant, il y a des citoyens qui semblent se préoccuper de la renaissance des terres françaises, tel le député indépendant Ledebour qui veut (9 avril) une convocation immédiate du Reichstag pour y soumettre le plan de réiparations élaboré à Amsterdam, par les socialistes français, anglais et allemands. (Conférence socialiste internationale, 1-5 avril.) Les organisations ouvrières allemandes se disent prêtes à participer à la réalisation de cette tâche. Il est prévu la création d'un Office international des réparations, composé de représentants des organisations ouvrières, de techniciens et de délégués officiels de chaque pays. De connivence avec un Office national français, on pourrait se

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