‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 15 sur 24 · ET XXXIII , PL. IV · texte numérisé non relu

ET XXXIII , PL. IV

Nous avons décrit le premier mode de condensation comme ayant été obtenu au moyen d'une aspersion d*eau froide faite sur Textérieur du cylindre. M. Watt essaya aussi d'obtenir ce résultat en plongeant le condenseur dans de Peau firoide : on a reconnu l'inefl^cacité de ces deux procédés. Le révérend M. Cartwriglit , en renouvelant le projet de condensation par contact, fit sentir les avantages d'une machine où l'on arriverait au but par ce moyen, qui , dans plusieurs cas, économiserait une grande partie de la consommation du

combastible. Dans les distilleries i par exemple ^ I$i vapeur alcoholiqae pourrait être introdatte sqqs le piston, pour le lever et le faire baisser par son élasticité, et être condensée sans . aacan mélange d'eau froide , de la même manière .que dans le serpentin d'un alambic } on bien , dans le cas où ce dernier résultat ne serait pas demandé , . on pourrait rem^ir la chaudière d'aloohol j ^t en raison du peu d'élévation de la température nécessaire pour que ce fluide forme une vapeur dont l'élasÛcité soit égale à la pression de l'air atmosphérique , M* Cartwright a calculé qu'on ferait sur le combustible une économie au moins de moitié. Les détaik de la machine qu'il proposait pour remplir ces conditions étaient construits avec un rare ts^Ient , et l'appareil entier peut être considéré comme plus simple et d'un plus grand effet' qu'aucune autre combinaison jusqu'ici proposée des parties de la machine à condensation.

La tige du pbton b, qui fonctionne dans le cylindre a , traverse ce piston et se prolonge beaucoup au-dessous. A son extrémité cette tige supporte un second piston beaucoup plus petit et jouant dans le cylindre c, qui peut être considéré comme une continuation du cylindre à vapeur. Celui-ci communique par le tuyau g avec le condenseur placé dans l'eau froide , et formé de deux vaisseaux circulaires concentriques. La vapeur est admise dans l'espace/, qui sépare les deux enveloppes;

elle s'y troave en coudies fort miftoes , et est coudensée par le contact des parois da vaisseaa omdenseari qui sont froides. L*ean j«t>daite par la oon* densation tombe dans le conduit e. Da fond i da cylindre part on tayaa m, qai aboutit à une boite n> ou est one sphère flottante o, oavrant et fermant la soupape/?, qui donne accès à Tatrexté* riecBT ; à oette botte est aussi attaché un tuyau q^ Une soupape en i, ouvrant de bas en haut , établit Ja communication entre le toyau e du condenseur et le fond du cylindre c / une autre soupape en n, qui s'ouvre également de bas en haut , permet à Feau de passer du tuyau m dans la boite n. Le tuyau s conduit la vapeur de la chaudière dans le cylin*drepl peut être fermé par la cbutede la soiqpape r. h est une 'soupape pratiquée dans le piston £• X est une botte à vapem: de l'invention de H. Watt ; die a été substituée à laboite à étoupes» et a, comme elle, pour objet d'empêcher la vapeur de s'échapper le long de la tige du piston qui la traverse. Le fond de cette bpite est rempli d'huile. Un tuyau y amène la vapeur dii tuyau d'admission. Cette vapeur | par sa tension | s'oppose à la sortie de celle qui se trouve sur la tête du piston. Cet appareil est surtout nécessaire dans les machines à haute près* sion.

Dans la figure , le piston b est représenté au moment oà il est forcé à descendre par la tension de la vapeur qui arrive dç la ch9adière à travers

le condait s» Le piston d, étant attache à îa métat iige , descend également. Qaand le piston b atteint le fond du cylindre a, la soupape k , dont la tige inférieure frappe contre le fond, s'élève et établit nne communication ^tre le dessus da pi$t<m et le condenseor. An même moment la soupape r est repous* sée à sa pface par la chute du croisillon sur sa tige, ce qui empêche l'introduction d'une nouvelle quan* # tité de vapeur. Cette interruption permet au pis-ton b d'être ramené , à travers un milieu non ré^ sistant, au haut du cylindre, par l'impulsion que lui donne le volant z, en vertu du mouvement acquis. Le pistpn d est aussi remonté jusqu'au haut du cylindre c> et la soupape i est soulevée par l'eau condensée et l'air qui se sont accumulés en e et dans le tuyau du condenseur g. Au moment où le le piston a atteint le sommet du cylindre, la sou** pape Ai se ferme, parce que sa tige vient frap* per ccmtre le couvercle du cylindre ; et en même temps, le piston b, repoussant le bas de la tige de la soupape r, ouvre cette soupape; la com« munication se rétablit de nouveau entre la chaudière et le cylindre ; le pbton est repoussé comme auparavant au £:>nd du cylindre. Par le mouvement de descente du piston d, l'air et l'eau qui se trouvaient auo^essous d«ms le cylindre c,nt pou* vaut plus retourner dans le cylindre condenseur par la soupape i, sont refoulés le long du tuyau m dans la boite n, et l'eau est ramenée dans la chau*

dière par le tuyaa q\ L'air s'élève au-dessus de l'eau I et lorsque sa pression se trouve accrue par son accumulation , elle détermine l'abaissement du flotteur o^ et par suite l'ouverture de là soupape p, par laquelle l'air peut s'échapper à l'extérieur.

La machine ainsi simplifiée semble parfaitement convenir comme premier moteur sur une échelle peu considérable ; néanmoins , elle n'a jamais été jugée d'une manière favorable , bien qu'à vrai dire, les objections dirigées contre les vaisseaux de condensation, à l'époque où ils furent inventés I nous aient toujours paru plus spécieuses que solides. Outre le mérite de l'arrangement et de la simplification des parties qui composent l'appareil représenté fig. XXXII, nous signalerons une invention d'une importance immense pour toutes les machines , quelle que soit leur construction : je veux parler ici du piston métallique. M. Cartvrright forma le sien de deux plaques, entre lesquelles étaient placées des pfèces de métal détachées, au lieu de la garniture ordinaire; ces pièces étaient mises en jeu par un ressort qui poussait du centre à la drconférence , de manière que , bien que le pourtour du piston s'usât,' il ne joignait pas moins exactement contre les parois du cylindre, sans laisser d'intervalle par lequel pût passer la vapeur. Ce piston est représenté fîg. XXXVI, pK 4. a ^ c sont des mor« ceaux de cuivre formant le pourtour du pistou j ils

M9 sont pressés da centre à la circonférence par les coins de/, poussés eniL^mémes par des ressorts. Lorsque a 6 c eu s'usant laissent entre eux un espace^vide , les coins d e y remplissent cet espace et frottent alors contre le cylindre. La manière de rattacher la tige du piston 'au volant et d'imprimer à eelui-d un mouvement de rotation est un bel exemple d'invention mécanique. La vue seule de la figure suffira pour faire comprendre ce mécanisme qui n'esta plus employé maintenant.

Dans cette patente , M. Cartwright proposa aussi une modification de la machine à mouvement de rotation décrite par M. Watt en 1782. Cette machine est représentée fig. XXXVIL u u (pi. 4) ^^t une boite cylindrique ou caisse à vapeur dont les deux extrémités sont fermées par des plateaux circulaires que traverse l'arbre ou axé Z>. Cet arbre soutient au moyen des bras ou rayons m m une caisse intérieure , cylindrique, pouvant tourner avec lui. A la surface extérieure de cette caisse sont fixées plusieurs ca- ' mes H H OJBL saillies, arrondies d'un coté, plates de. l'autre. Il ne doit pas y avoir moins -de trois cames , et elles ne doivent pas être disposées de ma- . nière qu'il puisse s'en trouver deux vis-à*vis l'une de l'autre. A la paroi intérieure du cylindre u u sont attachées deux soupapes c c'> placées en deux points diamétralement opposés du cylindre. Ces soupapes peuvent tourner sur des pivots, et lorsque la partie arrondie d'une came presse sur leur face concave >

elles cèdent et se raogent dans des emboitures en saillie d d, ménagées à cet effet. A côté de chacpte soupape se trouve on tayan E E*, par leqael ar*rive la vapeur, et on autre FF', commnniqoant avec le condenseur. Dans la position indiquée par la figure, l'espace entre les deux boites u u se trouve divisé en cinq parties entre lesquelles toute communication est fermée soit par les cames , soit par les soupapes. La vapeur qui arrive par E E presse sur les cdmes H, H* H "; ^intervalle entre ^et W étant rempli de vapeur, Faction exercée en JF/se transmet à /f % où elle n'est pas contre-ba«lancée, parce que, l'espace H* C étant en communication avec le condenseur par le tuyau F, il y a vide en tout ou en partie entre la came W et la soupape C. La pression exercée sur IT^ n'éprouve aucune résistance par la même raison du vide existant de W en C II y a donc un mouvement de rotation imprimé aux cames et à l'axe Z>. Aussitôt que //' a dépassé F\ la vapeur de H en W s'écoule par le tuyau ; H' presse contre la sonpape C> la force à se ranger dans l'espace d, et continue son mouvement y dès qu'elle a outrepassé C \ icelie«ci se relève, et reprend sa position, poussée- par la tension de la vapeur qui remplissait l'es* rpace d. La vapeur arrivant par le tuyau E* afflue alors sur la fece plate de H^, et continue à le pousser dans le même sens. Cette n;iachine reçoit donc et peut transmettre un mouvement ds rota^-

tlon continu » sans avoir b«soîn de l'emploi dn to« tant poar le régulariser.

BATEAUX A YAPEVR.

M. W. Symington , qui fat employé an bateaa à vapeur de M. Miller, construisit en 1801 an vaisseau qui , par Ja disposition et la construction de l'appareil à vapeur dont il était pourvu , annonçait un génîe d'invention très remarquable. Il plaça le cylindre dans une position presqae horizontale; le piston était maintenapar dfes galets iglissant dans une lunette, et comme il n'avait pas de balancier , il communiquait le mouvement à one roue à aube au moyen d'une bielle et d'une manivelle attachée an piston. La roue à aube, comme dans le bateaa de M. Miller, était placée au centre da bâtiment. Il avait attaché à l'avant de son bateau des espèces de crocs pour rompre la glaee dans les canaux. Cet appareil jfie faisait avancer le bâtiment que de deax milles et demi par heure , et il fut €d>andonné -parce que, outre son peu de eélérité , on avait à craindre que les tourbillons causés par le tournoiement des roues dans i'eaU n'endommageassent le bordage. M. Bucbanan ne" peut assurer si ce bateau a jamais été essayé sur une rivière.

Kn 1790, il avait été fait en Amérique plusieurs tentatives inutiles d'appliquer la vapeur à la navigation par MM. Fitcfae et Rumsey. Quelques an-

nées après > M. livingston obtiot de l'état de^ew« York an brevet de vingt 9ns » à condition de présenter en 1 799 un bateau mû par la vapear , qui ferait qaatre milles à l'heure. Il ne pat donner aux bâtiments qu'il construisît ht vitesse désirée, et son brevet n'avait plus que quelques années à durer lorsqu'il fut envpyé en France comme ambassadeur des États-Unis. Pendant qu'il résidait à Paris , le célèbre Folton , attiré dans cette capitale par l'espoir d'être soutenu dans l'exécation de ses projets , fît à i'iie-des-Cygnes plusieurs essais de navigation par vapeur, qui ne lui réussirent qu'imparfaitement. Benvoyé par le gouvernemeiit français , auquel il avait vainement offert d'employer des bâtiments mus par la vapeur , pour opérer la des- ■ceate alors projetée en Angleterre ^ il fut encou* ragé par M. Livingston à retourner aux États-Unis. JLà il obtint la prolongation du brevet de M. Li*vingston, et fit venir d'Angleterre une machine de la force de vingt chevaux , construite dans les ateliers de Watt et Bolton ; enfin , après beaucoup d'essais^ le premier bateau à vapeur qui ait réellement na>vigué fut construit à New- York en 1807 , et pourvu de la machine de Watt. La même année , il fit le voyage de New- York à Albauy, et servit depuis de moyeu de transport entre les deux villes. La dis*tance est de cent vingt milles, que le' bateau parcourait en trente-deux heures eu remontant } et ca tiente heures en descendant»

Les prernières machines employées sur les ba** teaax que l'on constraisît , après celai-ci, en Amé* rique ^ étaient à basse pression et à double effet ; Teaa échauffée dans le condenseur est eh partie rejetée hors du bâtiment, en partie conduite dans la chaudière; la communication du noouvementetles autres détails n'ont rien d'extraordinaire, et varient d'ailleurs selon les idées du constructeur.

Par la suite , l'on se servit , pour faire marcher «les bateaux, de machines à haute pression de la construction d'Olivier Evans , machines que nous décrirons plus . loi n .

Après les perfectionnements dus à M. Watt, l'amélioration ki plus importante est celle qu'introduisit M. Mâthew Mu'^-ay, de Leeds , par Tinvention d'un appareil attadié è la chaudière, et qui à en lui-même s6n principe d'sCction. En 17999 M. Murray attadm une plaque de fer, ou registre, destinée à fermer en partie la cheminée et à ralentir son tirage , à un petit piston manœuvrant dans un tylindre en communication avec Ift chaudière; ce piston montait ou descendait seloâ le plus ou moins de tension de la vapeur; la corde ou chaîne à laquelle il était suspendu passait sur deux poulies et allait aboutir an registre; le mouvement du piston faisait lever ou abaisser la plaque de fer. De cette manière on pouvait régulariser l'intensité du feu sous la chaudière. Lorsque la vapeur se produisait en trop grande abondance , l'abaissement

da registre diminoait le tirage, et par suite la vlo^ ience du feu ; le contraire avait lieu lorscpe la tension de la vapeur u'etait pas suffisante. Cette invention est d'nn grand usage dans la pratique, et du petit nombre de celles dont Temploi s'est maintenu jusqu'ici dans toutes les chaudières à va<^ peur bien construites.

M. Murray renouvela aussi avec de grand»

perfectionnements \es anciennes soupapes à coulisse, comme nous l'avons vu pins haut, donnaune disposition nouvelle à quelques autres parties , et perfectionna considérablement la pompe à air. Il introduisit encore j^usienrs autres améliorations dans les détails des belles machines qu'il fît con* struire dans sa grande manufacture de Leeds. M» Murray , à ce que nous croyons, mit aussi à exécu<tion l'idée de donner an piston une position horizontale dans les machines à c(^densation ordinaires.

Vers la même époque, M. W. Murdock con»

struisit des soupapes hautes et basses qui étaient mises en mouvement par la même tige; cette tige était creuse, et elle remplissait en même temps i, dans son appareil , les fonctions d'un tuyau de com^ munication entre le haut et le bas du cylindre & vapeur ; par cette idée ingénieuse il put retmncher à l'appareil une paire de soupapes. La même patente renfermait aussi la description d'une machine jk mouvement de rotation, telle qu'elle est repré-

semée dans là trente-cinquième figure, a.et b sont deuxroœs dentëes qni engrènent l'une avec l'autre, et tournent dans une boîte circulaire, contre les pa* rois intérieures de laquelle leurs extrémités d frottent de manière à ne point laisser d'issue à la vapeur. A cet effet , ies dents sont garnies de chanvre graissé ou d'étoupe, comme on le voit dçns notre figure^ L'axe de l'une des roues , ou de toutes les deux, passe à travers la boîte, et on la ferme hermétiquement par les knoyens ordinaires. lia vapeur est introduite dans cette boîte à une extrémité par le tuyau ou canal g, et un vide se trouve formé par la communication du condenseur H avec un point de la boite diamétralement opposé à ^. La vapeur agit sur les dents des roues , et, les faisant tourner dans des directions contraires , produit un mouvement de rotation qui , par leurs axes, peut se commoàiquer à un mécanisme quelconque.

En 1801 , unM. Bramah fit une amélioration importante ao robinet à quatre issues qui avait été en usage dans les machines à basse pression^ il le construisit de. manière à ce qu'il pût tourner continuellement sur lui-même , au lieu de la révolution intermittente qu'il avait faite fusque alors. Ce perfec* tionnement était important sous deux rapports : la pièce s'usait moins vite , et son action devenait susceptible d'une plus grande précision.

M. John Nuncarrow a décrit en 1799 un perfectionnement apporté à la machine de Savery , qui

consistait à opérer la condensation de la vapeur dans an tiiyaa on vaisseau séparé da corps de pompe. On concevra facilement et sans le secoars d^une figare'en quoi l'appareil modifié de Nuncarrow diffère des machines construites d'après le système de Savery que nous avons données jusqu'ici. Le condenseur est placé dans une bâche remplie d'eau froide, comme dans les machines à condensation; il est surmonté par un tuyau aboutissant au conduit qui amène la vapeur dans le ré—

' cipient ; le point de jonction se trouve entre le récipient et la soupape, qui permet ou empêche Pin* troduction de la vapeur ; la communication s'éta-

'foiit^ntré'Hes deux tuyaux au moyen d'une soupape. Le tuyau du condenseur reçoit à sa partie inférieure le bout d* un tuyau d'injection garni d'un robinet. Dans le condenseur plonge le bas d'un corps de pompe dont la tige est mue par la machine. Lorsque la soupape qui ferme le tuyau d'admission de

rlei;t|ppipr s'ouvre pour la laisser passer dans le récipient, la soupape qui établit la coûamunication avec le tuyau du condenseur se ferme ; la vapeur se précipite dans le récipient plein d'eau , et y agit comme à l'ordinaire en la refoulant par un tuyau de décharge. Alors la soupape d'admission se ferme, celle du tuyau du condenseur s'ouvre , la vapeur passe du récipient dans le condenseur, où elle est rapidement condensée par le jet d'eau froide que lance le tuyau d'injection ; le vide se forme dans le

tayau da condensenr et dans le récipient; Peau monte aussitôt du paits dans celai-ci : Teaa et Pair réunis dans le condensear sont extraits par la pompe à, air , et l'eau chaude reportée dans la chaudière.

( FIO. XXXIX.) VOITURES A VAPEUll DE VIVIAN ET

TREVITHICK,

L*e prpjet conçu par le docteur Robison en 1 759,

de faire marcher des voitures au moyen de là va-

pear, fut exécuté en 1802 par MM. Vivian et

Trevithick ; et en cherchant à mettre en pratique

ce qui n'était encore qu*une idée spéculative, ils

imaginèrent une machine à vapeur remarquable

par son utilité et le talent qu'ils ont déployé dans

sa conception. Le principe de faire mouvoir nit

piston par l'élasticité de la vapeur, ayant assez de

force pour surmonter seule la résistance qu'oppose

la pression de l'atinosphère ^ avait guidé Leu-

pold dans la construction de la machine dont il

noos a laissé la description ; mais dans son appareil

l'action de la vapeur, comme nous l'avons vu plus

haut, ne s'exerçait que sur un seul côté du piston.

Dans la machine de Trevithick et de Vivian 1 le

piston est non seulement élevé , mais aussi abaissé

par la tension de la vapeur, et quoiqu'ils eussent

pu choisir pour effectuer l'admission de ce fluide

d'itûtres moyens , ib donnèrent la préférence au

robinet à quatre fins de Leapold. M. Watt avait conçu Ini^même l'idée de pousser le piston dans les deux sens au moyen de la vapeur agissant contre la pression de t'atmosphère , et ce projet se retrouve exposé dans une de ses patentes ; mais il est également certain qu'il ne le mit jamais à exécution. Ainsi| (quoique les habiles ingénieur» de Coruduaille ne puissent pas réclamer le mérite de l'invention des machines à haute pression , cependant pour la simplicité élégante de leur madiine , la facilité avec laquelle elle peut se transporter, et la sagacité qui a présidé à l'arrangement des parties » ils ont droit à toutes sortcà d'éloges , et leur appareil peut être mis sur la oieme ligne que ceux de Savery, Newcomen et Watt, comme formant époque dans l'histoire de la mécanique.

L'objet immédiat de MM. Trevithick et Vivian était d'exécuter un appareil portatif» susceptible d'être appliqué aux voitures, et ils ont atteint ce but ; mais leurs machines sont également propres à tons les usages anxquek celles de M. Watt sont employées aajourd'hoi presque exclusivement j et avec les précautions les plus ordinaires, il est aussi fecile de garantir contre toute espèce d'accidents les machines de Trevithick que celles qu'on a nommées par opposition moc^/s^^ à basse fH^ssion* Dans le fait , malgré la nouveauté de leur invention , le défaut d'expérience dans la manière- à&

aSg s'en servir, qui résahe nécessairement de leur peo d'ancienneté , et l'effet des préjugés absurdes et gé» néralement répandus contre leur sûreté , elles peu* vent être maintenant considérées comme les seules rivales à redouter pour la machine à condensation (i).

L'expérience que Ton fit de l'application de cet appareil aux voitures fut couronnée d'un plein succès I et en 18049 une de ces machines locomotrices était employée pour le service d'une mine à Merthyr Tydvil , dans la partie méridionale du pays de Galles ; elle faisait marcher sur une roiite en fer

(1) Le danger le plus réel auquel soient exposées les machines à haute pression résulte de ce qu'il y a fort souvent des in^lités de contraction et de dilatation dans les parois des chaudières en fonte, lorsqu'il tombe de l'eau froide sur leur surfkce au moment où elles sont en activité. Il peut en résulter une fissure qui, bien qu'elle ne soit ordinaironent pas apparente dau5 le moment , ne permettrait pas à la chaudière de résister à une augmentation d'élasticité de la vapeur. La précaution de recouvrir la surface de la chaudière de quelque corps mauvais conducteur du calorique serait non seulement économique sous le rapport de la chaleur, que cette enveloppe empêcherait de se dissiper aussi facilement, mais utile et nécessaire sous le rapport de sa sûreté. Une expérience en petit nous a permis d'apprécier l'efiet produit par l'effusion brusque d'une légère quantité d'eau froide* à 4o° Fahr. (environ 5® centig. ) sur la paroi d'une petite chaudière contenant de la vapeur à enyirou a3o« Fah., ou i io<* centig^

26o autant de chariots qaUl en pliait ponr trajisporler ciix tonneaux et demi de fer ^ avec one vitesse de cinq milles et demi par heure , à une distance de neuf raiUes; cette machine né consommait pendant tout son voyage que la quantité d'eau contenue dans la chaudière au jtnoment du départ. Son cylindre avait huit pouces de diamètre , et son piston quatre pieds de course. La même machine employée pour puiser de l'eau faisait manœuvrer une pompe de dix-huit poncés et demi de diamètre , et de quatre pieds et demi de course ; elle élevait l'eau à trente- ^ huit pieds , et donnait dix-huit coups par minute ; elle employait quatre-vingts livres poids de char- ^ ; bon par heure , et dans le même temps elle élevait 1 5,S75| 1 60 livres d'eau à la hauteur d'un pied, la pression étant de soixante-cinq livres par chaque pouce carré du piston.

Nous avons dit que la machine de Trevithîck est la plus portative, celle qui occupe le moins de place ; elle est aussi la plus simple dans ses opérations. La vapeur en sortant de la chaudière est in- ^ troduite sous un piston jouant dans un cylindre y et détermine son ascension. Quand il est parvenu au terme de sa com*se, la communication entre la chaudière et le dessous du piston se trouve fermée , et la vapeur qui lui avait imprimé un mouvement ascensionnel s'échappe dans l'atmosphère; un passage s'ouvre entre la chaudière et le dessus du piston , qui est alors sollicité à descendre 5 lorsqu'il

est au bas du cylindre, la vapéar se perdàsontoor dans l'atmosphère. La fig. XXXiX(pl. 5) estdestinée à faire comprendre le mécanisme de l'appareil de Treyithick et de Vivian ; on doit en considérer les parties comme disposées de la manière la pli^s propre à en faire concevoir le jeu, platot qne dans la sitaa* tion où elles se trouvent ordinairement dans la pratique, a est le c^rlindreà vapeur ^ 6^ le piston, et x, sa tige. Le tuyau d e fait communiquer le 'sommet et le fond du cylindre. Le conduit c amène là vapeur dé la chaudière dans ce tuyau , vis-à-vis le robinet à quatre fins. Dans la figure, la vapeur sortant du tuyau c traversé le robinet k et arrive au-dessus de 6^ tandis que celle qui était au-dessous du piston s'échappe par le passage que laisse le robinet A dans le tuyau A, et de là dans la cheminée. A: est le robinet à quatre fins qui tourne sur son axe au moyen d'un levier mis En mouvement par Fascension et la chute de là tige du piston ; Z est la chaudière dans laquelle le cylindre se trouve placé \ elle contient en outre le foyer , comme cela a lieu dans quelques autres machines. Lorsque la vapeur formée dans la chaudière est à une température suffisanjte , le robinet est tourné dans la position que représente la figurée : il est évident qu'une communication se. trouve alors ouverte entre le dessus du piston et la chaudière, d'une part, et de l'autre , entre le dessous du piston et la cheminée ou l'atmosphère. La vapeur est susceptible

d'acquérir ane tension beaooonp pins forte qne celle qui est simplement nécessaire pour maintenir le piston en équilibre, ce qai suppose une pression équivalente à celle de quatorze livres et demie par chaque pouce carré ; tandis qu'à la température à laquelle la vapeur est employée dans la machine , elle pourrait faire équilibre à quatre ou cinq fois ce poids. On peut donc ne tenir aucun compte de la pression de l'atmosphère, et le piston sur la tête duquel agit la vapeur avec une tension aussi grande se trouve en conséquence forcé de descendre dans le cylindre. Lorsqu'il arrive au fond, une tringle suspendue au balancier ou bras horizontal agit au moyen d'un bouton ou d'une cheville sur le levier du robinet, et fait tourner celui-ci, qui prend une autre position ; par suite il s'établit une consmuni* cation entre le dessous du piston et la chaudière , et entre le dessus et la cheminée. La pression la plus forte s'exerce alors au-dessous du piston , et k force à monter , tandis que la vapeur qui remplit la partie supérieure du cylindre s'échappe dans l'atmosphère , et ainsi de suite alternativement. La vapeur en sortant du cylindre passe dans le tuyau A ^ et de là dans la cheminée. Ce tuyau est renfermé dans un autre, qui contient l'eau destinée à alimenter la chaudière. Cette eau est anœnée aa moyen d'une pompe d'une force médiocre; passant dans ce tuyau , elle s'échauffe par le contact du tuyau h, toujours rempli de vapeur à une haute

température, et se trouve eUe-méme parvenue à nn degré de chalear déjà assez élevé lorsqu'elle pénètre dans la chaudière, ce qui économise une quantité égale de chaleur qui autrement serait perdue inutilement dans l'atmosphère.

Le mouvement alternatif peut être converti dans on mouv-ement de rotation an moyen d'une manivelle, et être r^ularisé par l'emploi d'un volant. On peut aussi régler l'admission de la vapeur an moyen d'un régulateur on d'autres mc^ens ; mais comme on en a déjà parlé dans la .description des machines précédentes , on les a supprimées ici. Le procédé employé pour d<niner plus de sûreté aux chaudières est semblable à celui qui est en usage daos les machines à condensation : une soupape de sûreté chargée d'^in poids égal à la pression ^ue l'appareil peut sout^r; si l'on aime mieux , une . plaque de plomb, d'étain, pu d^un %Hiage métallique, fermant une ouverture pratiquée dans les parois de la chaudière , et qui se fond quand l'eau qu'elle renferme se trouve arrivée à une certaine tempe* ration , on lorsque le liquide est descendu auHclessous du niveau requis ; enfin le tube à mercure ou manomètre d'une longueur proportionnée à la pression que l'on .doit obtenir ,. sont autan) de iiioyens qui , avec le soin et l'attention la pins ordinaire (i), sont plus que suffisants ppor donner

(i) Comme «ne pcrsomie se plaignait un jour à M* Watt

i64 uue égale sûreté anx chaadières à haute et à basse pression.. Nous ne pouvons, il est vrai, nous ap« puver d'expériences précises pour comparer des machines destinées , par exemple, à élever Ja même quantité d'eau. Mais on peut regarder le travail ordinaire de la machine de Ti^evithick comme égal aux quatre cinquièmes de l'effet produit par les machines à condensation , avec la même quantité de charbon. En plaçant le cylindre dans la chaudière , on économise la dépense de la pièce appelée jadiet, ou chemise, et on est sûr de maintenir le cylindre à la température de la vapeur.. Le plus grand avantage de cette machine est de ne point exiger d'eau pour la condensation, et, par suite , de pouvoir se passer de toutes les parties nécessaires pour cette opération et pour l'extractiou de l'air et de l'eau qui en étaient les réso[tats. Cet appareil plus simple peut être employé dans des lieux où l'on ne pourrait établir une macchine à condensation ,. soit à défaut de la place nécessaire, soit à cause de la grande quantité d'eau qu'elle réclame pour fonctionner. La machine de M. Trevithick ne fut cependant pas adoptée gêné-

du dérangement fréquent de sa machine à condensation , il lui répondit : oc H en est de la machine à vapeur comme du « cheval qii'eUeest destinée à remplace!^ elle n'exige qu'un « degré d'attention fort ordinaire, mais encore faut-il le R lui donner, 9

ràiement i^omme servant à faire marcher des voU tores , jusqu'en i8i i, où on lui fit subir, pour Pappliquer au même objet , des modifications que nous indiquerons plus loin.

Tous les bateatix à vapeur américains, à très peu d'exceptions près , sont mis en mouvement par des machines à hante pression , dans lesquelles le pins souvent la tension de la vapeur est double de ceije prescrite par Trevithick, Malgré cette expérience , et grâce à l'absurdité d'un préjugé répanda en Angleterre, ce serait une spéculation bien hasardeuse que d'appliquer dans ce pays le système de haute pression à des bateaux à vapeur, en concurencc avec la machine à condensation ordinaire ; et cependant les premiers appareils sont aussi sûrs , plus commodes , plus portatifs; ils offrent d'ailleurs le grand avantage de permettre de proportionner le pouvoir à la résistance , dans le cas où l'effet à produire , ou bien la charge, viendrait à varier.

MACHINE A HAUTE PRESSION D'oLIVIER EVANS.

Dès Tannée 1786, un Américain nommé Olivier Evaiis fit , à la législature de la Pensylvanie, la de** mande d'une patente pour âes voitures à vapeur dont les machines motrices auraient travaillé sons une pression de dil atmosphères. Son projet, rp" gardé comme chimérique, n'eut pour le moment pas de suite. En 1 81 1 , Olivier Evans, qui était par-

*66 venu, à construire une machine suivant son priai> cipe, la fît servir à imprimer le mouvement à un moulin à farine. Depuis cette époque, il en a construit un grand nombre: elles sonl principalement employées à bord des bâtiments.

Dans ces machines, la vapeur est employée à un très haut degré d^élasticité, à six , huit et même dix atmosphères ; en outre , on profite de la force d'expansion ou de détente ; la dilatation de la vapeur dans le cylindre va quelquefois jusqu'à six fois son volume primitif. L'introduction de cette vapeur au-dessus et au-dessous du pistou s'opère au moyeu d'un disque de fer tournant horizontalement sur lui-même dans une petite boîte de même métal. Cette soupape tournante est combinée de manière h ne laisser passer, u chacune de ses évolutions, que la quantité de vapeur nécessaire pour remplir environ le tiers du cylindre. La vapeur par sa détente chasse Ije piston jusqu'au bout de sa course. La vapeur qui a fait fouçlionner le piston est évacuée dans l'atmosphère, ou bien la çoadensation s*opère à l'aide d'un serpentin plongé dans Peau froide. L'eau qui en est alors le résultat est reportée encore très chaude dans la chaudière, où elle est introduite avec une pompe refoulante. Les chaudières sont de longs tubes de fer placés les nus à liôté des autres sur un fourneau.

' Cette machine , au premier coup d'œil , semble ocvoir être beaucoup plus dangereuse que «elle de

Watt; cependant ) nous dev(»i5 faire observer qae^

suivant M^ Marcsiier, il serait a peu près notoire

aax États-Unis que toutes les chaudières qui ont

eciaté à bord des bâtiments mus par la vapeur

appartenaient à des machines ordinaires , excepté

celle du bateau la G^nstitutiouv Mais ^ dans la côU'^

structionde cette dernière chaudière, l'artiste, pour

essayer ses' idées particubères, s'était écarté desprin>-

cipes posés et suivis par M. Evans. Ces faits, affir-^

méseri 1818 par M. Evans, u'avaysnt été relevés

par personne dans un pays où certes toute liberté

est laissée à la discussion. M. Marestier rapporte

en outre qu'en 1817, une, fissure survenue à la

chaudière du bateau lX)Etna n'avait fait naître

aucun danger , et que peut-être le machiniste seul

s'en serait aperçu, si la diminution de la lensicm

de la vapeur n'eut mis danjs la nécessité d'arrêter

le bateau.

Les prétentions employées par M. Evcins sont pjrin<HpaIeinent de donner à ses chaudières la force nécessaire pour résister a une tension dix fois plus forte que celle qu'elles doivent supporter : à cet effet , cm ne donne guère aux cylindres que soixatale à soii^9i|té-quinBeQentifnètresde diamètre; ou pré-fère en epiployer un plus grand aoabre plutôt que de dépasser cette grandeur.

Ce^te macUnc est ej^tréosen^ent simple et très éconoDaiqoe ^ elle a moins de yol^me ^t pèse beau« coup moins qu'une machine de Watt de la même

a68 paissance. EUe dépense Ja moitié moins dé comiDastible, d'après les expériences publiques faites à Philadelphie.

MACHINE A HAUTE PRESSION d'aRTHUR WOOLFE.

La vapeur à une haute température a été employée d'une manière un peu différente par M. Arthur Woolfe, en 1804. Il s'était assuré, par des expériences , 4jue la vapeur dont Ja tension est plus grande que celle de raii\est susceptible de se dilater d'autant de fois le volume qu'elle occupe que sa pression est supérieure en livres poids à celle de l'atmosphère, sans cesser néanmoins de pouvoir lui faire équilibre, pourvu toutefois que cette vapjeur soit maintenue au même degré de température. Si , par exemple , un pied cube de vapeur était échauffé de manière à faire équilibre à trois livres par pouce carré de la soapape de sûreté , elle pourrait, en se dilatant, former un volume de trois pieds cubes de vapeur, et être encore égale à la pression atmosphérique : un pouce cube de vapeur agissant contre la soupape avec une force égale à la pression de quatre livres par pouce carré ( ce qui suppose environ 22o<> j de tempéra- >tnre, th. de Fahrenheit) remplirait un espace de quatre pieds cubes, et balancerait encoi^ fa colonne atmosphérique.

>ila coDtiouaDt cette progression, la Tapeur qui pèse contre lu oupupe <Ic iâreté a^ec une force e'gule à

5 IÎ7« par p. can

iO — 40 ^

Ce qui suppose une température égale à

♦'sthr. fiéaum. Cenlig,

23901—92,32— 115,40 250°!— 97,11— 121,39 259ol-101,ll— 126,39 273«— 107,11— 133,89 282'»— 111,11-138,89

Prendrait en se dilatant, saus cesser d'avoir uùr pression égale i celle lie Tatmospbère,

fois le voUrne qu'elle occupait

On voit qae, d'après cette progression , l'on peat donner snccessivenient à la vapenr, an moyeu d'nne légère aagnientation de teâipérature , la propriété de se dilater indéfiniment. La seule limite

qu'on rencontre est celle que nécessite la fragtîité (ies matériaux avec lesquels sont construits les vases destinés à renfermer la vapeur avant sa dilatation. On doit bien se garder de porter la force élastique de la vapeur jusqu'au dernier degré auquel les vases peuvent résister : la prudence ordonne de le tenir beaucoup au-dessous de ce point.

Guidé par ce fait, Woolfe proposa une macbîtne semblable dans ses détails à la machine à condensation de M. Watt , mais munie d'un second cylindre , comme on t'a vu daus l'appareil du docteur Faick et de Hornblower. - Ces cylindres devaient «voir des dimensions différentes ; leurs proportions relatives étaient déterminées par la tension de la vapeur qui devait s'y introduire : si le premier cylindre f par exemplc/f devait contenir trois pieds cubes de vapeur avec une pression égale à celle de quatre livres par pouce carré ^ le second cylindre ^ s'il était muni d'un condenseur, devait pouvoir en contenir alors doaze , ou avoir une capacité égale à quatre fois celle du premier, et ainsi de suite. La disposition des parties ne différait que peu de celle que nous avons décrite dans l'appareil de Hornblower; seulement la vapeur qu'il employait était portée à une température beancoap plus élevée , et le condenseur de la machine de Woolfe communiquait alternativement avec le haut et le bas du grand cylindre. Quoi qu'il en soit, on a reconnu dans la pratique que la meilleure proportion à éta-

blir entre les cylindres est celle qui perniel à fa vaPpenr, selon Féchelle de M.Woolfe, de se dilater de six à neuf fois son volame primitif : aa-deià de ce' dernier nombre , les résultats sont regardes , an moins jusqu'à présent, comme un peu problématiques.

La chaudière employée par M. Woolfe est semblable dans son principe à celle que nous avons représentée en décrivant l'appareil de Blakey: l'eau est introduite dans plusieurs tuyaux liés entre eux et placés dans.un fourneau construit à cet elTety ils communiquent avec nn vase cylindrique d'un diamètre plus considérable placé au-dessus d'eux dans le même fourneau , et destiné t\ recevoir la vapeur formée dans les tuyaux ou cylindres inférieurs ; unmar élevé au-dessous du grand cylindre, dans la di-* rection de sa longueur, et embrassant tous les petits tubes, divise le fourneau en deux parties. Le grand cylindre porte un tuyau qui aboutit au cylindre à vapeur^ l'eau est refoulée dans lés tubes bouilleurs à l'aide d'une pompe. Tout l'arrangement du foyer et de la chaudière est' extrêmement favorable pour procurer, avec le même combustible, la plus grande qjiantitc de chaleur possible : il est représenté fig. XL (pi. 4). Les petits tuyaux a sont vus par leur extrémité ou en coupe. Le grand cylindre^, placé au-dessus, est vu de profil^ des lignes droites ponctuées indiquent les communication» entre les cylindi^s inférietwra*

et le cylindre supérieur ; le combustible est place en Bj la flamme et Tair échauffé passent sous le premier dylindre, sur le second, sont renvoya par la voûte courbe sous le troisième, et circulent ainsi autour de chaque tube. A l'extrémité du fourneau ils passent par le conduit o de l'autre côté du mur de séparation, dont ils parcourent toute la longueur, repassent autour des bouts opposés des petits tubes , et s'échappent par la jcheminée. Les bouts des petits cylindres portent sur la maçonnerie en brique des côtés du fourneau. Ces tubeis peuvent être faits avec plusieurs métaux; ceux en fonte paraissent être les plus convenables. En général ou doit leur donner un diamètre peu considérable. Les précautions qui ont été prises pour éviter les accidents rendent l'usage de ces tubes aussi sûr que celui des appareils de M. Watt. La fignre XXXIX, qui représente la machine de Horublower, suffira pour donner une idée des deux cylindres employés par M. Woolfe , bien que souvent il y ait une différence dans la manière de fonctionner deS'deux appareils. En effet, dans la ma* chine de Hornblower, comme nous l'avons vu , la vapeur n'agit comme force motrice que sur un des côtés des pistous. Lorsque ceux-ci sont au bas de leur course, la vapeur passe, il est vrai, du haut des cylindres dans leur partie inférieure ; mais cette introduction de vapeur au-dessous des pistons n'a pour objet que d'égaliser les pressions , et c'est on

contre-poids placé à l'autre extrémité da balancier qui détermine rasceusion des pistons dans les cylindres. La machine de Woolfe agit quelquefois de la même manière , et dans ce cas la construction des cylindres ne diffère nullement de celle que nous avons déjà donnée \ seulement leurs proportions relatives sont établies d'après la dilatabilité de la vapeur. Mais Woolfe employa aussi la vapeur à haute pression en la faisant agir sur les deux côtés des pistons , et abandonnant , par suite , l'emploi du contre-poids : dans ce cas la disposition des cylindres éprouve une modification que nous allons indiquer. Le balancier , le mode d'ouverture des robinets, et les autres détails , n'offrent que peu de différence avec ceux des autres machines .

Le petit cylindre communique par ^t% deux extrémités avec le grand cylindre , au moyen de deux tuyaux , dont chacun aboutit d'un côté au sommet de l'un des cylindres , et de l'autre 'au fond du second. Le haut et le bas du grand cylindre sont mis en communication par un tuyau à deux branches avec le condenseur ; nn autre conduit permet à la vapeur de la chaudière d'arriver dans le petit cylindre alternativement au-dessus et au«* dessous du piston. Ces diverses communications sont alternativement ouvertes et fermées au moyen de soupapes ou de robinets d'une construction quelconque) mus par un mécanisme de la nature de ceux que nous avons indiqués ailleurs. Les deux cylia-

^74 cfres sont fermés à chacune de leurs extrémités; les pistous jouent dntis des boites à étoupes , et les précautions prises dans les machines à condensation ordinaire pour maintenir les cylindres à la même température que la vapeur qui y pénètre sont également observées dans cet appareil. La manière de condenser la vapetiret celle de débarrasser le cylindre de Teau d*înjeclTonet deTair août les mêmes que dans les machines à condensation de Watt, Si nous supposons maintenant que les pistons ont achevé leur course » et qu'ils sont au haut de leurs cylindres respectifs, trois soupapes s'ouvriront dus.' sitôt : I® celle qui permet à la vapeur d^arriver de la chaudière dans le haut du petit cylindre, 2^ celle qui ferme le tuyau de communication entre le fond du petit cylindre et le sommet du grand , eu^ fin celle qui se trouve dans le conduit qui se rend du fond du grand cylindre dans le condenseur. La vapeur a la liberté d*affluer de la chaudière sur la tête du petit piston ; elle le sollicite à descendre , tandis que la vapeur qui est en dessous , ayant la liberté de passer dans le grand cylindre, pousse, en raison de sa force expans ivé , le piston de ce cylindre dans le vide qui s'est formé au-dessous de lui par l'écoulement de la vapeur dans fe condenseur. Eu fermant ces trois robinets et en ouvrant trois autres, de manière a faire communicjuer le fond du petit cylindre avec la chaudière , le sommet du même cylindre avec le fond du grand cylindre y et

le condensear avec le dessus da grand piston , le mouvement se fera en sens inverse , et les pistons remonteront par la seule action de la vapeur.

M. Woolfe fit par la suite à sa machine quelques modifications que nous mentionnerons ici. Pour entretenir la chaleur nécessaire dans tout€$ les parties de l'appareil dans lesquelles la va^ peur ne doit pas être condensée, U ne se contenta pas de les entourer d'une envelopj5e de fonte ou de les placer dans la chaudière même : il plaça sous cette enveloppe, ou chemise, dont l'intervalle était rempli de vapeur très chaude ou d'huile , un fourneau particulier^ de manière qu'en augmentant ott ralentissant le feu sous le grand cylindre , o» pouvait accroître ou diminuer l'élasticité de la vapeur qui y arrive da petit cylindre.

M. Woolfe reconnut aussi que l'introduction de la? vapeur ne devait pas s'eflfectuer de la même manière, soit que l'on employât ou que l'on n'employât pas la force expansive de la vapeur. Dans le secoTkd cas , celui où on laisse arriver dans les cylindres de la vapeur pendant tout le temps de ht course du piston , il faut se servir de soupapes ayant un élargissement lent et progressif, de manière à ce que la vapeur n'entre d'abord qu'en filet très délié, et afilac ensuite peu à p~eu plus librement. Dans le premier cas , celui où Ton n'admet la vapeur que pendant une partie de la course du piston y on peut la laisser entrer plus librement.

M. Woolfe fît encore d'aotres changements qtû ne sont pas assez Importants ni assez utiles pqur trouver place ici.

Comme nous h*avons encore entendu parler d'aucune expérience directe faite sur la machine à condensation ordinaire et celle à deux cylindres , avec les mêmes parties accessoires nécessaires à leut manœuvre, en employant le même combustible, et enfin placées dans les mêmes circonstances sous tous les autres rapports , il serait prématuré , de notre part , dé donner notre opinion sur le mérite de ces deux systèmes. Mais, d'après les états annexés aux rapports qu'on a publiés sur les résuftats obtenus par plusieurs des machines du comté de Goruouailles , il paraît que l'emploi des machi-* nés à double cylindre donne sur celle à simple cylindre une économie considérable de combustible. Ces rapports faits chaque mois par les ingénieurs chargés'^de Tinspection des mines établissent que , pendant cinq années , le produit moyen des machines dé Walt a été de 70 mètres d'eau élevée à un mètre par cliaque kilogramme de houille. Les deux machines de Woolfc d'une dimension extraordinaire qui ont été établies dans les mines de ce comté ont donné pendant huit mois 175 mètres cubes d'eau, terme moyen. Au reste, la variation qui s'àbserve dans les effets du travail de la même machine nous porte à supposer qu'il existe des sources de déperdition de force toit t-à- fuit indé-

pendantes de l'adoption des deux cylindres ou de Tusage d'un seul.

SECOrr DE MACHINE ROTATIVE DE HO^NBLOWEH.

La seconde roue à vapeur de M. Horublower est basée jur le même principe que celle- qu'il avait construite peu d'années auparavant , mais plus simple dans sa combinaison. Elle a un mouvement (ie rotation produit an dedans d'elle-même par le jeu de quatre pistons^à révolution tournant dans un tambour on ca^e extérieur. Ces pistons sont quatre vannes semblabfes à celles d'un tournebroche qui va il la fumée ; mais le fer dont elles sont formées doit être assez épais pour qu'on y puisse pratiquer une rainure propre à contenir un peu d'étonpe ^ afin qu'elles ne laissent point échapper la vapeur lors- (lu'elles sont eu action. Elles sont montées sur un arbre ayant an centre un moyeu creux , dans l'ouverture duquel entrent les bouts des vannes ; les deux vannes opposées sont toujours disposées de la niême manière , en raison de leur connexion intime y de sorte que , si l'angle de Tune des vannes vient à changer , son opposé changera de la mém« manière.. Les quatre ne sont pas placées dans le luéme plan , mais à angles droits. Si nous concevons ces vannes maintenues dans une position verticale comme les ailes d'un moulin à vent, 'Pï'squ'une d'elles est opposée à plat au vent , la

Yaûiie correspondante doit lai présenter le cétë i voilà précisément ce qu'elles font sans discontinner dans lenr mouvement de rotation sar leur arbre I commun. La vapeur agit à plat sur la vanne, dans

! le tambour où elle la fait jouer, jnsqu'-à ce qu'elle

ait décrit environ un quart de cercle ou quatre- ^ vingt-dix degrés , et alors elle présente tout d'un

f coup à la vapeur son plan d'épaisseur , tandis que

dans le même temps une autre vanne est entrée dans ia partie mobile du tambour , et le mouvement de rotation continue sans interruption.

Au commencement du dix^neuviènie siècle , il 7)'y avait pas pltis de « quatre machines de quelque importance » en activité dans totit le conti^ nent de l'Amérique : l'und d'elles fournissait de Feâu à New- York; une seconde mettait en mouve* ment un moulin à scie, et les deux autres appartenaient à la corporation ée Philadelphie (i).

En 1804, M. William Ltishington introduisffc tine des machines de M. Watt dans la colonie de la Trinité, où , d*dprès l'estimation qui en a été fèttte , avec une économie des deux tiers de la dépense , ^ elle faisait le même ouvrage que les moulins dont oii se sert ordinai renient dans cette colonie , et qui sont misen mouvement par des bœufs (2).

{t) Noiicê historique sur la machine à pé^teuTp pftg. 46. (2) La Trinité est désignée dans le rapport comme la première colon ie'des hides occidentales où la machine à vapeur

tTne combinaiâûu assez ingénieuse des appareifsde Savery et de Papin fut proposée en i8o5 par M. Jaiâes-Boaz , de Glascow. Son objet était de prévenir la condensation de ki vapeur qui a lieu ordinairement dans les machines construites d'après^ ce système. La vapçur agissait cÈans un cylindre sur la tête d'un piston ou âotteur absolument semblable à celui de Papin f ce piston , au lieu de reposer sur l'eau à refouler, flottait sur une cou* che de mercure occupant tout le fond du tuyau recourbé de Papinl Un double tuyau recourbé , dans lequel le vide se formait alternativement seloi^ le mouvenrent du pistou , servait à la fois de corps de pompe et de tuyau de conduite dans un réservoir >*upérieur. Nous n*eutrerons pas dans plus de détails sur cette machine, plus ingénieuse qu'utile.

Plusieurs autres machines rotatives furent également inventées h cette époque. Peutêtie croyaiton qu'il y avait plus d'avauta^e à trouver un>appai*eil qui eût et pAt imprimer un mouvement de ''oiâlion qu'à perfectionner les moyens en usage pour changer le mouvement alternatif du pistou ^iî ce même mouvement circulaire. Quoi qu'il ëit soit, nous laisserons deiçôté la plupart des appartib imaginés pour atteindre ce but, qu'ils ont

«t été introduite; mais âôUé perti^ônà qu'il y en avait en «- 'iviti5 à la Jamâ'ïqini Wen des annéct ayant cette «^wqae.

tkQû

manqué : ncms ne dëcrirons que cenx qai| ayant été employés avec plas on moins de sqccèff « n'ont dû cesser de l*êlre que lorsque jde nouveaux perfectionnements leur ont fait préférer d'autres ma-*' chines*. . ^

MACHINE nOTATiVE m CLÉGG. (FIOVRE XXXVIÏ ,

PLANCHE 5). (l)

Le piston à rotation de M. Samuel Clegg fait une révolution complète dans un canal , à une certaine distance du centre de mouvement. Les dispositions de cet appareil sont tout-'à'^fait différentes de celles d'aucune des machines de cette espèce construites jusque alors , et offrent beaucoup plus de chances de succès dans la pratique. M. Clegg contruisit plusieurs -machines sur une échelle assez considérable, et d'après le modèle qu'il avait imagiué. Il nous informe qu'il a obtenu tous les ré« sultats qu'il s'était promis de leur application. Elles çccupaient très peu de place , fonctionnaient sans faire le moindre bruit , et pouvaient se fabriquer à environ moitié prix des machines à condensation.

(i) Nous avons donné la description de la machine de M. Clegg exactement I telle qa^elle se trouve dans Taoteur anglais ; mais il est évident qu'il y a une omission dans IVxpo^ë de la manière dont Tair et la vapeur s'échappent dans Tair ou se rendent dans le condenseur.

{Note de V éditeur.)

Les figj XXXVir, A, ^^représentcDtdeax coupe» de cette machine. Elle se compose de deux parties bien distinctes : une base circulaire plate z, au milieu de laquelle se trouve l'axe i, qui communique lenfiouvennent à la machine, et un canal hémisphérique décrivant un cercle autour de la base. La plaque 1 1, Tormant le fond de cette machine, que l'on suppose retournée, est extrêmement unie et plate. Une suite de billots h sont placés dans une rainure concentrique avec le bord extérieur de la base ) ces billots sont d'un poids considérable , et occupent toute la rainure circulaire , à l'exception de l'espace x , qu'on a réservé pour disposer les ressorts et les écrons nécessaires pour tenir cette suite de billots ' bien serrés les uns contre les autres. Leurs face^ adjacentes sont polies et disposées de manière à bien s'adapter, et à ne laisser, autant que possible , aucun passage à la vapeur ; les surfaces inférieures sont également plates , et tout l'ensembje forme une seule surface horizontale et unie, à l'exception de l'espace x, réservé pour les écrous; ceux-ci sont enfoncés assez avant pour qu'une barre plate puisse passer au-dessus d'eux sans les toucher, /est l'axe qui communique le mouvement à la machine ;y^ une barre à laquelle est attaché le piston qui tourne dans le canal par l'action de la vapeur^ a cette barre se trouve fîxée une petite /oue g. Les billots mobiles sont emboîtés sur leurs deux faces intérieure et extérieure , et leur som«

met dans nne boîte de fer c d, dans laquelle îTs peuvent glisser de bas en haut et de haut en bas. Le piston fait sa révolution dans un canal ou chambre demi«circulaire , muni en ?i d'une sou* pape ou clapet par laquelle la vapeur est intro* duite en v. Les segments, on billots, sont représentes comme parfaitement plats à leur surface in-, férienrej mais dans le faîte une partie de cette surface forme une légère courbure qu'on reconnaît sur la figure B, h la manière dont elle est ombrée. Quand le piston est placé comme dans la figure , et la vapeur introduite entre lui et l'ouverture ou soupape en n, il cède à la pression , et se meut circnîairement ; l'air qui se trouve dans la chambre de l'antre côté du piston est forcé ù s'échapper, par les ouvertures x x, dans l'atmosphère ou dans un condenseur. Pendant le mouvement du piston , les segments portant sur le rebord plat de la chambre du piston ferment hermétiquement l'espace dans lequel la vapeur est admise. Le rouleau attaché à la barre , on tige du piston , et destiné à le précéder, passe sous la face mférieure de chaque segment dans sa révolution , et l'élève tout juste assez pour permettre à la petite barre , da. tige du piston , qui doit avoir environ ^ de pouce d'épaisseur dans la plus grande machine, de glisser entre leur surface inférieure et celle de la plaque , ou rebord. Le poids de chaque segment, après que la barre a passé dessous , le fait retomber à sa place } ou bien ou

peaf faire saivre le piston d'an autre rouleaa destine à remettre les billots dans leur première situation. Le passag[e de la barre sons chaque billot est eutièrement achevé avant qu'il soit possible qu'aux cune communicfition s'établisse entre l'air extérieur et le front du piston. Quand le piston à vapeur arrive à Touverlure, ou soupape, suspendue à la plaqae unie qui recouvre la chambre , et qui ne peut se mouvoir que dans une seule direction , le piston la repousse dans un renfoncement, et passe outre. La soupape par laquelle la vapeur arrive contre le piston se trouvant en ce moment fermée ^ celui*ci est entraîné au-delà du point correspondant à la soupape suspendue par l'impulsion qu'a acquise le volant. Quand il est allé assez loin pour permettre à la soupape de retomber, la vapeur est introduite de nouveau entre la soupape et le piston, ce qui produit une autre révolution. La va* peur qui a poussé le piston se trouvant alors en communication avec l'atmosphère par les ouvertures z z, elle s'échappe par cette issue. La sui> face plate sur laquelle portent \ts billots a environ trois pouces de large, avec une rainure près àxjt centre pour introduire une espèce quelconque de garniture élastique. Mais M. Clegg trouva qu'on pouvait se dispenser de cette précaution. Dans la machine qui a servi à ses essais, la soupape d'admission de la pompe à air joue selon le procédé ortlinaire.

a84 » M. Clegg estimait qu'an piston d^ane machina égale à la force de vingt chevaux peut manœu-^ vrer dans une circonférence de vingt pieds. Chaque billot , pour une machine de cette dimension , doit peser environ vingt livres , et n'a pas besoin d'être élevé à plus d'un demi-ponce ou -|- de pouce pour livrer passage à la 'barre. Dé la pression exercée sut le piston et qui serait égale à la Ibree nécessaire pour élever quatre mille livres poids à une hauteur de vingt pieds , il faut déduire la force employée à élever à une hauteur de -|- de pouce ces billots , qui pèsent cinq cents livres s telle est, selon k calcul de M. Clegg, la force de sa machine^ et, s'il est juste, dussio^-nous tripler la résistance présumée , ce serait encore un résultat ti'ès satis&isant (i).

' L'idée d'Âmontons de produire un mouvement de rotation par la pression d'une colonne d'air placée sur un côté d'une roue servit de base à un mé-^ canisme très ingénieux , imaginé par M. Wiilian» Unions en 1811. La vapeur était introduite dans l'axe de la roue , et elle pénétrait par les rayon» dans des cavités pratiquées à la circonférence. Le vide se trouvant formé alternativement dans ces .cavités , la pression atmosphérique faisait monter l'eau , '^qni , en vertu de la gravité , produisait un mouvement de rotation. Plusieurs des détails de

(1) Observations sur Fappareil dr M. Clegg. Répemin des artSf vol. i5, pag. diS, second livre.

aBS cette machine sont excellents; mais » considérée dans son ensemble , sou ingénieux inventeur la trouva trop compliquée pour concevoir des espérances bien fondées de Fiiitroduire dans la pratique.

Le premier essai de l'appliGation de la vapeur à la navigation , sur une échelle assez considérable , qtfi ait enfin réussi dans la Grande-Bretagne , eut lieu à peu près vers cette époque, sur la Ctyde. Un bateau d'environ quarante pieds de quille et dix pieds et demi de large , ayant une machine à vapeur de la force de trois chevaux, commença à manœuvrer sur la Clyde , où il servait pour le transport des passagers entre la ville de Glascow et celle deOreenodk, en 1812(1); mais attendu la noavérité de ce moyen de> navigation , et ses dangers ' apparents, le nombre vdes passagers était si peu omsidérable, que les entrepreneurs pendant quelque temps purent à peine couvrir leurs dépenses. L'introduction de la machine à vapeur dans le Pérou e&t due à une suite de circonstances qui tiennent du roman. Nous avons décrit la machine à hante.pression de M. Richard Trevithick , pour laquelle il obtint une patente en 1802. Pour mettre les comiaisseurs à même de bien concevoir et aapprécier la disposition et la manière d'opérer de sa ma/chine , cet ingénieur en avait construit un mo-

(t) Bucbanaoy sar l«8 bateaux à vapeur, pag. 7,

réussit à conclure an traite qui -lui assarait l*expictitatîbii de quelques unes des mines principales , sauf à payer environ un ^uart du produit qu'ils pourraient amener à la surface. Les contrats furent passes en août 1-812; et M. d'U ville, poursuivant toujours son projet , s'embarqua de nouveau pout* l'Europe , et toucha a la Jamaïque V où il mit à la voile pour Falmouth. L'esprit de M. d'U ville était trop plein des flatteuses espérances que lui inspirait sou entreprise, pour ne point faire de fréquentes questions à ses compagnons de voyage au sujet des mines et des machines. Uu jour qu'il conversait avec M. Teague, et (ui exprimait son désir inquiet de trouver, s'il était possible, l'auteur du modèle qu'il avait transporté à Lima, il fot agréablement surpris d'entendre M. Teague lui répondre que M. Trevithick était son propre parent, et que, peu d'heures après leur arrivée à Falmouth , il pourrait Les faire trouver ensemble. La chose eut effectivement lieu, et M. Uvillé résida plusieurs moi» à Cambonie avec le capitaine Trevithick, recevant durant sons^our des instructions de cet homme habile sur le travail de» mines et la manière de construire jat .de faire manœuvrer les machines*. Accompagné du capitaine Trevithick, il visita d'uutres districts de mines. Introduit auprès de MM. Bolton et Watt, les meilleurs constructeurs de machines à vapeur qu'il y eut alors, il leur expliqua les difficultés qu'il

y avait à surmonter, provenant de la nature deâ routes dans on pays de montagnes et de précipices , et de la grande élévation des mines an-dessos da niveau de la mer. Nons ne savons s'il faut en accuser la répugnance de ces messieurs à s'engager dans une spéculation dont les cliances de succès n'étaient rien moins que certaines , ou s*ik furent effrayés par les troubles politiques qui agitaient alors ]e Pérou, par les difficultés de transporter les pièce-;, des machines, ou enfin par l'élévation du sd, qu'il regardaient comme peu favorable à l'em« ploi des machines à condensation. Quoiqu'il en soit, ils ne parurent pas disposés à entrer dans les pro*> jets de M. U ville.

Cependant le capitaine Trevîthick et son ami ne se -laissèrent point décourager, et résolurent de tenter un essai. En janvier 18 14 9 le capitaine s'engagea à fournir neuf niachines è M. Uvillé, au prix d'environ dix mille livres sterling 5 elles furent embarquées à Portsmouth le mois de septembre suivant , non sans qu'il eut coûté beaucoup de peine pour obtenii la permission du gouvernement britannique, et elles partirent accompagnées de M« Uviilé, et de trois ouvriers du comté de Cornouaille qui devaient les faire monter et mettre en place. Elles arrivèrent heureusement à Lima , QÙ elles furent accueillies par le salut royal et par des réjouissances publiques. Cependant, après qu'elles eurent fait ainsi une partie si considérable de

leur voyage I telles étaient les dlfficfiltés locales qa'opposaît un sol montaeux aa transport de ces masses pesantes , que ce ne fut qu^au milieu de Tannée i8i6 que Fane des machines put être mise en activité. C'était la première qu'on eût j amais vue dans FAmérique méridionale, et elleexci* tait une vive curiosité. De grandes cérémonies eurent lieU| à ce qu'il paraît, dans cette importante occasion , et les honneurs les plus distingués furent conférés aux auteurs du projet par le gouvernement du vice-roi. La dépufation officielle nommée pour l'examen de cette opération neuve et vraiment extraordinaire fit au vice-roi un rapport qui fut publié dans la gazette de Lima , au mois d'août 1 8 1 6. < Des travaux immenses et continus , disent « les rapporteurs , et des dépenses infinies ont sur- « monté des difficultés réputées jusque alors ina vincibles. Nous avons été témoins , avec une ad- « miration sans bornes , de l'exécution et des effisis « étonnants de la première machine à vapeur. Elle « est établie dans le territoire des mines royales de « Tailricocha, dans la province de Tarma, et « nous avons eu le bonheur de voir le dessèchement a du premier puits dans la mine de Sainte-Rose, « dans le noble district de Pasco. Nous sommes a jaloiix , continuent- ils , de transmettre à la pos- A térité les détails d'une entreprise dont la concep- « tion était si gigantesque et dont l'exécution nous «promet la possibilité d'extraire des mines des

agi « quantités si considérables d'argent que les na* « tions voisines seront remplies d'étonnement. »

Ils publient ensuite les noms d'un certain nom bre d'individus , en faveur desquels ils réclament Téternelle reconnaissance de tous les Espagnols; et une chose asse2 remarquable , e*est que le seul nom anglais inscrit sur la liste est celui de M. Bull, (i)

Tandis que ces opérations se passaient au Pérou, le capitaine Trevithick , en Angleterre , s'occupait avec ardeur à préparer de nouveaux objets d'envoi, à construire des appareils pour frapper la mon« naie, et des fourneaux pour purifier le minerai par la fusion : projet d'une importance incalculable, à cause de la rareté toujours croissante du vifargent. Ce second envoi partit d'Angleterre en octobre 1816 , et arriva à Lima-le mois de février suivant. Le capitaine Trevithick montait le même vaisseau. A peine eut-il mis pied à terre qu'il fut snr-Ie-champ présenté au vice-roi, qui le reçut fort gracieusement, et son arrivée fut annoncée officiellement dans la gazette de Lima. Le même journal publiait en même temps les détails relatifs à la mise en activité d'une seconde machine , que l'on disait

(i) M. Willson Bttlly de Chacewater, en Cornoaadlle , ëtaiï l'un des trois habitants de ce comte qoi avaient acoom-* pagné M. UviUé; les deux autres étaient 1 homat Tréyer<^ then> de Crowar^ et Henri YiyiaDy de Cambome,

agi supérieure à la première en force et. en béante ^ et à l'extraction de quelques échantillons de minerai d'une richesse extrême , tirés des mines rendues à l'exploitation, grâce à l'emploi de ces appareils. Il annonçait également l'arrivée des autres machines; « mais, ajoutait-il, ce qui est d'une, importance bien plus grande encore , c'est l'arrivée de don Bîcardo Trevîthick , professeur distingué de mécanique et de minéralogie , invéhtenr et constructeur des machines qui font l'objet de la dernière patente , et qui a dirigé en Angleterre l'exécution de celle actuellement en activité à Pasco. Ce professeur, avec l'assistance des ouviers qui l'accompagnent, peut construire autant d'appareib que les besoins du Pérou en exigeront, sans qu'on soit dans la nécessité de tirer d'Europe des objets si massifs. Uhonorable caractère de don Ricardo , et son désir ardent de contribuer à la prospérité du Pérou , loi donnent clés titres au plus haut degré à l'estime publique. Nous osons espérer que son arrivée dans ce royaume formera une époque de sa prospérité , en lui procurant la jouissance des richesses intérieures dont il resterait privé sans une telle assistance , ou si le gouvernement britannique n'avait pas permis l'exportation de ces objets : fayear qui avait été jugée jusqu'à présent impossible à obtenir, par tous ceux qui savent combien cette nation est jalo\ise de la supériorité de ses inventions dajas

les arts et dans toutes les branches de Tindas-^ trie. » i

Telle était l'importance qu'on attachait à ce que don Ricardo Trevithick eût la surintendance personnelle des travaux , qi^e le vice-roi ordonna à l'intendant général des mines de l'escorter avec une garde d'honneur jusqu'^au district des mines , où son arrivée occasiona les plus grandes réjouissances^ et plusieurs des prinéipaux personnages du pays n^hésitèreut pas à faire un voyagé de plu->> sieurs jours au-delà *des montagnes pour venir le féliciter à Lima. M. Uvillé avait écrit à ses asisociés « que te Ciel venait de lui envoyer M. Trevithick pour la prospérité des mines , et que l'intendant général, avait proposé de lui élever une statue en argent massif».

Pour terminer le récit de ces InciSénts romanesques , on ne doit pas oublier que don Ricardo est main*tenant surintendant de la monnaie royale du Pérou j et l'espérance que l'on a du succès de ses opérations, est si grande , qu'il a reçu des ordres pour faire établir un balancier six fois plus fort. Les derniers détails que l'on a reçus sur son compte , d'après M. Boase , nous représentent don Ricardo comme jouissant d'une considération toujours croissante , et ayant devant lui la flatteuse perspective d'une grande fortune. Outre sesémoluments comme patenté et comme ingénieur , il a un cin* qaième des bénéfices dans la compagnie de Lima-^,

hommes qui ont fait de grandes découvertes de voir le^ calomnies de quelques uns de ses contemporains confondnesi et leurs voix envieuses étouffées au milieu dé ce concert d'hommages rendus par ses concitoycins à se& vertus et à son génie. Il vécut assez pour être témoin (le l'introduction de ses ijiven* tions dans toutes les manufactures y et de Texteusion prodigieuse que le commerce anglais avait acquise par suite des perfectionnements qu'il avait apportés dans la mécanique. U vieillît entouré de

lèle. Comme on hiî demandait si son invention était la suited'un enchaînement de réflexions ou de calculs antérieurs, il répondit négativement, et ajouta, avec une admirable candeur, a qu'il avait été surpris lui-même de la perfection de ce son jeu. et qu'en le regardant marcher pour la première « fois, il ayait éprouvé k même genre de plaisir que si elle (K avait été la création d'un autre. i> En effet^ il avait fhar bitude de considérer ses inventions, qui avaient porté' son nom dans tous, les coin« du globe, comme des idées sf simples et si naturelles, qu'elles auraient pu se présentera t»ut autre qu'à lui, et disait qu'il avait été plus heureux que les autres en cela seul qu'il avak été le premier à les soumettre au tribunal de l'expérience. S'il n'attachait pas beaucoujpi d'importance au mérite de ses inventions, en revanche elles lui coûtaient peu d'effort. Nous n'avons maintenant aucun moyen de nous assurer s'il avait jamais acquis en mécanique une grande dextérité manuelle ; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n^essaya jamais d'aider à la confection de ses modèles, ni de mettre aucun de ses plans à exécution postérieurement à son arriYée en Angleterre, quellca

sa famille ef de ses amis » qni le chérissaient autanf qall le méritait par sa bonté et la vivacité de ses affections; et ce vénérable vieillard termina sa Ion-, gue carrière, qu'il n'avait illustrée que par des services rendus à Phutnanité, le 25 août 1819. Sa mort fut plutôt le résultat d'une défaillance de là nature que la suite d'une maladie quelconque.

Son nom n'a* pas besoin de nos éloges : car celui* qui le portait a vécu assez pour le voir couronner d'honneurs que l'envie ne cherchait plus à lui disputer. Plusieurs générations s'écouleix)nt proba* blement avant que sa réputation ait cessé de s'ac-^

qu'aient pu être ses occupations à une ëjpoque antérieure;. H employait la plus grande partie de son temps à dessiner, ou à écrire des lettres, mais fort peu à surveiller les travaux^ qui s'exécutaient sous ses ordres.. Cela vient probablement de ce qu'il avait la conscience que ses idées et ses inventions, n'étaient jamais aussi parfaites que lorsque son esprit était laissé entièrement à lui-méine , quoique, -d'un autre côté, it en résultât pour lui ce désavantage, que l'exébution de ses plkns demandait beaucoup plus de temps qu'il n^n aurait falla d'ailleurs. La maison, où il résidait ,. près de Birmingham) était à deux milles de Soho, où se trouvaient tousles ateliers; Il était rare qu'il visitât ces derniers plus d'une fois par semaine pour voir ce qui se passait, et il n'y restait gaère plus d'une demi-heure. Qaanfr à M; Bolten, il ne prib jamaift^ucune part à la fabrication de» maçbiaeS'depuis 1786.*; son temps se trouvait entièrement employé à del arrangements pour obtenir la confiance et l'approbation du public,^ et à chercber les moyens de propager rusag.e de la machi»- (^ Mémoires:, de Pbijrfyir: )

croître. Nous avons signalé M. Walt comme Tauteor des plas grands perfectionneàients faits à la machine à vapeur ; mais t dans le fait, en récapitulant tout ce qu'il y a d'admirable dans sa structure, et comment il a généralisé son utilité, il devrait bien plutôt en être considéré comme l'inventeur. Ce fut grâce à ses conceptions que le jeu de ces appareils fut réglé de manière à les rendre capables de s'appliquer aux manufactures qui demandent l'emploi du mouvement le plus uniforme et où se fabriquent les objets les, plus délicats , tandis que leur force s'accrut au point de faire mouvoir les masses les plus pesantes. C'est grâce à son admirable esprit d'invention que cette machine devint aussi étonnante sous le rapport de la précision , de la facilité de ses mouvements, de sa puissance, que de la facilité avec laquelle on l'adapte à tout. La trompe d'un éléphant, qui peut ramasser une épingle ou briser un chêne , n'est rien en comparaison de cette machine^ Elle peut graver un cachet, et réduire en morceaux des masses du métal le plus iSûr , comme si c'était du verre ; elle peut servir à tirer à la filière un (il métallique aussi fin que celui d'un ver à soie , et enlever dans les airs un vaisseau de guerre comme un jouet d'enfant. Elle peut broder la mousseline , forger des ancres , découper l'acier en ruban, et pousser des vaisseaux lourdement chargés, malgré les vents et les flots.

Il serait difficile de calculer la valeur des béné-

^99^ fices qae ces inventions ont f)irocorës à l'Angleterre. Il n'y a point de branche d'industrie qai ne léor ait été redevable; et dans la plus importante de toutesi Vexploiiation des mines , elles ont non seulement permis d'effectœjf ce qui eût été imprati*cable sans elles , mais encore multiplié an centuple les produits. C'est notre machine à vapeur perfectionnée qui a livré les dernières batailles en Europe, qui a soutenu la grandeur politique de notre pays dans la lutte terrible dont il vient de sortir. C'est sa puissante influence qui nous met aujourd'hui en état de payer notre dette , et de soutenir la lutte pénible où nous sommes encore engagés contre l'industrie et les capitaux des autres nations. Mais ce serait envisager son importance sous un point de vue bien étroit que de la borner aux avantages que nous venons d'énumérer. Par elle s'est accrue indéfiniment la masse des commodités et jouissances humaines ; elle a rendu accessibles à toutes les fortunes , dans le monde entier, les produits jusque alors réservés à l'opulence, et a créé partout des éléments de prospérité ; en un mot, elle a armé la faible main de l'homme d'un pouvoir auquel on ne peut assigner de limites, complété l'empire de l'esprit sur la matière, et préparé une base solide à tous les prodiges futurs de la puissance mécanique, qui doivent seconder et récompenser les travaux des générations à venir. Et c'est à un seul homme que l'on doit la presque

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totaRtede ces avantages. Certes, jamais homme avant lai n'avait fait à la société an don si prë^ cieax : le bienfait est non sealement nniversel , mais les effets sont sans bornes ; et les ftibaleax inventears de la charrae et àks métiers à tisser, qui ont été déifiés dans des siècles d'ignorance'^par Fa reconnaissance de leors contemporains abnsés , ont fait à l'hamanité- an présent bien moins ntilèque finventear de la machine àvapear actueHé.

Telle sera la gloire de Watt dans les générations Ritares;etce que noas avons dit de lai comme hom«mede génie suffira sans donte poar ses descendants et ses compatriotes ; mais quant à ceux à qui il appartenait de plos près , qui ont vécu dans son intimité et joui de sa conversation , ce n'est point sons ce rapport qu'th se rappelleront le plus fréquemment son souvenir , qu'ils pleureront le pfus amèrement sa perte , ou même qu'ils htt accorderont le plos haut degré d'admiration^

Aucun homme n'/mt jamais l'iesprîtplas sociabfe, de^ manières pins modestes et plus engageantes , plus d'indulgence et d'affection pour tous ceux qui l'approchaient. Sa conversation , quoique nourrie de faits et substantielle , était pleine de charme çt d*agréments 5 il y régnait une sorte de gravité paisible , assaisonnée d'Un mélange de gaîté qui donnait un relief infini aux discussions profondes et lumineuses qui en formaient le fond et le caractère-principal. Sa voixé^ait forte et sonore , quoi*^

Soi

qu'if parlât ordinairement 4'on ton bas et qnerquc peu monotone , qai cadrait admirablement avec la justesse et la brièveté de. ses observations , et faisait mieux valoir les anecdotes plaisantes dont H entremêlait sa conversation, et qu'il racontait avec le méroe scrtçux apparent , à peine dëjnenti par le léger sourire qui effleurait ses lèvres. H avait naturellement l'aversion la plus prononcée contre toute espèce d'ostentation, de forfanterie et de prétention , et il ne manquait jamais de décontenancer les charlatans dé cette espèce par la mâle simpli* cité et l'honorable assurance de son langage et de ses gestes. Non seulement il avait une disposition générale à la bonté ol: à la bienveillance , mais it était généreux et porté à sympathiser avec les sentiments de ceux qui rentouraient; »1 accordait l'assistance la plus libérale et toutes sortes d'encouragements aux jeunes gens qtti annonçaient le germe de quelque talent , et qui avaient recours à sa protection ou à ses conseils. Sa santé^ qui avait été chancelante dans ses premières années, sembla s^affèrmir à mesure <]u'il avançait en âge j- et il conserva jusqu'au dernier moment de son existence non seulement Fexercice libre et plem des facultés extraordinaire» que la nature lui avait accordées , mais toute la vivacité d^esprit et la gaîté sociale ^ui avaient signalé ses plus beaux jours*

Il arriva paisiblement au terme de son heureuse et utile carrière. Il avait éprouvé, durant l'été ^

.une indisposition légère , qui ne prit an caractère sérieux que qoelqaes semaines avant sa mort. Il ne lai resta dès lors aoean donte sur Tévénement qui s'approchait ; et, avec sa tranquillité et sa bienveillance ordinaires, il semblait n'avoir d'autre soin que de faire sentir au^^ amis qui l'entouraient les nombreux motifs de consolation qu'ils pouvaient puiser dans les circonstances qui accompagnaient sa fîn. Il exprimait sa sincère gratitude envers la Providence pour la longueur des jours qu'elle^ lui avait accordés et son exemption de la plupart des infirmités de l'âge , comme aussi pour le calme et la sérénité qui avaient embelli le soir de sa vie , après avoir terminé les travaux hon(»*ables du jour. C'est ainsi que, plein d'années et d'houneur , avec tout le calme et la tranquillité possible, il exhala son âme sans douleur , sans effort , et passa du sein de sa famille dans celui de la divinité.

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