‹ Histoire descriptive de la machine à vapeurChapitre 19 sur 24 · DES FOURNEAUX · texte numérisé non relu

DES FOURNEAUX

On ne saurait rien indiquer de bien précis et de bien général sur la forme à donner au^ fourneaux ; ïlle dépend d'ailleurs de celle de la chaudière. Ce ]ue Ton doit se proposer dans leur construction , ï'est que , d'une part , le foyer reçoive assez d'air >our fournir tout l'oxygène nécessaire à la combusion , et que l'on ne perde pas en fumée une partie les principes inflammables; et de l'autre, que le heminée soit calculée de manière à favoriser la irage , pour que l'air ne manque jamais et que la nmée s^échappe promptement. L'on verra dans instruction du ministre de l'intérieur quels sont

les principes d'après lesquels on doit diriger le chauffage. Quant an premier point , on calculera la quantité de combustible à brûler d'après la quantité et la tension de la vapeur que l'on veut obtepir dans un temps donné. La chimie donne d'nne ina* ilrère assez précise le volume d'air nécessaire pour brûler une quantité connue d'un combustible quelconque. On établira donc la largeur de la porte du cendrier! d'après ces calculs approximatifs , et en ayant égard à la surface de la chaufie. Les moyens de remédier à la fumée sont un peu plus précis. Nous avons décrit, en parlant de la machine Atkin et Steel, Fappareil famivore de l'invention de Brunton. Cet appareil peut être encore modifié par l'addition d'un ventilateur qui a pour objet de projeter au loini^dans le fourneau le charbon en poussière qui s'échappe des cylindres cannelés , ce qui dispenserait de la nécessité d'employer une grille • tournante. L'on évalue l'économie du combustible obtenue par ce moyen à vingt ou vingt-cinq pour cent.. On a encore proposé de faire arriver derrière la grille, par les côtés, de l'air destiné à achever la combustion de la fumée.

M. Clément propose de rompre le courant de l'air échauffé autour de la chaudière par des bnques placées en saillie de manière à rétrécir le pas» sage et à déterminer , par des changements de direction répétés , lé mélange des diverses couches d'air. Ce procédé est basé sur ce que la coach^

d'air en contact avec la chaudière lai cède d'à<^ bord sa chaleur, se refroidit, et pendant le reste du trajet est interposée entre la chaudière et les antres couches d'air plus chaudes.

Enfin l'on obtiendra de bons effets de l'empki de la plaque ou registre glissant dans une coulisse destinée à fermer Idt cheminée à volonté, que non« avons décrite plus haut. Elle est surtout très utile lorsque l'on veut arrêter le feu en prévenant un refroidissement subit.

DES CifAUDl£R£$«

Les chaudières qui ont été employées jusque ici: sont en cuivre , en tôle clouée , et en fonte de fer^

Les meilleures , et celles qui sont réellement les plus économiques^ , sont les chaudières en cuivre, parce que ce métal , quoique plus cher , conserve une grande valeur intrinsèque ^ tandis que le fer en tôle ou coulé en conserve très peu ; d'ailleurs les chaudières de enivre s^t moins altérées par le feu que les chaudières de fer, et ne peuvent point se casser comme les chaudières de fonte.

Les formes que l'on donne aux chaudiètes s<5ïit très variéesrEiles sontâ peu près arbitraires quand la vapeur ne doit acquérir qu'une force élastique peu considérable ; mais quand la vapeur doit se former sous de grandes pressions, il est important que les chaudières ne puissent pas se défor-

mer , et pour cela il fa^t .donner aux diaadières la forme qu'elles prendraient si, ayant ime forme quelconque , elles éprouvaient intérieurement une grande pression. La forme qui serait la plus convenable serait la forme sphéri<;pie, mais elle serait souvent gênante. On leur donne ordinairement la forme de cylindres alongës à base circulaire et fermés par des portions de sphère , qui présenteni-oi^e * grande résistance à un ebangement de figure.

lies chaudières , quels que soient d'aillem^ leur forme , leur grandeur et le métal dont elles sont composées , s'altèrent par le feu d'autant plus facûlement qu'elles sont plus épaisses : en effet, -la surfiure extérieure du métal exposée à la flamme est à une température d'autant plus élevée an*dessas de celle de la snrfaee intérieure qui est en contact avec l'eau que l'épaisseur du métal est plus pande; il résulte de cette différence de température une différence de dilatation ^ et , par suite ^ des fissures, des crevasses ou uneoiidatipn. Ainsi il ne faut jamais donner aux chaudières une trop grandb épaisseur :car^ outre l'expès de dépense de premier établissement^ outre l'altération plus prompte de la chaudière, il y a encore augmentation dsms la dépense du combustible, parce qu'une même surface extérieure, dans le même temps et peur la même quantité de combustible, nejaissepasser dans' l'intérieur qu'une pli^ petite quantité de chaleur»

On place souvent sous les chaudières des ^ubes

d*anplas petlf <fiamètre , qui commanîqcrent ùvéé' elles et qui descendent jusque dans le foyer : cesr tabès portent le nom de booilleurs. Ils sont ordi^ nairement en fonte. Ces tabès n'ont qne le sent avantage d'augmenter la surface de la chaudière , et ils ont le grand inconvénient de se briser facilement quand ils sont en fonte. Quand on est maître de l'emplacement, il vaut toujours mieux donner aux chaudières des dimensions suffisantes et ne pcHnt employer de tubes bouilleurs : ce n^est que dans des espaces très circonscrits qu'ils peuvent devenir utiles , en pelrmettant d'offrir à la flamme^ une grande surface sous un petit volume»

La capacité des chaudières est tout-à-fait san^ iftiilnence sur la quantité de vapeur qu'elles peuvent produire. Les seuls éléments qui la détermineront sont la quantité de combustible brûlée , et Fétendne de la surface de la chaudière. On compte^^ ordinairement qu'un mètre carré de surface as, chauffe produit de vingt à trente kilogrammes de vapeur par heure, avec une consommation de six à sept iilogrammes de charboa.

MM. Yernet et Gauvin ont pris récemment un brevet d'invention pour un moyen d'obtenir la vapeur sans ébulUtion et sans danger, avec une grande réduction de volume, de poids et de /rais. Cet appareil est composa de denx ou d'un plos grand nombre de tuyaux de fonte communiquant entre eux , exposés à la flamme d'un foyer , main-

tenus à une haate températare , et dans lesquels on introduit successivement de l'eau qui est immédiatement réduite en vapeur , de sorte que l'eau à l'état liquide ne séjourne presque pas dans cetappareil. Les cylindres ont 162 centimètres de longueur, 16 de diamètre, et 2,76 d'épaisseur.

Cet appareil ne pourrait pas évidemment donner lien à une explosion , à cause de la petite quantité d'eau qu'il renferme. Mais il est impossible qu'il soit économique : car l'emploi utile d'un combustible est , toutes choses égales d'ailleurs , en raison inverse de la température que doit acquérir le corps qui est chauffé , parce que la température de Tair qui s'échappe par la cheminée est toujours un peu supérieure à celle du corps échauffé , et que la chaleur emportée par le courant d'air est en pure perte. La chaleur dégagée d'un combustible est employée bien plus avantageusement pour chauffer de l'eau jusqu'à 5oo que pour la porter à l'éballition , et bien plus dans ce dernier cas que si elle devait être portée à 20o<* , ou que si elle devait entretenir de la fonte de fer-à une température rouge. Mais il se passe encore dans cet appareil un phénomène fort singulier, qui a été observé pour la première fois par M. Perkins , et qui ralentit beaucoup la formation de la vapeur, quoique l'eau d'in * jeçtion soit en contact avec le métal presque incandescent : c'est que l'eau ne mouille pas le métal très chaud : il se forme entre l'eau et le métal

une coache mince de vapear qui empêche le con- .tact immédiat 9 et arrête du moins en grande partie la communication de la chaleur. Cest ce que l'on peut observer sur une barre de fer ronge sur laquelle on jette quelques gouttes d'eau : la vaporisation est extrêmement lente, et on peut les faire rouler comme du mercure sur du bois « ou des gouttes d*eau dans de la poussière; mais si en frappant brusquement les gouttes d'eau on établit le contact du métal et du liquide , alors l'évaporation est presque instantanée. Le même effet a lien par le refroidissement de la barre : la goutte s'aplatit f et se dissipe rapidement. Ainsi une température très élevée n'est point aussi favorable que l'on serait tenté de le croire pour la prompte formation de la vapeur.

APPAK£ILg DE SURSri POUR LES CHAUDIERES.

Lef appareils de sûreté consistent en soupapes pressées par un poids équivalent à la force élastique qu'acquerrait la vapeur à une température que Ton ue veut pas dépasser. Lorsque, par un trop grand coup de feu, ou par une trop grande aug* mentation de la résistance que doit vaincre la ma-* chine , et qui en dkninue la vitesse ^ ou par toute autre cause qui diminue la consommation de la vapeur , la température de celle de la chaudière augmente , aussitôt qu'elle a attdnt la limite 4'après

laquelle on a dëterminé le poids des soupapes , ce^ dernières se soalèvent , et livrent passage à la vapeur f qui par conséquent be peut plus s'aocamaler, ni augmenter de force élastique.

En France , une ordonnance avait enjoint aux £abrîcants de machines à vapeur , outre les soupapes de sûreté , d'appliquer contre un orifiœ prati«^ qoé dans la chaudière une plaque d'alliage fusible à la température qui ne devait pas être dépassée , et fes chaudières devaient être essayées sous une pression triple de celle qu'elles devaient supporter; cet essai devait se faire en ks remplissant d'eau , triplant la pression des soupapes , et comprimant Feau , par l'introduction d'une nouvelle quantité , à l'aide d'une pompe foulante , jusqu'à ce que les soupapes se soulevassent. .

Ces précautions ne sont point suffisantes pour que l'on soit assuré d'être à l'abri des explosions. Eu e£fet, la tenadte d'un métal diminuant à mesure que sa température s'élève davantage , ane^xpérience à froid ne peut rien prouver relativement à la résistance à une température élevée , à moins que la pressicMone soit augmentée dans le rappc»^ inverse de ht résistance du métal. Or aucunes expériences n't>nt encore été faites sur la diminution de ténacité des métaux à mesure que la tempér-i^iure uigmeiite.

Les plaques fusibles se ramôlissent à une température de beaucoup inférieure à celle de leur iusioxi , elles se gonflent comme une vessie, et se dé«

chireikt soits mie pression beaucoup plus faible qtkfe' celle que l'on voudrait atteindre. Pour que leur etnploi fût rëellement utile ) il faudrait que la tem-^ pérature de leur fusion fût beaucoup plus élevée , et que leur épaisseur fiiit plus grande ; mais ces quantités dépendraient de leurs dimensions , et se* raient assez difficiles à déterminer par' l'expérience.- Les plaques fusibles présentent un autre inconvénient très grave : c'est qc^eiles se recouvrent sbu-vent à Tintérieur d^ine croûte dure composée des matières déposées par^Teau^^^i^i empêche leur échaufifement.

Les soupapes de sûreté présentent des ineonvé-^ nients beaucoup plus graves encore : suivant leur' forme et leurs dispositions) elles sont souvent d'une i^nntilité eomplète. Gomme ce fait est d'une grande' importance, nous lui donnerons quelques dévelop* pements.

L'année dernière , MM. Thénard et Clémenl: se' trouvant dans une grande usiqe de machines à vapeur des environs de Liège , l'ingénieur chargé de la direction des travaux leur fit voir le phéuo-* mène singulier que nous allons décrire. Il découvrit un orifice percé dans un grand tuyau qui con« dttisait l'air d'une puissante machine soufflante. Aussitôt, comme on devait s'y attendre, l'air en sortit avec une grande vitesse. Alors, en appliquant une planche perpendiculairement contre le co'urant et la rapprochant avec effort de l'ouverture^ il

arrivait que^ quand la planche était «amenée à une petite distance de Touvertare , non seulement il ne fallait plos employer de force pour la maintenir , mais elle ne pouvait être arrachée de cette position qae par un -effort assez grand. M. Clément pensa qu'un courant de vapeur devait présenter le même phénomène. Il fit à ce sujet àR% expériences nombreuses , d*où Ton peut déduire ce fait général : Toutes les fois qu'un courant de vapeur sort par un canal qui va eu s'élargissant| il se forme un vide à l'origine du tuyau , et par conséquent les parties de ce tuyau situées à l'origine d'écoulement sont pressées par l'air , de dehors en dedans.

Par exemple, si "de la vapeur sortait par un tuyau terminé- par un large rebord , et que pendant l'écoulement on approchât parallèlement un disque métallique , lorsqu'il serait arrivé à une petite distance des rebords du tuyau, l'écoulement aurait lieu dans un espace cylindrique du centre à la circonférence , espace qui est évidemment plas grand à la circonférence que vers le centre. Par conséquent la pression de l'air, s'exerçant sur la surface extérieure du disque , le maintiendrait à sa place , et s'opposerait à ce qu'il s'écartât davantage du bord du canal.

Toutes les soupapes de sûreté qui sont coniques sont dans le cas du tuyau fermé par un disqoe, de même que toutes celles qui sont formées d'une

simple plaque : car tontes les fois qu'elles ont éle faiblemeut soulevées , l'espace que parcourt la vapeur pour sortir va en grandissant. Ainsi , lorsque ces sonpapes donnent issue à un faible cqurant de vapeur, ce courant développe lui-même une nouvelle force qui s'oppose à ce que la soupape se soulève davantage.

Ainsi , toutes les soupapes coniques et celles qui sont formées d'une simple plaque qui.s'appoie sur les rebords»d'un tuyau , ne sont réellement point des soupapes de sûreté.

Les seules espèces de soupape sur lesquelles il ne se développe point de pression par l'écoulement d'un petit courant de vapeur , et qui peuvent -s'ouvrir entièrement lorsque la pression de la vapeur devient sufiisante pour produire cet effet , sont les soupapes formées d'un piston qui s'engage dans un petit corps de pompe cylindrique garni latéralement d'un tuyau d'écoulement , et celles qui sont formées d'une calotte, renversée sur les bords de l'ouverture d'un tuyau vertical. Ce sont par conséquent les seules que l'on doit désormais employer. La fîg. XLYI représente une soupape à piston qui parait offrir^ une partie des avantages désirés, ji est un piston entrant exactement dans le cylindre ^S C, tige du piston enfilée dans un double ressort à boudin D, qui maintient le piston au fond de son corps de pompe } E , ouvertures pratiquées au-dessus de la partie inférieure du corps de pompe,

par où s'échappe la vapeur lorsqu'elle est asse^ forte pour élever le piston au-dessus des ouvertures ; F, tuyau par lequel sort la vapeur aprdi avoir passé par les ouvertures E.

Mais , de toutes les dispositions pofur prév^iir lesesplosions , celle qui paraît la meilleure consiste en une plaque de cuivre beaucoup plus mince que ^ la chaudière, que Ton applique , à l'aide de brides à écroux , sur une ouverture pratiquée à la chaudière« La grandeur et l'épaisseur d« eette plaque doivent être déterminées par l'expérience , de ma*' nièreà ce qu'elle se brise à la températiure que* l'on ne veut^as dépasser*

Le manomètre est encore un appareil qui, s'ilétait construit avec soin , et surveillé exactement par les chauffeurs ,' mettrait complètement à l'abri des explosions. Cet appareil consiste en un siphon de verre renversé', dont la branche la plus courte communique avec la chaudière , l'autre avec Fair, et qui renferme du mercure. La différence du niveau dans les deux branches indique à chaque instant la pression de la vapeur dsms la chaudière: par conséquent , si le chauffeur consultait continuellement cet instrument, il pourrait diriger son feu de manière à maintenir la pression de la vapeur à peu près constante, et les explorions ne seraient plus possibles.

Cet appareil est feeile à construire pour les chan-

dières qai ne doivent donner la vapeur qu'à une pression peu considérable.

La fig. XLVH représente cet appareil. A est un tube en métal communiquant avec la chaudière; B C D E est nn tube de verre ouvert par les deax bouts, dont l'extrémité B est scellée dans le / tvbe A. La partie B D renferme une boule Cy la boale et une partie du tube renferment du mercure. Quand le mercure est au même niveau dans la boule et dans le tube ^D E , la pression de la vapeur est évidemment égale à la» pression de Tair^ « et quand cette égalité cesse , la différence des niveaux donne une mesure très, exacte de la diffé» rence (fes pressions. Si la boule est très large rebâti v^ment au diamètre du tube D E , on pourm regarder le .niveau dans la boule comme sensiblemeut constant , et en plaçant contre la branche du tube D E une échelle graduée en pouces ou en centimètres, à partir du niveau du métal dans la boule y où l'on écrirait vingt-'huit pooees ou son xante-seize centimètres , on pourra lire immédiatemeiit.sur l'échelle la fbrœ élastique .de la va* peor»

Biais quand la vapeur doit acquérir dans la chaudière une tension de plusieurs atmosphères , oetle disposition ne devient plus jnraticable , parce qu'il faudrait donner au tube D E une trop grande élé*^ vation ; il devf ait avoir autant de fois vingt-huit

pouces que riiistrument devrait indiquer de prés* sions atmosphériques moins une.

Alors , pour conserver à l'instrument des dimensions commodes , on ferme Textrëmitë JE du tube| l'air qu'il contient ne pouvant s'échapper, à mesure que le mercure s'élève dans ce tube , il en résulté que, quand le mercure est au point m, la forc^ élastique de la vapeur est égale au poids d'une colonne de mercure qui aurait pour hauteur la distance des niveaux dans la boule C et dans le tube DE, plus la force élastique de l'air renfermé de m en E. Or cette dernière s'obtient très facile-' ment quand le tube E D est parfaitement eylin* drique , et que l'on connaît sa longueur à partir du point où la densité de l'air est égale à celle de l'at^ mosphère. Ce dernier point est ceini où le mercure est de niveau dans les deux tube» , quand l'extrémité B du tube recourbé es% ouverte. En effet, d'àpi^ès la loi de Martotte , les forces élastiques d'un même volume de ga^, sous différents états de compression , sont eu raison inverse des volumes : par conséquent la force élastique de l'air renfermé ea E m est k celle qu'il avait lorsqu'il occupait la longueur E^n du tube comme JE^ n est à JE m* Conime on peut facilement mesurer ces dernières quantités , on déterminera facilement la force élastique de l'air comprimé ^ et , en y ajoutant la différence de niveau du mercure , on aura la tension de la vapeur.

Supposons , par exemple, qne la longueur du tube E n soit de 5o centimètres , et que celle de 1% distance n m soit de 20 : la force du gaz opprimé sera ^gale a 0^76, pression ordinaire de l'atmosphère multipliée par fj ou par ^ , c'est-à-dire à ]™,87; et, comme la différence de hauteur du mercure est de 20 centimètres , la pression totale de la vapeur sera de a^^^oy. Si on^ voulait savoir à combien d'atmosphères cette pression équivaut , il faudrait la diviser par 0^,78, ce qui donnerait 2"^, 76. Si on voulait graduer le tube en atmo* sphères , on y parviendrait facilement au moyen de la formule insérée dans la note ci- jointe (1).

Nous terminerous cet examen des différentes

(1) Soit a la longaeur da tube, b la hauteur du mercure au-dessus du niveau de ce mëtal dans la cuvette, et s la force élastique de la~ vapeur, on a évidemment

, = 6 + o.76(^) (A) et en ràolvant l'équation par rapport à 6, il viendra

L'équation (A.) pourra servir à déterminer x, quand a et h seront connus , et en substituant , dans Téquation (B) , pour X, successivement o,76-j-2-)-o,76,-(-3-f 0,76, etc.,~le8 valeurs de b correspondantes seront les points du tubes qui correspondront à une pression de la vapeur de a, 3,4, etc. atmosphères.

•354 parties des machines à vapeur en génërat par la description des appareils alimentaires de machines à hante et brisse pression, représentée pl# 6^ fig. XLVni et XLIX,

L^app£^reil destiné à alimeiiiter d'eau une chan-' dière à basse pression se compose d'un tuyaa en fer B, plongeant par sa partie inférieure dans Tean de la chaudière ^ ^ et portant à sa partie supérieure Un réservoir B ; ce petit réservoir commu-< nique avec le tuyau par une ouverture fermée par un tampon C / la tige de ce tampon est attachée au levier G, auquel est suspendu le flotteur E. Lorsque le niveau de l'eau de la chaudière baisse , le flotteur E descend en entraînant après lui Text|(émité du levier, qui soulève alors le tampon , et permet à l'eau du petit réservoir B dé descendre ijans le tuyau B, et de ramener le niveaa de l'eau à son point primitiC Un flotteur suspendu à une chaîne passe parole milieu du réservoir. Cette diaîne va par l'^intermédiaîre des poulies F s'atta-^ cher au registre du fourneau. .

lorsque la vapeur, augmentant de tension, sou« lève l'eau et le flotteur du tuyau B , le registre se ferme plus ou moins , comme nous l'avons expliqtœ plitslraut.

La pompe alimentaire d'une machine à haute pression se compose d'un corps de pompe- ay une tige cylindrique b y fait les fonctions d'un piston solide; cest un tuyau horizontal servant pour l'eau

aspirée par la sonpape d et pour Peaa refoalée par la soupape ejfest un ëtrier avec vis de pression pour fermer et ouvrir la chapelle des soupapes, suivant le besoin ; g, tuyau communiquant avec la chaudière à vapeur , et portant un robinet h pour régler la quantité d'eau qu'bn vent admettre dans la chaudière.

Lorsque Ton tire la tige b, le vide se produit dans le corps de pompe a, et la soupape d se soulève pour laisser passer l'eau d'aspiration ; la sonpape a se ferme j lorsque la tige b descend , Teau des corps de pompe est rafoalée.dtns le tuyau e> et la soupape d se ferme à son tour , tandis que la soupape e se soulève pour laisser passer Teau dans le tuyait de communication g.

OBSERVATIONS SUR LS» DIFFERETfTS SYSTEMES DE MACHINES A VAPEUR.

Les machines à vapeur peuvent se diviser en' trois groupes*

I « Les machines dé Savery,

ao Les machines à pistons et à mouvements al* tematifs ,

5<* Les machines à piston et à mouvements rotatifs.

lo Les machines de Savery , et toutes celles qur sont fondées sur le même système , ne peuvent êtreemployées qu'à élever l'eau > car leur action est in^

termîttente. Lorsqae la condensation a lieu par injection intérieure , et que la hauteur à laquelle l'eau doit être élevée est peu considérable, ces machi'nes présentent de Tavantage sur les antres.

2« Les machines à mouvements alternatifs peuvent être à basse , à moyenne ou à haute pression f la vapeur peut y être employée avec ou sans détente ) enfin elles peuvent être avec ou sans condenseur.

L'influence d'une haute pression sur l'effet mécanique produit' par une même quantité de combustible est beaucoup moins considérable qu'on ne le croirait , parce que la densité de la vapeur augmente eu même teo»ps^ que sa force élastique j et qu'il faut toujours la même quantité de diarbon pour former i^de vapeur, quelle que soit d'ailleurs sa tension. Les machines à haute pression ne sont réellement avantageuses que quand la vapeur doit être dilatée dans son action , ou quand on ne peut pas employer de condenseur , comme dans les machines qu'on place sur les voitures.

L'influence de la détente est très grande sons le rapport de l'effet produit , car la force élastique que conserve la vapeur quand elle cesse d'agir est complètement perdue : par conséquent il est important de ne lui en laisser que la plus petite quantité possible. Les machines à détente ne diffèrent des machines ordinaires qu'en ce que l'introduii-

tion de la vapeur est suspendue avant que le pisr ton n'ait achevé sa course. Quand la machine n'a qu'un seul cylindre , l'usage de la détente est accompagné d'un inconvénient qui en proscrit l'usage dans un grand nombre de cas. La force d'impulsion va en diminuant à partir de l'instant o^ b détente a lieu : par conséquent le levier qui reçoit l'impulsion, et tout l'appareil auquel il la communique, ne reçoit pas une vitesse constante. Cet inconvéniétit est sans importance lorsqu'il s'agit d'épuiser une mine; mais il ne serait pas tolérabKe dans une machine destinée à moudre du blé ou à faire mouvoir les différents appareils d'une filature, parce que , dans ces derniers appareiU, f uniformité du mouvement est une condition de première néces* site. Dans les machines à deur cylindres , la détente se fait ordinairement dans un seul , et , comme les deux pistons se meuvent ensemble , et sont appliqués à la même extrémité du levier , cet • inconvénient n'a plus lieu.

' Quant au condenseur , il est toujours utile , car la condepsation de la vapeur qui agit sur une des faces du piston accroît d'autant la force de celle qui afflue sur l'autre face. Cependant l'influence de la condensation est d'autant plus petite que la vapeur employée est à une plus haute température. Par exemple, si la vapeur était à une tension d'une atmosphère et demie , et si , au lieg de condenser celle qui a cessé d'agir, on la laissait

seulement s'ëckapper dans Tair, l'effet de la vapeur agissant sur l'autre face du pistou serait seulement d'un demi-atmosphère ; tandis que , si Ton condensait, l'effet qu'elle produirait serait sensil>Iemeut d'un atmosphère et demi ; mais si la vapeur était à 5 atmosphères , l'absence de la condensation réduirait son action effective à 4 atmosphères. En général l'effet se. trouve toujours réduit d'un atmosphère lorsque l'on ne condense pas. Les machines sans condenseur sont cependant «cuvent employées, soit poujr simplifier la machine, soit parce que l'on n'a point d'eau à sa disposition. Mais alors la vapeur est toujours employée à une haute pression.

5® Quant aux machines rotatives , elles sont très peu employées .-f

La quantité d'effet produit avec la même quantité de combustible varie beaucoup dans lés différents systèmes de machines à vapeur, et même dans les différentes machines construites suivant le même principe, suivant qu'elles sont plus ou moins bien construites et plus ou moins bien dirigées. Nous rapporterons ici un tableau dés effets produits par les différents systèmes de machines à vapeur , qui a été donné par M. Clément dans son cours.

Dans ce tableau , l'unité d'effet dynamique est égale à un mètre cube d'eau élevé à la hauteur •d'un mètre.

ZrrETS PRODUITS PAU DIVEAS^ES MACHINES A VAPEUR POUR UN KILOGRAMME DE HOUILLE.

Petites machliies de Savery de. 7 à ao

M.^i,;»A. A^ v««,A^»»» ^ ( Petites Wcbines. .de 16 à 3o

Machines de Woolfe, de(

Hally Edward , etc. Syfr*< de. >. 78 à 100

tème de Hornblowen |

Crand^s machines de Prinr- J ^ ce , de Neath^Abbey. \^*

On voit, d'après cela, qa*il y a une grande dif^ férence entre les effets utiles da combustible dans les madiines à vapeur ; mais cet élément n'est pas le seul qui doit décider la préférence qu'on accordera à une machine |: les frais d'établissement, la probabilité des dérangements plus on moins fré* qnents, q»ii occasionent des suspensions de travaux plus ou moins onéreuses, enfin l'uniformité plus ou moins grande du jnouvement , soïit encore des considérations qui , dans certaines circonstances , sont plus importantes que la première.

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