‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 18 sur 24 · MACHINE PE M. BRUNEL · texte numérisé non relu

MACHINE PE M. BRUNEL

M. Brunel , ingéoieur français établi en Angleterre, a eu récemment l'idée d'employer l'acide car^ bonique, à la place de la vapeur d'eau, pour faire mouvoir des machines* Voici en quoi consiste son appareil.

l( est form^ de cinq cyiiudres placés verticalement et commQoiqaant entre eux par des tabès. Le cy^lindre central , hermétiquement fermé par se$ deux extrémités , renferme un pistou dont la tige €st destinée à communiquer le mouvement à Tappareil que la machine doit faire mouvoir; ïts deux cylindres qui sont placés de chaque côté communiquent, l'un avec la partie supérieure du premier, Taulre avec sa partie inférieure. Ces deux cylindres renferment aussi chacun un piston , mais il est sans tige : c'est sur ces pistons que s'exerce immédiatement la pression de la vapeur d'acide carbonique , et elle se transmet au piston du cylindre central au moyen d'une masse d'huile. Enfiu les deux cylindres extrêmes , qui sont aussi exactement fermés par les deux extrémités , contiennent Tacide carbonique que l'on y a accumulé à l'aide d'iune pompe foulante, et qui h la température de douze degrés y est liquide , mais environhé de vapeurs qui exercent une pression de cent cinquante atmosphères. Ces cylindres extrêmes sont destinés à condenser et à vaporiser l'acide carbonique : par conséquent ils jouent, à la fois , le rôle de la chaudière et du coi\denseur dans les machines ordinaires. Pour que les variations de température, qui ne peuvent être provoquées que par un refroidissement ou un échau£femeiit extérieur , se transraetéut plus facilement à l'intérieur , M. Branel les a disposés d'une manière particulière ; chacun

de ces cylindres est formé de deux boites cylindrl* qaes comnouniquant enti^e elles par un graud nom* bre de tubes parallèles , et, c'est dans l'eispace qui sépare ces tubes que Ton produit les variations de température qui sont nécessaires au jeu de la ma* chine, en y faisant successivement arriver de la vapeur d'eau et de l'eau froide.

En calculant la puissance mécanique de l'acide carbonique , M. Clément a trouvé qu'elle était un peu supérieure à celle de la vapeur d'eau : ainsi les rùachinés à acide carbonique pourraient être supérienres à celles de vapeur d'eau. Mais il faudrait pour cela que le combustible pût être employé aussi avantageusement dans l'une que dans l'autre, et c'est ce qui n'existe pas dans la machine de M. Brunel rcar à chaque coup de piston il Faut refroidir et réchauffer cette masse métallique qui dans les cylindres extrêmes enveloppe l'acide carbonique, ce qui occasione une grande perte de chaleur et de temps ; mais dans le cas même où la chaleur pourrait être employée aussi utilement , cette machine présenterait toujours de grands inconvénients à cause de l'énorme pression de la vapeur. Elle ne présente qu'un seul avantage réel , c'est son petit volume. Il serait possible qu'il se rencontrât des circonstances dans lesquelles cet avantage fût assez important pour la faire préférer aux autres.

MACHINES A VAPEUR d'aLCOHOL , D^ETHER , D'jESSENCS DE TEREBENTHINE ET DE MERCURE.

Toutes ces rosudiiDes i dont on n'a fait jusque jci que quelques essais , ne sont susceptibles de développer pour la même quantité de combustible qu'une puissance mécanique peu différente de celte que l'on peut obtenir avec la vapeur d'eau , à l'exception du mercure , dont la puissance mécanique est presque double. Ces machines seraient cependant toutes moins avantageuses que les machines à vapeur d'eau , parce que la condensation devrait avoir lieu extérieurement) ce qui augmente beau«xbup la durée du refroidissement et diminue la vi<tesse des mouvements alternatif. De plus , les pertes de vapeur qu'il est impossible d'éviter compenseraient et au-delà tous les avantages que des calculs purement théoriques auraient pu promettre.

On a aussi essayé la dilatation de l'air , la combustion d'un mélange d'air et de la poudre de lyjGopode , d'air et d'hydrogène, d'air et d'hydrogène carboné) la dilatation de l'eau, celle des métaux; mais tous ces essais ont été infructueux. La théorie indique d'ailleurs que par ces différents moyens k combustible ferait employé moins utilement que par la vapeur d'eau«

Il résulte de là que les meilleurs machines , di moins jusque ici , sont les machines à vapeur d'eau»

CONSIDÉRATIONS céNEIlALES SUR LIS HACHIN£$

A YAPEURj

Après avoir décrit les meilleurs systèmes de macbiues à vapeur en usage en France, nous croyons utile d'entrer dans quelques considérations générales sur les différentes parties de ces machines, d'indiquer quels sont les dangers réels au&quels on est exposé de leur part, et les précautions qui nous paraissent les plus propres à s'en garantir; nous examinerons aussi, mais brièvement, la supériorité relative de ces diverses espèces de machines et la meilleure application que Ton peut en faire.

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