‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 16 sur 24 · MACHINES A ROTATION · texte numérisé non relu

MACHINES A ROTATION

La f oue de sir William Congrève est semblable à celle dont nous avons parlé comme inventée par M. Watt. On peut donner une idée de son appareil en disant qu'il ressemble à «ne roue à eau en mouvement. La vapeur affluant dans ks cavités de la partie la plus basse de sa circonférence les élève à la surface en vertu de sa supériorité de tension , et produit un mouvement continu autour d'un axe.

Quoi qu'il en soit , aucune description de ce projet n'a été publiée.

La machine rotative de M. Job Rider, pour laquelle il obtint une patente en 1820, opère par l'élasticité de la vapeur agissant contre un vide , sur une série de soupapes placées sur un axe qui communique le mouvement de rotationxle la même manière que dans les appareils de Gook et de Cartwigthj mais les soupapes de M. Rider, qui sont chez tous les autres la partie faible, sont construites d'une manière fort ingénieuse, et l'appareil peut être considéré^comme plus avantageux pour la pratique qu'aucun de ceux que nous avons décrits , qui se trouvent construits sur le même principe. En Irlande , M. Rider a établi plusieurs machines de dimensions considérables, et en a conduit les opérations pendant un espace de temps assez long pour le mettre en état de parler avec certitude de leurs effets. Attendu qu'on pourrait considérer comme un surcroit inutile de frais et d'étendue pour cet ouvrage la figure et la description d'un appareil qui se trouve représenté dans le livre intitulé le Magasin du mécanicien ( i ), qui est entre les mains de tout le monde , hous renvoyons au premier volume de cet ouvrage périodique, plein d'in-» térêt, pour de plus amples détails, et l'examen

(i) Francis Geoffroy, csq., c. 2.

5o4 d*ané pTandie oii rinvention de M. Rider se tronve gnvée.

Dans le système de M. Moore, le mouvement de rotation est produit par la révolution d'une roue garnie, sur sa circonférence , d'aubes ou vannes qui jouent sur charnières. Cette roue a des saillies ménagées au-dedans de sa circonférence et destinées à recevoir les soupapes à des instants prévus. La roue tourne dans un cylindre immobile fermé her-métiquemeat à ses âen% extrémités , qui sont traversées, par Pase die la roue ou tambour. U ne doit exister aucune communication de l'espace entre le ta<mbonr6tla cage avec l'extérieur. La vapeur amenée par des tpyaux presse sur l'tine dies faces dès soupapes , dont le côté opposé est en communication avec le condenseur , et détermine leur mouvement, et par suite celui de la roue. Cette machine ne diffière que par le jeu des soupapes de celles qoenotts avons déjà données. *

L'idée de M. Moore est assez ingénieuse , et sf l'on pouvait imaginer un moyen pouf faire tourner le tambour intérieur sans la déperdition d'une force auss» considérable que celle qui est employée avec la disposiMon actuelle calculée pour fermer toute issue à la vapeur , cet appareil paraîtrait susceptible de beaucoup àt précision dans son [en ) mais jusqu'ici on n'a pu éviter , pour atteindre le but que l'on se proposait , celai d'une fermeture exacte ^ de faire frotter contre la cage fixe une soc-^

face aussi dé^veloppëe qae celle des bords da cylîn* dre toarnant.

Le moyen le plos simple et le plos praticable pour là production d'an mouvement de rotation par le poids d'ane colonne de fluide agissant sur la circonférence d'une roue est celui qui a été proposé par M. Thomas Mastermau, en 1820 (i^ Pour le principe et la combinaison , il est semblable à celui de M. unions f mais pour tout ce qaî est de la simplicité de la construction , la disposition conrenable des parties , et Fénergie de l'action , il est certain que ce dernier appareil est celui qui parait incomparablement le plus propre à être Cjployé utilement.

Les figures XLI A, B, sont des sections verticales de cette métne roue à vapeur. a,b,c, d,e, f, sont des contre-poids attachés à des leviers de peu de longueur, qui ouvrent les soupapes , pendant la révolution delà roue. «S ^ est un cylindre dans lequel tourne la roue^ il est construit de manière à ne point laisser échapper la vapeur, et partagé ea six compartiments au plus par les soupapes attachées aux leviers. Chacune de ces chambres^ une communication avec une suite de conduits qui vien^ lient aboutir à l'axe de la roue , et qui sont prati*

(^) Réjpertoire des arts, vol. 4o, pag. 194. Second lirce. (a] Description de la machine à va^^ur rotatitte de Içk fcUente de Masierman, Londres, 1823*

3o6 qads dans fies rayons g, k, i,k,l, m. Ces rayons creax toornent avec la roae le long d'ane plaqae oa surface immobile représentée fig.' XLI A, qui a elle-même trois ouvertures, dont la première /? con* duit au condenseur ; la seconde n, à la chaudière , ^a troisième z, an réservoir à eau. x est Taxe sur lequel la roue tourne, et qui communique le mouvement au reste de la madiine.' Les soupapes a, b, c, etc. , tournent sur des axes qui se prolongent à travers la paroi latérale de la roue, sans laisser d'issue à la vapeur , et sont attachées aax poids dont nous avons déjà parlé*

La suite mobile des canaux aboutissant à Paxe sont mis en mouvement de manière à ce que chacune soit opposée à son tour à l'une des trois ouvertures de la plaque fixe j chaque rayon , et par suite chaque chambre, dans la circonférence de la roue , communique à son tour avec le condenseur, la colonne d'eau et Ja chaudière. Dans la position de la roue représentée par les figures XLI A, B, l'ouverture mobile du bras ou rayon h est opposée à l'ouverture;?^ qui conduit au condenseur; le rayon l communique alors, par l'ouverture z, avec la colonne d'eau dont on permet l'introduction jusqu'à ce que l'anneau SS' soit à moitié rempli. La vapeur de la chaudière n'ayant rien qui l'empêche d'affluer enp, elle remplira la partie de la circonférence entre a et & / sa force de tension empêchera l'eau de s'élever du côté où elle est

3o7 elle-même introduite, et fermera la soupape a; mais avec an degré de plos , elle aura une tendance à forcer l'eau tle monter de l'autre côte , par les soupapes qui s'ouvrent dans cette direction seulement. Le tuyau h communiquant avec le condenseur, la colonne d'eau sur la circonférence de la isoue se trouvera délivrée de la pression de l'atmosphère, et s'élèvera à une hauteur correspondante au degré de vide du condenseur. L'excès de poids produit par l'afïlnence de l'eau en S' déterminera un mouvement de rotation. La soupape a arrivera au point yi Le tuyau j se trouvera vis-£|-vis l'ouverture p; la vapeur s'écoulera dans le condenseur ; l'eau refoulée par la vapeur qui pénètre par le tuyau k arrivé en i remontera en S' comme précé*demment. Ce mouvement se continuera autour de l'axe x* A mesure que chaque soupape fermée arrive en f, l'action du contre«poids n'étant plus contrebalancée par la tension de la vapeur, la soupape s'ouvrira.

Dans cette machine , la force motrice dérive de la gravité de l'eau ; mais quoique la colonne de fluide , quand on fait usage da condenseur , ne paisse excéder le poids d'une colonne égale à la pression atmosphérique , la section horizontale peut être faite d'une dimension qnelconqne. Dans la. pratique, quoi qu'il en soit, l'inventeur re« commande de ne pas faire manœuvrer la roue par une pression moindre que celle d'environ vingt*

huit pieds. Il est évident que cette roue peut être mise en mouvement par nne vapear à haute pression : il suffit pour cela de faire en sorte que le ^ tuyaa^qui part de l'ouverture fixe communique avec Fatmosphère, au lieu d'aboutir au condenseur; et alors on peut donner à la roue un disînètre quelconque , et l'on a calculé qu'elle pourrait êtremise en jeu de cette manière avec environ la moitié de la pression donnée à la vapeur dans la inacbine à mouvement .intermittent.

M« Masterman assure, d'^après l'expérience^ que sa roue revient à un prix bea^icoup moins élevé qu\ine machine à condensation ordinaire , qu*elle coûte moins ik mettre en œuvre et à réparer , qu'elle oc-, cupe moins de place , que son jeu est plus facile et plus sûr, et qu'en outre elle emploie utilement une grande partie de la force perdue dans les autres machines , où le frottement a lieu sur des surfaces beaucoup plus considérables. Sur ce dernier ppint i\ cite une expérience dans laquelle le *frottement d'une roue de quinze pieds de diamètre, et du poids d'environ trois tonneaux , n'absorbait qu'une force équivalente à lapression de trois huitièmes de livre par pouce carré d'une section horizontale de l'eaa contenue dans l'anneau, résultat dont on s'assurait au moyen d'un thermomètre attaché au tuyau d'admission ; et comme les soupapes avaient environ ^8,6 ponces carré&, cela ne faisait pas plus de Se

5o9 livres sar la soqpape fermée (i). Cette roue tonr* nait avec une vitesse de 688 pieds par minute , avec une pression d'environ trois livres et demie par ponce ; mais une partie considérable de cette près* sion doit avoir été produite par la diffusion de la vapeur en passante travers les rayons. Quoi qu'ii^en soit , la vitesse la plus économique est d'environ 400 pieds par minute.

En supposant le diamètre de la roue' d'environ vingt*huit pieds , son épaisseur de douze pouces, avec des tuyaux rayonnants ou bras de trois pouces et an huitième • le tout tournant sur un axe de six pouces de diamètre , avec une colonne d'eau égale à. dix livres par pouce et munie d'un condenseur , qn aura une machine de la force de douze chevaAx ; et avec une colonne d'eau égale à dix livres agissant contre l'atmosphère , elle équivaudra à une force de seize chevaux* Mais la dépense du combustible sera plus grande , proportionnellement à l'effet, dans le rapport d'environ cent cincjuante à <{uatre- vingt-quatorze. En comparant l'effet d'une machine à mouvement alternatif , travaillant avec une pressioit de dix-sept livres par pouce carré , et ne laissant d'effectif qu'une force de sept livres , M,. AJastern^an obtient une forcie effective de huit

(i) DescrîpticKn, pag. 9^.

Sio

livres poids et an sixième par la pression de trei2e livres et demie , de sorte que Teffet pour la même quantité de charbon sera d'environ cent cinquante pour la machine rotative , et d'environ quatrevingt-quinze pour la machine à condensation ordinaire. Nous sommes entrés dans des détails minutieux sur cet appareil , dans le but d'appeler l'attention des mécaniciens sur les machines rotatives. Si ces dernières pouvaient jamais soutenir avec sac* ces la concurrence avec les machines à mouvement alternatif ^ il est probable qu'elles devraient ce perfectionnement à une construction basée sur le principe adopté par MM. Onions et Masterman. Ce dernier , quoiqu'il en soit, en ne considérant en lui que l'individu, et mettant de côté le mérite de sa machine à vapeur, a droit à tonte l'approbation due à des sentiments élevés et à une conduite libérale. L'ample description de sa ma* chine, accompagnée d'une planche explicative, l'ap* pel noble et loyal qu'il a fait à l'expérience, dans le traité qu'il publia en 1822 , sont dignes des plus grands éloges. Si cet usage était plus fréquent parmi les mécaniciens , surtout les inventeurs et les patentés , il en résulterait des avantages in* calculables d'abord pour eux-mêmes , et en défini* tive pour le public. Eu toute chose le mystère ne vaut rien, et l'invention qui n'est pas placée, dans tout ses détails, sous les yeux du public, n'est le plus souvent soustraite à l'examen que

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parce qoe Taateur patenté a le sentimait secret de . son manque d'originalité oa de mérite.

Dans la création première de la machine à va* penr, et dans tonte les combinaisons et formes de la chaadière adoptées par la suite, la vapeor , quelle que fut sa tension , avait toujours été produite en contact avec l'eau. Cette méthode exigeait l'emploi de vaisseaux d'une dimension considérable , attendu qu'il feUait proportionner la capacité des chaudières de manière à ce qu'elles pussent servir en même temps comme réservoirs de la vapeur.

Gela forçait nécessairement les ingénieurs à n'élever la vapeur qu'ils employaient qu'à une température assez basse comparativement à celle qu'elle peut acquérir i car il était presque impossible^de construire un grand vaisseau d'une force spffi-* fiante pour ne pas feire courir le» chances d'une explosion I lorsqu'il contiendrait dé la vapeur à une tension considérable. On sait aussi depuis long-temps que l'eau peut être élevée à un très haut degré de température, et portée même à la chaleur rouge ^ lorsqu'on empêche la formation de la vapeur par une pression suffisante : c'est dans les moyens d'arrivé à ce résultat que consiste la difficulté.

Comme il est reconnu que la compression dont l'ean devient susceptible au moyen d'une pompe foulante est à peu près inappréciable, M. Jacob Perkids conçut Pidéequ'on pourrait la chauffer aussi

£Brcilement»qaeHeqae fût la pressîiMi exercée sor elle par ce moyen. Il pensa qu'après Tavoir portée au degré de chaleur convenable dans an vaisseaay on poorrait la faire passer de celai-ci dans an autre où eHe aarait la faculté de se dilater en vapeur, et serait alors propre à tous les usages auxquels la vapeur s'applique aujourd'hui. La manière dont il exécuta son projet est fort ingénieuse; et en 1825, après avoir obtenu une patente, il exposa un modèle de son invention , construit sur une assez grande échelle, et qu'il fit jouer sons les yeux du ' public

Cet appareil expérimental se composait d'un tube bouilleur de cuivrée., dont les parois avaient environ trois pouces d'épaisseur, et d'une capacité suffisante pour contenir huit galons d'eau. Il ëtait fermé à l'extrémité inférieure , et à la partie supé^ rieuse il avait cinq petites ouvertures où entraient autant de petits tuyaux. Ce cylindre était placé verticalement dans un fourneau dont le foyer était entretenu dans un état de combustion vive par un courant d'air qu'on y faisait passer à l'aide de sQufflets. Deux des petits tuyaux portaient des soopapes , l'une chargée d'un poids égal à trente- cinq' fois celai de l'atmosphère , et l'autre de deax atmosphères de plus j la chaudière était entièrement remplie d'eau et chauffée entre 55p et 45o degrés de Fahr. ( environ 220 à 3oo therm.. cent. )• Quand elle avait acquis cette température, ce dont on s'a^su-

rait, comble à l'ordinaire, ad moyen d'an thermomè" treplàcëdans la chaudière, une petite quantité d'eau' était introduite , au moyen de la pompe foulante , par le tuyau où se trouvait la soupape chargée du poids de trente -sept atmosphères; et comme l'eau est incompressible, une égale quantité de liquide était contrainte , par la dififérenoe des pressions , à monter dans le petit tuyau où se trouvait la soupape chargée du poids de trente-dinq atmosphères. Cette soupape étant levée, l'eau, échauffée de 45o à 5oo degrés , était introduite dans une chambre horizontale, et formait, eu se dilatant, une vapeur d'nne élasticité confjdérable. Dans cette chambre horizontale, ou cylindre, M. Perkins plaçait un piston, et ouvrait, par le moyen ordinaire, la communication entre les deux côtés du piston et la diaudière ou le condenseur. L'eau , chauffée au rouge , arrivant à l'une des extrémités du cylindre et agissant à* l'état de vapeur sur l'un des' côtés di piston, tandis qu'il y avait un vide formé de l'autre coté, il en résultait un mouvement alternatif de va. et vient. La vapeur était condensée sous une pression de cinq atmosphères , et M. Perkins estimait que la force de son appareil était équivalente à la différence entre cinq et trente -cinq atmosphères , ou à 4^0 livres sur chaque pouce carré du piston.

Une partie de l'eau qui avait été condensée à une température de 3So dégrés -était ramenée dans

5i4 la chaudière au mojjsa d*ane pompe foolantef comme dans les machines ordinaires , ce qai économisait par là one certaine qaftntité de chaleur.

La sûreté de cet appareil était garantie par les moyens ordinaires d*nne soupape de sûreté sem-» blable à celle que qous avons décrite , et c)iargée du poids que l'expérience indiquait pouvoir être supporté par la chaudière sans qu'elle fût exposée à crever. La chaudière employée par M. Perkins , dans son essai , ainsi que le tuyau par lequel la vapeur se forme au sortir du générateur ^ pouvait résister à une pression intérieure de quatre mille livres par pouce carré , effort huit foi^ plus grand que celui contre lequel les soupapes permettaient d^a voir à résister^ Par surcroit de précaution, il renouvela l'usage d'une seconde soupape de sûreté en faisant aboutir a la chaudière un tube de métal assez fort pour résister à un certain degré de pression y mais qui crèverait lorsqu'elle dépasserait cer« taines limites. {1 essaya l'efficacité de ce procédé, en augmentant successivement la pression de l'eau jusqu'à ce que le tube crevât. Cet appareil est représenté fig. 7(^LIII, pi. 6. A A est le vaisseau que M* Perkins appelle le générateur. Ce vase , qui est placé au milieu d'un fourneau, peut être adapté à la chaudière ordinaire d'une machine à. vapeur. Au haut du générateur est une soupape à vapeur y, maintenue par le levier L et le9 poids PF» Cette soupape, lorsqu'elle est soulevée, permet A Fean

3i5 de passer dans le coudait S> B est un ttiyaa de sûreté à rextrëmltë duquel est un indicateur ; ce tuyau est toujours en communication avec le générateur. G est un tuyau partant de la pompe fovL*lante P, et destiné à alimenter d'eau le générateur. Lorsque l'on veut produire de la vapeur, le générateur plein d'eau est chauffé jasqu'à ce que le liquide ait acquis , comme nous favotis dit , nue température de 4 à 5oo deg. Fahr. ; alors l'introdiMStion d'une nouvelle quantité d'eau force celle qui est échauffée à soulever la soupape y, et l*eau s'échappe dans le tuyau «S> où elle passe à l'état de vapeur. Pour qne cette opération s'exécute d'une manière régufièriiî etcontimie, M. Perkins se sert d'on poids attaché à la brimbale de la pompe jP^ qui est une pompe foulante à un seul coup, garnie d'nn poids R faisant l'office d'un vaisseau à ait*. A r«xtrémité.de la brimbale est une chaîne attachée à une manivelle, et par un mécanisme in* termédiaire entre la soupape f^, celle de la pompe foulante et le poids de la brimbale, à chaque coup de la pompe, une certaine quantité d'eau est întraduitedans le générateur et une égale quantité sort de la soupape f^.

lie tdiedeinireté est en communication avec un i Adicateur . F, composé d'un cadran et d'une ai-^ ^ruille, montés sur un piston pressé par la vapeur du tnyvMi B. L'aiguille ,,par son mouvement, fiiit cdn* oestre la force de la vapeur.

Ce tabe , lorsqu'il e$t soumis à mie trop forte pression, se déchire comme nne feuille de papier sans faire courir aucun danger aux personnes présentes.

Nous avons dit que la chaudière de M. Perkius contenait huit gallons, et que les parois avaient trois pouces d'épaisseur ; sou cylindre avait deux pouces de dji^mètre sur dix-huit de lor>g , el le piston effectuait ^a course dans un espace de douze ^pouces; il estii)[iaLt cet appareil jcomme équivalent à une machine de W^tt de la force de dix chevaux , avec une dépense seulement de deux boisseaux de charbon par jour. La piac^ine et ses accessoires occupaient un espace de quarante-hnit pieds , et à l'exception du cylindre et de son piston , l'appareil était considéré pour ses dimensions et sa solidité c^mme suffissint pour une machine d'une force triple.

M. Perkius avait proposé d'appliquer son invention aux chaudières des machines d'une constractiou quelconque , en élargissant ou en reconstrnis^nt leurs fourneaux. Il attache ses tubes bouilleurs patentés au-dessous d'une chaudière ordinaire quel* conque; l'eau qui est échauffée sous une graade pressipUj au lieu d'être envoyée immédiatement dans le cylindre à piston , est refoulée dans l'eau n^ême que contient la chaudière. ordinaire , et i'échauffe au degré requis par la nature ou la disposition de la machine. Il calculait qu^ de dette ma-

S.7 ùière na seal boisseau de charbon produisait autant de vapeur avec une pression de quatre livres par pouce que neuf boisseaux par la méthode ordinaire.

D'après ce que nous venons de dire , on voit qvHk proprement parler, M. Perkins n'a fait aucune amélioration à la machine à vapeur : car le modèle qui a servi à ses expériences était le même dans tous ses détails que l'appareil de Watt ; d'un autre côté , l'emploi de la vapeur à une température élevée n'est point un fait nouveau dans l'histoire de la machine à vapeur. Il était également connu , depuis long-temps , que la pression à laquelle l'eau est soumise lui permet d'atteindre une haute température sans se vaporiser; mais la manière d'échauffer l'eau soumtise à cette pression , et la méthode simple et efficace de là produire et de la continuer ) peuvent peut-être prendre place parmi les inventions les plus importçintes du temps.

Quant aux avantages que peut avoif pour l'économie du combustible l'adoption de la chaudière de M. Perkins , c'est un point qui reste encore à constater par des expériences en grand. Une économie de moitié, telle qu'il l'annonce, serait un avantage immense si elle se réalisait; et ne fûtelle même que du quart , nous .aurion^M.out lieu de croire que cet homme ingénieux n'eût pas travaillé en vain pour ses intérêts et pour sa réputation.

Il est aisé de se faire une idée du nombre des

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applications qoe Ton pourrait faire de la vapeur à une températare si élevée , qui permettrait de coustraire des appareib plqs portatifs. Lear petite dimension faciliterait l'extension de son emploi à des usages pour lesquels sa puissance a été regardée jusqu'à présent comme nulle ou douteuse. Si l'on se rappelle combien , pendant les quarante dernières années , la machine à vapeur a reçu d'applications nouvelles, si I'oq examipe la tendance générale que l'on a à en faire un premier moteur universel , et l'expérience que l'on a acquise de ses effets, l'on sera convaincu que toute invention qui diminuera son volume sans affaibKr sa force lai fera &ire un pas de plus vers le but qu'elle doit atteindre, celui de servir d'auxiliaire à la plus imp<»tante de toutes les professions, celle du paysan et du cultivateur, pour laquelle elle n'a été jusqu'à présent^ que d'un bien faible secours. On se sert aujourd'hui , quelquefois ^ de la machine à vapeur pour moudre le blé et hacher la paille. Quels honneurs ne sont pas réservés à Thomme qui saurait tirer parti de sa puissance pour diriger la charrue et la herse , pour semer et pour moissonner.

ÀPPENDIdË r)«

La machine de Woolfe a été importée eu France^ eu i8i5y par M. H. Edwards, qui a pris, à cet effet , un brevet de quinze ans. Nous ne décrirons pas cette machine , dont le principe et la manière d'opérer ont- été exposés plus haut. Les machines construites à Cbaillot par M. Edwards ne diffèrent d'ailleurs de celles de WiDolfe que dans des détails d'exécution , et il n'entrç pas dans notre plan d'examiner tour à tour, les perfectionnements qui

O M. Staart •'étant borné à décrire les machines construis tes en Angleterre, nous avons cru devoir compléter son histoire en parlant des principales machin^ importées ou perfectionnées en France , depuis i8i5. Nous n'entrerons pas dans l'examen de tout les perfectionnements de détails apportés par chaque constructeur : cette description nous entratuerait beaucoup trop loin , et hors de notre objet , qui etft d'exposer les difiPérents systèmes d'après lesquels •ont construites les machines employées en France. Ce chapitre sera terminé par quelques considérations générales •ur la conatruction et l'emploi de^ différentes parties de ces machines , et sur leur application.

ont été faits dans la constractîoa des régalatenrs soupapes de sûreté , et antres parties accessoires de cette machine.

Qnelques années après, denx antres constmcteurs anglais établis à Paris , MM. Aitkenet Steel, obtinrent un. brevet d'invention pour divers modifications apportées à !a machine de Woolfe. Ces modifications sont de deux espèces : Tune , qui a pour but d'économiser le combustible, est empruntéeà^iF'. Bninton. C'est un foyer fumivore, représenté ainsi que les tubes bouilleurs et la chaudière, fig. XLIV, pL &. sont deux tubes bouilleurs dans lesquels se forme la vapeur, qui passe ensuite par les conduits p p dans la chaudière M. Le foyer f^ est de forme circulaire, ainsi que la grille u, montée sur un axe vertical 3c, qui lui imprime un mouvement de rotation continu , mais lent , par le moyen de l'engrenage j-^ qui se rattachée l'axe du volaot^Zi, trémie dans laquelle est versé le menu charbon; à la partie inférieure de cette trémie se trouve un rouleau de métal denté z, tournant sur son axe au moyen de rouages ^ il brise le charbon et le distribue uniformément sur la grille tournante, sans qu'on ait besoin de s'en occuper autrement que pour entretenir du charbon dans la trémie. Ce fourneau est appelé fumivore parce que la grande quantité de fumée qui est d'abord produite se trouve brûlée pendant son trajet à travers toute la largeur du fourneau. Le feu est d'ailleurs toujours égal, et n'est

poiut exposé aux refroidissements subits produite par Fiotroduction de l'air qui se précipite à travers ia porte du foyer, que l'on ouvre pour jeter le charbon sur la grille , dans les autres constructions.

La seconde modification consiste dans l'addition tl'un troisième cylindre, qui , selon les inventeurs, procurerait une augmentation de force. Les fig. XLII B, A, représentent, la première, le plan àes trois cylindres et de leur enveloppe; la seconde, une coupe verticale de ces mêmes cylindres , les pistons «tant supposés au bas de leur course. Dans cette figure , les tiges des pistons sont unies à une traverse horizontale D qui monte et descend parallèlement à elle-même entre des guides qui embrassent les galets I, I, elle communique le mouvement au volant par le moyen des bielles appliquées aux points H. .

Dans cette figure , les soupapes enfilées a,b, c, d, distribuent, suivant leur position, la vapeur dans le bas ou dans le haut des cylindres A, B, C, ou lui font prendre le canal î, qui la conduit au condenseur; e, canal par lequel la vapeur est introduite dans la boîte; y*, canal qui met en communication le bas du cylindre A , soit avec la boîte à vapeur, soit avec le haut des cylindres A et B ; g, passage que suit la vapeur pour se rendre de là boîte dans le haut du cylindre A ^ et réciproquement de cette partie du cylindre dans le conduit i, qui mène au condenseur; h, conduit de commuai cation de la

boite à vapeur avec le hs^ut du cylindre ^, et réci* proquement da haut du cylindre B avec ie conduit if\, communication de la boîte à vapeur avec le haut du cylindre C ; /canal qui mel en commoni* cation la boîte à vapeur avec le bas des cylindres B et C. Si Fon suppose les pistons au bas des cylindres comme dans la fig.XLII, ^fla sonpape^est élevée , et la soupape c est abaissée. Ceile-'Ci empêche la vapeur d'arriver par le tuyau d'admission e y f autre ne permet pas à la vapeur de s'écouler dans le condeuseur par le conduit i. Le conduit i et le passage k étant ouverts, la vapeur qui se trouve en C au-dessus du pistoia se rend d'un coté dans le bas du même cylindre, et de l'autre audessous du grand piston en B. Les soupapes enfilées a, b, sont au même moment dans une position . inverse , c'est-à-dire que l'abaissement de la soupape a permet à la vapeur qui se trouve au-dessus des pistons en j^ et B de s'écouler par les passages ^ et h et par le tuyau £ dans le condenseur. Au contraire l'élévation de la soupape b permet à la vapeur qui arrive par e de se précipiter par le tuyau y* au-dessous du petit piston en ^. Le vide est donc formé au-dessus des pistons A et B , qui sont pressés en dessous par la vapeur. Quant au piston C, il est également pressé* des deux côtés et entraîné par le mouvement d'ascension des deux autres pistofts. Les trois pistons remantent à la fois. Dès qu'ils sont au haut de leur course, les

soupapes enfilées a, b, c, d, prenemt tme positro» inverse , la vapear répaudae dans le bas du cylin* dre A passe dans le bant de ce même cylindre, et du grand cylindre B par les conduitsy], ^> A^ que les soupapes laissent ouverts \ tandis que la vapeur qui remplissait le bas des cylindres B, C, s'écoule dans le condenseur par les conduits l et i, et que L'élévation de la soupape c permet à la vapeur qui arrive par e de passer par h dans le haut de C, ces pistons sont forcé» à redescendre.

Nous n'entrerons pas ici dans l'examen àt& calculs au moyen desquels les inventeurs de la <machine à trois cylindres prétendent établir que cette machine aurait une force supérieure de deux livres par pouce carré 5ur celle de Woolfe; nous ne chercherons pas davantage si cet excès de puissance n'est pas plus que compensé par la complication et le frottement qu'occasione l'emploi du troisième cylindre : nous nous contenterons d'avoir expliqué le mécanisme de cet appareil , et nous continuerons à exposer les perfectionnements apportés en France depuis quelques années à la machine à vapeur.

A l'époque où MM. Aitkeu et Steel obtinrent leur brevet, MM. Gordier et Casalis, anciens élèves de l'École des arts et métiers de Ghâlons , construisaient déjà des machines où la vapeur était employée à une haute température , mais avec des modifications que nous signalerons ici. Leur système , qui peut être considéré comme un perfectionnement

de celai de Trevithtck, consiste à utiliser la dëtente de la vapeur et à ne l'employer qae snr noe des faces du piston. Ces machines à simple effet et hante pression peuvent être d'une grande ntilitë en raison du bas prix auquel on les établit , et du parti avantageux que Ton peut tirer de la vapeur qui s'échappe du cylindre lors de la descente du piston.

Cet appareil, d'ailleurs, n'offre rien de bien remarquable dans ses détails , si ce n'est que la tige du piston était articulée dans celui-ci de manière à pouvoir prendre une direction oblique. Cette disposition était plutôt un inconvénient qu'an perfectionnement , et a été changée depuis. ^

Nous ferons observer que, dans toutes les machines que nous avons décrites en derniet* lieu , le régulateur ou les robinets distributeurs reçoivent les mouvements convenables par l'intermédiaire d'an excentrique qui a été substitué dans toutes les machines modernes aux roues d'engrenage ou d'angles, qui remplissaient le même office.

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