‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 66 sur 92 · I. I«c Têmpit ai eetobrc ignu · texte numérisé non relu

I. I«c Têmpit ai eetobrc ignu

««k*k^«MMS

A titre de ganmtie d'eaécutioii par rAllenutnie du présent traité, les terHtoitM allemaiidfl tittiéi à l'ouest du Rhin, etucttble 1«B têtes de pOQt, setwit occupés par 1«b troupes des polssoftoes alliées et aasodées pendant une période de quinze années à compter de U mise tti IrigtÀit du ^réWSat tiaité. *

(Bstrait de l'article 438 du Traité ié psiMj

Et l'on vit arriver les Français en armes; mai^ ils ne Semblaient appoHit^ que de l'amitié <t réeUemeiit Us l'apportaient: ll§ avalent l'âme généreuse: ils plantaient d'une main joyeuse las j«lis arbres de la liberté. Us promettaient 4 diacun son droit et son gotiverneatCBt propre. I«a jeunesse s'en réjouissait^ la viettlesse y (itaiait Maisir, et les daàises se déroulaient autour du nouvel étendard. Ciit «inlli «arent tôt lait, les l^rançais triompÉiants. dé gn^er r«q)rit des hommes par leurs ardentes et galcB cntrcpitoes et 1« Qceut des femmes pat leur iri-éslstible bonne gfftoe.

Gontti.

En octobre içai^ les Allemands, venons-nous de dire, prétendaielit que le partage de la Haute^^ilésie, td qu'il était décidé par les principales puissances alliées et associéesi créait, à Test du Reich, une nouvelle Alsace-Lorraine. Dès la fin de la guerre, et depuis lors, ilft ne cessaient de répéter que l'occupation, par les troupes alliées, de la Sarre et des pays rhénans, n'était qu'un élargissement de Mtte « mainmise temporaire » exercée par le vainqueur français, sur la véritable Alsace-Lorraine dé l'Ouest. Nos deux provinces retrouvées étaient appelées dans toute l'Allemagne a les territoires momentanément occupés », et l'on ne désespérait pas, dans les milieux ultra-chauvins, de délivrer à la fois et avant quinse années, Mets, Strasbourg, Cologne, Coblentz, Mayenoe et les deux rives du Rhin.

3l6 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

AU cours de cette étude, nous avons eu plusieurs fois l'occasion d'entendre les lamentations ou les menaces suscitées par l'article 428 du traité de paix. Nous avons de même été amené» par l'exposé des faits afférents à diverses des rubriques ici considérées, à envisager un certain nombre de circonstances où notre action dans la Sarre et les pays rhénans devait être signalée : ainsi en fut-il, par exemple, lorsqu'il a été parlé des mesures de contrainte que prirent les Alliés en occupant Dusseldorf , Duisbourg et Ruhrort. Par ailleurs, au point de vue économique, et de par la complexité du sujet, nous n'avons pu faire autrement que de mentionner telles circonstances qui trouvaient pour cadre la rive droite du Rhin : c'est ainsi que nous avons été conduits à Wiesbaden pour assister aux entretiens Loucheur-Rathenau.

De telles « interpénétrations de chapitres » nous facilitent, en ce moment, notre tâche : elles nous permettront de composer ce chapitre XVI, en l'allégeant d'un certain « matériel d'études » que nous estimons, et que le lecteur estimera sans doute avec nous, sufl&samment exploité.

En septembre 1920, les Allemands, qui ne manquent aucuiie occasion de crier, se plaignent que les réquisitions et prestations exigées par la France et la Belgique excèdent les frais de solde et d'entretien des troupes d'occupation. ly'agence Wolff mène, à ce sujet, la cabale. Nos chiffres répondent : les frais d'occupation dépassent deux milliards; le montant des acomptes versés par l'Allemagne, au 31 juillet, n'atteint que 402.813.000 francs \

I. Suivant des diifiEres, de source alliée, les divers contingents de l'armée d'occupation ont coûté, depuis l'armistice :

Armée américaine, 263.474.170 dollars.

Armée britannique, 51.900.890 livres.

Armée ftançaise, 2.002.998.0(50 francs.

Armée italienne, z5.207.717 lires.

Armée belge, 3x4.490.698 francs.

Outre les frais d'entretien, les Allemands auraient payé en argent comptant 608 millions de marks pour l'armée américaine, 266 millions de marks pour l'armée britannique, i milliard 427 millicms 841.000 marks pour l'armée française, 49 millions 185.000 marks pour l'armée belge.

Tableau, à la date du 3 février 1921, du prix d'entretien par unité des officiers, hommes et chevaux dans les armée? alliées, le tout ramené à la valeur du franc-

Le but poursuivi est de démontrer que nous ruinons les finances du Reich, et que si jamais nous allions dans la Rulir, ce serait pour l'Allemagne la banqueroute immédiate. Pour parer à ce risque, on invente, en octobre, un v^;ue projet de transformation de la Ruhr en une « unité économique » avec la participation du capital américain pour 25 %. Par ce moyen, on espère que l'on retiendra les Français de porter leurs armes dans le territoire toujours menacé. C'est là un rêve fumeux. On ne se console pas de nos « violences », du plébiscite concernant la région Eupen-Malmedy, on reste irrité des décisions de Spa concernant le charbon à livrer à la France \ Et surtout, on mène campagne, plus que jamais, contre nos soldats noirs. C'est le refrain quotidien : nous aurons l'occasion de le signaler plusieurs fois. A Cologne, le i8 novembre, M. Fehrenbach, chancelier d'Empire, donne des assurances consolatrices : « ly'occupation a commencé le lo janvier 1920 pour Cologne, elle sera donc terminée le 10 janvier 1925, et peut-être avant. » M. Simons, après lui, prétend qu'avec dix fois moins d'hommes, les Alliés pourraient assurer l'occupation. Il conclut : « Mais ils considèrent les provinces rhénanes comme vm terrain militaire préparatoire à une invasion de l'Allemagne ! » « Bombardement oratoire, » déclare le Temps.

Les partisans d'une autonomie ne sont peut-être pas si nombreux qu'on le présume, mais ils agissent (Rhenische Republikanische Volkspartei et Plaefzische Republika-

papier au cotiis du change, à cette époque 14 fr. 50 pour le dollar et 55 francs pour la livre, x £r. 05 pour le franc belge.

Officiers. Hommes. Chevaux.

France (en francs) 47 45 1337 693

Belgique (en francs belges) 44 » 12 4S xo 30

— (en francs français).... 46 20 13 17 10 60

États-Unis (en dollars) xx on 409 079

— (en francs) X59 65 59 3© ïx 45

Angleterre (en ehelUngs) 35 7 xx 6 ♦ xx

— (en francs) 9785 3x60 X3 50

X. « ^industrie allemande soufire du manque de combustible, alors que la France r^ocge de charbon. » (Discours du docteur Simons, à Dussddorf, le X5 novembre X920.)

3î8 HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

nische Volktpaîtd). Un fonctioiinaire prussien traite les Rhénans de « nichée de Français ». Â UrlofFen (Bade), la population désarme nn détachement de Sicherkeitzpolisei, aux cris de : « Vive la France ! » Ce sont des incidents isolés, d'où Ton aurait tort de déduire un esprit général. Les pangermanistes n'en accusent pas moins le docteur Dorten de vouloir se faire nommer président de la République rhénane; protégée par la France, et de comploter ce grand projet avec des Français, qui ^encouragent^ De fait, à Mayence notamment, la population indigène voit les Français sans malveillance, mais elle est terrorisée par l'élément prussien. C'est à peine si, au Landtag provincial rhénan (Dusseldorf), le président Grélhe peut dire : « Nous nous rendons pldbement compte que le traité doit être exécuté dans la mesui^ du possible. » Le gouvernement de Berlin, par tous les moyens, exdte contre nous les populations. Les tr noirs maudits », la « honte noire » lui servent d'argument capital, malgré les rectifications faites par des Allemands eux-mêmes, tel le pasteur Bleier, de Berlin (19 décembre 1920)^. Il fait

X. Après tvoir été <Bl«vé p«r les AnemaBds, il Mvient de lAipég où il a tsiUi ftr« Jufé oomnt iftXtn à ki patrie.

3. Pour se débarrasser des noirs, le crime même est admis. A Cologne, un Cfb9retier, le 33 décembre, est convaincu d'avoir vendu à nos soldats aMcams 5.000 boatdllsB d'un vin additionné de poison ruinant peu à pea la sa^tét '*-' Jusqu'aux États-Unis, les éléments gemuno-américains font campagne contre Tamploi d^B noirs SB BJiéaaiiit (disooun d€ IC Brittw, membre de la Chambre des vt|>réMnta«tB à Wasliington, 3 janvier 1931). « C'est desservir la cause de la justice et de l'humanité que d'empk^er des tKvipcB de eouleur. » -— Bn janvier 19S1, on imprime en Allemagne une toochure dteitdt interdite en Rhénanie : Dû Sehmarxe Pest in Buropa (la peste ndre en Europe). — ^^ I^e 5 février, le Berliner TageblaU reconnaît si expressément rialunie d'une telle rawpagae. qu'il met l'opinios en fuda eontie des « exagérations faites plutôt pour nidre à la propagande allemande ». «*• I<e général Allen, commandant du corps américain d'occupation, dément les calomnies allemandes, le 30 février : « I«es crimes attribués aux troupes françaises : détoiurnements de mineures, enlèvements, mutilations, meurtres suivis da disparition de cadavroi, sont faux et inventés dans nn but de prapagandt. ■ *• I«e 3 avril, à Munidi, es on meeting, il est dit : « Kaoourea aux armes dont on se sert en Amérique. I^ynehcx 1 Pendes tout homme noir qui profsae la raee hlawrh» I » — I<e 3t avril, à Rome, se réunit nn oongrés antiesdavagistc qui demande aux gouvemtQients de limiter l'emploi des troupes n<^es à la défense des ooloaies. -^ I^ 5 mai, des journaux étrangers (neutres) signalent fàussemant des cas de typhus esaaUtématique parai nos troupes noires du Bhis. — J<a proporandt agit par le dnéma. BOc produit un ignoble fllm : DU Dtuttck$ Sehm^çk, On nous accuse d'ouvrir des maisons de tolérance pouf les noirs, d'y enfermer des femmes de force. •<— « Tolérer la honte noir^ lit-on dans DU Arix Têcknih Rwtdschmm de mai içsr.

LÀ SARRE ET tE8 PAYS RHÉNANS 319

distrilmer de» brochureB bokbcvistM aux troupe d'occupation. Il exdte à la grève les ouvriers d^ mmes et 4e6 usines. Il travaille à la formation d'associations ^'occupant de questions militaires et il coaseUle les organisations scolaires de caractère politique. Nous avons eu la faiblesse de laisser venir en pays occupés MM, Febrenbach et Simons. Leurs discours ont été efficaces : nous le reconnaissons trop tard (fin décembre 1990), en avertissant le gouvernement allemand que ces intrigues seront désormais int^dites. De même (janvier rçiitl), int^dit-on enfin le colportage et la vente de Talmanacb badois, de Die GegMrschnimg, de Dû roU Hand, Die Jugend» det Tag des Gerickis, publications portant atteinte i la dignité des armées aUiées. Nous «puisons les meneurs, les astucieux fonctionnaires, mais insuffisamment* Les espions abondent : le 8 janvier, nous décidons que, désormais, la détention à perpétuité pourra leur être appliquée par les juridictions militaires; nous punissons les receleurs d'armes, sévissons contre les autorités réfractaires. Par contre, nous créons des collèges ou écoles à Sarrebriick, à Sarrelouis, Ncuen Kircben. Saint- Wandel, Hombourg,

c'«ii aâmtttfe qnt notru poputotloti devienne mvlAfrf et sypbUitique. Ja Finoce 89it ce qu'elle veut. » — Des femmes hcmgrolses écrivent à û X^iffoe des femmen de mkén«aie pour proUêUt contre U Keste iKiirt. ^ !<• || août, pm itn wruMUff qui ^BUt 4'^tre l^oXif 1% Commissioii de censure dnématographiqûe allemande refuse Tautorisatipo de laisser représenter It film de }>ropafande aaUfranfaiie, La Hm$e nomt, oQWpne narépooda^t pas Mf vérité, -^li, Rçvuf 4ê$ Gfwt J4m4et du x5 HVteni)>re, parmi d'autres insatiitfs allemandes, rappdle cette fausse nouvdle puhliée paf la Miûitêktut NmmH N«ickfitk4m, le il juin iffi :

i On 9009 MDdnct'de Trêves :

« Des Jeunes filles ayant perdu eonnalssanca-furent conduites dies un wAJodn » qui constata que leu^ ar^es étalant presque compUtemcnt vidçi de sang. I<C8 Qoirs coupent 01^ mordent les artères de leurs victimes et en sucent ensuite It sang. Ce sont de viaUe» Mtes léroofs. »

f n y a une écple spéciale à Hambourg où le sénégalais et le mateadie sont enseignés 4 d'andens nègres allemands. On leur ressassa tous les gi&fs Imagi* maires do rAllofaagpe, puis 00 les envoie ans colonies propager ces infâmes mensonges. * (IC. Norbert sevestre, Revué des Deux Mondes, zj septembre 19* z.) — I^ «9 oot^bfa, la capitaine Oagley. membre dn Parlement britaimiqua, part en gpene contre les troupes noires qui gardait le Khin et propose, dans le Sun4(^y Tiniês .* « Si la France n'a pas asset de troupes blancbes, qu'elle enrAla des vokmtaira» pgniii lea aneioQs combattants brltaoïiique» lans travail. Cela vaudra mieu^ que les Marocalqs, les Sénégalais et les Annamites. > M. Cedl Harmworth, sousseorétaira des Allairei étrangères, dira, au owMiY, U 99 octobca : « U n> a a«0un l«oUI pour Igiîo dos ropréscutatipns, quelles qu'elles soient, au gouvernement frança», au sujet de l'emploi des troupe» de oouloor an territoire t)ooupé. •

Mettlach, et organisons des cours de langue française pour les employés allemands. Dans la plus large mesure possible, nous réduisons la liste des fonctionnaires allemands, malgré les protestations du commissaire d'Empire (janvier 1921). Il nous faut veiller à la scrupuleuse attribution de la prime de 5 marks-or accordée aux mineurs (Convention de Spa) et empêcher les détournements trop fréquents. Nous révoquons des maires séditieux, interdisons des réunions; nous- recensons les ressources qui peuvent être utilisées pour les besoins militaires, limitons la consommation de Talcool, imposons silence aux professeurs (cas du docteur Dressen, de Trêves) qui, dans les lycées allemands, commentent et discriminent le traité de Versailles. Nos ÂUiés et nous exigeons le respect aux drapeaux et emblèmes militaires : nos conseils de guerre jugent les refus d'obéissance aux autorités, les chants protestataires : « L'Allemagne par dessus tout ! » (Tribunal de simple police de Mayence, 4 février.)

Une agitation communiste est entretenue dans la Ruhr : elle s'infiltre dans les pays occupés : nous avons à lui barrer la route (février), tout autant qu'à la propagande nationaliste attisée de Berlin, et dontl'une des formes, en apparence innocente, est l'éducation militaire de la jeunesse scolaire. Tous ces actes d'administration et de police nous sont reprochés, globalement et en détail : il est entendu que nous sommes des tyrans impérialistes. Nous le serons bien davantage, lorsque le mauvais vouloir allemand nous aura conduits à Dusseldôrf , après le refus de contresignature de l'accord de Paris, Ce jour-là, la Taeglische Rundschau aura l'inconscience de dire : « L'exigence adressée à celui qui fui aUaqué, maîtrisé, pUU, de devoir réparer les dommages que, dans sa lutte pour son existence, il cause à V assaillant ( !) ne fut jamais légale : elle constitue la négation du droit. » La juste sanction est, aux yeux des Allemands, une exaction. La barrière douanière est « une chsûne attachée à la cheville d'un forçat ». La saisie des douanes est un vol. L'occupation

par les troupes est une conquête. La dissolution de la <c police verte » est un abus de pouvoir. L'interdiction des journaux, quinous insultent, est un crimecontre la pensée. Ainsi en va-t-il de tout. La thèse de Berlin est de maudire, d'incriminer et de ruser. On cite plaisamment, en avril, un de ces cas, invraisemblables mais vrais, où l'Allemagne s'efforce de nous reprendre ce que nous lui prenons, et utilise à cet effet les moyens les plus grossiers et les prétentions les plus abusives. A Schleiden, la municipalité est tenue de nous fournir un local. EUe fait déménager un cantonnier qui s'en va demeurer un kilomètre plus loin et on nous établit une liste de frais de 13.683 marks. Au compte de détail, on trouve : « 254 marks pour le transport de 12 poules, 110 marks pour une mesure de haricots qui n'ont pu supporter le voyage et qui sont arrivés tellement durs qu'il fallut les jeter ! » On ment effrontément, dans tout le Rdch, en publiant que les troupes de l'Entente ont étendu leur occupation au delà des villes désignées dans les décisions de Londres. Pour échapper aux sanctions économiques, l'Allemagne mécontente la Rhénanie. Elle se propose d'établir en territoire non occupé, au delà de notre barrière douanière, des postes de surveillance chargés de siEiisir les marchandises d'origine étrangère qui seront introduites sans les licences régulières d'importation octroyées par les offices du commerce extérieur du Reich. On ne ser§dt pas désolé, en Prusse, si les communistes réussissaient à déclancher le mouvement insurrectionnel, dont ils rêvent, dans la région industrielle rhénane. Les Nouvelles de Francfort accusent les Français d'ar|ner secrètement les insurgés ! C'est dire à quel point la mauvaise foi et la passion aveuglent les esprits, en Germanie, au printemps de 1921 *. A ce moment, à Munich, les journaux plaignent la Rhénanie d'être dans les mains des « voyous français », et s'indignent parce que les territoires occupés sont interdits aux avions alle-

I. Le 3 avril, la troupe belge intervient contre des communistes allemands, à Siioers, où l'état de siège est proclamé.

mands. Une nouvelle ligne douanière va être établie (20 avril). Le Journal de Berlin à midi, avertit, dès le 12, qu'on fera tout pour la rendre ineflBcace.

Il est dair que ni le gouvernement ni aucun employé allemands ne fodUtetoat rt^écutiûii dm sâoctions, non {dus que la dâlmltatioii de la nouvelle Irontière douanière. Cela n'est ^as ^ulnûs6il>^ ni moralement ni en droit; mais il est certain que le gouvernement protestera énergiquemcut contre tout* oontfiaintc exercée par l'Entente sur les AHelaaiids pour les arnennr à coUalx>rer ^ la ré^ùisatlov des sfmction» <.

L'arcbevfque de Colc^n^ ne daigna pas répondre quand le cardinal-archevêque de Pari» lui écrivit :

Émioence, la patience de la France est à bout

Je le dis» non pas seulement pour faire écho à la parole de nos liommes d'Btat, mais paice que, de toutes parts, osla se vciit, cda se sent On ne heurte pas impunément chez un peuple le sentiment de la justice.

Et c'est la justice seule que nous réclamons. Vous ne pouvez pas ne pas la réclamer avec nous.

S'il s'agit de transférer les réserves d'or du Reich en territoire occupé, on rrfuse. I^orsqu'en mai, rAllemc^e est sommée de répondre, par oui ou parnon, à l'ultimatum de l'Entente, tout se passe à l'armée du RMn comme si elle devait répondre non. Irons-nous dans la Ruhr ? Occtiperons^nous le triangle Wesd-Solingen-Hamm? On le redoute dans rEmfrire anxieux : la France et la Belgique sont abreuvées d'injures, mais la population ouvrière de Dtissddorf chante La Marseillaise devant les fenêtres du quartier général français. Par contre, à Essen, les 37 organisations pangermanistes et la police verte déménî^ent leurs armes et leurs documents. Une affiche, placardée à Dortmund, indte les ouvriers à ne pas « se laisser commander par des Cafres ». Nous devons interdire des journaux et revues (Kladderaddatsch, Deutschland Emeuerung) qui s'efforcent de susciter de nouvelles haines en

i. Ifi fduveracnueitt ëUmwsA |irotC8t« et cené « les gmvtfiiaiiflas des pett* sanccs d'occupation responsables de la violence contractuelle commise pv la Commission interalliée ». n interdit à ses douaniers de se mettre à la dispositian du CofldM ^cctcttf ém douaats.

LA SARRE rr LES PAYS RHENANS 323

explaitant }e tbènie de roccopatian projetée\ Le 13 mai, à 1» suite de la signature de rolrimatnm par le nottveao goor v^Bementatlemand, la maTcheveis la Ruhr est suspendue Nous possédcms un jouoial quasi <^&ciel dans la Sane, le Neuer SaarkurUr. Ncms avons cessé un instant de le surveilla : il nous calonniie à pleines pages : il publie des ^otestations de foncHonnaircs piitssîens contre l'introductioa du franc dans la ré^on. â l'occasicMi du centeuaixe napoléonien, il nous injurie. Nous sévisscms, mais un peu tard (33 mai). On met l'opinion en défiance contre les billets émis par la direction des mines de la Sarre, dont la valeur est déposée an Trésor français. On ir^mise et tiçiM^ pour suspecte la par<^ de M. Sartbou, qui, en visite à Mayence, déclare : « La France n'a jamais eu l'intention d'annexer. La conquête est exclue de nos esprits. » (2 juin.) On incite les Rhénans à boycotter l'exposition d'art français ouverte à Wiesbaden, le 11 juin *. On y taxe sévèrement les étrangers. On réclame avec violence lorsqu'en fin juin, la Commission interalliée refuse l'immunité aux parlementaires allemands dans les territinres occupés. Chaque fois que les partis populaires républicains de Rhénanie, comme en ce mois de juin 1921, rq>axient de ht créatkm d'un État indépendant, toute la presse aUemande les voue aux gémonies'. On considère comme indigne le fait de maintenir minés les jnliers des ponts de Lttdwigshafen, de Worms et de Casse! (i^ juîUet). Et le refrain quotidien, c'est la ruine de la Rhénanie par les sanctions économiques. La Gazette de Francfort (8 juillet), assure qne la production rhénane, dans certains cas, a été

X. Co totcrdictians sont fréquentes : Die Grotu BerHntr lUustriérU BtOmockemcknft (4 juin) ; Du$$ddorfer TatMêU (6 juin) ; Der Wmhre Jacob, Ulk (xq join) ; Acr^ Vorwaerit I27 juin); Ber^ischrMaerhifeke Zeitung (z8 Inalet): Deutsdu OtMerbtMU (33 jnlilet); le livre FftuuosUcke Giftmi$eker (z*' août); SocuOist R»dii Bêpublik (2 août).

9. On ocsanisc une mngti^ rivale, — archéologie et art cubiste, — U Bciaui* tanstdtmig, à grmwwni.

3. ' La lldélitéda la peoalatioa tliéiiaac enrcfs la patrie alkmasdcfcsIvaiAébraalable. • (IMsooitr» du docteur RnMalt, Maire de OohIcBts, lois de la vWlic da «i9d»tr« d« TiéMf dn Itfkli, doctcor Bancr, en cette rôle, le «9 jviUet 19S1.)

réduite de 30 à 50 %, que les journées de chômage ont quadruplé, que le port de Mannheiin ne se relèvera jamais. Par manière de consolation, on incite les armateurs rhénans pour leur décision de ne pas arborer le drapeau commercial de type nouveau, maïs le drapeau noir, blanc et rouge de l'Empire HohenzollemV

On avait cru que les troupes américaines seraient retirées : elles restent sur le Rhin, et c'est un autre déboire *.

Non sans appréhension, on feuillette, à Berlin, le guide des pays rhénans publié à Wiesbaden par notre Syndicat d'initiative et où il est dit que nous avons créé dans le pays tm lycée de garçons, un lycée de filles, des cours secondaires, une école d'agriculture, un institut commercial, une école de droit et 131 écoles primaires. C'est

X. Au lendemain de la grève des cfaaufleun et m^canidcmi de la batellerie du Rhin.

3. Contxadictoirement, le 27 juillet, la GazeUe de Francfort fait connaître que le gouvernement du Reich a intôcédé auprès de celui des Stats-Unis pour lui deman> dcr le maintien de ses troupes sur le Rhin > afin que Berlin puisse être en rapport dkect avec les ressortissants américains et discuter ainsi certaines questions nnau' dères et économiques ». I«es effectifo américains sur le Rhin et en Allemagne comptent alors X3.796 hommes. — On estime, que le départ des Américaûis laisserait les nudns trop libres aux Français. — le Temps du 19 août xgax publie les sommes réclamées par les États-Unis, la Frano*, la Grande-Bretagne, la Belgique et ri^e, pour le coût de leurs armées d'occupation, du xx novembre xgxS au X*' mai X93X. (Comparer ces chiffres, avec ceux publiés en note, void quelques pages, pour établir une moyenne entre desjapprédations de différentes origines.)

]&tats-Unis d'Amérique 378.067.6x0 dollars.

France. 3.304.850.470 francs fraaçRis.

Grande-Bretagne , 53.88x.398 livres.

Belgique. 378.73k*390 francsbdges.

Italie 15. 307. 717 francs français.

Xfi prix de la journée d'occupation pour chacune des armées ressort aux diillres que void :

États-Unis d'Amérique 4 dollars Vt*

France. x5fr. 35

Grande-Bretagne 14 shdlings.

Bdgiqne. x6 fr. 50

Italie 33 francs.

Si l'on ramenait les dépenses des diverses armées d'occupation au coût du soldat français, le montant total de ces dépenses, au x*' mai dernier, scsnit, en diifire rond, de s milliards de francs français, à savoir :

États-Unis d'Amérique 981. 335. 608 francs français.

Ftaiioe. 3.304.850.470 —

Grande-Bretagne x. 330. 906. 338 —

Belgique. 376.053. 30X —

Italie 13. 153. 335 —

Total 4»90S>x97*93o francs français.

fréquemment que nous devons arrêter et expulser des propagandistes du genre de ce docteur Brkdenz, député au Reichstag, qui fut chassé de Dusseldorf, le i^ août. Ces orateurs assurent généralement que M. Lloyd George et l'Angleterre déplorent les obligations trop dures imposées à l'ÂUemagne par les Français. Ils fulminent contre les interdits exercés sur les « bons journaux ». (Frankfurter Nachrichten, Munchner Neueste NachricMen, Sud' deutsche Monatshefte (août). Ils supplient les « martyres » de ne pas se laisser séduire « par le Vandale et le Wdch »: Ils luttent âprement contre « la destruction de l'idée allemande, en Sarre et Rhénanie, par les Français ». Ils dénoncent le gallicisme menaçant, ils exaltent la kultur. La propagande gréviste ne leur est pas indifférente. Le but est d'empêcher l'envoi de troupes dans la Ruhr. Le 10 août, les maçons, dans tout le bassin du Rhin, obéissent au mot d'ordre. Les employés des tramways, à Crefdd, les imitent. On rédame à cor et à cri la suppression des sanctions militaires, maintenues le 14 août 1921. « La satisfaction due à la suppression des sanctions économiques, se lamente la Gazette de Cologne, est accompagnée d'une plus profonde amertume, résultant du maintien de l'occupation militaire de Dussddorf , Duisbourg et Ruhrort. » Les conférenders de Deutsch Offiziersbund affirment que la France, bientôt abandonnée par ses Alliés, n'aura plus que des soldats nègres et un matérid démodé. Ils répètent les absurdités que publient des éditeurs de tracts qu'on se glisse sous le manteau : OffenUiche Erklaerung der jetzigen Raub und BltUregiertmgen zu Paris, London und Bruxelles est, en août, un modèle du genre ^ Ils dénoncent des périls imaginaires, lorsque, par exemple, la Commission gouvernementale du bassin de la Sarre promulgue une ordonnance réglant la situation juridique des

z. Constatant les pcrslstaiites manœuvres de la presse tendancieuse» la Haute- Commission intecalliée, le 17 septembre» se réserve le pouvoir d'interdire l'accès des territoires occupais, tPunê manière définitive, auxpublicati<nis déjà frappées de dcnz suspensions, ije SimpHcissimus sera l'un des premiers désignés» avec la revue Dos Rheinland in KetUn (la Rhénanie dans les fers).

326 HISTOIRE DES VlOLATtONS DU TRAITÉ hE PAIX

habitants An territoire : « C'est, disent-ils eu éeho du gouvemeBient allanatvd, une première te&tatiire potit créer une conception tendant à donner au bassin de la Sarre les attributs d'un État particulier. » Au reste, ils ne trouvent pas partout les mêmes publics : ils sont exaspérés à Wiesbaden où le ton acre est de situation, mais bien plus calmes à Mayence où la mentalité est bien différente. Il y a ainsi des nuances à observer, de ville à ville, selon l'état de prussianisation des auditoires. Ils ne vont guère à Sarrelouis, où ils seraient mal écoutés.

I^ 2î septembre, l'usine deB produite chimiques de Ludwigshafen-Oppau, près de Frankenthal, saute en partie ^ lye déplacement de l'air est si formidable que toutes les vitres sont brisées à Mànnheim et à Worms. Les Français collaborent activement à l'organisation des secours. On les remercie d'abord, en un sincère élan de reconnaissance. La presse allemande trouvera, avant peu, le moy«i de les dénigrer. Constatons, d'ailleurs, que quelques journaux seulement prirent cette attitude, au moment même où, à ce naturel mouvement d'humanité, nous ajoutons le geste pacifique de retirer les troupes françaises qui, en mai, avaient été massées dans la région rhénane, en prévision de l'occupation de la Ruhr. Quant aux autres journaux du Reich, la Freiheit mise à part, ils passent sous silence le rôle de nos formations sanitaires, sur le théâtre de la catastrophe d'Oppau.

Le î5 octobre, la Haute-Commission installe le nouveâtl commissaire d'£mpire, prince de Hat^feld, qui déclare sa volonté de collaborer loyalement à la solution des pfo^ blêmes soulevés par l'occupation.

£n résumé, à la date du x^ novembre Ï921, on peat dire que, dans l'ensemble, la population rhénane s'accommode de la présence des troupes alliées qui garantissent l'ordre et la paix publique. Les rapports entre troupes et habitants, sauf inddents inévitables, sont nôttnaul. Fonc-

Page 1