DE L'AUTEUR ANGLAIS
Les progrès étonnants que lamécanîque-et toa« tes les branches de l'inciustrie ont faits en Angleterre pendant les trente années qui viennent de ^'écouler peuvent être regardés comme leTesiiltat des perfectionnements apportés à la machine à va^ peur^ généralement adoptée aujourd'hui partout où Ton a besoin d'une force motrice : aussi, tout ce qui a rapport à la construction et à l'histoire de ce magnifique mécanisme acquiert un intér rêt et une importance toujours croissants.
Depuis long-temps le public est en possession de plusieurs bons traités, dont chacun contient la description d'un certain nombre de machines à vapeur; mais dans aucun Fauteur ne 6*est proposé de faire une histoire générale des progrès de cette précieuse découverte»
G*ett pour remplir cette lacune que aous
avons entrepris Touvfag^ que nous oiFrons au public. Nous ayons pensé que les constructeurs de machines à vapeur, que les manufacturiers qui en font usage, et qui apprécient toute leur importance, accueilleraient avec intérêt une histoire de cette belle invention. Les hommes du monde eux-mêmes bous sauront gré de les avoir mis à même de satisfaire leur curiosité relativement à la manière dont cette découverte a été faite et aux modifications qu'elle a éprouvées; En eiSet, p$rmi les hommes livrés à des ira vaux manuels nécessaires au soutien de leur exiiitenCie, Qu occupés de spéculations commer-^ ciales, un bien petit nonibre trouvetaîentle temps de consulter les nombreux volumes dans lesquels sont epars les faits que nous avons ras^emhlés , alors même que les dépenses auxquelles enti^Dent 'nécessairement des recherches de ce;ltè nature ne seraient pas uii obstacle plus puissanit eneore que le manque de temps.
Dans un traité dont le sujet est si varié, et qui est surtout destiné aux mécaniciens, nous avons dû nous borner souvent à donner les traits oara'cf ériÀtiques de chaque système, de machine > en omettant d entrer dans Un examen détaillé toutes les féis que la machine à décrire jgrait de là cessemblaBCiie avec quelque ma-
chiae prëcëdemmeni décrite, ou que son ac-^ tioQ et son utilité pouvait s'expliquer par ce qui avait ëtë âë)à dit. Nous en atons agi quelquefois de mâme relativement aux figures. Les praticiens ne trouveront pas mauvais que nous ayons omis de fréter des choses simples , et les autres lecteurs 9 quels qu'ils soient, en je* tant les yeux sur les planches, suppléeront facilement à ce qui a ëtë passe sous silence. Au surplus , la seule inspection de la figure donnera , en gëndral 9 une idée plus nette du jeu de la ma^ chine que ne le ferait la plus ample démonstration. En fait de mécanique, un simple dessin au trait fait mieux* comprendre que plusieurs pages d'explication. C'est dans cette persuasion que nous ayons multiplié les figures. Quelques unes scmt destinées à donner une idée de l'état des machines à vapeur à diverses époques^ d'autres ont pour but de faire connattre leur mécanisme. Les mêmes raisons qui nous ont fait omettre la d^scriptimi des détails nous ont dét^miné à excrlure de cet ouvrage les dissertations purement théoriques. Ces dernières omissions ne sauraient d^aïUeurs nous être reprochées, puisque les tra?va«x que les savants ont exécutés sur cette branche de la mécanique n'ont produit aucun résnltat pratique.
. Uoroblower disait, il y a .vingt ans,- que le plus sin^ple artisan pouvait, sur ce point, servir de maître au plus . habile mathématicien du monde : en effet, dans la construction et le jeu des machines à vapeur, il. y a des cas où le sinw pie instinct mécanicpie est plus utile que toute la science qui peut entrer dans une tète hu« maine* Cette observation est encore plus exacte et plus vraie aujourd'hui qu'alors.
Nous ignorons ce qui a pu donner lieu de faire jcelte remarque ^ nous ne savons pas davantage quel est le savant qui le premier a revendiqué j>our les théoriciens Thonneur d'avoir «ontri- «Imé au perfectionnement de la .machine. à vapeur, ou quel est celui qui a avancé que l'invention de celte machine était un des plus beaux présents que la science eût faits au genre humain^ mais il est bien avéré^xjue ni la science jti les savants n'ont eu aucune part dans cette decouverte, La forceexpanfivede la vapeur n'éla't qu'une propriété eu rieuse, pour les physicien qui ont précédé Savery^ après lui elle est red
yenue l'objet d'expériences» purement amusant jusqu'à l'époque où Bossut,^le dernier et le ni ' capable de ceux qui ont écrit sur ce sujet ea r\ k bwt de quelques recherdies spéculatives l'oij peut assurer qu'il n'est pas.de machine •
de mccfanîsme où la faîble coopcràlion d«i théoriciens ait élu plus inutîTe.
Ubonneur d*avoir amené cette inyentîon nu* degré de perfection où elle est maintenant appartient donc tout entier a une classe d'hommes toute différente et bien plus^utile« Ge sont des ouvriers mécaniciens qui seuls ont inventé et perfectionné la machine à vapeur : Savery a commeucépar être un ouvrier mineuv^ Newcomen était un serrurier, son associé Giwley un vitrier; don Rîcardo Trevilliick était un ouvrier mécanicien, et Walt, rilluslre Walt luimême , à l'époque où ^1 entreprit , et ménic long-temps après avoir achevé les grands perfectionnements qui vïxl rendu cette machine si utile , n^était qwun faiseur d'instruments de physique, (i)
(i) Dans cette préface , Taaleur semble dëprdcier entiOrement la théorie, et ne faire bonneur qu'à la seule prati- <fue de la découverte des machines à va|ieur et de leur perfeclionnemcnf: Cette opinion, qui serait peu favorable à la science, exige un pen d'examen.
D'abord , qu'entend-on [Hït ihéories? Suivant nous , il y en a de deux espèces, les théories mathématiques et les théories physiques. Les premières sont des conséquences rigoii^ reuses d'un petit nombre de principes dont l'existence né* crssaire est sentie par tous les esprits ; ces théories n'empruntent rien à l'expérience, elles la devancent toujours. Les théories physiques , au contraire, ont pour base
robsenration de certains phénomènes natureU domt on àéduit des conséquences > ou dont on découvre les lois, pour re~ wonter à leur cause par les théories mathématiques ou par )e simple raisonnement. Ainsi , en physique, Fespériencrey. la pratique des faits , doit devancer leur théorie.
On conçoit d'après cela que, tant qu'il n'y a pas eu d'expériences faites sur les vapeurs , il n'y a pas pu avoir de lâiibries ; et que , par conséquent , il n'e&tstait pas de théoriciens quand les premières- machiné» à vapeur oot été imaginées, puisque la connaissance des propriétés physi^ ques de la vapeur leur est postérieure.
Au surplus, la distinction faite par Stuart des praticiens^ et des théoriciens n'existe point lorsqu'il ^agil de recher^ ches physiques: car la pratique est nécessaire pour trouyer des données dans la nature, et la théorie pour eo déduire ^es conséquences. Tous < les hommes de génie auxquels on doit de grandes découvertes ^talent à la (bis praticiens elr théoriciens: seulement praticiens, ils n'auraient rkuvuaa» delà de.ee que l'expérience leur indiquait; et s'ils n'avaient pas consulta l'expérience, ils n'auraient créé (^ue des sys* lémes. [Note de rEdit.)