‹ Histoire des violations du traité de paixChapitre 65 sur 92 · CHAPITRE XV LA HAUTE - SILÉSIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV LA HAUTE - SILÉSIE

« n peut paraître surprenant que les Allemands, qui insistent si souvent sur le caractère « fondèrement allemand ■ de la Haute- SUésie, ne citent jamais les cfaifEres des statistiques officielles. Il suffit de consulter ces statistiques pour comprendre innirquoi les Allemands sont si étrangement discrets dans ce cas.

« Prenons le dernier recensement de 19x0. 1«a rabftque « langœ uauelle • indique 39,9 % de la population ne pariant que polonais, 4,53 % usant du polonais et de l'allemand, et 34,39 % ne parlant que l'allemand. I«es Allemands ne sont pas moins discrets en ce qui concerne les résultats des élections oommimales de novembre 19x9. Malgré la répression sauvage qui a suivi les événements d'août 1919, et malgré le régime de fer introdidt par le fameux Hoersixig, ont été élus 6.883 conseillers communaux pokmab contre 4.373 prussiens. I«es Allemands n'aiment pas non plus se vanter du résultat de l'enquête faite en 19x3 oonoemaat la nationalité des élèves des écoles haut-siléalennes. évidemment, il est embarrassant pour les Allemands d'avouer que 84 % des élèves étaient Polonais. Encore plus intéressantes, — et toujours passées sous silence par les Allemands, — sont les données fotnies par les bulletins statistiques pubUés tous les aat par l'ardievêdhé de Breslau. Ni le cardinal Bertxam, ni son prédécesseur, le cardinal Kopp, ne sont suqtects de partialité pour les Polonais. Or, le bulletin de 19x2 indique, sur 288 paroisses, 177 purement polonaises, 43 où les PoloDÂis constituent la majorité, 6x à population mixte, 2 à majorité allemande et 6 à population purement allemande. 1a bulletin montre que la population allemande se groupe surtout dans les centres où le personnel des bureaux est en majorité allemand. Il faut remarquer encore que, non seulement tout le haut clergé, mais la majorité des curés, même dans les paroisses purement polonaises, étaient Allemands et se livraient à une germanisation à outrance de la population. Quand on connaît ces cUUEres, on comprend pourquoi les Allemands ne les citent pas pour prouver le Deutchium de la Haute-Silésie. •

(Messager de la Haute-SiUsie, janvier 1931.)

« I^B PASSÉ. — Dès la constitution de l'Ôtat polonais au x* siècle, la Silésie en fut l'une des provinces les plus importantes. £n X34X, une terrible invasion tartare s'abattit sur la contrée et la dévasta; à la faveur de cette invasion, les éléments germaniques s*intxo> duisirent et colonisèrent. Au xiv* siècle, la Haute-Silésie était devenue vassale de la Bohême et, en X336, elle était inouf potée à l'Autriche. lA guerre de Trente Ans dévasta de nouveau le pays. Bnfin, vers la fin du xvm* siècle, Frédéric II, roi de Prusse, l'arrachait à Marie-Thérèse. I^ réveil national de la Haute-Silésie

Gomiaciiça en 1848, mais la véritable rcnaiwwnce politique date de Z903 et a été i>en(mnifiée par un homme : le leader Korfanty. I^ défaite allemande de 19x8 fit naître des cspoire dans les coeurs haut-sUésiens. Après bien des hésitatioos, la Conférence de la paix décidait que les habitants choisiraient entre la Pologne et l'AUcmagne par voie de plébiscite.

c I^ POPiTLATiON. — I^ territoire plébiscitaire» qui a une superficie de X0.885 kilomètres carrés, est habité par une population d'environ 3.x 16.000 âmes. Si l'on consulte les dernières statistiques officielles allemandes et le résultat des élections mtmidpales de 19x9, on trouve qne^ sur oe total, il y a près de x.asoi^ïoo Polonais contre 870.000 Allemands. Au point de vue de sa répartition, cette population est, en énorme majorité, polonaise dans la réi^on industrielle et, en majorité, nlus faible dans la région agriode. De même, les Allemands peuplent les villes, les Polonais peuplent les districts ruraux.

« IjBA SICHB88B8 DU PATS. — a) Charbon, Jjbl principale ridiesse de la Haute-Siléaie consiste dans ses gisements de houille. En 19x3, la contrée produisait 43.300.000 tonnes de charbon. 63 mines étaient eaqiloitées.

« b) Industrie du fer. — 37 hauts fourneaux, 23 fonderies et X4 aciéries travaillent à plein rendement pour produire la fonte, le fer laminé, les tôles, rails, traverses, etc.

« c) Minerai de fer. — I^ Haute-8il6de est relativement pauvre en minerai de fer. Elle en importe de grandes quantités.

« d) Bois. — I^a Haute^SOésie dépend entièrement de la Pologne, au point de vue du bois.

« e) Zinc. — ^industrie du zinc constitue l'un des piliers du développement économique de la Haute-Silésle : x6 fonderies, avee 371 fourneaux, produisaient, en X9X3, X70.000 tonnes de dnc.

« f) Ciment. — Le ciment est l'objet d'une Industrie très active. Dix usines réunies en une sorte de trust produisaient, en 1907, 7x8 millions de kilos.

« Sans parier des fabriques de produits chimiques, brasseries, verreries, etc., telles sont les principales branches de l'activité haut-silésienne.

« I<A PROPiaÉTÉ FONaàRB. — I^ Hautc-SUésie est devenue le pays-type de la grande propriété seigneuriale. Sept propriétaires allemands possèdent à eux seuls près de 290.000 hectares, c'està-dire 27 % de la superficie totale du pays.

fl>e PeHi Parisien, z8 mars X93X.)

« ... I«e même Frédéric, juste envers un meunier, Se permit maintes fob telle autre fantaisie : Témoin ce certain jour qu'il prit la Silésie, Qu'à peine sur le trfine, avide de lauriers. Epris du vain remous qui séduit les guerriers, n mit l'Europe en feu. Ce sont là jeux de prince : On respecte un moulin, on vole une province. •

AxvDRiECX (x7S9-x833).

(Le Meunier de SanS'Souci.)

Notre chapitre du tome premier, L'Esprit de conquête à l'Est, prend le titre : La HatUe-Silésie. C'est qu'en effet, dans la période qui nous occupe, toutes les ambitions allemandes se concrétisèrent en ce cri : « I^a Haute-Silésie !

La Haute-Silésie terre allemande. » Nous sommes donc amené à étudier le jeu désespéré du Reicb pour entraver, par tous les moyens, l'œuvre du traité de Versailles, fausser les plébiscites, arracher des lambeaux de cette texte que l'on voudrait conserver entière. Déjà, nous avons vu, jusqu'en septembre 1920, s'amorcer ce combat : noua allons le voir entrer dans la phase aiguë, et sans prétendre en suivre les péripéties, sans en nen omettre, nous satisferons au but de cet ouvrage en soulignant, par des traits multipliés, l'âpre façon avec laquelle l'Allemagne « défendit son bien », soit dit pour parler comme die.

En 191Q, les statistiques allemandes, pour la « Silésie d'Opolo », — région d'Oppeln, — comptaient i million 258.000 Polonais contre 884.000 Allemands. Parmi ces derniers, elle inscrivait las fonctionnaires, les troupes et» insidieusement, décomptait les Polonais faisant leur service militaire en Allemagne. Il y avait donc, de toute évidence, tme majorité polonaise. Le 29 mai 1919, le comte Brockdorff-Rantzau, dans une note envoyée de Versailles, con^dérait la Haute-Silésie perdue pour le Reich. Puis, peu à peu, l'Allemagne insinua qu'il n'en pouvait logiquement être ainsi. Elle fut appuyée en sa prétention par l'Anglais J. M. Keynes, qui invoquait les indications de l'Histoire. Or, depuis la moitié du XIV® siècle, la Haute-Silésie était Polonaise, malgré une « parenthèse » de domination tchèque : tradition, langue, costumes y rataient polonais, en dépit des efforts de nationalisation allemande. Le peuple n'y suivait pas l'exemple des magnats trop souvent germanisés. La Haute-Silé^e se maintenait si fortement polonaise que le polémiste Harden, le xi décembre 1920, raillait « l'appartenance huit fois séculaire de cette province à l'Allemagne! » Quoi qu'il en soit, les Alliés ont la faiblesse d'accepter, un jout, la thèse du plébiscite. C'est l'origine de désordres sans fin. On va discuter où Ton devait orâom]ker. On écoute l'Allemagne qui se dit frappée à

mort si on Tampute d'un membi^ essentiel, bien qu'économiquement parlant, la Haute-Silésie ne lui soit pas indispensable. Par contre, elle est uAe clé de voûte pout l'édifice économique polonais, pour sa vie agricole et industrielle. C'est ainsi que le problème se pose en octobre 1920.

Nous ne pourrons à toute occasion mentionner les cas où les Allemands introduisent secrètement ou ouvertement des armes en Haute-Silésie. Qu'on cache seulement que le fait est permanent, que les autorités alliées saisissent dés dépôts d'armes envoyées de mille manières aux Stosstruppen pangermanistes.Les Commissions interalliées sont l'objet d'attaques quotidiennes, dans la presse, dans les meetings. Ce sont là des faits, au jour le jour, qu'il suffit de consigner une fois pour toutes, quitte à signaler dans la suite les plus typiques, s'il est besoin, pour la datte de notre exposé.

Le point capital, c'est d'organiser le truquage du plébiscite où l'on veut, selon l'opinion de Berlin, faire voter tous les Allemands nés par hasard dans le pays et émigtés, deptns, avec père et mère, en Amérique ou en Chine. Le traité ne parle pourtant que des habitants résidant sur place. Les Polonais s'insurgent contre cette prétention qui ne leur est pas personnellement consentie. Le gouvernement du Reich favorisera le transport des Haut-Silésiens fidèles à l'Allemagne et entravera les votes polonais. ïl répète : « Les coupables des désordres, ce sont les seuls Polonais », et il voudrait soulever l'opinion du monde contre ces « agitateurs ». On accuse la France de chercher à tout prix à « dépouiller l'Empire »; on insulte le général Le Rond, président de la Commission d'administration interalliée : on signale sa « partialité écœurante ». On fait effort pour retarder la date de la consultation plébiscitaire : il faut laisser aux Haut- Silésiens de l'extérieur le temps de venir sur * place»

autant que possible après l'hiver. On crée des ligues, des sociétés : la Freie Vereinigung zum Schulze Obetschlesiens (Union libre pour la protection des Haut- Silésiens), les Vereinigie Vetbande heimaUreuer ObetscUesier (Fédération des Ligues de patriotes hautsilésiens), la Kampf-organisation OberscUesien (organisation de combat liaut-silésienne),la TechnischeNotkilfe, la Ligue des anciens prisonniers, et d'autres. Le centre de tous ces groux)ements est à Breslau, à la Schlesischer Ausschuss. A Berlin, un organe officiel, l'Office pour le licenciement de l'armée (Heeresabwickelungs Hauptamij recrute des volontaires pour les organisations secrètes. On ne dédaignerait pas un coup de force : le complot militaire est» en somme, prêt à agir, en octobre. Quand, le i6, on apprend que le plébiscite est ajourné au printemps, on pourrait croire que la bombe va éclater. Mais l'ÂUemagne manque ^e décision, cette fois. Elle se contente de manœuvrer. Le clergé allemand fait de la propagande. Déjà on prépare des logis pour les 200.000 ou 300.000 Allemands qui, sous peu de mois, viendront participer au vote\ Et on hospitalise des hommes de la Reichswehr qui, sous habits civils, s'installent dans le pays. Dans les écoles mêmes, on célèbre les bienfaits du régime prussien. Les ouvriers, parfois, se rassemblent, expriment leur désir de rattachement à la Pologne, mais on organise des contre-meetings où le moins que l'on demande est l'autonomie pour la Haute-Silésie, avec l'arrière-pensée d'une prompte réincorporation de la Haute-Silésie au Reich^.

1. Bn novembre X93Q, oa coauucnça à placarder dans toute rAllcmagne des affiches iaformaat les électeurs de la Haute-Silésie que toutes Cadlltés leur seraient accordées pour aller prendre part au vote.

2. I^ xs juillet 1930, la Diète de Varsovie avait voté une loi attribuant à la Haute-SUéiie rautonomie économifue ainsi que de larges garanties pour son développement politique. Le projet avait été élabocé par le Comité plébJsdtaJre polonais. L'autonomie ainsi comprise ne devait nullement priver les SUésiens du droit de participer à la politique générale de la Pologne. Vopinion publique silésienne avait fort bien accueilli ce statut organique. Mais maintenant les Allemands s'efforçaient d'offrir à la Haute-SilMe des oonditions qui, apparemment, pouvaient sembler au moins aussi avantageuses. Le 4 novembre, le cabinet prussien se pro-

On songe à faire voter les défunts : on se procure les pièces d'identité de Silésiens décédés pour les distribuer à des Allemands habitant d'autres régions, afin qu'ils apportent tin bulletin utile. On fera venir les malades, les vieillards, voire les impotents, « dans des trains bien chauffés ».

I<a Deuischer Schutzbund, ligue pangennaniste, publie un avis disant qu'elle prend à sa charge les fiais de transport de toutes les personnes nées en Haute-Silésie admises à participer au plébiscite et qui, actudletnent, habitent en dehors du territ<^ plébiscitaire; elle s'engage à les défrayer de toutes dépenses pendant dLc jours; les chômeurs continueront à toucher leurs allocations; il est même prévu qu'en cas de ino(rt, la famille du défunt touchera 10.000 marks; il est interdit auxpersonnes se rendant en Silésie d'emporter des armes.

(Ifi TempSf 28 novembre 1920.)

Ce ne sont partout que tracts et brochures, quêtes et caisses de propagande \ I^'organisation des fidèles de la Haute-Silésie distribue des cartes d'électeur à tout venant. Les « pro-Âllemands » s'irritent de la décision des Alliés selon laquelle les Silésiens, vivant en Allemagne, pourront voter à Cologne. Cette mesure n'empêchera pas l'afflux des électeurs en terre silésienne au jour dit. Berlin, d'ailleurs, discute le projet de vote à Cologne et y voit un danger^. Les Polonais, eux aussi, redoutent la mesure qui, à leur avis, permettra à des Allemands non Silésiens d'intervenir au scrutin. Ils proposent de refuser le droit de vote aux personnes ayant quitté le pays depuis 1908 et de faire voter dans les communes de HatUe-SiUsie les émigrés qui en sont originaires. Le cardinal Bertram interdit aux prêtres polonais de susciter le patriotisme des Silésiens. La presse pro-polonaise {Oherschlesische Grenzzeitung) signale la for-

noaçait en faveur de ratttoiu»nie de la province et prévoyait la convocation d'une Assemblée haut^UésIcime, qui oonsUtoefait le gonvemement.

z. On quête également à Berlin et dans toute l'Allemagne. Les eniants des écxÀes vont ramasser des souscriptions de porte à porte. Bt Tadministiatlon des diemins de fer prépcure 300 trains d* « émigraats •.

2. Vœu exprimé par le gouvernement du Rdch, le xo décembre 1930.

mation d'tine organisation pangennaniste nouvelle comptant 30.000 fusils ptéts à partir» au jour du coup de main. I^es incidents se multiplient; un aviateur allemand tue un of&cier anglais à Kattowitz. Eii répcmse» à B3rtom, les monuments de Guillaume I^ et de Frédéric III sont détruits par une bombe. Les armes allemandes affluent comme a vieux métaux ». Des bandes terrorisent les campî^es. Des agents allemands essayent d'accréditer Thypothëse que le sort de la Haute-Silésie va être réglé à l'amiable par « un juste partage ». lycs magistrats, la gendarmerie, les gardes de frontière protègent les complots des perturbateurs de Tordre.

Les journaux du Reich, entté temps, se félicitent de voir accepter par les Alliés ce qu'ils appellent « la plus large participation des émigrés au vote silésien ». Ces fanfaronnades provoquent une nouvelle crise de méfiance en Haute-Sil^e où l'Unioû des syndicats polonais (200.000 membres) menace de proclamer la grève générale si sa protestation contre le vote des émigrés allemands n'est pas prise en considération. D'où qu'ils viennent, la population s'attend à des troubles, à un pîitsck, et les /Jlemands accusent les communistes de préparer la guerre civile. Aussi s'arment-ils de jour en jour davantage.

C'est le 4 janvier que parait, émanant de la Commission interalliée, le décret réglant les opérations du plébiscite auquel prendront part les personnes des deux sexes qui, au i«' janvier 1921, auront 20 ans, qui seront nées dans la région plébiscitaire ou qui y auront leur domicile depuis le !•' Janvier 1904, ou encore qui auront été expulsées postérieurement à cette date par les autorités allemandes ^ Dès lors, commence la plus frénétique des luttes d'influences que l'on puisse relever dans l'histoire des peuples. Les agents provocateurs allemands

X. n est entendn que les non-dûtticUiés voteront en SUésic, aak A «ae dsie postéfieure à celle fixée potùr le vote des électents domiciliés : nouvelle canst de méeonttfitcmeat pour l'Allmiatiie)

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mettent toutes leurs ressources en œuvre : ils sont largement payés par la métropole. Afin de diminuer les voix polonaises, ils vont jtisqu'à engager, par de bons contrats, des ouvriers pour des usines étrangères. L'Allemagne crée partout la discorde et, par une réclamation du 12 janvier 1921, se plaint près de l'Entente eu signalant que rinsÀmrité en Haute-Silésie est due à l'action de la Commission interalliée! I^es journaux allemands mènent grand bruit autour du « banditisme haut-silésien ». Us oublient les méfaits des stosstrupper ^ ! Ils constatent avec plaisir que les voix polonaises s'élèvent pour rédamer une Silésie autonome et neutre. Ils proclament par anticipation l'inévitaUe succès de l' Allemagne dans le plâ)iscite. Et déjà ils menacent de représailles ks « mauvais votants ». Du reste, si le vote était di^avoralde, on agirait. Harden écrit, le 16 janvier : a Tout est préparé pour une intervttition armée; une colonne d'automobiles blindées est toute prête à Neisse, à la frontière de Haute^Silésie ^. » Pour faire à tout prix la majorité, on fournit des pièces aux déserteurs russes arrivés en Haute^Silésie pendant la guerre polono-bolcbeviste; on achète les voix des timides à prix d'argait. I/a fausse nouvelle court le pays : le commissaire plébiscitaire polonais doit en avertir la population par un appel motivé'. Les pangermanistes publient des déclarations erronées émanant des industriels polonais. On annonce, pour énerver les esprits, que les Allemands

z. Deux exemples eatxt mille : A Bytom, un StoMtraraer, le 19 janvier, tue un employé du commissariat i^ébisdtaire polonais. I<a police allemande arrête les témolas et rdftche le meurtrier. A PoBorxels, les Stosstrupper font sauter la maison d'un cabaretier polonais qui a accueilli che? lui les membres d'une société de Polon^.

2. Ifi. Gueia Robôtnicxa (journal ouvrier) publie un document secret, émanant de la grande organisation militaire allemande dite « Orgesdi », qui expose en détail les préparatifs pour l'invasion prochaine de la Haute-Silésie par les troupes allemandes. Une concentration a été faite à Brieg; en outre, la VIII" brigade de la Rddiswehr (régiments d'infanterie n«« 2, 4, 6, 7, S, xo), ainsi que des détachements des régiments n" 22, 83, 156, 157 sont prêts à intervenir. Vexécution de ce i^an est fiéme pour les premiers jours de février.

(Télégramme de Beuthen, 18 janvier 1921.)

S» « a s* iMtt 9m tteir compte des auasooges répandus par les Aileaumds. »

feront sauter les trains amenant les émigrés polonais. Et l'on apprend aux enfants des chansons de haine contre le « méchant Polonais ».

En Allemagne, on trie sur le volet les émigrés suspects. A ceux qui pourraient voter contre le Reich, on refuse les « papiers de route r>, quand on ne les emprisonne pas. On ne laissera partir que ceux qui sont « absolument sûrs ». Ceux-là auront voyage, logement et entretien gratuits. Leur congé leur sera payé, s'ils sont ouvriers. Des artistes des théâtres de Berlin parcourent la capitale et discourent pour exhorter les émigrés à ne pas « manquer le voyage d'agrément ». On convainc les « touristes » qu'il n'y a aucu|i danger à se rendre en Haute-Silésie et qu'on y sera reçu à bras ouverts. « Les Polonais ne sont pas dangereux \ » Partout des manifestes sont publiés, des réunions ont Ueu pour affirmer que la Haute-Silésie est terre de Deutschtum. On assure, le 12 février, que le gouvernement allemand va déclarer, à Londres, sa volonté de subordonner son attitude, nofi plus aux termes du traité, mais à la solution, favorable pour l'Allemagne, du problème haut-silésien. Tout est à l'optimisme, tandis que les armes franchissent, en quantités énormes, la frontière, avec des sommes considérables à répartir entre les derniers hésitants. Le prix d'une voix peut s'élever jusqu'à 2.000 marks. La Commission. interalliée expulse les agitateurs; Berlin ai renvoie dix pour un. On y fulmine, à la fausse nouvelle que les Polonais concentrent des troupes en bordure du territoire allemand. Mais l'on s'y réjouit quand on sait, le 21 février, que le Consdl suprême (Londres) vient d'établir que les électeurs résidant à l'extérieur voteront le même jour que les Haut-Silésiens résidents ^ Harden s'inquiète.

I. Pourtant les communes du district d'Oppeln déddeat, 1« x6 février, de ne pas héberger les émigrés et de leur refuser la nourriture.

a, Oette dédsioa provoque une vive déCQptkm ch«B Id Hattt^flriwii poloMb.

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n est plus que probable qae Tanivée subite de giandes masses d'hommes dans cette atmosphère de Haute-8ilésie» tout Imprégnée de matières inflammables, va déchaîner un oiage. Ai»és le long travail d'excitation qui aura été mis en œuvre, on pourra sans erreur résumer l'état d'fime des arrivants par la phrase : « Allons faire leur affaire à ces cochons de Polonais. »

(Agence pokmaise, 22 lévrier 193 1.)

Non moins anxieuse est la population. Les grenades, les bombes à gaz asphyxiants arrivent de toutes parts dans le pays, avec les pistolets Mauser et les fusils. Des bandes armées délivrent des prisonniers dans les prisons (Cosel). L'Orgesch couvre le district de Waldenburg d'un réseau serré d'organisations secrètes; on n'attend que le signal pour intervenir. L'intrigue rayonne sur tous les territoires appartenant aux grands seigneurs allemands : « domaines de la couronne prussienne : 96.919 hectares; prince d'Ujert : 42.001 hectares; prince de Press : 40.437 hectares; prince de Ratibor : 33.395 hectares; prince de Stolberg-Wemigerode : 26.517 hectares; prince de Hohenlohe-Ingelfingen : 25.786 hectares; prince de Donnersmark : 21.942 hectares, et comptées en bloc toutes les terres des 258 grands propriétaires allemands : environ 589.000 hectares ^) Des Allemands attaquent des Polonais réunis à Beuthen, le 7 mars. Des Français sont blessés. Le 20 mars, jour du plébiscite, approche, et M. Korfanty,. député, président du Comité plébiscitaire polonais, déclare à la population polonaise :

I<es soi-disant émigrés venant de TAllemagne, imbus par les pangermanistes de Tespiit de haine, de Tesprit de barbarie de 19 14. envahissent, en grandes bandes, la Haute-^ésie et, ayant à leur disposition les armes massées id par les Allemands, seront la menace d'un danger grave pour Tordre sodal et Tacoomplissement en paix de la gjrande consultation populaire. I<e peuple pK^onais a en juste suspicion ses oppresseurs séciîlaires et ses exploiteurs. U a le droit de supposer que ceux-ci, étant désormais convaincus de la perte de la Haute-Siléàe, tendent sciemment à fomenter des troutdes de manière à ne pas permettre au plébiscite de s'accomplir dans la paix et dans l'ordre, afin de pouvoir, dans le désarroi provoqué par eux, sauver au moins une part de la Haute-^ésie pour l'AHemagne. I^e peuple haut-silésien ne

X. IfiB 60 % dt la^populatioo, qui sont Folopais, ne possèdent qn'on tiers de kl •nrfsoe du sot, et la minorité aOemaad« est propriétaire du reste.

se laissera pu aller à commettre des actes imprudents. Comme il l'a lait jusqu'à présent, il gardera, au moment suprême» tout son sang-froid et une disc^line militaire, se conformant docilement aux ordres de ses chefs.

Les a émigrés » arrivent, devancés dans le pays par les propagandes des aviateurs qui, du haut des airs, lancent des brochures stimulantes où il est sous-entendu que Hindenburg, Mackensen et Ludendorff « vont s'occuper de la Haute-Silésie ». Ne peuvent passer la frontière que les personnes munies d'une carte plébiscitaire. I^ autorités alliées arrêtent au passage des « irréguliers * et des meneurs, notamment des cheminots venus de Breslau, de Berlin ou de Saxe. Quatre bataillons britanniques sont venus se joindre aux détachements français et italien \ On trouve, dans les bagnes des femmes, des revolvers et des grenades, L'Allemagne, à toute éventualité, masse des unités d'Orgesch à la frontière. On estime que le nombre des votants sera de 1.220.000 dont 940.000 domiciliés et 180.000 vivant à l'extérieur : il en vient d'Autriche et de Roumanie. Le Reich fournit, naturellement, le plus gros effectif. Tous sont accueillis « fraternellement » par les fonctionnaires prussiens maintenus dans leur place par la Commission interalliée, par les HeimaUreue, par le Schutzbund, par la police plébiscitaire où se sont faufilés de nombreux Allemands. On est certain de « vainx:re ». Il le faut. Un texte officiel allemand vient de le rappeler à tous :

Si l'Allemagne perd la Haute-SUé^ie, la différence entre riasportation et l'exportation aHemandes deviendra si gnmde ^pte TAttemagne acsa hois d'état de vivre. Il en résuiicfa une limitation de la ptodnction indostriellé et des ehfttnagcft. I«a perte de la Silésie provoqneia tme catastrophe de toute notre vie éooaomique. VAlkmagiie tombiefait an tmag d'un lÊtat de second ordre et iaotpabfe de nourrir aa popnblion actneile. HUe serait obligée de servir « d'engrais Iwmain » aux {Koples étrangers et de dire adieu à «n grand naaâan de «ce en&nts.

X. I«es troopeâ italiennes sont également renforcées. — I<e x6 ma», la Conférence des AnifaoaaaâeHts a^rcaec à i« dél^tioa adleniiiade uae aole rappefant que le maintien de Tordre en Haute-Silésie appartient exclusivement à la CornaUssioo intesalliée et que l» Allemaads setaie&t respowaables de» suitçs q)a'«ntjalnerait l'entrée de ktû» tawpei sur le tozitoire jd^bUcité.

Et le présMent Ebcrt, la veille du vote, a prévenu par un « appdi » les Haut-Silésiens :

Haute-SIksie et AUemagxie sont unies indjasolubkmfitit par des liens puissants, par tu^e culture commune, par tm essor social simultané et par tm mCme développement économique. Si ces liens étaient rompus, la mine de Tonvrage fécond accompli au dentier siècle, et la détresse en seraient les suites inévitables.

La propagande de la dernière heure dépasse toute e^qjtession. On admire, à grand renfort d'épithètes louangeuses, Tardeur patriotique de deux voyageuseâ qui, intrépides, se sont mises en route et ont aGCOuché en chemin de fer. On affirme, à la dernière heure, que bien des Polonais sont devenus germanophiles. On distribue des images où Ton voit le Polonais à bottes éculées, ployant sottô le sac du soldat, et l'Allemand, en civil heureux, jouant avec une canne de jonc à la terrasse d'un café ^ .

Et, comme il fallait s'y attendre, le résultat du plébiscite fait apparaître, une fois de plus, les « trous » du traité de paix. Les opérations électorales se sont passées sans incidents importants. Le résultat du vote est favorable à rAlleins^e. Berlin pavoise : déjà on réclame la totàlUé de la Haute-Silésie, « puisqu'il y a majorité pro-allemande ». La Gazette de Voss soutient le principe : (c Toute tentative de partage engendrerait non seulement de l'injustice, naais aussi des impossibilités, et déchirerait les liens dont dépendent notre vie et nos communs moy«is de vivre, en créant ime situation intenable. » En réalité, la consultation a été très divisée. La Pologne n'est pas si

I. n faut tnsxxe dter tin tour des meilleurs : il y a en Vologatt tout prés de la frontière, à Czenstochowa, une vierge noire miraculeuse fort illustre et chère à tous les cœurs polonais. I«es Allemands ont publié et répandu par dizaines de mille d'caMmplaireB une charmante petite brodiure d'aspect purement slave. I«a couverture rouge» blanc et or figure la sainte image environnée de vierges et d'anges agenouillés. I> texte débute par les considérations pieuses les plus édifiantes et se poursuit longtemps sans rien qui puisse donner l'éveil. C'est peu à peu qu'il conduit par tm admirable raisonnement à cette omcltision que, pour la plus grande gloire de Dieu et pour la joie de la Vierge noire, la Haute-Silésie doit rester allemande.

Cfidouard Hblset, le Joumal, 20 mars 1921.)

affectée par les résultats qu'elle ne pavoise aussi» et n'illumine. M. Korfanty proclame que «le peuple polonais hautsilésien a remporté une victoire décisive, malgré les 200.000 émigrés allemands et les centaines de millions de marks dépensés par le Reich ». La région orientale industrielle et les districts environnants se sont prononcés pour la Pologne. Le Daily Chronicle constate :

I^ Allemands odX mie majorité de 253.000 sufEniges dans l'ensemble de la Hante-Silésie. Mais comme on Vasx a pennte d'amener d'Allemagne un grand nombre de Silésiens orighiaires dont la plupctft n'avaient aucun lien réd avec la Haute-Silâie, et comme le total de ces immigra est évalué à 200.000, on voit que la majorité allemande de la pofmlation indigène n'est pas considérable'.

I. Statistique d'origine aUemande, foornie par le Temps ^ et aona réserves, le 33 mars 1921 :

Roscnbcrg (district, ville et campagnes) : Allemands, 24.300; Polonais, it.400. Krensbnig : Alleniands, 43.000; Polonais, 3.300. I^ublinitz : Allemands, 15.100; Polodoais, Z3.800. Tamowlts : Allemands, 17.600; Polonais, 37.000. (koss-Stx^ta : Allemands, 32.500; Polonais, 32.900. Ober-Ologau: Allemands, 33.700; Polonais, 4.500. Cosel : Allemands, 36.300; Polonais, cz.700. Gkiwitz (vill^ et campagne) : Allemands, 580)00; Polonais, 33.000. I/sbschfttx : Allemands, 65.100* Picdonais, 300. Ratibor (ville et campagne) : Allemands, 48.700; Polonais, ao.700. Ktittxmitz (ville et campagne) : Allemands, 76.400; Polonais, 69.800. KœnigshAtte : Allemands, 31.800; Polonais, xo.800. Beuâien : Allemands, 73.900; Poldnab, 73.500. ZalH^ (Hindenburg) : Allemands, '45.300; Polonais, 43.000. Oppeln (ville et campagne) : Allemands, Sz.ioo; Pc^onais, 36.000. Pless : Allemands, 14.400; Bokmais, 41.000. Rybnik : Allemands. 38.500; Polonais, 50.000.

Cbiflres de la Haute-Commission interalUée publiés le 34 mars 193 z, comme « document provisoire ». — - I<e8 disaines et unités sont intentlonnellemettt supprimées :

A. RliOION XNDUSIRIBLLB BT lOMlàRB A MAJOIOTÉ POLONAISE

a) CereUt ruraux.

Dénomifintion des cerdes. Pologne. Allemagne.

Pless 48.600 Z8.400

Rybnik 52.400 27.9O0

Kattowitz 66.000 53.800

Beuthen 60.700 43.300

Zabrje 43.300 45.300

Tamonrits 37.400 17.000

Tost-Gleiwits. 36.700 19. zoo

QtOBS-Strelitz. 33. zoo 23.400

Total 348. zoo 245.000

b) Cercles Ufba,ins.

Dénomination des cercles. Pologne. Allemagne.

Beuthen ^ zo.ooo 39.800

Gldwitz 8.500 32.000

Kattowitz.... 3.800 33.70»

Kœnlgshfitte zo.700 3Z.800

Total 33.000 ZI6.300

507 communes ont voté pour la Pologne, contre 140 pour l'Allemagne. Le scrutin du 20 mars ne justifie pas

B. RéOION AORICXILB A MAJOHXTé AXXBICAMDB

a) CereU» ruraux,

Dénominatioa des cercles. Pologne. Allemagne.

Ratibor zS.ooo 26.100

I^sbschutz 200 65 . 100

OqscI 16.700 69.600

Oppeln 24.800 56.000

Rosenberg 11. 100 23.800

Ivublinits. 13.600 15.400

Kreutzsbntg , • i . 700 43 . 200

Total 86. zoo 299.200

b) CercUs urbains.

Dénominaticm des cercles. Pologne. Allemagne.

Oppeln i.ioo 20.800

Ratibor 2.^00 22.200

Total 3.300 43.000

Nouveaux chiffres (provisoires) publiés le 25 mars :

Inscrits : i. 217. 961. — Votants : 1. 176. 103.

Poux r Allemagne 704.579 voix.

Pour la Pologne 471.523 —

Majorité pour TAllemagne 233 .056 —

Résultats définitifs du plébiscite du 20 mars 1921 en Haute-Silésie :

Inscrits. Votants. Polonais. Allemands.

a) Districts du nord et de

Vouest :

Krcuzburg 46177 45317 1.785 43-447

Roaenberg 35976 35- 108 11.150 23.857

Oppeln-\111e 22.930 21.984 1.908 20.8x6

Oppeln-Campagne. 82.7x5 81.196 24.727 56.260

I^ttblinitz 29.981 39-195 13.679 Z5'454

Coâel et Ober-Glogau 88.389 86.4x5 16.717 67.476

I^oebechntz. 66.697 65.428 259 65.228

Ratibor-Ville 25.336 24.675 2.227 22.291

Ratibor-Campagne 45>900 45.052 18.516 26.354

b) Districts du sud :

Rybnik 81.985 80.435 52.347 27.918

Pl«« 73.781 7^*277 53.378 18.675

c) Bassin industriel :

Beuthen-VBle 42.990 40.09X zo.ioz 29.890

Beuthen'Campagtte 109.747 X07.126 63.02X 43.677

Gleiwitz 41.949 40.700 8.558 32.029

Kattowitz-Ville 28.531 26.715 3.900 22.774

Kattowitz-Campagne 123.390 1J9.458 66.1x9 52.892

Koraigshiitte 44-052 42.758 10.764 31.864

Zabrje (Hindenburg) 90.793 89.X53 43.256 45.313

d) Districts du centre :

Gros6-Strelit2 46.528 45.590 23.046 22.4x5

ToBt-^xldwitr 48.106 47-435 27.198 30.098

Tarnowitz 45- 561 44 .739 27.513 17.078

les cris de victoire poussée à BerUn : il est très cettaiii que les Allemands ont fait stir les populatioiis tme pteesion formidable. Leur enthousiasme du premier jour est suivi d'tme réaction qui s'exprime par tme significative hausse du mark polonais. Les chiffres flottants se précisent. Le 22, la Commission interalliée fournit ceux qui ne sont pas définitifs : pour l'Allemagne, 716.406 voix; pour la Pologne, 471.408 voix (?). Soit. Mais c'est encore une référence des plus indéterminées. ( ^ ) Nous gardons du reste pleins pouvoirs, — le texte du traité est formel, — pour fixer^la nouvelle frontière, en tenant compte de la volonté des populations et des nécessités géographiques, n'en déplaise à la thèse allemande qui réclame l'indivisibilité. La pièce n'est pas jouée : elle continue. Tout le bassin minier et industriel entend être polonais : il y aura des compromis, certes, mais le rêve allemand d'incorporation totale est vain, incontestablement vain. Il est inntile de parler, comme le fait le docteur Simons, de « l'effroi et de la consternation des Alliés ». Le 24 mars, la presse polonaise constate que la majorité absolue appartient aux Polonais dans le district minier. Les Allemands de Haute-Silésie, aigris, se livrent à des actes de violence, pour affirmer sans doute leur force et leur nombre. Ils se mettront en grève, disent-ils, et avant -peu. Ils font de l'agitation dans les centres populeux. Les Polonais réagissent, bien que M. Korf anty les invite au calme. Tous les journaux polonais et allemands, dans le pays plébiscité, sont soumis à la censure. «La Conférence des Ambassadeurs devra se hâter, dit-on, de fixer le tracé de la nouvelle frontière. » Il est vrai, mais la tâche n'est pas simple. La Pologne n'acceptera pas d'être frustrée, et l'Allemagne crie qu'on veut la démanteler. « La Haute-Silésie est une et indivisible. » (Presse berlinoise, 25 mars.) « Le vote doit

(i)Siir X.220.514 inscrits, on acompte 1.190.846 votants, soit seukaiflBt 90.000 abÀUntionnistos. Jab voix, dans l'ensemUe, se sont ainsi partagées. Poof VJd^tmagne : 707.6^5, soit 60 %; pour la Pologne : 479>359, soit 40 %. I«e moBaton des bulletins btencs ou nuls a été de 3.882. I^ majorité pour rAllemagne est de 221.246 voix. I^ nombre des émigrés ayant pris part au vote a été de i9Z.x54<

être annialé dans les territoires où s'est exercé le terrorisme franco-polonais. » (Lokal Anxeiger.) I/es « émigrés », à lenr retour, sont accueillis par la foule berlinoise chan < tant la WaclU am Rhein. D'autres restent en Haute-Silésie pour renfcwcer les Stosstruppen. Les Allemands menacent de faire sauter les mines, si elles sont attribuées à la Pologne. Certains, déguisés en officiers et soldats anglais, provoquent les Polonais pour créer des troubles. AGross- Streîitz, un câble, la nuit, barre une route et trçis Français de la Commission interalliée, voyageant en automottle, sont blessés. L'un meurt de V « accident ». On a l'impudence, à Berlin, de prendre les mesures nécessaires pour la mise en vigueur de la loi sur l'autonomie haut-silésienne, votée en septembre i^o.

Ces forfanteries et d'innombrables incidents locaux avivent la colère des ouvriers du basd^ minier. Aux premiers jours d'avril, on peut craindre qu'ils ne se vengent avec énergie des excès allemands. L'indignation de la population polonaise est à son comble. On réclame que l'état de siège soit étendu à toute la Haute-Silésie. Les provocations n'en continuent pas moins. Insidieusement, on propage le bruit qu'un accord est intervenu entre un groupe de capitalistes français-anglais et la haute finance allemande, en vue d'exploiter les mines et usine» hautsilésiennes\ On affirme que le pays restera autonome.

z. Production miatèK dt métallurgique de la Haute-Silésie :

TomieB.

Charbon 40. 118.664

Minerai de fer. i$B,to$

— de xinc (calamine) , 107.787

— — (blende) 40Q.387

— de plomb ^ 5*. 37a

Produits du charbon :

Coke 1.655.281

Goudron x54.39x

Ammoniaque 35 «447

BriqoetteB 431.967

Hauts toomeau^: et forges :

Fer brut 904.601

Foute 83.846

Ader coulé 11. 08z

Fer doux ^ î • 453 • »o3

Production des laminoirs z75*54r

Les décisions tardent, et déjà Ton s'en étonne. Le gouvernement berlinois réitère ses prétentions, par des notes è l'Entente, par la voie officieuse de la presse. La thèse connue est que Haute-Silésie et Allemagne ne peuvent vivre l'une sans l'autre. Le Vaterland seul peut rétablir l'ordre et assagir les Polonais tapageurs. Berlin, pour justifier sa doctrine, fait remettre plus de 300 pages à notre ministre des Affaires étrangères. Nous n'y relevons que des inexactitudes et des affirmations sans fondement, tandis que sont vérifiés les votes des 1.400 communes du territoire, et condanmés, en Haute-Silésie, les journalistes menteurs, nouvellistes éhontés, des journaux Oppdner Nachrichten, Morgenpost, Wanderer et General Anzeiger, Leur plus belle invention a été le refus des marks polonais par les banques polonaises en Haute-Silésie ^ Simultanément, la Haute-Commission poursuit divers fonctionnaires allemands, entre autres des magistrats justement accusés de contrebande d'armes et de falsification des résultats du plébiscite. On relève de nombreuses

Poumeaux à zinc :

Ziilcbcut x69'439

Adde sulfurique à 50° S55>589

— aiUiydrique 3.137

Plomb 4X-S79

Cadmium 38.6

Argent 7.4

TOle de zinc (laminoirs) 49 '332

(l^ Tempit 7 avril 1921.)

I. Pour délit de fausses nouvelles, les KreuUburger Nachrichten furent alors sospendnes une «emaine.

Vagenoe B3q>rera Tdegraph de TBst annonce qu'à la suite du plébiscite da 20 mara, qui donna la majorité des suffrages à l'Allemagne, la populatioa des districts ooddentauz de la Haute-Silésie a adressé à la Commission intemlUée» à Oppeln, de vives protestations au sujet de ce vote, lui demandant d'en anntiler les résultats.

De sa propre initiative, la population de ces districts organisa un nouveau plébiscite, chaque votant déposant son bulletin dans les bureaux communaux, l/cs résultats de ce plébiscite furent diamétralement contraires à ceux du plébiscite du 20 mars.

Dans le district d'Olcska, oH les Allemands avaient obtenu la majorité, toute la population, sauf celle de quatre communes, a donné ses voix à la Pcdogne. Dans le district d'Oppeln, où le plébiscite eut lieu dans S6 communes, la population s'est dédarée à l'unanimité en foveur de la Pologne. Des résultats semblables ont été obtenus dans les districts de Prudnick, Cosel et Ratibor.

(Tdégramme de Beutben, 18 avril X92Z.)

preuves d'abus et de faux commis par les Allemands à cet égard. Les cas de corruption ont été fréquents, notamment^ de la part d^ prêtres. Et Ton ne compte plus les falsifications de papiers. De même, juge-t-on des gardes-frontières allemands qui s'étaient déguisés en soldats italiens. Pourtant, un semblant de calme se rétablit, et la Commission d'Oppeln croit pouvoir lever l'état de siège, le 16 avril. On découvre toujours des cachettes d'armes et l'on frappe d'amendes et de prison les receleurs. La conspiration, moins affichée, n'en continue pas moins son œuvre. Ainsi, les agents communistes allemands s'efforcent de recruter des soldats pour l'armée rouge, parmi les ouvriers mineurs; les soldats en civil, venus d'Allemagne, persévèrent à élaborer un plan d'invasion. Les meneurs de grève s'évertuent à créer des difficultés au patronat polonais. Sur les points où l'on se sent assez nombreux, on proteste, en cortège et meetings, contre le partage qui se prépare. L'espionnage^ s'organise sur un large plan. Le 30 avril, on surprend l'organisation de renseignements mise sur pied par la direction des chemins de fer à Kattowitz. Les mines s'émeuvent des faux bruits, réclament avec l'éloignement de directeurs suspects, un démenti, par la Commission, des rumeurs qui courent, au sujet d'un partage trop profitable aux Allemands. Enfin, elles se mettent en grève et il faut rétablir l'état de siège \ Les conflits ne tardent guère. L'exaspération se propage, en trait de poudre. Des bandes polonaises essayent de s'emparer des villes où soutç^tonnées les troui)es françaises. En quarante-huit heur/çs, les Polonais de Haute- Silésie, i)our sortir de l'indédsiQ;^,! en viennent à demander un gouvernement indépendant. « Les Alliés, dit-on, ont violé le traité, en ne reconnaissant à la Pologne que deux districts^. Nous ne voulons pas retourner sous la domination allemande. »

f . 53 mines sur 65 sont en grève le 2 mai.

3. C^était une fausse nouvelle allemande selon laquelle la presque totalité du bosttai houiller était attribuée à l'Allemagne.

On se téjouit, dans k Rdeh, de ce « coup de colère ». Il démontre la faiblesse de TEntente, a incapable de fixer une frontière » et d'empêcher les conflagrâtfons ^ Pour ajouter au désordre, et sians autre raison, les Allemands haut*âilésiens font grève dans leurs usines : leur vœu est de susciter tan mouvement insurrectionnel. Dans ce chaos, de prétendus Polonais tirent sur les troupes françaises : ce sont des membres de l'Orgesch. Les Allemands font répéter en tout Heu que les Alliés « ont reçu l'ordre de noyer dans le sang la résistance polonaise ». Au principe de cette grave affaire, intervient la machination dont les fils sont tirés à Berlin. Jamais autant qu'alors, le pays n'a été inondé de tracts et journaux du Reich, attestant que l'Angleterre^ l'Italie et le Japon n'ont qu'un déait : celui de donner la Silésie à l' Allemagne. On attise lé feu : on voudrait l'incendie général : ce ne sera pourtant guère plus qu'un grand feu de paille. I/C 8 mai, on enregistre quelques symptômes de détente. L'effervescence se calme. M. Korfanty supplie les Alliés de fixer la solution sans délai, pour empêcher de tels et si fâcheux mouvements à l'avenir. Les Polonais luttent contre les formations d'Orgesch. Ils savent enfin qu'on ne les « traitera pas comme des articles de commerce » ^. On parle d'une prochaine reprise du travail : la poudrerie siléaîeune n'a pas sauté. Le 9 mai, une partie des mineurs reprend le travail, sous condition que le charbon extrait n'aille pas en Allemagne. C'est l'apaisement, bien que les « insurgés » affirment qu'eniait, ils ne déposeront pas les armes tant que le règlemèôt de la question des frontières ne sera pas effectué. Si^l'^M se bat, on ne se battra que contre des Allemands, ^ar on mande d'Oppeln, le 10 mai : « Le nombre des civils allemands armés en Haute-Silésie, qui ne cesse de s'accroître, s'élève maintenant à 18.000;

1. I^ presse allemande demande à l'Bntente d'agir avec la dernière inetg^c contre les Polonais « insurgés », et la Commissicm parlem«itaire lUleoiande, à Oppeln, offre des forces militaires pour réprimer la récite.

2. Manifeste des Polonals^ilésicns, le 9 mai, publié par le SoHal ÙemokrmUn, de Copenhague.

une bataille, sur une grande échelle, entre Polonais et Allemands, reste probable. » £n Pologne même, des volontaires s'enrôlent pour aller faire le coup de feu ^i Silésîe : on les retient pour éviter d'aggraver la situation. I>s trains recommencent à circuler en pays troublé, mais du côté allemand, l'agitation augmente (cercles de Kreuzburg^ et de Cosel) où les conflits armés ne cessent pas. La menace reste donc suspendue. 80.000 Polonais sont en campagne : ils seront 300.000, s'il est besoin. Dans les districts allemands, le 12 mai, les « fidèles à l'BmiHre » proclament la grève générale. Pourquoi? Parce que la trêve ne fait pas leur affaire, et qu'il faut troubler l'eau dormante. Des soldats bavarois arrivent en train Uindé. Une étincelle suffirait pour rallumer le brSëier. Elle jaillit. On se bat près de Kendzierzyn où le train s'est arrêté '. Simple échauffourée, qui peut recommencer le lendemain, car le Reich vient encore d'envoyer 8.000 hommes (16 mai 1921). L'artillerie donne, en effet, le 16, du côté polonais, contre la Sdbstschutz allemande. La Commission interalliée plaide en vain la conciliation et la sage attmte. Mais commait les Polonais pourraient-ils rester calmes, puisque les volontaires allemands continuent à entrer en Haute^Silésie (Ober-Glogau, Kreuzburg, Deutsch-Rasselwitz), malgré tme fictive interdiction dn gouvernement berUndis ^ ? Ces troupes sont généralement composées de Bavarois sans travail et sans aveu : elles disposent de mitrailleuses et d'artillerie. Elles prennent le nom de troupes de protection de la frontière. La Gazette de Silésie, le 20 mai, écrit à leur sujet : « Ces troupes, coqipdsées de

X. n y a daas cette ville 20.000 hommes de troupes allemandes, pour le moins. I«' Allemagne masse des troupes à la frontière.

3. Cest à ce moment qu'aux Commiifs, H. I4o7d Oeoige provooee son a%re réquidtoire contre la Pologne, et déclare qu'elle n'a pas de droits historiques sur la Silésie. U est apptoaré par toute la presse allemande, qui voit, dans ses pannes, une invite à une intervesUon militaire de rAllemacne en Haiitc-Sil<bsi«.

3 I^ x8 mai, le chef du gouvernement, chancelier Wktb, donne l'ussurance 4 M. diarks I^aurent, ambassadeur de PraKoe, que TAUemagne n'interviendra pas en Haute-Silésie, alors que la Frank/uritr Zmtung pu))Ue : « Tous les fncmlNW» de U division de fer de la légion allemande et des formatlotis de Crontlère sont lmité$ à dotfaer innii(Miat<wen< le«r adlresBe. »

réactionnaires antisémites, ignorent tout du pays et ne peuvent qu'y faire le plus grand mal. » I^es enrôlements se poursuivent fiévreusement à Munich. Le 21, le Bureau militaire de Berlin adresse nominalement aux Haut- Silésiens de la capitale une sommation de se présenter avec leurs papiers, en vue de défendre leur pays. Ce même jour, le chancelier réitère que le recrutement des corps francs ne sera pas toléré ! ! ! Et les hommes partent, en nombre, avec chacun deux fusils ! I^e Votwaerts signale le placard suivant : « Volontaires pour le corps de protection de Haute-Silésie. — 40 marks par jour, logés et voyagé payé. On n'accepte que des hommes résolus et absolument sûrs. » Le Drapeau rouge (Berlin) annonce : « Au camp d'aviation de Baieg se trouvent des armes et du matériel de guerre. Continuellement, des recrues sont dirigées vers la frontière de Pologne. »

Le 22 înai, l'ennemi allemand, portant l'uniforme de la Reichswehr, attaque dans la direction de Lesnicze- Kalinow. Sur notre injonction, le président du Reich fait savoir que : « quiconque entreprendra de grouper des personnes en formation de caractère militaire, et quiconque participera à ces formations, sera puni d'une amende allant jusqu'à 100.000 marks, ou de prison. » Il est bien temps ! Et bien temps aussi d'annoncer la stricte fermeture de la frontière! Un détachement allemand franchit l'Oder et tente de s'emparer de Syrin. On se bat à la tête de pont de Krappitz. Trois fortes colonnes allemandes, avec de l'artillerie lourde, marchent, en combattant, vers les mines silésiennes, pour une attaque concentrique. C'est une véritable offensive, que Berlin explique mal par de piteuses excuses. La Haute-Silésie est envahie par les bandes germaniques. La Haute-Commission interalliée intervient pour obtenir l'arrêt des hostilités. La « guerre » ne s'en ralentit qu'à peine. U ne suffirait que d'tme offensive des Bolcheviki contre la Pologne potu: remettre le feu dans toute l'Europe centrale.

La crise de mauvaise humeur de M. Lloyd G^rge est

passée. Après une forte tension franco- anglaise, Tharmonie s'est rétablie entre les points de vue alliés. Le 24 mai, M. Briand, à la Chambre, annonce que, sur une mise en demeure, le gouvernement allemand s'est engagé à prendre toutes mesures utiles pour faire cesser l'action militaire en Haute-Silésie. Le 26> néanmoins, on se bat encore, bien que le canon tonne paresseusement, tandis que la Commission interalliée épuise, entre les deux camps, totfô les moyens de persuasion. La Pologne, elle aussi, à notre requête, a fermé sa frontière. Serait-ce la fin de la lutte? Pas encore. Les Allemanck éprouvent le besoin d'em^doyer les gaz asphyxiants qu'ils ont apportés à toute éventualité, et, à dire vrai, ils reçoivent encore des munitions. Le 28, il y a choc entre envahisseurs et Polonais, à Grosstein, et dans le cercle de Ratibor. Le 29, les Allemands attaquent sur un front de 25 kilomètres (région de Borovian-Kameran.) Ils sont repoussés. Que serait-ce si un armistice entre les belligérants n'avait pas été signé la veille ? Dans les localités occupées par eux, les soldats du Reich font régner la terreur, réquisitionnent, prélèvent de lourdes contributions. Des Polonais sont déportés en Allemagne dans des camps de concentration. La procédure du partage se poursuit, avec une prudente et déplorable lenteur, entré temps % Londres et Paris discutait toujours. Ce ne sont qu'enquêtes et expertises, notes et contre-notes. Si, le 2 juin, l'offensive allemande est arrêtée, s'il est parlé d'une trêve, le général Hoefer^ chef des Allemands, se refuse à céder un pouce de terrain. Pour brouiller les cartes, il laisse dire que les 6.000 Anglais à peine arrivés sont prêts à collaborer avec lui en vue de mettre les Polonais à la raison. D'autres effectifs allemands s'infiltrent en terre haut-silésienne : il y a encore des engagements très vifs entre les forces polonaises et leurs adversaires. On ne parle que d'une grande offensive très prochaine. Et les Alliés délibèrent, pour ne pas s'en-

I. < ]> goovenemcnt britannique a adopté une politique de i»udente txptctative en ce qui concerne la Haute-Silétie. » (Communiqué Rcuter, 6 juin 292 x.)

tendre. . . Ce qu'ils font alors de plus poâtif , c'est d'essayer d'étabUr un cordon de troupes entre les combattants. Mais les Stosstruppen et la Reicbswehr en civâ ne se laissent pas fadtenaent déloger : ils font sauta: les pœits, empêchent la circulation des trains de ravitaillement. Les Polonais en font parfois tout autant. A Beutb^i, il y a conflit entre Français et Alleman<k. Ces derniers occupent Leicbnik, malgré les Anglais. Hoefer s'accroche à ses positions. Il fait attaquer sur Slavenice le 7 et, le même jour, reçoit des renforts, par la gare de Neustadt ^ . La zone neutralisée est établie tant bien que mal, le 9 juin. Si les gouvernements britannique et «français pouvaient tracer la frontière avec autant de rapidité, ils ne mériteraient que des félicitations. Mais c'est certainement une entreprise plus complexe. Les troupes du général Hoefer prennent Gross-Strelitz, et le problème de «l'impossible tracé » n'avance pas. Là solution.^ On la fournit, de Berlin : « Que le& troupes d'auto-protection, sans se soucier des Français et de leurs ordres, nettoient avec leurs propres forces la région industrielle des bandes polonaises et rétablissent la tranquillité. Alors, seulem^it, le C<m;is^ suprême poturra prendre une décision. » (Deutsche Zeilung.) C'est ironique et catégorique. Msintenant, les Allemands fabriquent leurs munitions aï Hâute-Silé^e même, à Stepalsdorf . Il devient fastidieux de répéter que les renforts leur arrivent incessamment et qu'ils attaquent çà et là, chaque jour, aux endroits où la zone neutre n'est pas encore très établie. Détail plus neuf : ils essayent de. soulever les Polonais contre les troupes anglaises^. Us tinrent sur les patromlles françaises. Ils refusait d'évacuer les frontières conquises. « Les Allemands ne reculât jamais », disent^ils, bien que les Polonais aient x>ris Tenga-

1. I^ Allanands ocgaaisoit alors les Frdkc^ps Schmidt, Méml^, voa Ham^ don, etc.

2. Selon 1«8 journsnz berlinois, l'acticm des forces aillées tSt dirigée uniquement contre les Polonais. Des forces de Hoefer, on ne souffle moL Des aéroplanes UniOÊÊU 4eB inipriwiéa o^ il est dit qpie ^autr«s tnoupms tsfMmm^f» wnt airii^er •u tcQoiffs des Altonwndf.

gexnent de rétrograder pour éviter les chocs de troupes. Mieux, les Stosstruppen occupent les villages d'où se retirent les Silésiens. Hoefer ne dispose pas moins de 60.000 hommes, le i6 juin. Il a 104 canons de campagne, 14 canons lourds, 28 lance-mines, 16 trains blindés et i.oii mitrailleuses. I^e 18, son gouvonement parle, tout au plus, de modérer son ardeur. On considère sans doute, à Berlin, l'équipée haut-silésienne comme un nouveau Baltikum.

Le 20 juin, les Allemands se déterminent enfin à rendre du terrain. I^a population allemande du pays leur en^a donné le conseil. La presse a suggéré que l'intransigeance excessive pourrait devenir dangereuse. Hoêfer cède, mais il enrôle de nouveaux venus et il organise ses effectifs, alors que, le 20 juin, M. Lloyd George déclare : « Le désarmement de l'Allemagne est une affaire réglée. » Pour se retirer davantage, le condottiere exige des garanties. Il présente de véritables contrepropositions au plan du général français Le Rond. Il désigne les villes où il veut rester. Il n'écoute pas Berlin qui semble Im donner des ordres. A aucun prix, il ne procédera à la dissolution de ses troupes. Le 22 juin, il se débat encore; il atteste son utilité absolue pour refréner les « méfaits » des Polonais sotdevés, coupables, — ce qui est vrai en soi, — d'un certain nombre d'excès. Il reçoit une Commission parlementaire allemande, confère avec elle. Il a des entretiens avec le général anglais Henniker. Il commence à comprendre que la politique de violence qu'il préconise se produit trop tard... ou trop tôt. Les provocations sont dédaignées par les Polonais : on veut le mettre, par une extrême sagesse, dans l'impossibilité d'en tenter d'autres. On se replie devant lui pour l'obliger à imiter le mouvement qu'imposent les Alliés et que conseille timidement l'Allemagne elle-même. « Nous nous conformerons, disent les Haut-Silésiens, à la décision de la Commission et met* trons fin à l'effusion de sang. Au moment décisif, conser-

VOUS notre calme. » Et l'on apprend, le 27 juin, que }e général Hoefer s'est soumis. Un accord germano-polonais est signé pour la double évacuation des régions occupées. lyC repli conoimence dès le lendemain. Les Allemands reculent donc quelquefois; les formations irrégulières allemandes d^vent être complètement dissoutes le 5 juillet. £n partant, les « conquérants 1 font le plus de mal possible. Ils ne pardcmnent pas à la Commission d'avoir amnistié tous les actes illégaux en relation avec le soulèvement. Hoefer laisse une proclamation plaisante : a Nos compatriotes non encore libérés comprendront notre modération et nous en seront un jour reconnaissants. » Il a des caprices, revient sur le territoire évacué, ouvre le feu avec des mitrailleuses sur Blotnica. Il interrompt le trafic par chemins de fer, arrête des Polonais. Pourtant, il faut s'en aller ^^Mais avec quel regret t Une compensatioa à l'amertume de la retraite est donnée aux soldats allemands. Le 5 juillet, ils apprennent qu'à Oppeln, am cours ^'une, manifestation pangermaniste, le commandant français Montalegre, du 27^ bataillon de chasseurs à pied, a été tué ou, pour plus exactement dire, assassiné. L'Allemagne exprime ses regrets, mais à Berlin xé crime déchcdne une tempête d'indignation... contre les Français, « bétes féroces lâchées \:ontré la paisible pppulation haut-silésienne ». « Que les Français interprètent l'incident «de Beuthen comme un avertissement solennel, écrit M. Hœser, ministre d'État, dans le fi#rliiier TagMait. Un peuple opprimé subit toutes les humiliations jusqu'au jour où il en e^^ige le paiement en bloc. Le coup de feu de Beuthen n'est que la résulr tante fatale de cet état d'âme. Il est encore temps que

t. VQr$mk se prâf bi«i» de âés^mier w Havt«*Si}Me ft les ^rm«^ («nwe l«s munltiocis çpntiiiuent à être introduites sur le territoire. I<e ;i juillet, oh compte à Olemitf, 9.000 « Orgetacb 1 ecxmplAtcÉLeiit ann^ «t émitpàk QQt(«r;«e mime jour, av^tit ri^tei^t^ : « ^ Iç Çoûfieil s^pr^me prend une déç^gn 4éfaYÇf9Uc A nos intérêts, je retourne Ik-ha» avec mes troupes, je chaise les Français et les Polonais. C'e^t ^ ta Hautt^^« qu'autitMs est parti la ni^v^sfa^t <|m s'sst ^ terminé par la victoire siir Napoléon. »

Ift Piaoce tienne compte de l'avis. Demain, il sera peut* ètrt trop tard. »

Il reste bien entendu, en Âll^nagne, que l'on n'ad* mettra pas une aliénation même partielle de la Silésie. On le fait savoir sur tous lestons à Londres et à Paris, où les « études » et « recherches d'accords » se poursuivent parmi d'ixmombrables obstacles. Nous avons un peu perdu de vue ces conciliabules en regardant la bataille germano-pcdonaise. Une Commission d'experts, entre temps, s'est réunie. Âboutira-t-elle à un résultat? Il est permis d'en douter. La Commission d'Oppeln a échoué dans sa tentative d'élaborer un projet de partage. Quand statueront les Alliés? L'Angleterre n'est guère convaincue d'envoyer en Haute-Silésie des renforts pour rétablir l'ordre, ce qui est la thèse de M. Briand. Pourtant le fnUch allemand peut éclater, une fois de plus, d'un moment à l'autre. Sous l'action des agita^ teurs, une violente hostilité se développe contre la France \ A Lœbschutz, on Insulte nos troupes, on assaille la résidence de nos officiers. Les crimes allemands se multiplient. La Commission interalliée demande des renforts. Et l'Angleterre se tient encore sur la réserve. Les félicitations adressées, le 17 juillet, par le président Bbert à Hoefer sont pourtant un indice de l'état d'esprit allemand. Français et Anglais s'attardent en conversation. UEvening Standard, pariant des renforts> s'exprime ainsi : « La proposition française constitue un danger. » Si bien que les Allemands, par une pente logique, en appellent à M. Lloyd George. I^es associations allemandes de Silésie priment l'initiative de la démarche. De plus haut, le chancelier Wirth dit, en substance, à tm correi^ndant de V United Pfêss : « Ou la Haute-SilésIe, ou ma démission. » L'Angleterre réclame une réunion du Consal suprênnie pour le 28 juillet et réserve pour cette réunion ^examen de

X. I^ mot d'cxrdre ooosiste alors à faire considérer oomxne une provocation Intolérable renvoi d'une nouvelle division française en Bautc-SOéiie.

la question des renforts qu'elle pourrait envoyer. Commence-t-elle à voir dair? Comprend-elle que le temps presse et qu'il ne faut plus faire traîner les choses en longueur? A- t-elle entendu le cri d'alarme de la Haute- Commission interalliée? Déjà les éléments belliqueux importés du Reich en Silésie s'agitent. Leurs effectifs grossissent; leurs agressions se font plus violentes, a L'état de la Haute-Silésie est sérieux », avertit le Temps du 22 juillet. Les gouvernements allemand et soviétique participent à l'action des communistes dans le but de provoquer de nouveaux troubles. Londres maintient sa thèse imprudente : « Une armée aUiée blesserait les sentiments polonais et allemands. » Le Berliner TagéblaU constate que « la bonne volonté de l'Angleterre est certaine ». En tout cas, elle légitime l'attitude de la population allemande qui se déclare résolue à s'opposer au transport des troupes françaises. Pendant ces atermoiements, les attentats allemands s'accumulent et les journaux de Berlin présentent la situation sous un jour de plus en plus menaçant. Nous y sommes accusés de payer les Polonais pour les encourager à susciter des incidents.

La réunion du Conseil est fixée au 4 août à Paris S et le 28 juillet on n'en est encore qu'à murmurer autour de M. Lloyd George : « On pourrait laisser la France agir seule, en ce qui touche l'envoi des renforts, tout en dégageant la responsabilité britannique. » « Les forces intexalliées sont insuffisantes », ne cessent, cependant, de répéter les hauts commissaires en Silésie. On craint que France et Angleterre ne puissent jamais accorder leurs points de vue, lorsque, le 30 juillet, M. Lloyd George cède à un heureux mouvement en disant : « Il est inconcevable que deux pays qui firent d'aussi énormes sacrifices pour la cause commune et qui, par tant de souffrances, marchèrent au triomphe commun pour cette

I* Date postérieurement modifiée et reportée an 8 août.

cause, puissent se qtiereller à propos d'une interprétatioii de la paix qu'ils ont faite à un td prix. » Et soudain, le conflit Franco-britannique apparsdt moins aigu : on a trouvé le bon terrain. Les deux gouvernements tenteront une démarche auprès de l'Allemagne et lui feront connaître qu'elle doit se tenir prête à faciliter le transport des troupes alliées. Il n'est encore question, entre Alliés, que d'un compromis. La réunion du Conseil va permettre d'aborder les précisions sur le nombre et la nature des renforts nécessaires. Il n'est pas jusqu'aux Allemands qui ne s'inclinent de bonne grâce.

Si les axnbassadeuis anglais et italien demandent, en même temps, que Tambassadeur de Fiance au gonvemement allemand de prendre les mesures propres à fodliter le transport des troupes alliées pouvant devenir nécessaires à cbaque instant, vu la sitnatkni en Hante-Silésie, le ministre des Affaires étrangères allemand déclarera certainement qu'il est prêt à accepter cette demande.

(GaxetU de Voss.)

Pourtant le chancelier Wirth reste amer : a Le triste spectacle de la Haute-Silésie montre où conduit l'idée de puissance. » (Discours de Brème, 2 août^) Comment cette puissance ne s'exercerait-elle pas avec énergie puisqu'on signale de nouveaux troubles dans le district de Gross-Strelitz, puisqu'un détachement britannique est attaqué dans le cercle de Rosenberg et que des bandes allemandes parcourent les régions d'Olesno, de Lublinitz. C'est pour exercer la « puissance » nécessaire que le Conseil suprême se réunit, non sans points de vue différents, notamment au sujet du fameux « triangle industriel ». On s'entendra. Les thèses se rapprochent peu à peu, malgré les suggestions osées de M. Lloyd George concernant les droits allemands sur le bassin industriel et la vérité historique des titres de propriété allemands

I. A ce moment dicule mie rmnem* selon laquelle les Alliés se décideraient à un partage de la Hante-SUésie en trois parts : a) à TAllemagne; b) àla Pologne; c) bassin industriel, sous le contrôle des Alliés, pendant quinze ou vingt ans. I^ Pcdogne est hostile à tout projet de compromis.

flQ HISTOIRE DES VIOLATIONS DU TRAITÉ DE PAIX

sut ce torritdffê. Btt-ce Taccoîd? Nous avons vu, par ailleuts, que cet accord ne fut. pas obtenu sans peine. Le Premier anglais repart soudain en Angleterre « appalé par les affaires d'Irlande ». Va*t*on rester chacun sur ses positions après le « déjeuner poivre et sel » de Rambouillet ? Le ts» la presse allemande espère une rupture entre les Alliés. C'eût été un défi au bon sens : on se borne à faire appel à la Société des Nations. L'arbitrage des États* Unis eût, à beaucoup, paru préférable. « C'est cepen* dant un succès pouf la tactique française »> déplora la GazeUô de Francfort, Lft presse polonaise n'est guère plus satisfaite. ÉUe voit dans la décision du Conseil suprême un « âégant moyen de tourner le traité » (Narod) et estime qu'en attendant « la Haute-Silésie continuera à être un foyer d'anarchie » (Roboimk), Pour lui donner faison, le 15 août, les Allemands incendtetit le village de Gieszowitz et les forêts du district de Pless. A Lesnica, ils attaquent sur la route plusieurs membres du Comité plébiscitaire local. Berlin» par un messine du président d'Empire, encourage les Allemands haut-^ésiens à la patience : « Tout le peuple allemand espère en vous. » De leur côté» les présidents des Comités polonais invitent la population à garder son sang-froid» puisque le 29 août, le Conseil exécutif de la Société d^ Nations abordera le problème silésien, à Genève! L'Allemagne accuse toutefois les Polonais de fomenter des querelles dans |

les districts de Pless et de Ribnik, et ses partisans |

attaquent, à Beuthen, le siège du Conseil populaire polonais. Les autorités allemandes persécutent les protestants polonais de Haute-Silésie, ks chassent de leurs paroisses. Les pro-polonais répondent par des manifestations, le 19 août» pour célébrer l'anniversaire de l'insurrection de 1920. Et les renforts alliés tardent à |

se rendre sur place. j

Une pression toute particulière se manifeste, du côté allemand» dans le disteict de Rosenberg, où les repré- !

sentants de différentes organisations pangermattirtei

forcent la population polonatae à signer des déclarations aux termes doMinéUes sQsb réclament la nationalité allemande. On nse de repiésailles contre ceii^ qui refusent. L'nud'^nxi un maire de village, est assassiné au bord d'un chemin; un autre, un vieillsurd, dans son lit (21 août). Les Polonais de Beuthen sont maltraités» battus dans les mes. I4t police ferme les yeux. On expulse les Polonais du district de ROsenberg et de Pologne même; ils réda« ment protection aux AtUés. Le 23 août, il s'en faut de peu que la population de Oldwitz ne soit massacrée par une bande de Stossttuppen. A Rybnik, nombre de fabricants allemands ferment leurs usines, dans le but de bolcheviser le prolétariat polonais. Dans la presse pangermaniste, on s'efforoe d'izmocenter Joacke, l!asaaaaia du conunandant Montalegre, qui est jBfst le 25 aoftt^ Un détadv^nent aUemand de ^.000 hommes surgit, le ^8 août, dans le district de Gross-Strelitz.

On emplirait des pages de ces méfaits. Mesurons^nous; le crime, ainsi accumulé, n'irait pas sans monotonie : il n'est que les Allemands pour ne point s'en lasser.

L'état de siège est levé à Gross-Strelits et à Oleiwitt le i^ septembre, tandis que le Conseil de la Société des Nations poursuit ses travaux à Genève. 15.000 Allemands n'en continuent pas moi^ à semer la terreur sur la rive gauche de l'Oder. A Kattowitz, nous confis* quons 50.000 cartouches, 6 mitrailleuses, 140 fusils et, pour oe délit, arrêtons le bourgmestre et ses adjoints. Le premier transport de troupes françaises arrive enfin à Oppcln, le 7 septembi^e'. Il est grand temps, car les Allemands recrutent ouvertement pour la Haute^ SiUsie; l'engagement est de 2.000 mail»), à la « Société pour les travaux des champs », Hanovre, Steinbarstrasse,

z. I(C %Q août, a 8cn dàitoitancnt oondamaé à daq ans de traTaïuc toroét. I«c Ooitteu de guerre a répondu niégadvement à la question de meurtre avec prémédttottoa. ht t>Mdini ff»ÇÊk dtt ttibunal iakfttlUé de tinKMrtts avait deiMode TappUcatioii del'artlde axx du Code pénal allemand, qui eût entraîné la peine de mort !««§ avtrea juges étaient anglais et itaUens.

t. Date dala Wv*t Steimlt4t l'état dt tU$€ m BatttMUMa.

n^ 6. Stir place, ils constituent un vague comité hautsilésien qui est, disent les Polonais, « une nouvelle ruse de guerre ». Les renforts anglais et français se complètent, le 14 septembre; les Italiens sont en route et ne tarderont pas. Ils auront à entreprendre, de toute urgence, le a nettoiement » de la Selbstschutz, des organisations militaires secrètes, entre autres, de la Schwartzkopf à peine créée, du trop fameux « détachement pour les suppressions des Polonais nuisibles », de VEinheit (unité), société fondée pour obtenir la constitution de la Haute- Silésie en État autonome, de rÂrbeitsgemeinschaft, de la Jagdkommando et autres fourmilières où l'on ne rêve que d'intrigues et de violences.

Nous devons d'ailleurs convenir que la présence des renforts ne modifie qu'à peine la situation. Chaque jour amène son désordre, son attentat. L'Orgesch, dispersée id, se reforme plus loin. Les autorités allemandes arrêtent d'anciens insurgés polonais, sans tenir compte de l'amnistie accordée par la Commission interalliée « pour tous les actes contraires à la loi commis à cause de l'insurrection, excepté les actes commis par désir de lucre, de vengeance personnelle ou par cruauté »\ L'heure est proche où Genève va parler. Aussi bien, Berlin anticipe-t-elle pour réclamer « la Haute-Silésie allemande et indivisible ». On vitupère contre les « machinations germanophobes du Conseil de la Société des Nations », contre le « déni de justice » que l'on prévoit. La Taeglische Rundschau se moque de la a comédie genevoise » et l'on menace de la démission du chancelier. On répète aussi qu'on fera sauter les mines silésiennes. Comme argument de chantage, on atteste que les accords de Wiesbaden seront rompus si le désir allemand n'est pas exaucé. Le Reich est littéralement en ébullition (10-13 octobre). On manifeste dans les rues à Stuttgart, Breslau, Francfort. La Gazette générale de V Allemagne ne

X. Journal officia de Haute-SiUsie, ii« 22-23, 6 juillet tgzi.

voit en la « spoliation fatale » qu'un commencement. Avant peu, les Français occuperont la rive gauche du Rhin et la Ruhr. C'est dire Tâcreté du débat. La Comxzdssion interalliée en Haute-Silésie prend de prudentes mesures d'ordre. Le Conseil national polonais hautsilésien supplie chacun d'accepter raisonnablement la sentence. Les Allemands ne conservent pas le même calme. Le partage est enfin connu le 21 octobre 1921 \ La Pologne perd Beuthen, Zabrze, Gleiwitz. Mais la nouvelle frontière lui donne 82 % de la houille produite en Haute-Silésie, 51 % du coke, la totalité du zinc et 70,5 % de l'acier, avec toute la production d'acide sulfurique et les usines de fabrication synthétique d'ammoniaque et de produits nitrés. Il lui est octroyé

I. Dispositions essentielles des dédsions prises par les prindpales puissances alliées et associées.

I/'Bmpire britannique, la France, Tltalie et le Japon, signataires avec les ^tats- Unls d'Amérique, comme principales puissances alliées et associées du traité de paix de Venailles, Décident :

I«a frontière entre l'Allemagne et la Pologne, dans la partie de la Haute-Silésie décrite à l'article 86 du traité de paix de Versailles, est définie comme il suit :

I«a frontière suit l'Oder, depuis le point où ce fleuve pénètre en Haute-Silésie jusqu'à la hauteur de Niobotschou;

De là, die se dirige vers le nord-est en laissant en territoire polonais les commîmes de Hofaenbirken, Wilhelmstal, Rasdiûtz, Adamowitz, Bogunitz, I4ssek, Summin, Zwonowitz, Chwallencritz, Ochojetz, Wilcza (haut et bas), Kriewald, Knurow, CMeraltowitz, Preiswitz, Makosdiau, Kunzendorf, Paulsdorf, Ruda, Orzogow, Schlosiengrube, Hohenlin^e et, en laissant en territoire allemand les communes d'Ostrog, Markowitx, Babitz, Gurdc, StodoU, NlederdofF, Pilchowltz, Nieborowitzer, Hammor, Nioborowitz, Schonwald, Ellguth, Zabrze, Sosnica, Mathesdorf, Zaborze, Bfskupits, Bobrék, Schomberg;

De là, la frontière passe entre Rossberg (à l'Allemagne), et Dirkenheim (à la Pologne);

De là, die se dir^e vers le nord-ouest en laissant en territoire allemand les communes de Karf, Sfiechowitz, Stolarzowitz, Priedrichswille, Ptakowitz, I<arlscfahof, Ifiedar, Hanusek, Neudorf-Tworog, Kottenlust, Potemt», Kdtsdi, Zawadski, Pluder-Petershof. Klein-I^ewnik, Skrzidlowitz, Gwodazian, Dzidna, Cziasnau, Sorowski, et en laissant en toritoire polonais les communes de Schari^, Radxionkau, Ttodcenberg, Neu-Repten, Alt-Rq>ten, Alt-Tamofwitz, Rybna, Piassetsna, Borasdiowitz, Mikoleska, Drathhammer, Brusdiidc, Wûstenhammer, Kokottck, Koschmieder, Pawonkau, Spiegdhof (Gutsbedrk), Gro6S-I«agiewnik, Glinitz, EUKhtsdintz, lissau.

De là, vers le nord-ouest, la frontière odndde avec l'andenne frontière entre l'Allemagne et la Russie jiisqu'à son point de renomtre avec la frontière entre l'Allemagne et la Pologne, tdle qu'dle est décrite à l'artide 27 du traité de Versailles.

Ia Commission de délimitation jirévue par l'artide 87 du traité de Versailles tracera la frontière sur place. Elle commencera immédiatement ses travaux.

(Voir aux Annexes : I«a Convention économique.)

tme tégbm • hàiÂUé pat 900.800 votante, et la population âe <Mte rtgioti r^pftente, par rapport à la popûlatâon totale du territoire pUbiadtaire, 48 % i>\ I^ gonvememetit allMiaûd prottete : on devait s'y attendre. Lu ConfÉtenee dês Ambassadeurs l'inf orme que sa ptotestàtiM est considérée comme nulle et non avenue. La diète polonaise vote unanimement une réeolulion portant adoption des décisions de Oenève. La presse du Rdch sort de ses gonds. La seule parole à peu i^ès raisonnable est prononcée, dans le Weli am Montag, par lé publidste von Gerlach : « Le tracé de la frontîte est une conséquence du traité de Veziaillâs. Il nt s'agit pas de savoir si nous autres» jyiemands, la trouvons Juste on injuste, pratique ou non. Ce n'est pas une question poUtico-morale, mais juridique et, au point de vue formel, l'Entente était justifiée à tracer la frontière haut^silésienne comme die l'a fait. NOUS n'avons qu'à prendre connaissance dé ce fait; cela peut paraître effroyablement dur, mais c'est une des redoutables suites de la guerre dédànchée si étourdiment par Ouillanme n et traînée démesurément en longueur par Ludendorff. C'est un fait et on ne modifie pas les faits en disant qu'on ne les accepte pas. Il nV a que les enfants ou les fous qui agissent ainsi. »

A la date du 24 octobre 1921, où cet artide parait, le problème germano-polonais semble résolu sans appd. Mais l'est^il aussi complètement qu'on le croit? Le Birliner T^MM écrit, et cette brève phrase en dit long : a Nous avons maintenant une Alsace-Lorraine à l^Bst. 1

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