PREMIÈRE INSTRUCTION
Sur les mesures de précaution hàtitueUesà observer dans Temptoi des machines â n>ar peur à haute pressio».
L'emploi des machines à vapeur à haote presision exige des précautions de tous les instants de ia part des ouvriers chaufiEenrs auxquek leur service est confié , et une surveillance «on&taute de la part des propriétaires dc' ces machines. En négligeant les précautions nécessaires, les ouvriers peuvent oécasiouer des accidents funestes > dont ils seraiait les premières victimes. En se relâchant de la sur-* veillance qui est indispensable, les propriétaires deviendraient la cause indirecte de ces^ accidents; ils s^'Oxposeraient d'ailleurs à des pertes con^dérables, telles que celles qui résulteraient de la des* trnctiôn des 'machines, de ia dégradation des ateliers et de la cessation des travaux.
Il est du devoir de tout propriétaire de ne çon* &ér là conduite dé sa' machine qu'à 'tin.ouvrier dont Fintelligence et la capacité soient bien reconnues , 6t q^lsoit non seuletnent altentiTt l^cUJf) proipre
6t sobre f mais encore exempt de tout défaat qui pourrait naire à la régularité du service. Rien ne dbit déranger cette régularité , rien ne doit troubler ou détourner l'attention de l'ouvrier pendant le travail : autrement il ne peut y avoir de séctidté dans l'établissement.
L'attention de l'ouvrier chauffeur et la surveillance du propriétaire doivent porter principalement sur lès parties suivantes cfe la machine , savoir , Te fbyer, la chaudiêl*e et les lubes bouilleurs , la pompe alimentaire et le niveau de l'eau dans la chaudière , les soupapes de sûreté , le manomètre, n y a aussi quelques précautions à prendre relati- Tement à Fenceinte extérieure.
Ùu/ojret.
iLe principe d'après lequel on doit diriger le chauffage est d'éviter une augmentation de chaleur trop brusque ou un refroidissement trop rapide. Dans l'un et l'autre cas , les tul)es bouilleurs éprouvent partiellement des inégalités de température plus ou moins considérables , et qui , à raison de la variîété des dilatations produites , peuvent occasioner des fêlures et des pertes.
Ainsi donc la mise au feu ne doit pas être poussée avec trop de vivacité , surtout lorsque le foyer ai été* tout-à -fait refroidi. On ne gagnerait du temps qu^en compromettant lai conservation des tubes bouilleurs.
Lorsque le fèu est arrivé an point d'activité nécessaire pour le feu dé la machme» on doit le conduire avec égalité, et , à cet effet , tiser à propos.
et ne jeter qae les quantités de combcutible de'« terminées par rexpérienee. II faut éviter de laisser tomber le feu pendant le travail, et lorsque cela est arrivé , il n'est point convenable de projeter à la fois une trop grande quantité de combustible <lans le foyer: car cette précipitation^ qui aurait l'inconvénient de le reû*oidir momentanément , oo casionerait ensuite un développement de chaleur excessif et dangereux.
Il est à propos d'exécatèr dans lé moindre temps possible les opérations du tisage et du rechargement de combustible , aCn d'abréger l'action destructive que l'air froid peut exercer sur les tabès bouilleurs , en s'introduisant avec rapidité par l'ouvcrlnre de la porte du foyer.
On est dispensé de la plupart de ces précautions lorsque le foyer est muni d'un distributeur mécanique versant la houille au feu , et à mesure quJelle est nécessaire; mais alors l'ouvrier doit veiller à ee que ce distributeur ne manque pas d'aliment , et à ce que le versement soit uniforme et contina.
L'extinction du feu , lorsqu'elle n'est point conduite avec soin , est une dès causes les plus ordinaires des accidents qui arrivent aux tubes bouilleurs. Le meilleur mode est de laisser le foyer chargé du résidu de la combustion , de fermer le registre de la cheminée ainsi que la porte du cen- «Iricr , et de luter avec un peu de terre grasse les joints de cette porte et ceux de la porte du foyer. En procédant ainsi, on évite non seulement que l'air ne refroidisse trop brusquement les tubes, mais encore qu'il ne contribue à oxyder trop promptement leur surface extérieure. On profite, de
plus , d'ime partie dn résida de ia combustion : car ce résida fiuit par s'éteindre , à raison dn défaut d'aÎT, et l'on peat ensaite le retirer sans incoiivé- Bient. ^
Des tubes bouilleurs et de la chaudière.
Qaeiqoe pare qne paraisse Teau qu'on emploie, elle dépose toujours un sédiment terreux qu-ii importe de ne pas laisser accumuler. En effet , ce sédiment se durcirait et s'épaissirait en peu de temps ; il augmenterait la dtfHcuité défaire pénétrer dans les tubes bouilleurs et dans la chaudière la chaleur qui est nécessaire pour produire la vapeur avec le degré de tension convenable ^ il faudrait faire un plus gmnd feu : il en résulterait par conséquent plus de dépense de combustible et plus de chances d'al-^ tération ou de rupture.
L'expérience a démontré qu'en introduisant dans» les tubes bouilleurs et dans la chaudière une certaine quantité de pommes de terre , la substance de ces pommes de terre se mêle avec les sédiments terrent , sous forme de bouillie , et en prévient . l'enduroissement ; mais h mesure que les sédimentis augmentent,' cette bouillie nuit à la production de la vapeur , soit par sa viscosité , soit par l'espace qu'elle occupe. Il vient un terme où l'enlèvement des dépots devient indispensable : ce terme arrive plus ou moins fréquemment suivant la nature des eaux. C'est au propriétaire de chaque machine à chercher , par l'expérience , la période de temps la pins convenable pour le nettoyage , comme aussi de trouver le niitiïnwni de la quantité de pommes-
de-terre qui doit être employé. Ces recherches ne tiennent pas sealement aaxsoin9 de la sûreté^ mais encore à des considérations d'économie relativement à la facile production de la vapeur.
Lorsque , malgré toutes les précautions » un tabe bouilleur vient à se fendre, l'ouvrier doit en avertir, le propriétaire, et celui-ci ne doit pas hésiter ^ à faire procéder au remplacement. Le rhabillage ^ du tube ne ferait que masquer l'inconvénient , et le danger d'une rupture pourrait s^aceroitre en très peu de temps.
Le propriétaire et l'ouvrier doivent observer avec attention les progrès de la'détérioration su-
Erficielle que les tubes bouilleurs éprouvent à la dgue , ceux surtout qui sont frabriqués en tôle. Ils ne doivent pas attendre la visite de l'ingénieur pour provoquer de nouvelles épreuves de ces tubes, lorsque leur amincissement peut donner des doutes sur leur solidité.
Il en est de même des chaudières;. mais comme les moyens d'observation sont moi^s multipliés, l'ouvrier et le propriétaire doivent saisir toutes ïts occasions de constater l'état des choses, soit lorsqu'il faut changer un ou plusieurs tvbç's bouilleurs , soit Jorsqu'il y a des réparations à faire au foyer ou à la chemise de la chaudière, soit enfin toutes les fois qu'il est nécessaire de vider la chaudière pour la oiettoyer; mais ,. en outre , aucune des indications
3tte las moindres suintements peuvent donner ne oit être négligée.
' Lorsqu'on s'aperçoit d'une fuite à la jointure du plateau qui ferme un tube bpuilleur ou à celui qui recouvre l'entrée de la chaudière , on ne doit point
essayer d'y pourvoir pendant le travail en serrant les écroas : on conrrait le risque d'occasioner la raptore de ces. plateaux , surtout lorsque le mastic qui garnit tes bordures a eu le temps de s'endarcir; •CB cas de ruptnre , l'ouvrier serait toé par les éclats on brufé par l'eau de la vapeur. Ces sortes de fuites ne doivent être réparées que lorsque le travail a cessé.
Lorsque les tubes bouiHeurs et la chaudière sont à nettoyer , les propriétaires ne doivent pas exiger •que les ouvriers entreprennent de vider l'eau avant que sa température ne soit sufiisamment abaissée, surtout pour les machines dans lesquelles les pflateauiE des tubes bouiHeurs ne sont point garnis de robinets.
'D& la pompe alimentaùre et ébi niveau de Veau
dans la chaudière.
Il est de la plus grande importance que l'eau de Itt chaudière soit maintenue au niveau qui est indiqué par la position horizontale du levier mû par le (Ibtteur. Il ne faut pas que l'ouvrier s'en rapporte à la simple inspection du levier pour connaître la hauteur de l'eau dans la chaudière :^il doit s'assu- Yèr.très souvent que les mouvements du flotteur sont parfaitement libres. Il doit veiller surtout à ce que la garniture qui empêche la vapeur de s'échapper le Idngde la tige du flotteur ne serre pas trop cette tige: car, si cela arrivait, les indica- 'tions données par le flotteur cesseraient d'être exactes.
.. Ces dernières précautions sont également néces^
saires poar lès machinés dans lesquelles les mouvements d'abaissement du flottem* font ouvrir Je tuyau nourricier, et portent ainsi le remède convenable à la diminution de Teau dans la chaudière.
La surveillance de la pompe alimentaire n'est pas moins indispensable. Si ^ par suite de négligence, la hauteur de Teau avait très notablement diminué dans la chaudière , il faudrait , aussitôt qu'on s'en apercevrait , rétablir ou augmenter peu à peu le jet nourricier , car autrement on s'ex-^ poserait à des accidents. En effet , l'eau, en s'èle-' vant rapidement contre les parois dé la chaudière , que la chaleur aurait rougies, fournirait instantanément une trop grande quantité de vapeur, et il serait possible que l'accroissement de pression qui en résulterait fût supérieur à la pression que la chaudière pourrait supporter. Le danger de l'ex* plosion serait imminent si , dans une telle circonstance , les soupapes de sûreté n'étaienf point ea état de jouer librement, ou si,.' par suite d'tme pratique imprudente ou coupable , elles se trouvaient surchargées de poids.
En général, le moindre inconvénient que le manque d'eau dans les chaudières puisse proclaire , c'est d'y occasioner des ruptures très préjudiciables , quand bien même il n'y aurait pas d'explosion.
Des soupapes de sûreté.
Dans \es machines dont les soupapes de sûreté sent à la disposition de l'ouvriei* chaufTeur , il est utile <|ue cet ouvrier s'applique à en étudier le
jea , et à bien connaître le dt gré cPadhérencc , qu'elles contractentordioairementavec le collet siir lequel elles pressent , surtout lorsqu'elles out été rodées récemment. Il faudrait avoir égard à cette adhérence , lors même que la soupape serait conatruite de telle manière que le plan de contact serrait réduit à une zone circulaire très étroite. Lé chauffeur doit s'assurer très firéquemment que les soupapes jouissent de toute la liberté de mouvement dont elles ont besoin pour remplir leur destination% A cet effet, il est bon qu'il soulève de temps en temps Textrémité de la branche du levier qni supporte le poids servant de charge habituelle, afin de s'assurer que la soupape n'a pas contracte une trop forte adhérence..
Lorsque les soupapes d'une machine ne jouent pas librement, et lorsqu'en même temps ou vient a* leur donner le maximum de charge habituelle , elles ne peuvent remplir leur objet qu'imparfaitement | elles retiennent la vapeur alors qu'elles devraient lui donner issue ^ la vapeur s'accumule et se comprime , et pourrait ,. suivant les circonstances , acquérir une force de tension qui surpasserait la résistance que la chaudière est capable dfoppo- §er ,. et qui la £èrait éclater..
Ce funeste effet pourrait encore être produit, si ,, dans l'intention de donner plus d'activité à. la ma* «hiae, on avait ajouté des poi<b à ceux, qui corn* posent lé maximum de Im charge habituelle des^ soupapesv De telles, surcharges sont e&lrêmement da^igereuses y Tignoranae du danger pourrait seule* excuser les propriétaires do les ordonner, et roa«- ¥i:iAîi: cliauiSL'ur de s'y prêter. II faut que les» ouv^
rriers sachent bilen qae Tan des^ prindpaax effets d'une explosion serait d'épancher une immense quantité de vapeur brûlante , qui tui causerait une mort cruelle.
' De tels dangers seront beaucoup moins à craindre dans les machines (Jui seront établies en vertu de 'l'ordonnance royale du 29 octobre 'f825; mais les soupapes n'en devront pas moins être surveillées et entretenues dans un état de Irberté parfaite. En effet , pour peu que le jeu devînt moins facile , il arriverait qu'à la moindre augmentation dans l'activité du feu, la vapeur, au lieu de s'échapper, acquerrait plus de chaleur et de tension , et il y aurait un terme où elle fondrait et romprait les rondelles de métal fusibles qui devront être appliquées à chaque chaudière; le travail die l'atelier serait interrompu, et le propriétaire encourrait les inconvénients des retaras résultant de la pose de nouvelles rondelles. Le propriétaire est particulièrement intéressé à visiter journeltement la son-> pape c(ui sera renfermée sous le grillage en fer, -dont la o!ef deyra rester à sa disposition.
En général , les soupapes ont besoin d'être rodées très fréquemment : autrement elles finissent par laisser perdre de la vapeur. Ce soin d'entretien .n'admet pas de négligence, car l'ouvrier ne pourrait y suppléer qu'en augmentant la charge habituelle. Or les propriétaires ne saliraient proscrire «les surcharges avec trop de rigueur.
Lorsqu'on veut cesser tont-à^fait le feu , ou lorsqu'on le couvre seulement pour en retrouver Ife lendemain , il ne faut pas quitter l'atelier sans s'être assuré que les soupapes, convenablement décbar-
gées f peuvent donner librement mue à la vapeur qui continue à se produire.
Du manomè&ev
Le nianomàtre , à raison de sa commpnication avec l'iniérieur de la chaudière, indique, à chaque instant , la marche plus ou moins rapide de la production de la vapeur, et le degré de la force de pression qui en résulte. Cette indication est donnée par le mouvement de la colonne de mercure reur fermée dans le tube de verre ; elle se mesure au moyen de l'échelle qui est placée le long du tube.
Cet instruknent est d'une grande utilité lorsqu'il a été construit avec soin et gradué avec exactitude. Comme il est fragile , les propriétaires de machines doivent prendre les mesures nécessaires pour le. préserver de tout accident, et le faire couvrir d'un grillage en fil de fer ou eafil de laiton..
Le propriétaire doit aussi donner ses soins pour que l'ouvrier comprenne la destination et les avantages de l'instrument, et sache à propos tirer parti de ses indications.
£nfin , il est du devoir de l'ouvrier de consulter très fréquemment le manomètre , et de le prendre constamment pour guide dans la conduite du feu , quelle que soit d'ailleurs la charge , ou , en d'autres termes , la pression avec laquelle la machine travaille , suivant les besoins de l'atelier.
De l'enceinte de la machine.
En supposant qu'une explosion pût arriver , c'est
un mojren de la rendre inoins dommageable que de tenir le local de la macbine complètement isolé , et de ne placer les matériaux qa'on serait forcé d'emmagasiner dans son voisinage qu'à la distance de plusieurs mètres. Le propriétaire se mettrait en contravention avec Tarticie 6 dé l'ordonnance royale du 29 octobre 1825 s'il" venait à remplir avec des matériaux résistants l'espace qa'il faut laisser, du côté des habitations , entre les murs mitoyens et le mur de défense qui doit enceindre le local de la machine. Ce mur de défense -ne peat remplir l'objet que l'ordonnance royale a eu en vue qu'autant qu'il confine au dehors avec un espace vide.
Enfin , il est indispensable que le local de la ma^ chine puisse être bien fermé , et qu'en rabsence du chauffeur , personne ne puisse s^y introduire.- On conçoit , par exemple , que , si , par malveillance , on venait à surcharger les soupapes ou à les bander avec des cales , lorsque le feu- a été arrêtéou couvert, l'accumulation de ia vapeur pourrait occasloner un accident. Les précaiftions habitueiles c{ue ce cas particulier peut exigier sont tout aussi importantes que celles qui concernent les dilFéreutscns qui ont été précédemment exposes. La pré* voyance des propriétaires des machines et la vigilance des ouvriers chauffeors ne doivent être endéfaut dans aucun temps, dans aocone circou:s lance.
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