C} BlâTOIRB DV BAS-BHTIAS
également avec dix mille vétérans ; les GoChs f alarmés, abandonnèrent leurs drapeaux et leurs chefs , et Vi'tigès courut s^enfermer dans Raveune. Cette dernière ville et quelques forteresses com- . posaient alors toutes les possessions du monarque goih; mais la discorde qui s^était glissée parmi les chefs de Tarmée impériale 9 affaiblissait ses' enneniis en les divisant. Bélisaire avait , dès avant la levée du siège , fait périr Constantin , qu'il ac-* cusait â*étre rendu coupable de {"apine; mais le véritable motif qu'on assigna à cette exécution arbitraire fut la vengeance d^Antonine, qui n'avait pu lui pardonner d'avoir parlé trop librement de ses désordres. Tous ceux qui ti-étaient rendus coupables du même crime tremblèrent d'éprouver le même sort. Ils engagèrent dope Narsès à résister au vainqueur de Rome et de l'Affîqhe , et l'exhortèrent à s*cmparer du commandement y disant que la délivrance de Rimini lui en donnait le droit. Narsès, vaincu par leurs flatteries 9 abandonna , quoiqu'à regret , le siège d'Urbino; quitta, dans la nuit, son collègue, enimenant avec lui les Hérules et dix mille soldais, tant Romains que Barbare;^, pour aller à la conquête des provinces £miliennes. Bélisaire, avec le peu de troupes qui lui restaient, vint à bout de réduire Urbino et quelques autres villes qu'il assiégea successivement. Au bout de quelque temps ^ Narsès fut rappelé ^ les dissensions s'étei-
illOTOIRB Dt BÀ8-BMPlEfe. ^^^
|;hirent; mais cet intervalle avait laissé aux Gothtf le temps de reprendre des forces ; la conquête de Milan et l'invasion du nord de Tltalie par les Francs , furent la suite de ces troubles. Théodebert, roi d'Auslrasie, l'un des plus vaillans princes Mérovingiens , avait été gagné par les présens des Goths, et leur avait promis secrètement son assistance; en effet^sans queXhéodebert parut avoir été consulté^ dix mille Bourguignons vinrent se {oindre à Yitigès, qui faisait le siège de Milan. La ville fut prise et rasée après une résistance opi* niàtre qui ne céda qu*aux atteintes de la famine. Théodebert , encouragé par ce succès, se déclara ouvertement et descendit Iui-*mème , k la tète de 8on armée , dans les plaines d'Italie y en 559. Là Ligurie fut dévastée par Les Francs > qui se nxontrèrent aussi terribles 4 leurs alliés qu'à leurs ennemis. Mais la dyssenterie , qui fit des progrès rapides dans leur armée, contraignit Théodebert d'écouter les sages exhortations de Bélisaîre ; il se retira, et sa mort , qui eut lieu peu de temps après à la chasse, acheva de débarrasser l'empire d'un ennemi redoutable.
Vitigès se trouva cerné dans Ravenne , dont les fortifications résistaient à tous les assauts ; pour le réduire, Bélisaire préféra le tnoyen lent miais certain, de la famine. Pendant le blocus, il vit arriver deux envoyés de Constantinople , porteurs d'un traité de paix signé par l'empereur
^49 mSTOlKE DU BÀS-BMP1BB.
Justiaien^quicëdaitlespaysau delà du Pô au successeur de Théodoric, à qui il laissait également le titre de roi. Le général, malgré l'avis de tous ses officiers, qui avaient signé une déclaration dô l'impuissance où ils croyaient desesoumettre;Ra« venue, refusa de souserireèqe traité, et se chargea hardiment des risques de sa. désobéissance. Il annonça qu'il voulait conduire Yitigès enchaîné aux pieds àè* l'empereur. Les ^olhs, étonnés de sa fermeté» éblouis par sa gloire et par ses succès, et dégoûtés d'un roi au:i traces de qui semblait s!aitacher un malheur opiniâtre , offrirent au nouvel objet de leur admiration de l'aider à moa*« ter sur.Ie trône dltalie et à se rendre indépendant de l'empire* Bélisaire, sans se lier par un serment^ eut l'adresse de leur faire accroire qu'il consentait à- leurs désirs. Au mxm de décembre 539 , les portes de Ravenne s'ouvrirent pour le prétendu roi d'Italie, qui commença par s'assurer la vilte avant que les Goths fussent revenus de leur surprise. Yitigès fut gardé à vue , quoique traité avec les plus grands égards, l'élite de la jeunesse enrôlée au service de l'empire, et la soumission de Ravenne entraîna ine»tôt celle des autres villes et des bourgs d'Italie.
La jalousie de l'empereur contre Bélisaire se réveilla de nouveau ; il rappela ce héros , qui s'embarqua à Ravenne avec ses prisonniers et son butin. JusUiiien reçut Yitigès et sa femme avec
HI8T01BS DU BAS-IHFXIE* ^49^
tme louable courtoisie ; le ci-devanf roi des Gothf ayant renoncé à rarîanisme, reçut de riches pro-r priétés en Asie avec les titres de patricien et de sénateur. Mais le vainqueur de l'Italie ne put obtenir le triomphe qu'il avait si justemenf^érîté; cependant les applaqdîssemens du peuple et des soldats raccompagnaient par-tout où il paraissait ^.Sd valeur, sa prudence- et sa loyauté, à l'égard d'un maître ingrat et sôupçonuewt*, en auraient fait un être au dessus de l'humanité , si des faiblesses domestiques n'eussent terni, la gloire du héros. Son aveuglement à l'égaffd de sa femme Antonine , qui se livrait ouvertement aux plus honteux désordres, et l'ascendant qu'elle avait pris sur son esprit, si junte et bi éclairé, sont un de ces problèmes qu'offre l'étude du cœur humain et qui délie tous les calculs delà philosophie. Cette femme, fille d*une comédienne de mœurs infâmes, avait été alternativement la oa-» marade , l'ennemie et la favorite de l'impératrice Théodora. Elle avait eu, d'un premier mariage, un fils qui servit avec distinction sous son b.eaupère , et qui., se voyant en butte aux persécutions d'une mère dénaturée, se ligua avec ce dernier, à qui il essaya de desciller les yeux afin de l'enr gager à réprimer des dérëglemens qui le blessaient dans son honneur; il poursuivit avec acharnement Tamant favori de sa mère, mais celle-ci ayant fait intervenir l'impératrice, Bélisaiie eut
Sl5o BISTOtEB DI7 fiiS-Ettl>tIff<
la lâcheté de se réconcilier avec sa femmes ié tolérer son commerce avec ramant , qu'il délivrai lui-même de la captivité où le retenait son beaufils 9 et d'abandonner celui-ci à la vengeance de cette mère cruelle ^ qui lui' fit expier, paries tortures et par la prison , Timprudeiice qu'il avait eue de se déclarer contre elle. Au bout de trois ans 9 il parvint néanmoins à s'échapper de se* mains 9 embrassa l'état nionastique, et nous le voyons ensuite figurer , sous le nom de l'abbé Photîus, daus les annales de l'histoire ecdésias^ tique de l'Egypte.
Avant la campagne d'Italie, Bélisaire avait en^ couru la disgrâce de l'impératrice et celle de l'empereur. Sur le bruit delà mort de ce dernier, le général ayant fait connaître sa pensée avec l'imprudente franchise d'un soldat , il n'échappa au sort d'un de ses collègues, coupable de la même faute , que par le crédit de sa femme et l'influence de sa renommée colossale. Une amende énonne fut levée sur ses biens. Lorsqu'il partit pour l'expédition d'Italie, ses amis étaient persuadés, ainsi que le public, qu'il saisirait cette occasion pour se venger de soa ingrat souverain ; mais ses amis et le public le connaissaient mal ; il ne dévia {amais des principes d'honneur et de fidélité, qui étaient la règle de sa conduite. En dernier résultai, les exploits de Bélisaire furent plus brillans qu'utiles à l'empire , qui n'en retira
BtSTOlRB PtJ BAS-EMPiUt. SSl
aucun avantage réel; en vain fit-il revivre un ins^ tant les beaux jours, de Fancienne Rome , la nation , trop corrompue et entraînée dans sa décadence f retomba sur elle-même et s^affalssa comihe auparavant; toutefois , il n'en faut pas moips admirer le grand homme qui était parvenu à lui rendre une lueur d^énergie, et qui, avec de faibles moyens, avait opéré de si grandes choses; les succès qu^il obtint sont d'autant plus glorieux qne les forces régulières de rempire^qui, dans un temps, s'étaient élevées à six cent quarantecinq mille hommes , n'étaient plus guère que de cent cinquante mille sous Justinîen, encore se trouvaient-elles disséminées sur plusieurs points sur mer comme sur terre , en Espagne, en Italie, en Afrique, en Egypte, sur les bords du Danube, le long des côtes du Pont-Euxin et sur les froh« tières de la Perse. Le soldat, très-mal payé, recevait, pour l'indemniser, la permission de piller et d'assouvir toutes ses passion» ; à défaut d'une armée nationale, on employait des barbares indisciplinés et saiis foi; les chefs, au lieu' d^avoir le bieu public en vue, ne songeaient qu'à s'entre nuire et à. s'entraver réciproquement leurs dispositions. L'honneur milifairè n'existait plus' nulle part si ce n'est chez Bélisaire et chez Teunuque Narsès. L'empereur, timide quoîqu'ambitieux, descendait à l'artifice et aux flatteries pour semer la division parmi ses ennemis, tan-^
a$it^ B18T0IUE hV BAS-EUnEB.
dî9 que. là patience ^vec laquelle il supportait leurg iqsuUes les encourageait à leç réitérjer. Pendant que Bélisaire soumettait Garthage^ Rome et Ravenne^ les Persans faisaient trembler Justinîen - ,Biur son trône; .Antîoche était détruite par eux, et ils menaçaient la capitale de l'empire.
Les Goths, en rassemblant toutes leurs forces contre Bélisaire , avaient abandonné les rives da Danube ainsi que les provinces, de . Pannonie et de Norigue. Les Gépides, qui, depuis. la mort d'Attila» occupaient les montagnes de la Transylvanie et de la Haute-Hongrie , se hâtèrent de venir s'emparer des forteresses vacantes; leur^ étendards flottèrent sur les murs de Sirmium, et de Belgrade; ainsi ils bravèrent Justinîen-; mais ils mirent le comble à l'outrage en lui adressant une apologie - dérisoire dé leur conduite. « Vos états » sont si vastes, vos cités sont en si grand nom- » brcy 6 Gésarl que vous n'êtes occupé qu'à cher- » cher à qui vous devez abandonner vos.posses- » sions Inutiles; c'est pourquoi les Gépides, vos » braves et fidèles alliés, sont allés, au devant de «^ vos dons 9 vous montrant, de la sorte., combien p ils comptent sur votre générosité. > L'empereur., au lieu de venger lui-même son injure et celle de ses sujets, invita un peuple étranger à se charger de ce soin ; pour s'opposer à l'invasion des Gépides ,^ il appela les Lombards à son aide.
Les Lombards, dont le nom dérive de l'épi*
R18T0IEB PV >A.S-SV9IR8. 3 55 '
thëte de Longohards , que leur avait valu la longueur de leurs lances , descendaient d'une nation barbare, qui, du temps d'Auguste et deTrajaa, habitkit entre TOder et l'Elbe. Ce peuple, d'abord peu nombreux, s'était accru par l'adoption de ses esclaves, et avait toujours su conserver 'son indépendance par sou héroïque valeur. Dam le mouvement général qui précipita sur le midi tout le nord de l'Europe , les Lombards s'étaient insensiblement rapprochés du Danube ; mais , depuis qtiatre ans qu'ils avaient transplanté leurs
demeures, ils n'avaient rien changé à leurs mœurs sauvages, les Hérules , qui occupaient la Pologne méridionale, ne purent résister à ces farouthes étrangers, qui, à' la requête de Justinieïi, passèrent le Danube et vinrent s'établir dans la N^orique et dans la Pannonie. Leurs excursions furent souvent fatales à leurs alliés dont ils violaient le teMtoire sans le moindre scrupule. Petidâi&t trente ans ils soutinrent la guerre contrelesC^épîdes et finirent par les expulser; près de quarante teille Lombards périrent dans la seule action qui anéantit la puissance de leurs adversaires , changea l*objet des craintes de Justinien et fit connaître les t'alens de cet Albin qui devait un jour conquérir l'Italie.
L'empire eut à se d^endre contre des ennemis bieti plus redoq tables que les Gépîdes; plus' d'une fois iWe tit au moment de^uccomber pendant
^54 B18T0I&B DO Bi8-*ÏMP»K.
les invasions des Bulgares et des Esclavons, établis dans les plaines de la Russie , de laHLythuanie et de la Pologne. Afin d'arrêter au passage tous ces peuples qui accouraient du nord , Justinien avait recherché Tamitié des Âutes , qui occupaient la Yalachie et la Moldavie; mais 9 soît qu'ils S6 souvinssent qu'il leur avait auparavant témoigné de la méfiance en faisant construire plusieurs forteresses à proximité dé leurs fron* Hères, soit qu*il ne leur fut pas pQssible de résîs^ ter^ ils ne tentèrent pas de s'opposer aux progrès dés Barbares. Les Bulgares furent les premiers qui traversèrent leur territoire; vinrent ensuite les Esclàvons» qui obtinrent comme eux, à prix d'argent, de traverser le pays. Ces incursions, qui se renouvelèrent tous les ans, durant un ass^!^ long intervalle, étaient toujours accompagnées de ravages et de dévastations, mais aucune d'elles n'avait présenté un caractère aussi alarmant que la grande invasion des Bulgares, qui eut lieu au moment même où ia prise de Rayenne terminait Ja campagne d'Italie, si glorieuse pour l'empire. Us couvrirent alors tout l'espace qui s'étend des faubourgs de Constantinople au golfe d'Ionie, et emmenèrent cent vingt mille captifs. Dans une autre expédition , ils pénétrèrent en Asie d'où ils firent un butin immense , tandis qu'un de leurs paMTtis, qi^l.ayait passé les Thermopyles , ravageait iiftthme 4ç Corinthe et détfuisait tout ce qui res«
BisTOiai DU bas-biifulb. a5S
lait de Tantlque magnificence de la Grèce. Sur un autre point, trois mille EsclavonSy divisés em bandes , ayant défait les forces qu*on avait cher* ché.à leur opposer, mirent au pillage les villes dé la Thrace et de Tlllyrie. Enfin , leurs brigandages 9 suivant le rapport des bistoriens, enle^ raient annuellement à l'empire deux cent mille de ses habitans..
Ce fut à répoqne oh avaient lieu ces irruptions
successives, que Texistence des Turcs fut révélée
A TEurope. Ce peuple belliqueux habitait, dans
Torigine, au centre de TAsie » les montagnes d'AK
lai, soumises à l'autorité du Jiban de Geougen;
li sa principale occupation était de forger le (er
que fournissaient en abondance les mines du
pays « et d*en fabriquer des armes pour le service
4e son maître. En 545, Bertegena» Tun d*eux,
ajf«nt engagé ses compatriotes à profiter de leur
industrie pour s'armer eux-mêmes et conquérir
ieur indépendance, ils soutinrent, contre les
iribus voiiBines, divers combats dont ils sortirent
4ou jours victorieux. Tant de bonheur inspira à
leur chef l'audace de demander en mariage la
lille du Lhan, qui la refusa avec mépris à celui
qu'il regi^rdait comme son esclave. Bertegena ob*^
tint alors )a main d'une princesse de la Chine ;
mais, quoique de spn côté son ambition fut sa*
lisfaite, il n'oubliait pas l'affront qu'il avait reçu
4u khan et il ne tarda pas k s'en venger par l'ci^
s 56 ' HISTOIRV DU »Â9-EMPfEE.
tehninatioD totale de la nation dos Geôugens. Dèi ce moment, les Turcs, maîtres de la Tartane , portèrent au loin leurs armes victorieuses; en peu de temps ils étendirent Jeur domination depuis le Kamtsehatka, au nord, jusqu'aux rives de l'indus, au éiidi ; à l'est , ils n'étaient bornés que par la Chine^ et à l'Ouest, ils s'avaiicèrent jusqu'à la vide de Bosphore, appartenant à l'empire, et en firent le siège. Il eut été difficile à un seul de régir de »i vastes états , Bettegena y établit troîè pidnces de sa famille, qui devaient gouverner en son -notn, mais ceux-ci ne tardèrent pas à s'affrafichir de son autorité; insensiblement le hixe énerva* lès conquérans, et les peuples conquis parvinrent à recouvrer leur indépendance. Les progrèis des Turcs furent interrompus pendant près de deux siècles, après lesquelsjls reparurent avee un nouvel éclat.
Parmi les nations qu'ils avaient soumisses, se trouvaîéotles Onigouros, dont le chef périt dans la bataille qui décida du sort de ses sujets. Ting^ ittiHe g;fieFriers, qui-survécurént à la destruction de leur tribu, préférant l'exil à la servitude, s'atancèrent le long du Volga en se faisant passer pour une tribu des Avares , pedple qui , après ^v<>iF rendu son nom formidable , avait subi , comine bien d'autres^ le joug des Turcs. Arrivés «tt pied du tnont Caucase , dans le pays des Alains ^ckdes Cireassiensi ils entendirent parler, pour la
H19T0I&B DU BAS-EMPIAB. 25 J
première fois, de la splendeur apparente de Yexq^' pire de Con^tantiuople et de sa faiblesse réelle. Ils obtinrent du gouverneur d'une ville frontière la pera;iiS8ion d'envoyer un ambassadeur dans la capitale de Tempire. L'imprudent Justinien accepta s^ns balancer TofTi^ de ces inconnus de s'eu^rôler à son service moyennant une rétribution annuelle et la coacession d'un pays fertile ou il3 s'établiraient. Un officier de. ses gardes accompagna l'ambassadeur , à son retour au camp <(ës Avares , qu'il engajgea par de riches présens à délivre» l'empire de ses ennemis. £n effet, en moins de dix ans> ce peuple eut réprimé les brigandages des Bulgares et des Esclavons ; il vint ensuite camper dans le voisinage du Danube où de l'Ëlbe. Son roi , <pii prenait le titre de chagan, affectait de tenir à l'amitié de l'empereur d'Orient, qui se laissa prendre à ses protestations spécieuses, jusqu'à ce qu'un de ces barbares fut venu révéler dans quels desseiqs secrets ses compatriotes avaient recherché l'alliance d'un état qu'ils comptaient envahir à la première occasion favorable. La cour de Bysance profita de cet avis pour se mettre en garde contre eux.
Vers la même époque, un ambassadeur vint, de la part des. Turcs ^ proposer à l'empereur de se liguer avec eux contre le roi de Perse. En se présentant, devant Justinien, il fit l'énumération des cot^qu6tes et de la puissance de son mattre
Il "
258 HISTOIAfi BU BAS-EUPI&C.
Dîsabul , et demanda , en 6on nom y que le souverain de Constantinople cessât de protéger les prétendus Avîires qui n'étaient que des rebelles fugitifs. L'empereur renonça publiquement à ralliance des Onigours , et envoya un de ses ministres porter, au fond de la Tartarie, son consentement aux propositions de Disabul. L'ambition de Chosroês entretint l'union des deux états, qui 9 sans Tobligation de réprimer les desseins d'un voisin dangereux, auraient été aussi peu disposés l'un que l'autre à respecter la fol des trailés,
Chosroês , autrement Noushirvan , était troisième fîls de Cabades, qvii, dans Tannée 503, avait porté la désolation sur le territoire de l'empire, Soumis Martyropolis, détruit Théodosiopolis, et surpris, après un siège de trois mois, là ville d'Amida , dont les malheureux habitans furent presque tous massacrés. Cabades avait une partialité marquée pour ce Jeune prince, eu faveur duquel il comptait renverser le droit de primogéniture établi pour la succession du royaume. Celle même prédilection l'avait porté à désirer que son Gis fût adopté par l'empereur de Cons-* tantlnople. J^stjn, qui régnait alors, y avait consenti, et Chosroês était déjà arrivé sur les bord« du Tigre quand il reçut l'invitation de rétrograder, le questeur Proclus ayant fait entendre à l'empereur que cette adoption pourrait , par la suite ^
BISTOl&B DU BA8EHPIBE. sSq
fournir un prétexte pour élever des prétentions 4 l'empire. Cet affront était de nature à n'être jamais oublié 9 et Chosroês le prouva, lorsqu'après la mort de son père , un parti puissant Téleva sur le trône de Perse au mépris des droits de ses deux afilés y qui 9 par leur mort , ordonnée sur la vague supposition d'un complot contre leur frère , expièrent le tort d'être nés avant lui. Chosroês , ayant affermi au dedans sa puissance par un crime 9 s'occupa de ce qui se passait au dehors. La Perse faisait la guerre contre Constantinople 9 il jugea à propos de la continuer ; mais Justioien 9 voyant à quel ennemi il allait avoir affaire , préféra acheter la paix à prix d'or ; la démolition de l'importante citadelle de Dara , qui inquiétait les Persan^ par sa force et sa position , fut arrêtée , et il fut convenu que le général de l'armée d'Orîcnf ne l'occuperait jamais. L!cmpereur mît à profit cet intervalle de paix , qu'il avait pbtenu en sacrifiant à la cupidité de Chosroês les dépouilles de Carthage. Mais quand le monarque persan apprit qu'en trois campagnes iteuleikient Béiîsaire s'était emparé de la Sicile 9 de l'Italie et de Rome, rien ne pût égaler aa surprise et ses alarmes, si ce n'est le dépit qu'il manifesta. Jaloux et irrité de tant de triomphes, il engagea Almondar, l'un de ses vassaux, qui dans ce moment était en guerre avec une des tribus alliées de Tempire, à •nvahir la Syrie. Jqstinicn, au lieu de repousser.
par la force, les hostilités d'Almondar, chercha à le 4étaoher de Cbosroês , et appela les nations éloignées de la Scythiç et de TÉthiopie, qu'il invitait à s^emparer des provinces appartenant à la Perse. Aussitôt les Goths et les Arméniens adres-. fièrent leurs plaintes à Chosroês, et lui demandèrent de les protéger. « L'ambitieux Ji:istinicn , dirent-ils, aspire à la domination .universelle. N'a-tril pas violé les privilèges de TArniépie et riudépeqdance de la Colchide? Ne s'est-il pas emparé des froides régions où se trouve la ville de Bosj^ore et des vallées délicieuses où crott le palmier au bord de la mer Rouge ? Les Maures, les Vandales, les Goths, out courbé suc* cesslvement leur tète sous le joug de cet oppres* seur, et l'on a vu tous les peuples étonnés demeurer immobiles au spectacle de la chute de leurs voisins , sans songer que le même sort leur est réservé tôt ou tard. Roi de Perse^ ne laissiez pas échapper l'instant favorable ; tandis que les forceii de Justinien et le héros qui les commande, sont au loin occupés dans les contrées . d'Ocddent , l'Orient est sans défense. Mais si vous hésitez , si vous attendez trop tard , Bélisaire accourra • des bi rds du Tibre sur ceux du Tlgre^ et la Perse n'aura que le triste avantage d'avoir survécu quelques jours aux autres nations. » Un prince ambitieux n'avait pas besoin de ces argumens pour se décider;
RISTO^RB IH7 BAS-ESIPIAB. 26 ]\
Cbosroês promit aUx supplians d'aller en per« soqne combattre rennemi qu'ils redoutaient. Il •'avança donc^ en côtoyant la rive occidentale de TEuphrate , et pénétra dan« le cœur de la Syrie , ne rencontrant aucun obstacle qui pût arrêter ses pas pu lui procurer l'occasion d'une vie* toire. Hiéropolis, Alep, Apamée et Chalcis, furent tourrà-tour assiégées et offrirent une rançon considérable pour^eur délivrance. Âutîdche avait été renversée par un tremblenient de terre ; mais Théopolis l'avait remplacée, et Justinien s'était plû à favoriser ses progrès par sa libéralité. Cette ville fut également investie; un instant elle crut échapper au sort des autres 9 parce que six mille soldats > envoyés à son secours, venaient d'entrer dans ses murs ; mais , au moment où les Persans appliquaient leurs échelles pour monter à, l'assaut, la garnison prit la fuite par la porte oppoihée, et Théopolis, sans défense, fut livrée aux flammes et presqu'entièrement consumée. A six lieues d'Antioche, le fleuve Oronte se jette dan9 la Méditerranée , le fier Chosroês s'avança jusque là^ et après s'être baigné dans la mer, il offrit un sacrifice au soleil dans ce lieu qu'il regardait comme le terme de ses conquêtes. Il reprit ensuite le chemin de l'Ëuphrate, emportant avec lui les dépouilles de la Syrie. La Palestine et les richesses de la cité sainte devinrent l'objet de «on ambition , qni aspirait également à la posses-
^62 BISTOIBB DV BAS-EMPIElL
sioD de Constantinople et du palais des Césars. Le vainqueur de Tltalie fut rappelé en Orient pour s'opposer à ces progrès. Tandis que Chosroës parcourait les côtes de la mer Noire 5. Bélisaire alla camper au delà de r£aphrate à deux lieux de Nisîbe. Son projet était de forcer les Persans à en sortir, mais la désertion des Arabes, qu'il avait envoyés pour ravager la province, l'obligea d'y renoncer. Après la prise de la citadelle de Sisaurane, il reçut l'ordre de revenir à, Constantinople; cependant on lui rendit le commandement l'année suivante , quand les succès de l'ennemi firent sentir combien ses talens et sa réputation étaient nécessaires au salut de l'empire. Il obligea les généraux qui s'étaient renfermés dans les murs d'HîérapoIis , à le suivre, et ayant rassemblé toutes les forces dont il pouvait disposer, il alla prendre position sur les bords de TEuphrate. ^Son attitude menaçante empêcha Chosroês. de s'avancer dans la^ Palestine, comme il l'avait résolu; redoutant le sort d'une bataille dans un pays si distant de ses états, ce prince se hâla de repasser l'Ëuphrale. L'adroit Bélisairq accéléra la retraite des Perses en feignant de vou* loir s'y opposer. Lorsque ce général fut obligé de retourner en Italie, on eut occasion de s'aperce* voir du préjudice que causait son absence , car quinze généraux qui lui succédèrent au commandement, furent défaits dans les montagnes d'Ar-
DtSTOUUS DU BIS-EMPIRB. a6S
ménie^ avec une armée de trente mille hommes > par quatre mille Persans. Mais les villes' d^Ëdesse et de Dara résistèrent aux ennemis , la famine arrêta le cours des hostilités , et Chosroês tourna ses efforts du cdté de la Mîngrelie.
Ce pajS; autrefois soumis au proteetorat de
l*em^îre rondain , s*en était dégagé peu à peu à mesure que celui-ci s'affaiblissait graduellement ^ et avait 6ni par tomber entre les mains des Lazi*, qui avaient donné leur nom à ce royaume. Le roi des Lazis reconnaissait la suprématie de la Perse et recevait d'elle sa couronne sans que les empereurs revendiquassent un privilège qu'ils auraient été en droit de réclamer. Mais sous le règne de Ju^^tin , l'influence du christianisme changea la face des choses. Zathus , qui avait recule diadème du roi dé Perse , rejeta la religion des mages et vint se faire baptiser à Constantinople, où Tempereur le confirma dans sa royale dignité , et prétexta l'intérêt de lareligion pour reprendre son ancienne autorité sur la Mingrelie'. Cette nouvelle alliance ne fat pas de longue durée; Tambîtion et la rapacité de la cour de Bytance la rompirent bientôt ; l'empereur y ayant fait construire à Petra une forteresse qui domi* naît une partie du territoire des Lazis 9 leur pàyii en souffrit^ le commerce fut entravé, et le prince Gubazes , qui régnait alors , ne posséda plus qu'une ombre de royauté que lui laissaient les
%GA BlSTOIRB DO HAS-EMPiaB.
agens de Jagttmen. Son peuple 9 indigné 9. implora le. secours de Ghosroês, qui ^'.avança en silence par les défilés du mont Caucase. Petra capitula et Gubazes fit hommage de son sceptre au monarque persan. Mais les, Ls^zis reconnurent bientôt que le nouveau maître qu^ils s^étaient donné était un tyran jeocore plus. rigoureux, quç Tancien. L*in tolérance des mages devint insupportable à une nation chrétienne. Chosrês, qui s'aperçut des progrès du mécontenteiuent^ avait déjà tout disposé pour faire assassiner le roi et transférer ailleurs les habitans^ lorsque ceux-ci s'adressèrent à. Justinieii 9 qui accueillit Tassurance de laur repentir , et envoya Dagistée pour les délivrer des Persans.
Ce géiiéral entreprit aussitôt le siège de Petra « Cette ville se trouvait située sur une montagne escarpée; le roi de Perse ^ depuis qu'il s'en était reudi\ maître y avait encore ajouté aux fôrlifîca* tions élevées par Justiuieu ; on y avait formé des approvisionnemens pour cinq ans , et quinze cents Persans 9 qui y étaient renfermés ^^ repoussaient vigoureusement les assauts réitérés des troupes impériales. Déjà le nombre des guerriers assiégés était réduit à quatre cents , et plusieurs brèches avaient été faites à la muraille ^ quand up repfort de trois inille soldats entra dans la place ^ aussitôt les brèches furent réparées et 49 fiATl et d'autre on recojpmeiiça à combattre avec
BISTOIEB W BAS-EHPIEB* ' a65
UM nouvelle ardeur. Les assiégeans plauteni leurs échelles; Bessas, leur chef» vétéran septuagénaire » y monte le premier et «accombe» maïs se»«oldats jurent de le venger 9 ils s*élancent duns hi ville avec impétuosité, tout tombe devant leur courage et la supériorité de leur nombre , et , malgré les prodiges de valeur de la garnison 9 ils se rendent maîtres de la ville; la plus grande partie des^ Persans avaient péri ou pendant le siège ou dans cet assaut ; sur sept cent trente prisonniers que les vainqueurs firent ce jour-'là, il ne s*en trouva que dix-huit qui n'eussent pas été blessés; cinq cents hommes qui restaient dans la yllle» allèrent s'enfermer dans la citadelle y où ils rejetèrent la capitulation avantageuse qu'on leur proposait, et devinrent la proie des flammes, Cbosroês, ayant rassemblé une nombreuse armée f l'envoya en Mhigrelie. Cette masse d'hom^ mes dévora bientôt toute la subsistance des habitans, et les troupes de l'empire se virent oblijgées de se retirer peu à peu vers le rivage de la mer^^4où elles se construisirent un camp entouré par de4forts retranchemens et défendu par la rî- .vière Phasîs j^ le Pont-£uxin et une flotte asses considérable. Les Persans essayèrent de le^ y fpr- Cj^r» mais ils avaient affaire à des gens que le désespoir avait rendus invincibles»; et jfurenthon^ jteusement repousses avec une perte considérable. Çfaosroês , alors renqn^ à poursuivre cette gçier-
à66 SiSTOliSE I>lî BÀS-EMPIEtE;
ftiy TcMpéiieRce lui ayûut détnonlré qii^il est îtn^ piodsibie de soumettre ttne contrée éloignée sarm le secours de ses habitans. ta -fidélité de Gubazes était sortie victorieuse de tofites les épreuves; elle avait résisté a ax pk^dmesses et auj: séductions de la cour de Perse; mais il osa se plaindre des <^cier» de Justinîen , qui traitaient des alHés avec ilftoins d^'é^rds que leurs ennemis. Le lang;age de la vérité fut regardé comme une insulte,. et Gu-^ bazes fut poignai*dé dans une conférence amicale où il s'était rendu sans méfiadce, d'après un ordre éqpivoque émànjé de la coilr de Gonstanti'» uople. .
Après bien des négociations et des bosttlités, J«istinien et Ghosroês y tous deux au déclin dé rage et fatigués de la guerre, conclurent un traité qui laissa respi|^r leurs sujets pendant cinquante ans; mais le roi de Perse, dont la puissance s'était accrue avec la faiblesse de Justînien , sut forcer sc^ii rival, en retour de Tabandôn qu'il' fit de dbs droits sur Gholchos, au payement anûu:^ de €mite:ttiille pièces d'ei*, somme trop Éaodr(|tie pour n'dtré pas regardée comme un tribut hu** miliAnt. ^'empereur y consentit; il vo^Àit son ad- Yersaité vainqueur des rebelles de rHyrCanie, jliâ^lre il^s>bol^s de Tlndu^et des contrées fieir^ file» de'l^Ârabie^Heureuse; il trenibla d^a^outér otiboM à ijA If stb nomëreuse de ses cotiiquétes , eï subit le joug de la tt'éipessité* • *
, ■ On a 'g;étiéi'aléihcnl re^iioché à Jusliniéh d'à- TOir recherehé'ralUance des Éthiopiens; de» nègres sauvages, a»t-ob dit, ne deraient pas être appelés au seio des nations civilisées. Ce reproche n est pas fondé ; les peuples de PAbyssinie ne doivent pas être confondus , à' raison dé leurs traits 6t de la couleur olivâtre dû leur teint, avec les originaires d'Afrique ; il est plus probable qu*ils descendent dVne colonie d*'Araber'quï se sera établie dans cette province. Ils étaient chrétiens, cultivaient lés sciences qu'ils avaient importées d*Égyptc , et leurs vaisseaux avaient étendu leur commerce ffisqu'à l'île de Ceylah. Jtistinien jugea donc que l'alliance d'un peuple dont le négus ou chef commandait à sept royauisiés, n'était pas à dédaigner. Son projet était, non-seulement de déchaîner contre la Perse un ennemi putssavit, mais encore de lui enlever le monopole ducom-' mercc des soies. Jusqu'à cet empereur, la fabrication de cette précieuse marchandise apporteliait exclusivement à la Chiné, qui seule pôssé-^ dait les vers à soie. * Deux miasionnaircs, qui avaiebt porté dans ce pays la connaissance de l'évangile , conçurent le projet d'introduire la soie en Europe. Encouragés par- les dons et les proteie88esdeluBtinien,ils i^etournèrenten Chine et en rapporfèrent, dans leci'eux d'ùtie canné. les œuûi de TinsectB qui produit la soie^ ainsi ifkp la connaissance des procédés nécessaires
&68 BISTQIlfi ni; BAS'GMFHIC.
pour rélever. Gonstantiaople fut bientôt en état (le rivaliser avec la Chine : ce fut pour »ù procu^ ter le débouché de «e produit que J.ustînien chçjr" chait à 8*às8ur^r des Éthiopiens. Ses^auibassadeurs durent très-bien reçus, mais sa proposîli«^n d*un traké de oonttnerce demeura sans réponse^ et celle d^une guerre contre la Perse ne produisit que des menaces sans résultat réel* Le souverain d'Kthiopie, incapable de défendre ses propres états , ne pouvait songer à eavafair ceux des autres^ Les Éthiopiens furent chassés, de TAsie; cet ë-vènement, qui paraît d*abord de peu d*imporfancc , prépara les progrès du mahométisme , qui aurait été étouffé presqu*en naissant, si TArabie avait pu lui opposer une nation forte et chrétienne > à ces innovations politiques et reli^ gîcuses dont Tinfluence a bouleversé le monie entier.
Jusfînien envisageait, dans ses eonquètes, aiv tant le profit que la gloire. Sur les pas de Bélisaire marchait un ministre de Femperéur, dont la.
nat^ssion élait de lever sur la» peuples vaincus dea contributions énormes^ sans égard pour les plaintes âé ces malheureuses victimes de la guerpe. Son insatiable avarice fut enfin punie par la sédition de Tannée d'Afrique. Plusieurs soldatsi, qui avaient épouaé les veuves et les fiMes des Van^ dales, voulurent défendre leJ propriétés que Gen- .série avait autrefois iissigaécs ji ses troupes et qui ^
niiaîâ tenant étaient devenues leur héritage, Len llérules, qui presque tous professent l'arianis^. me , et ne voyaient qu'à' regret le triomphe do» orthpdoxes, se joignirent auic mécontens. Quatre cents Yandales, que Bélisairé envoyait en Orient pour les enrôler au service de l'empire» s'étant emparés des vaisseaux sur lesquels on les avait embarqués, abordèrent sur une côte déserte de l'Afrique où ils levèrent l'étendard de l'indépendance. Pendant c« temps, Carthaj^e était attablée par une armée de rebelles; la vie de balodoion' eourut les plus ^ands dangers, la ville fut misef au pîttage, et le gouverneur se sauva en Sicile avec sept de ses amis. Huit mille insurgés, assemblés dans les plaines de Bulïa, élurent, poup chef, Stoza , qui était un simple soldat, maiii qui était dbiié d'un courage à toute épreuve et â*une éloquence irrésistH>le :■ ce dernier talent lui fut utile aprè» sa dé&ite par Bélisaire et par le neveu de l'empereur; il séduisît l'armée romaine' dont les chefs, qui se reposaient sur la foi de ses promesses, furent massacrés par son ordre- après avoir épuisé toutes les ressources de la perfidie et de la force ouverte, Stoaa se retira dans len déserts de la Mauritanie , épousa la fiUe d'un prince barbare, et fit courir le bruit de sa mort pour échapper aux recherches de ses ennemis ; cependant les progrès du mécoutement public l'ayant engagé à reparaître de nouveau , il vint
a^O BISTOiRB 0<l -B^S- EltPIAfi.
ba( i^qguliev; en ei^pii^aa^, jl^s^appilaadit.dQ ce que «flQ autfigQtiif^e^ perc^ d^ sa maia, ueliii survjvtait pas. L'exemple. de Sto^ ^nti^Spa <iaiin tbarisy quiifooieiita ujae . sédition parmi les gar-9 des a.'traila secrètement ai^ec les Uaui?es , et goun verna Garthage en despote pendant liante îours » après lesquels il fut poîgfiiai^déy dans un.S^tiii y parAnaban. Sa mort fit. rentrer Cajrthage.«ojua Tobéissanoe de l'emixereur^
Depuis la victoire rempértéepai'.Salomdfli sujp les Maures réfugiés sur les . hauteurs du.<nioni Aurase^ ces peuples t'étaient 90 uaiiB> à l'empire; mais ceKe soumisBidn , frai'l de la craiote 9. dc pouvait durer long^tentps. Ils -es^oiaicinl et <re»r pectnient Salomon $ ses deux neveux i» lCyr4& et Sergius, étaient, au contraire , l'objet . de J^ur haine et dé leur mépHs.^ Le dernier ay^q^fi^ii mépris des lois de Thospitaiité 9 fait massaei^er? h «a propre table , quatre-viogtt» députés 4'aM« 4c ^eurs tribus , un cri de vengeance retentit. iii$r <]u'au fond <keê vallées du moni AtiÂs. A cet.a^^ pei 9 la nation eniière se .leva sous le comiiPiaAdQr ment d*Antalas^ qui s'était précédemmentsif n^^^ contre les .Vandales^ Salomon , qui s'^avançat jp<>iir combattre cette. inâurrection^ fut étonné du nwh bre et de. l'aspect menaçant des, bataiUons enneiTiis; il leur proposa un'tralté, pffrantde s'engar
gcrpar les sermie»sleft[)Ius forts. « Quels serment
BlSTOU£ DU fiA8*£lli».I&E. S^l
>.fera-t-U?s*écriërjent les Maures Jodîgpés; )ure-^ 9 rar>>il sur FÉvangile, cç livre sacré des chrém » tieçâ? Mais ce fut sur ce n^i^me livre quç son t neveu engagea sa foi à nos innocens et malheu-
• reux frèrcF. Voyçu* donc, avant de nous, y fier » une seconde fois, sî leur Dieu punira le parjure
• et vengera Tlionneur de son livre. > Il le vengea, en Q&i^t 9 par la mort de Salomon et la dé-
route complète de son armée dans les plaihes de Tebasta. La [oie du. vainqueur ne fut pas de longue durée; de nouvelles troupes marchèrent à sa rencontre, et dix^sept princes maures périrent dans la môme affaire. Mats cette guerre fut enoore.plas fimeste à l'empicfl p.ar ha incursions des Maures sur son ^terrikoire. Si Vàu en eroit Pror Qope^ r.Afrique perdît, sous le gouvernement d^ Justinien , cinq millions d*habitans, et des conirées populeilS0s devinrent presque désertes.
LesGoths ,battuseu TtalieparBélisaire, avaient perdu leur roi, leur capital et deux cents niflle de leurs plus bravas soldats^ Mais Pavie, défendue par une garnison de mille hommes, résistait encore. Ceux-ci miretit à leur téteTotila, qui releva la gloire de sa nation , et conçut le dessein hardi de. reconquérir la couronne d'Italie. Vérone av^itété assiégée par les troupes impériales ; Le^ €he£s de Tarmée s'éfant arrêtés à quelque disr lance pour régler d'avance le partage du butin, il n^y avait "SOUS les murs d^ la ville que cent
a^a ^ BistouB DO BAs-eiiPiaË.
hommes de troupes auxiliaires y avec Artat>aze leur chef; les Goths qui ay aient d^abord pris la fuite^ s^aperçurent delà faiblesse de leur eunemiy et revinrent sur leurs pas» Àrtabaze et ses soldatsforent défaits, et Vérone resta aux Gothsi. Tôtila ayaiit ènsuire remporté sur les Romains une victoire éclatante, traversa le Pô, les Apennins, et vint mettre le siège devant Naple^. L'empereur envoya ui^e escadre et des troupes' au secours de la ville ; mais les défaites du commandant et du gouverneur de la Sicile où jsUcs débarquèrent , permirent à Tofila de s'opposer à leur marcbe.^ Naples fut obligée de se soumettre au vainqueur qui, s'étant rendu maftfé de la LucanlOf del^ Fouille et de la Calabre, s'avança jusqu'à sept lieues de Rome, et invita le sénat et le peuple à conriparer' la tyrannie sous laquelle ils gémis'^ saient, avec la douceur de la domination dts Goths.
Bépuis trois ans Tltalie était opprimée par onze chefs aussi dépravés les uns que les antres, et ses falabitans étaient réduits à n^espérer que dans les vertus du chef barbare qui venait les délivrer du joug des agens d*un gouvernement cor* rompu. La modération , la sagesse de Totila étaient conmies; ses amis et ses ennemis pouvaient également compter sur sa clémence et sur sa loyauté. Il fit raser les fortifications des villes pour épargner aux habitans les calamités iâsé*
parables d'un siège. Rarement les déserteurs eï les prisonniers romains ne se laissaient entraîner par sa douceur et sa libéralité à eutref à son service ; les esdaves étaient attirés par sa promesse de les protéger contre leurs maîtres , et il se vît bientôt à la tète d'un peuple nombreux qui ac* cdurut en foule sous ses drapeaux, et prit le nom de Goths, des mille soldats qni composaient à Pavie toute son armée.
Totila était un antagoniste digne de Bélisairc ; ee fut Bélisaire que Ton envoya contre lui, en 544* C)e général étant entré à Ravénne « avec des forces peu considérables 5 adressa aux villes Tordre plutôt Què rinvitatioû 9 de repoûssçr Tétranfg&t', Mais' il ne tarda pas à s^apercevoir que rattachement des provinces d'ttalie poiu* Vemgivé était détruit sans retour, et qu'il devait se résoudre à demeurer spectateur oisif des progrès de Totila. Il fît part à Justinieu de la situation des affaires et. de la position où il se trouvait, c S*il
• suffisait de Bélisaire pour terminer la guerre ,
* lui dlsait-il, elle serait finie; car Bélisaire est » en Ifalie ; mais , si vous voulez vaincre, il faut » quelque chose de plus. Qu'est un général sans k soldats ? Il me semble qu'on devrait me rendre w mes vétérans et mes gardes. Avant de comment B eer mes opérations, il faudra m'envoyer un f renfort' considérable de troupes; et ce ne sera « qu'à prix d^argent que nous pourrons nouapro*
3^4 BIl^TOItB OV BàS-EHPIAE.
» curer un corps de cavaUers huns dont le 8e<p p cours nous est indispensablexaeni nécessaire. «' 13 ne demande si pressante ne fut point écoutée. Béljsaire traversa la mer Adriatique pour aller attendre à Dyixachjum Tarrivée des troupes qui tardèrent long-temps à venir. Lorsqu*iEîfifin cll§^ furent toutes rassemblées, il s'aperçut qu'elles étaient en trop petit nombre pour délivBerRoyne. La route était couverte d'ennemis. Le général d^ Justinien sentit que la prudence lui défendait de courir la chance d'un combat; il préféra s^ rendre par mer des cdtes de l'Ëpire à l'embou* chure du Tibre. Rome était défendue par troi^ niillQ soldats conunandés par Bessas» dont l'avarice égalait la valeur. ïl profita de la longueur du siège pour se livrer à des spéculations lucratives ; leshabitans opprimés commençaient à sentie les atteintes de la famine, quand la nouvcHed^ l'arrivée de Bélisaire vint leur rendre respoir.: Ce général s'avançait i la tète de sa cavalerie qu'il avait fait débarquer dans le port. Son infanterie « ainsi que les bagages , remontaient le Tibre dans de grandes barques, malgré les chaîne», et les barrières qu'avait faitplacer Totila pour s'oppor ser à la navigation du fleuve. Rome, se mit i pousser des cris de joie et de triomphe. Rome était en effet sauvée» si Bélisaire n'avait pas été rontrarié par l'imprudence de ses o(Sciers. Il avait donné ordre it Bessas de sortir de la ville 5 ot
mSTOlIlS DV BAS-^BMPIAB. âr5
À. 9011 lîeulenant Isaao de ne pas quitter le port ; niais la cupidité retint Bessas à Rouie , et Isaac , victime dei sa témérité ^ siç fit prendre par un ennemi plus fort que luj.. Sur l'avis de cette défaite, Bélîsaire rétro^riida pour aller défendre le ^eul ppint dont il é^it mattre sur les côtes de Toscane. Le dépit qu'il en Qut, lui causa une fî^yre assez dangereuse > et Rome demeura san^ défense cpnjtre le courroux deTptila. La garnison était affaiblie et découragée par la disette ; quatre sentinelles livrèrent la porte remise à leur garde à Totila , qui entra danf la ville le 1 7 décembre 546. Bessas prit la fuite avec ses soldats y ainsi que les priQ€ipavi;K habitans. Le vainqueur a£-
cotda aux humnies prières ù^i'antmmacre l'£lage la vie des hommes etrbonneur des femmes; mais Il 8':emparades dépouilles les. plus précieuses » et abandonna le reste au pillage. Il fit aussi démolir le tiers des murailles de la ville.; il aurait exéeuté sa menace de changer Borne en un vaste pâturage 9 saps les : remoptraoçes de Bélisaire , qui l'invita à ne p^ se déshonorer par la destruction de ces monumens consacrés à la gloire des morts et aux plaisirs desxrivans* Ayant ensuite établi un camp d'observation aux- environs de Home » pour surveiller les mouvemens de Bélisaire , il se dirigea vers la Ppuille aveç^le reste de ses forces. Après le départ de Xotila, Bélisaire, à la tète de mille chtivauX) sortit du port, tailla en pièces
rcniKSmi qui s^opposait à sa duarche, entra dan'^ Rome , et arbora son étendard sur le sommet du Capilole (547). Il fit venir une partie de^cs troupes ; les habilans de leur côté s^empressèi'eiit dé iHHitrer dans leurs foyers; on répara les nlursâ la bâte y et les clefs de la ville furent envoyées pour la secondé ffnsk Jtistinien.Totila revint au bout de vingt-'cinq fours; ne respirant que vengeance; mais dans trois assauts cornséoutifs ses troupes furent repoussées par eelles de Béli^ire , et la puissance dé-Totila , élevée par la fortune des armes, s'écroula de la mèkne manière. L'empereur aurait dù seconder de tout son pouvoir les démarches de Bélisaire ; au lieu de cela , ce général reçut ordre de laisser à Rome une forte garnison , et d'aller en personne soumettre les Luca« nicn^ révoltés^ sans soldats-, sans argent, il se trouva exposé aut dangers d'une guerre sans gloire ; ce he fut qu'après la mort de ^impéra • triée, qu'Antonine put enfin obtenir son rappel. Après avoir si souvent échappé au fer de l'ennemi, Bélisaire fut en butte a^ poignard des conspirateuriK. Artaban , qui avait immolé l'usurpateur Gontharis, demandait pour prix de ce service la main de la nièce de l'empereur. Son orgueil s'oifensa du refus qu'il essuya. Il jura là mort de Justînien ; mais ses complices jugèrent convenable de ne rien entreprendre avant de s*élre défait de Bélisaire. Ce délai fut cause que
aiSTOIftB I>V »À8-SMPIftB« ^^7
V^n découvrit le complot. Un arrêt du sénat condamna à mort les conspirateurs; mais Justinîen leur (tt grâce, et se contenta de leur infliger une réclusion temporaire. Bélisaire, dont les nombreux services avalent toujours été payés d'ingratitude 9 4evint cher à son maître par le danger commun qu'ils avalent couru ; il reçut les titres de général de l'Orient et de comte du Palais. Joaopine , sa fille unique f fut fiancée à Anastase, ncv^u de l'impératrice, qui retarda, sous divers prétextes, la célébration du mariage; et après la mort de Théodora,cefut Antonine qui, sans avoir égard à Thonneur de aa fille , rompit avec éclat cette alliance 9 avant qu'elle eût été raJtifiée aux pieds des autels.
Béllsaire n*eut pas plutôt quitté Rome, que Totila revint l'assiégen Gomme la première fais , des soldats gagnés lui eu ouvrirent ies |K>rtes. Les Goths s'y précipitèrent en foule, la garnison qui prit aussitôt la fuite, fut cernée avant d'arriver au port de Gentuoicelle. l'otila fit son entrée dans la ville, en 549; mais ce fut avec des intentions moins hostiles; il apporta 1^. |Uus *grand soin, au contraire, à garantir .de« intiultes de ses soldats, cea édifices qui fàlnalejaM l!embellifiAemçi|t d'une cité qu'il regardait comme , \ix capitale de son royaume. Il étendit ensuite se(^ conquêtes dans des |)araf^s éloignés; la Sicile ,f. i^ Clor-se ,. la Sur daigne tonibèrent en sou poiAr .
a^B HI.^TOtBE DV BAS-CUPIBË.
voir, et trois cenls galères pot'lèrent là' terreur' de son noTn jusque sur les côtes de la Grèce. Cependant i loin de se laisser enivrer par tant de siiceèSyil ne cessa point de solliciter la paix, et de proposer un traité d^àlliance offensive et défensive avec Fempire : modération bien rare danii un' vainqueur, et bien digne d*élogés !
Justinien n'aurait peut être pas rejeté les avances d'un ennenii sf jgénéreux, sans les instances . du pape Vigile, quille somma, pouir aiiisî dire', de reconquérir Fltâlie. La flotte et rârmée qu^il envoya pour ckaàsèr les Goths de la SicHe , avaient pour comniandant ce même Àrtaban , qui avait une fois conspiré contre là. vie de Témpereur, ce cboix étrange eût pour motifs ses talens mili-' taires, et la reconnaissance*' qu'il devait à celui qui' lui avait fôit grà<;e*; il se montra digne , en effet» de cefte nrcfble confiance. Le commandement du principal corps d'armée avait été donné à Germain, neveu de l'empereur, homme de mérite , que l'intrigue et fa jalousie avaient tenu trop long^tèmps écarté du poste qu'il aurait àù: ooctTper. La nouvelle de sa nomination causale plus vif plaisir aux Italiens doÉit il ^étalt tpënaimé ; les vétérans actioui'aîenl s'enrôler vi^ontai-^ retient i^ous ses drapeatix; mais il fut frustré de la ^gtoire qui l'attendait par. une courte mais crâfelie* maladie à laquelle il succomba. Cepen- -- d;tut, son nom avait réchauffé tous les ecpriti et
HISTOIRE DTT BAS^EMPIlLC; *^yQ
Ikit i^èvlvrei'éuiergié du peuple. Ancdnè, Crolone et Centamceite opposèrent une vigoureuse résistance à Totila ; Artaban réussit à s^emparer de la Sicile, et Jà flottille des Goths' fut détruite dans rAdrîâtiqxié.
Germain avait été remplacé par l'eunuque tarses, doîit les hautes qualités rachetaient i'tg;nominie attachée h ce nom. Elevé dans le pa* îais, à Pécole de la flatterie et de la dissimulation, f^arsès avait appris à gouverner les esprits à son gré 9 et lorsqu'ensuite les emplois de trésorier et -de chambellan lui procurèrent un libre accès auprès de rempereur, celui-ci fut étonné d'enlendre les conseils les plus mâles et les plus énergiques sortir de la bouche de son favori. Pendant la première expédition dltalie, Narsès, qui en faisait pairtie, avait acquis une connaissance pra** lîipie des lieux et de Fart de la guérite; douze ans après , il fut choisi pour aller mettre à fin ce que le prenner général de l'empire n'avait fait qu'ébai>cher. Il débuta , dans s6n commandement , sons d*heureux auspices i sa[ libéralité bien connue attiré sous les drapeaux, tant les sujets que les alliés de l'empire, les Huns, lès Hérules, les Lombards, lés Persans, accouraient en foule; et ce fut À là tête de cette force imposante qu'il s^avsinça le fong du rivage de la mer, tandis qu'une tlotté, qtif devançait sa inarche, allait s'emparev de l'embouébure de la Brinfa, dePAdige et an P6. Dp
uZq msrmKZ hv bas-bmpibe*
Ra venue , où Narsès s'était arrêté pour ramembier tout ce qu*il pourrait de soldats du pays, ii se porta à la* rencontre de rennemi^ ^
Totiia y qui ne complaît pas sur la fidélité €le ses sujets, résolut de risquer^ dans une sçule bataille, le destin de son royaume. Les deux armée# se rencontrèrent près de Tagina. Narsès fit offrir, non la paix mais unje amnistie , au roi des G(4hç, qui répondit qu'il voulait vaincre ou mou* rir. L^eunuque alors se mit* à parcourir Les rang% exhortant seâ soldats au combat et à la victoire, i[u*il leur présentait comme certaine* Pendant toute la matinée, les armées., à peine distantes rûne de Tautre de deux portées de trait , ne firent aueun mouvement. Narsès attendait que son ad-» versaire attaquât, £t /ceiuinci ne voulidt rien faire avant d^avoir reçu un renfort de deux tnille Goths^ (|ui forinaient sa dernière réserve. Pès quMIs arrivèreot, Totiia se retira dans s^ tente pour quitter sa riche armure et revêtir celle d'un simple /loidat.^ ensuite il donna Je sig;nal. La cavalerie des Goths l'ut repoussée, poursuivie et dispersée par les Bomains; sjx mille Gotlts restèrent sur le jL'hamp4e bataille. Xeur roi f^t attaqué par un Gépide^ qiOi le perça d*un coup de lance au moment où il entendit quelqu'un s*écrier : Epargnes 1^ roi d'Italie! hes Goths qui reutouraient , se hâtèrent de le venger, et transportèrent Totiia mourant (oin du lieu de Taction , afin qu*iJ n*eût
firs^TonLE vv Bis-EMPiaE. 281
pas la douleur d'expirer au milieu de ses enue-* rais; sa tunique ensanglantée fut remise à JusUnien par les messagers qui lui apportèrent la nouyelie de sa mort*
Narsès, après cette victoire , congédia les Lom* bards , et 9 poursuivant sa route , il travci*sa la Toscane et vint assiéger les remparts 4e Piome. Cette ville, hors d*état de résister long^temps, ne tarda pas à se rendre; elle envoya ses clefs à Jusfittîen : o*était le cinquième siège qu*ellé essuyait depuis que ce prince était monté sur le trône. Les Goths, en se retirant , assouvirent la rage que leur inspirait leur défaite 9 par le massacre de trois cents jeunes gens des premières familles de Rome , qu^on leur avait remis en étage ; les plaines de la Campanie* fuirent arrosées du san^ des |>atri€iens , et ranli([ne race des sénateurs nVxista plus que dans les pages de rhistoiiè.
Les Goths 9 ayant passé le Pè^^ se rallièrent , et
les principaux d'énlr^enx firent choix de Teias
pour succéder au vaillant Totila. Lé nouveau roi
sollicita railiance des Francs par l'appât des ri-
chesses de Pavie. Tandis que ses ambassadeurs
étaient en route 9 son frère Âlîgème était Moqué,
par l'armée die Narsès, dans là ville <de Cumes,
' eu Campante , où se trouvait le trésor royal. Teias
B*^avança pour le- secourir; if échappa à la *vîgt*
44inoe de son ennemi > et vint camper sur les bords
du Saruos, où il maintint, pendant cmquaule^
la *
283 H18101A& Bt IIAS*K«Mftfi«
jours 9 sa position. Los Gollis, se voyajdt sur le point de manquer de vivres, résolurent de mourir libres et les armes à la maijd; ils vinrent donc à la rencantre de Narsès, ayant leur: roi à leur téte$ celui-ci, après avoir fait des «prodiges de valeur, pendant un combat de quelques heurea , tomba percé d*un coup mortel. Sa mort ne fit qu*anîmer le courage de sessQlddU, qui brûlaient de le venger* La nuit, qui survint, suspendit les hostilités; les t^oths restèrent sous les armes, et le jour commençait à peine à poindre qu*il8 recommencèrent le combat; mais, accablés de lassitude après une seconde nuit de veill^, ils consentirent à traita: avec Narsès, qui leur offrait ralternatlve de s'établir en Italie, comme sujets de Jiistiuicn, ou de quitter ce pays, qu'ils regardaient conime leur pajtrie, pour aller, avec le peu d'argent qu'ils pourraient emporter, en cherober une autre dans unp terre d'exO. Il se
trouva ^pourtant parmi eux mille soldats qui refusèrent de souscrire à cette capitulation , se frayèrent, de vive force 9 un passage au milieu de l'armée impériale, et s'enfermèrent dans Fayie. Aliger^e, de spn côté, se défendit vaillamment dans Cumeç , ^v^l résista , sous ses ordres , plus d'utie année, en^èrç, çt probablement il pe ^e sentit jamais rendu s*il n'eût vu tous ses bravas compagnons enseveUssous les ruinçs d'un, rocher ^|Qe Nardès avait fail; miner. . j
l'^fj^omsânn as^égièreilt ht viUe de Li^^uesi,) (dont ils étalât mrle pùkkt de se rendremattre^ iorgcpA'an« neuveUe iuvatî^n vint désoler Tltaliév JLes Franps étaîeol, à celte époqaef gouvernés par Théiobald^ petît^^fils de €leitvÛB 9 on filiitôtrpat' ses.tateurs, sa grande feuiiesse rempéchaio^. dp fégQQr par lui^mèiiiev Las ambdtsadeurs'de Teia^ ^vaîeiit été aceiAeilU» assez froideinent'par eilK e* aiV/aiei|t pu obtenir aucune céponsé positive soï* raUiaiMs.e^iieflQlli«itattdeur maître; mais ce peu^^ pie belliqueux 9 sédui}^ parles, promesses des Go t4îs et pfiF i'oçeasion dâ 8ÎgQaleâ^^<ta i valeur ^ courut ^'enrdler so^slies drapeam^ des deiix frèi'es Lo^^ thaire et Bucceiin ,'duc9 à* AUs&nB^e^ quiavaîonit pris parti 4ans, cet^e guerre« SoîKasite-quiiiie mille guerriers desceiidirent des Alpes jusque^xlans lea |ilaines de Milaa; l'avantf-gârde roniaÎRe , sXa4 lloniiée sur le Pô , fut surprise » eiifonoée et. mise en dérou^ par eux;; niaisiF.Ulearis, qui eu était Je coqiiuandaut 9 re&^s^ «le pvtodf ei ia f uîtëf' tAi-t Haut. que la ipqrt f&tatt mûinb tefriblç que ^e mé^ con^jleinent d0.Natsès« Ce dernier n^essaya pas d'abord de s'opposer au torrenst.; oepiendant les AisQT^^e^ tïommi» par les Franece» daus leur ihar^ cbe^ )r<>.bligèren !< d^^preqdte Une attitude hostâie ; jl i^|i;|iti^es qi^irs de Kioiidî^ à la^téteidè trçk ceiM^ c^eranf^r 0t:défit <uo corps de deux «nille J^raBCjs.; L69 deux frêne» «F^tU dtvi^léusi^ forootf^ ]aÇa^pau|e el^ la L]9<canie devikirenC le théâtrb^
28) BtffrOlUB DC Bâs-SM^tke^
des dépréclatieos de EuccetîO) taBdiét qiie Cotbafre ravageait la Pouilie et la Caiabre; mai< rintempérance des Germains vengea ces marlheurelises contrées, les maladies 0e mîr^t dans les deux armées et y Brent des progrès aussi rapides qu*effrayaii8. Buceelîn marcha vers Capoue , au printemps suivant» Il campa près de Vulluroe où ' il attendart que son frère vint le rejoindre; mais ce frère, qui avait repassé les Alpes pour mettre en sûreté le fruit de ses rapines, ne devait plus reveuii^.une violente épidémie venait d'emporter à la (ois le général et les soldats, entre Trente et Vérone* Narsès, à la léle de dix-huit mille hommes , miarcha sur le Tultume; le sort de Tltalie dépendait de cette importante lutte, et les habi* tans atlendaieot en tremblant non résultat. La foitune sembla se déclarer un iiistant coatre les RdmaÉins par la> révolte des Hérules , lé matin méfeùe du jour de la bataille. Un de leurs chefs venait de tuer un domestique ; la justice, la sévé- ^rîlérde la discipHné demandaient que ce meurtre ne restât pas impuni; Narsès fit arrêter lie coupable, qui fut amssitèt exécuté. Les Hérules se «soulevèrent en ma^é et refusèrent d^avancer ; Iiiarsès', au -lieu de fcherther à leé a^paiser, lès rappela et léur^cria icleite rendre à leur poste ^î!s ne voulaient j[)a5 perdit i'bouneur dé là* victolte. Défaites iraits des ari^hétis r)»maiAS av^^^nt }efé le déscrdfa dan» les ranfge Aes Allbniâiiâa et des
Francs; les Hérulcs, préférant la gloire à la vengeance, accoururent à la voix imposante du général, et ehargèrent Tennemi. Buccelin périt avec la plus grande partie de son armée , soit sur le cbamp de bataille , soit dans les e^ux du Vultnrne, en voulant se sauver. Narsès fît une entrée solenneileà Rome; mai» ce Tut le dernier triom* piie dont les murs de cettç antique et superbe capitale furent témoins ; elle se vit, peu de temps après, réduite au second rang par la translation du siège du gouvernement à Ravenne, où les Exarques, représeutans de Tcmpereur, 8*ëtablirent sur les débris du trône des Gotbs.
L'année 559 fut l'époque d'uae victoire remportée par Béiisaire , alors au déclin de son âge : victoire qui sauva Tempcreur et la ville de Constantinople. Zabergan , chef de» Bulgares, avait fait traverser, à sa cavalerie » le Danube couvert de glaces, par un hiver rigoureux. La Macédoine et la Thrace furent inondées par ces Barbares i et leur chef, à la tète de sept cents chevaux, marcha sur CoDii&tatttinople. Les murs, qui pouvaient protéger cette ville, avaient été récemment endommagés par un tremblenïent de terre, lés forces de l'empire se trouvaient dispiei^sées au loin en Ita'.ie, eti Afrique, en Perse; Justihîen tremblait •or §on tr6ne ; il ne restait , tant au souverain qo'âu peuple , d^autre espoir dé salut qu'il!) vétéran affaibli par les^nnées. Mais le nom de ce
a^O BlSTMftE DU BAS^VPIBB.
vétéran jBuflit pour ranimer Tardenr des habitans : ' )euno6 et vieux ^ tous se croient invincibles, ayant Bélîsaire à leur tête ; suivi de dix mille ai-: toyens mal équipés, encore plus mal. disciplinas, \il va camper en présence d*un ennemi déjà vie-i torieux dans plusieurs combats. La.caivalfrie Bul-r gare charge avee impétuosité y mais elle.est bientôt intimidée par les clameurs de cette imoiense multitude et par la bonne contenanc^des troupes régulières et bien armées queBéljsaire avaijt.fait mettre en avant pour soutenir le premier choc et pour masquer la faiblesse du reste de son armée» dans ce moment 9 deux détacbemens embusqués dans les bois en sortent tout-à-coup et <\tla(|ue]nt, sur les deux flancs 9 les Bulgares; Vb^çoîque vieillard 9 et ses gardes 9 enfoncent les premiers rangs de Tennemi qui , forcé de reconnaître la supériot ritéi de son adversaire 9 se retire, à quelque dis^ tance. Mais le vainqueur ne put profiter de sqn avantage; les ordras de rempei^eui: reo^iècbèrenl de poursuivre Zag^rban I qui si^.li4td de.r^[>asser ]j^ Danube lorsq|^'il sut que Ton se préparait.à intercepter son. passage sur ce flevive.
. jpei{|i: aq^.apfi^f^, l'iempfçreur tqmtia misâ^à^. Lu jp^viple lai^,^ éclater le mécontement qu'il iiour^ rissajl depuis long-temps ; pli^sieurs çQnçipirAtîq^f furent découvertes. La, plus iraportantç s^m^lt ^ sa tête^rMarcellus et Sergîus. Le premi^r.écb^l^ au fujiplice en se donn^int yçlop^tairfimQikt . U
HISTOIBE OU BÀS-EMPIftE. 287
mort ; maïs Sergius , arraché d*un sanctuaire où il s'était réfugié) demanda à faire des révélatious* Pans Fespoir d'obtenir sa grâce , il accusa deux officiers de la maison de Bélisaîre : c'était accuser Bélisaîre, eo même temps; mais il n'est gu^re vraisemblable que ce guerrier qui, dans la vigueur de Tâge, avec tant de moyens à sa dispofiitîon, et, pour ainsi dire, tant de motifs de se venger d'u^ maître ingrat, lui était resté fidèle , eut songé à ternir ses vertus passées précisément k l'époque où ses facultés affaiblies l'invita «ent à ne songer qu'au repos. Aussi 9 ce grand homme se présenta-t-il plus indigné qu'alarmé devant les juges; mais l'empereur, oubliant quarante ans de glorieuix services, ou plutôt s'en souvenant pour opprimer, comme à son ordinaire, celui qui les lui avait rendus, avait décidé qu'il était coupable. Ses biens furent confisqués; pen-» dant plusieurs mois , il fut gardé à vuq dans son j>ropre palais. A la fin, pourtant, son innocence fut reconnue; mais \fi chagrin de se voir si Indignement traité ayant probablement hâté sa mort, il ne ^survécut que huit mois à cette injuste accusation. On restitua une partie, de sa fortune à sa . veuve, qui l'eAVploya h fonder un monastère ofU elle finit ses jours.. Voilà qu^r fut le destin du g4:and Bélisaire. La version diaprés laquelle on suppose, qu'il fut privé de la vue et réduit à mc^n* dier son p.atn , est absolument controuvée : c'est
28d HISTOIRE DV BÀS-ËMPIRS.
uu roman qu*on doit à rimagination de Jean Tzetzes, moine 9 qui, dans le douzième sfècle, écrivait plusieurs chroniques, et dont lô récit a été adopté par ces amateurs du pathétique toujours prêts à sacrifier la vérité à Tintérét:
Huit mois après la mort de Bélisaire^ «Fustinifin termina, à sou tour, une vie de quatre -vingt* trois ans et un règne de trente-huît. Vivant, il ne fut pas aimé ; mort, on ne le regrdtta pas. Le peuple, malheureux fous son règne, s*en prenait à lui des calamités même auxquelles il était corn* plMea:ent étranger. Une comète, qui se montra à rOccident, cinq ans après Favènement de Tem* pereur au trône , excita les alarmes de ce peuple superstitieux; des trcmblemens de terre serépétaient presque régulièrement cliaqueannée. Constantinople en essuya un qui dura quarante fours de suite, et la secousse s'en faisait sentir jusq'u^aux extrémités de l'empire ; pour surcroît de ces dé sastres, la capitale fut affligée, pendant cinquantedeux ans, d'une peste contre laquelle tout Tart dos médecins échoua, et qui renaissait avec une nouvelle furie après de courts intervalles. La dé* population occasionnée par ces fléaux fut telle que» dans quelqpes cantons d^talîc, les champs et les vignes se dèâséçhafent sur pied, faute de bras pouî" les culliver. La guerre, la peste, la fa* mine, semblaient s*élre coalisées pour travailler à la destruction des malheureux sujets de JustI-
nîen ; et , comme si ce n'était pas assez « ils gémissaient sous le poids de la rapacité de' t'impératrice 9 des ministres et de Tempereur lui-méoie. La sage et Judicieuse économie d'Anastase avait procuré du soulagement aux sujets; mais sous Justînien, les revenus publics, absorbés par les aumônes , les constructions , Ie9 guerres et les traités onéreux 9 deviurent-insui&sans. Ce prinoe chercha d'autres ressources ; le salaire des employés crvils et militaii'es subit une réduction , les fonds municipaux passèrent dans ses caisses, les vétérans invalides se virent obligés de mendier un pain que l'État leur refusait, et les soldats qui allaient combattre dans les champs de la Perse et de ritalie, étaient mal payés et souvent pas du tout. Cependant les impôts se percevaient avec une rigueur extrême ; on pressa la rentrée des arriérés , et tandis que l'agriculteur était tourmente pour Varuma ou la fourniture de bled pour la subsistance de la capitale et de l'année, la capitale avait à chacune de ses portes un préteur qdi percevait les droits énormes imposés sur toutes les denrées,ainsi que sur les marchandises et lesvaisseaux. Il y avait encore le tribut annuel que le préfet prétorien payait à Tempereur, et dont ce puissant fonctionnaire n'oubliait pas de s'indemniser aux dépens de ses subordonnés.* Cette sorte d^abus était encore plus intolérable que l'énormité des impôts , d'autant plus que la vérialîté des
39fl HISTOIRE DU »AS-£UP1RE;
j^aces eivdes emplois mettait le peuple à la merci de chaque spéoiilateur audacieux.
^ À la tète de ces sangsue» privilégiées , il £eûxt placer Jean d^Cappadoce, run des! principaux minifitres de Justinien. Ce lean était un homme de grands talens, capable de donner les^meilleurs dWs et dé trouver des exp^diens dans la situation a plus dése^érée ; mais ce génie vaste et fertile s'unissait à un; cœur corrompu ; méprisant éga-< iement les lois de Dieu et celles des hommes » fl marchait droit au but que lui désignait son avarice. H amassa des trésors immenses aux depuis de la vie d'une multitude de ndsôrables et. par la fuine des viUesetdes provinces* 8e& talcus 'l'avaient rendu cher à Justinien ; heureusem^it pour les victimes de, ses exactions ^ riusoleace -que luî^ inspira la faveur de son maître dépluit à rimpératrice Théodora ; mais le crédit du mloistre étt^it si bien établi qu'elle fût forcée d'4ttendre une occasion favorable pour le perdre. Au.inofrea d'Antpnine^ alors sa coj^fid^te:^ >eJie réiwil à l^ngager dans une. feiàtee o^qi^spiration ; desi gardas apostés^par elle IntervoigE^ireBt la cQjoiï^ace; 1^ ministre se réfugia ^m\ m)ek.é^9 ^ >ie put eonsei*ver la viç. qu'en* se. démjBt|anti. dOt s^vpjace de préfet de l'Prient pour embrasser rbuinlile caractère <L*un prètre« Cependant^ JtustîAiea, qui rafiectionifaii encore, lui laissa la>i9«is9Meft de floi^ bien ; Th^dora^ oab*^ de ce que Pobjet de
aa haiae échappait à son r6ft$en<tiiU6at, l-accvisa' d'un meurtre 4oat il était jonoceut. U fut ifne* mînieusa^pcnt fotielté, défiouQl^ de^^ut ceqa*il possédait; il mei»di.a.son pain» pendant septans,. dons fies. mém»$ Y'dk^ dont Jadis soa nom avait, élé la terreur. Ce né fut qu'après la mort.de UiuipémtçiQe, q^ .Ju8ltloien rappela prè^.. de )ui un-heqimç à qiui il n'av^iit j^tmais c^ssé d'être at« taché..
. Qupîqiie la misibre pubUque .éksvàt uo» -voix ^cciMatrice. Qoatre , J^tînj/en , il fau^ Qpn^fnji] qu'il vfitdegraûdçs cho/^es et qu'il ue lifi mai|ii|ua peutrèt^eque d'être fayoïiséparJea c^rcoostancet. pour obtenir cette con^dérationqui lui a été refit^. S^s plus, grands, détracteurs^ eux^-niénoMO» racontent . qu'il étaif c)^4»t€» n^odéré, y%;Uaut, studieux. S'il ne signala pas su valeur dans^ les différentes. ^uei7<^ft qu'il eut, à. soutenir , i( sut. accorder sa coniiancQ à de& généraux dignes.de le remplacer 4 la téte4o sesafoiées; sa pénétration^ en-tir^uit Bélisaîre des. camps et Narsësdii fond de son palais,, pour les mettre à la place qui leur conviait, doit faire reiailHr sur lui un& partie de leur gloire. I^es expéditions d'Afrique et d'I^ t^lie , habilement conçues et exécutées 9. font hono^r à.son règncv Ses dépenses « quoiqu'eUqs obérassent le peuple 9 ne sont pas non plus sana un c^rf^ctère de, ^a^^pxxv, Qu d'utilité. C'est à lui q^ue la superbe basilique de SaîntenSophie doit ,
fon existence. Le dôme ayant été renversé par un tremblemeul de terre, il le fit neccm^Cruire» et cfet édlfîoc' 9 qni maintenant esf 'devenu uoe niosqoée turque, atteste encore « de dos fours « la magnilicencer de cette première épo^fue du Bas- Empire.
Il ne négligea pas des traraiix justement regardés comme plus utiles : il réparables ft»*teres9e» de ses provinces d'Europe et d*Asie et en augmenta lé nombre. Depuis Belgrade jusqu^u Pont- Buxîn ] depuis rembouchure du Danube jusqu'au eonfloent de la Save, il étaMit une ligne de quatre-vingts places fortes, qui s'étendait le long de ce fieuve et même au delà ; plusieurs postes ml>litatres marquaient les limites de Tempire ; mats tout- cet appaj*eil colossal de puissance ne servait guère qu*à épi|îser les trésors de TKtat, sans effîcaciti rédle. £es:Barbares ne se laissaient pa« intimider par ces obstacles qu^^ils méprisaient, et n'en franchissaient pa« moins les frontières» saoa craindiré de laisser derrière eux ces faibles garnisons. .
Du c^té de la Perse, ces xpoyens de défènee étaient également insuffîsans et devenaient trèsdispendieux par la niécessité de pourvoir sans cesse à' leur entretien. Les Persans, au moyen de leurs machines de guerre , <?t par Tusagè de coii> battie du haut des lours portées sur -Jc-dos dca ,é!rphan!î; bradaient tous îea ejaPorts des ingénieurs
BISTOiftE Ôr BiS-EMPlRE. 29^
et trotnpaienti'liifatigable vigilance de Jmlinîen^ On vit nièâfie ces peuples profiter des travaux de leur enneriii 9 et le roi de Perse ètipbler dans, ehar- (fué traité , avec Fempereur, que eelu(i-»ct se char^ gérait de rentreiîèn de la longue muraille qu^on nommait le rempart de Goff et de Mugog, et qui proiégait égj&leoient les deux Étals contre les invasions des Scythes^ en fermant les défilés d«ï moot Caucase. • ,
On. a reproché à Justinten la suppression des écoles d Athènes et^l-abolltion du consulat à Rorae. Les- écoles d-Athënes avaient toujours été Tobiet d*ane proteetion spéciale de la part dé se» prédéicesseurs à l'empire. Ces isanctuaires 9 où la yeonesse de tous les pays accourait s'instruire dans les stibliines spéculations de Platon oU tessabtiléis arguties d'^Arlstote /avaient po être trèsutiles dans le teâips où la Grèce brillaît entre lei^ nations 9 où leè débats de la tribune aux haran^ gués demandaient à la fois des orateurs et de» logiciens. Après môme que les^Rontains se ftirent pendus maîtres de ces contrées, c'était à Athènes que les vainquetirs venaient chercher ces précieai;c avantages qui loiig-temps laîssèrent aux vaincu» une sorte de supériorité. Avecrindépendancedela (îrèce, s'était évanouie cette publicité de discussions qui ouvrait un champ si vaste aux successeurs des Démostbèues et des Alcibiade; mais la earrière du barreau leur restait^ et dans cette
&94 VISTOIRB DO BAS-BMPI&E.- .
profeflêkmy 'hoBoràble et lacràttve à la fois, ia néceMité'devécoles grecques panoissaîi inconteatable, tandis qaè la philosophie spécàlative palpait obez: «Des toi«9 les systètnés qui, pouvàifent alimenter et satisfaire son iwquîète tnrîb^. lasqu'au rè^e d'Antôiiîh V les processeurs funort payés par ^ leurs/ di^ci|rïë^; leiv loîis tatrtiirisèreiit mêriie^es'legs'et ^nàtiiiyDB'de pr^priècéfi^ èiiKiaveur des chaires de philosophie; cerfut Ântomo qui 9 le premier ^poumit libéraleiûQiit à leur entretien; il assigna un traitement annu^ de plu» de six mHle'livr^ à chaque professent de tdrcit public, d'éloqoèffdeou de philosophie deS'qfuatre sectes des platonîelens;, pérlpatéticienSy^toicâODs et épicuriens. Après Mafrc^-Aurèle^ cetraiteiiiisnt fut âllerndtlvement réroqué et rélfàblis Les tuc^ cesseurs^dei €onstauiin ^Avaient aussi àonaêh ôes établifteementi des marques de iesir ^génârosilé y mais ils -étaient liien dégénél*és de ieui^; splendeur primitive* depuis queie chrfetianisôieiayoit-ré'pandu des lumières nouvelics. Leê syrtèmes' «1»-. trait» sur ia ; oaitora de - Dieu , de l'homtne ^ de la formation de i'uniiners, n'étaient plus regardé» qae comme des théories basées sur Tabos du rai*^ Bonnement ; dans ks cotitroverses des chrétion? avec les sophistes, c^était la conviction qui se présentait au combat contre le doute , et qui û^ nîssait par renverser des argumens inintelligibles. Houvent pour celui qui les employait. Les philo^
fikSTOlAE t)Xl »A6-SIIPrBf V tic>5
i^piiei» avaient ^ d^aiUeùrs , dévié de leurs aticiens principes. Les platooiciensy adonnés à la ma§ie et à toutes les pratiques de la superstition la plus absutde 9 avaient perdu de vue les leçons de leur fondateur ; les écoles n'étaient plus qùe.le théâtre des disputes de mots et des subtilités métapl^ysiifues; c'est pourquoi Justinien crut qu'on réduirait faeiietnent au Mlence le petit noqibre de ceux i|ai étalent encore attachés à la religion des an^ ctens Grecs. Sept autres 9 d*èntr'eux 5 allèrent chercher ^ sur une terre étrangère^ la liberté de professer leiurs opinions. Ils arriveront à La cour de Çhosroês, qui se parait du beau titre de philosophe; mais là ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que leur espérance était déçue ; Chosroen notait exempt ni de cruauté , ni d'orgueil 9 ni d'ambitioifi ; les mages étaien-t intôférans et fana-; tiques 9 le p^iple ignorant, les grands oppresseurs et les magistrats Injustes. Ils se hâtèrent de retourna dans leur pays 9 en avouant que le^ persécutions qu'ils voulaient éviter étaient préférables à la prétendue liberté qu'ils étaient allés chercher. Cependant ce voyagé ne leur, fut pas tout-à-fait inutile;' Chosroês, par un sentiment qui lui fait honneur 9 intervint 9 comme média-* teur» entr'eux et Justinien 9 et stipula 9 dans un traité avec ce dernier 9 que les sept sages qui étaient venus visiter la cour de i^érse 9 seraient à
Sg^ BI8T0HIS DU BIS-BMPI&E.
l-abri de9 lois pénales promulguées par Tempercur contre ses sujets paiena.
Quant àTabolition du consulat, cette dignité, si importante dans Tapcicnne Rome , était pre»« qae tombée en désuétude ; depuis que les empe reurs s'étaient arrogés le droit de nommer les consuls 9 et que la hiérarchie de TÉtat avait subi tant dé chaQgemcns , Je consulat n'était y pour ainsi dire 9 qu^un titre honorifique; et quoique la vénération des nationaux et des étrangers coatinudt à l'entourer d'un éclat séduisait pour Tan^bition , on atait pourtant vu les sénateurs le» plus illustres assez sages pour refuser la dignité de consul 9 qui entraînait 4 des dépenses énoriues et avait causé la ruina de plus d'une fanûlle> Ce» dépenses avaient iiui par s'élever à près de deux millions. Plus d'une rots, les prédécesseurs d0 Justinien avaient disposé des fonds deTÉtat pour venir au secours des candidats les plus opukens; l'épuisement des finances et l'avarice inspirèrent à celui-ci un autre parti. Il régla ces dépenses» supprima les jeux publics que les consuls donnaient, à leurs frais, au peuple, et finit par cesser de nommer des consuls dès la treizième aunée de son règne : ainsi s'éteignit vme dignité qui n'était plus, pour ainsi dire, qu'un souvenir de l'ancienne Rome. Ce ne fut pourtant que trois siècles après qu'elle fut positivement abolie par
une loi ; mais on s'était déjà habitué à dctle lacune, et cette loi ne fit aacune «eusation. G*e»t donc du règne de Justinîen qu'on pctvt dater Tusage de compter chaque année en parlant d'une ère convenue,- au lieu de la désigner par le nom du consul , comnie on àvatt faH jusqu^alors.
Alais le vrai titre de gloire de Justinien , ce qui assure sa renommée à travers la succession des ^ècles ; et la sauve de Toubli où sont tombées tan{ de grandes actions et de hauts faits d'armes-, <f est la réforme qu'il opéra dans la jurisprudence^ et les lois de l'empire. Ses travaux sont consignés dans des recueils arrivés jusqu'à nous, sous le nom de Gode, d^ PandecUêoa Digeète, et d'InstUutes; ces ouvrages immortels sont encore, en quelque sorte, la base de nos institutions civiles, et nos sociétés modernes obéissent aux principes qu*ils. renferment. Pour se convaincras de ce fait, fl $ai2it de jeter un coup d'ceil rapide sur l'état de la législation, depuis Rom ulus jusqu'à Justinien , et sur les améliorations introduites par ce dernier dans cette partie , sur laquelle repose l'union et, l'on peut même dire, l'existence des agrégations civilisées.
Le gouvernement primitif de Rome 'se composait d'un roi électif , d un conseil de nobles, et de l'assemblée de la nation divisée en trente curies. Vê monarque, qui était le premier magistrat, possédait exclusivement le droit de décider et do
faire lâ paix ou la gueiYC) et de régler tout ce qui touchai à la relîg;ion; les lois dont il avait seui rinitiatîve étaient discutées dans le sénat et proposées, ensuite au peuple > qui les approuvait ou les rejetait > à la majorité des votes par curies. Lorsque la royauté fut abolie par TexpulsioB de Tarquin, les lois royales perdirent leur atitorité* maisThafoitode les avait ^nctionnées et fonrdue» avec les mœurs et les usages des citoyens. Tinrent ensuite les douze tables des décemvirs; dictées par un esprit aristocratique 9 elles t^j^n restèrent pas moins l'objet d'une vénération que 4out citoyen éprouve ordinaîrement pour les insiitutions de son pajrs. Jusqu*à Justinien , elle» conservèrent cette prééminence et fuient le pivot sur lequel rouiar toute la législation. Nous n'entreprendrons pas de décider jusqu'à quel point ce respect pro* fond pouvait être fondé , puisqu'elles n'ont pu arriver jusqu'à nous et que les recherches les plu« laborieuses des commentateurs modernes n'ont pu qu'imparfaitement 'suppléer à Cette perte ; .ifiais eussent-^elles été le plitsvbeau^hef'^d'œtivrè de l'esprit humain, elles fmirent par être au moins insuffisantes 9 et nécessitèrent de nouvelles lois additionnelles qui, cinq ans après, avaient déjà défiguré l'esprit des règlemens primitifs et étaient la source des abus les plus déplorables.
Les lois des douze tables avaient été appronvée5 par les centuries; ce mode /dé voter, qui
BISTOIBE DV éAS'ËMPIRE. ' SQg
avait: remplacé ûeruî des curies , assurait la pré-** poùdérance des richesses sut le nombre. Le classement se faisait d'après les revenHi^ de chacun ; la preniière classe 9 composée des plus opulens^ avait quatre-vingt^ dit-huit votes 9 tandis qu*il n*en restait que' quatre-vingt-cinq aux six classes inférieures. Mais 9 à rétablissement des tribuns, on établit que 'chaque citoyen avait droit de voter les lois auxquelles il devait obéir; le classement par tribu consacra l'égalité numérique 9 et les Aers patriciens se soumirent aux décisions d'une assemblée où leurs votes n'avaient pas plus de force que ceux des plus obscurs plébéiens. Plus tard 9 la méthode du scilitin seci^eC fut adoptée comme devant mettre les votans à l'abri des influences de la crainte ou de là honte; on vit 9 en effet 9 l'autorité entravée plus d'une fois par une opposition ferme et d^autànt plus opiniâtre que la source en restait cachée. Auguste ayant fait r^xpérience d'une contradiction de ce genre 9 son «ucce68eur9 averti par cet exeniple du danger des assemblées populaires 9 parvint à les abolir, et transporta le potivoir législatif qu'elles exerçaient 9 au sénat, dont les décisions^ sous le règne de» premiers Césars, furent toujours fuMes et désin^ téressées.
Les lacunes et l'ambiguïté qui existaient dans la législation romaine, donnaient lieu à des édits temporaires de là part des magistrats investis de
OOO HISTOIBE DU BAS-I^MrinE.
llautorité. Ce privil^, tfal aippartenoal autrefois aux rots de Rome^ était devoou Tapani^ge des conduis, des (lictaieura, des censeurs, et. des préteurs. Le' juge suprême faisait annoncer par un cfieur publie l68 i^g^es à suivre daiis Tinterprétatioit dçs cas douteux ou non prévus par la lot, et les in.^cpivait ensuite sur une muraitie. H en était de même lorsqu'il. voulait apporter quelque, modification aux rigucors des auçlens sta-* tais. Une juridiction si vague et si arbitraire ne poui^t qu*engeudrer une foule d'abus^; ^c*e9t pourquoi l'empereur Adrien voulut y remédier ; par son ordre, le préfet Salvîus Julien ^ babile furisconsultê , r (jdigea le projet d'un édit perpd- UaU qui fut ratifié pari'cmp«reur et par le sénats ot dont I^ but était d'établir la législation sur de» bases solides et invariables.
Pendant les quatre siècles qni s'écoùiëreot depuis Adrien jusqu'à Justinien, le droit piibllc et le droit civil furent constamit^nt subordonnés à la volonté de Tempereur , dont les mandats-prenaiçut le nom de con^tUutimhS, Dans nûù mo* i>arebie absolue 9 Tin térét du. souverain^ si ititimemè^it lié à celui de Tétat 9 est un garant de la rectitude de ses intentions ; iQaîs le prince le plus éciairé peut être induit en erreur par la. manière dont on lui expose un fait; et ses reseripu, ou réponses aux consultations de ses magistrats , se ressentaient souvent de Tastucieuse partialité de
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teê dépoëitairef des lois. Les rescHpts de Vem-perear, ses décrets^ ses édits et pragmatiques toAhCtions, transcrits à Teacre rouge, étaient en- Toyés dans les provinces, où ils avaient force dts loi; mais 9 à mesare que le nombre s'en muhi^ pliait , ils devenaient plus inintelligibles. Enfin , les. codes Grégorien, Hermogenien et Théodosien , jetèrent quelque lumière sur le chaos tnex^ trîcable où la législation se trouTait plongée. Les deux premiers furent Touvrage de deux jurisoonsuites qui compulfièri^t toutes les constitutions des empereurs depuis Adrien jusqu*à Constantin ; lie troisième , rédigé d'après les ordres de Théodose-le- Jeune, contenait ^ de plus^ toutes celles qui avaient précédé son règne. Ces trois recueils lisaient également autorité , et les juges regar* daient comme illégal tout acte qui n'était pas conforme aux drspositîons qu'ib renfermaient.
Dâus la jurisprudence des anciens Romains, la forme remportait sur le fonds ; la plus légère erreur matérielle "suffisait pour annuler les pré* teiitions' les mieux fondées. Dans un âge plus éclair^-» cet abus cessa, et le bon droit ne fut plus sacrifié à de vaines formules. Enfin , lorsque dans le septième siècle, la philosophie des Grecs se répandit' eii Italie, eile influa puissamment sur la juiisprudence. Les Romains apprirent à' raison âer^ mais comme le mal se glisse toujours à cdlié du bien, ils adoptèrent tous les préjugés
HISTOIRE Di: BjLS'ElilPlRS.
de la seote.des st^'icîei^s^ qu'iU avaient embrassée de préférjçnce, ainsi qae leur manie des.paradoxes, leur goût pour les controverses et leur attacbjBxnent servîle a]ax mots plutôt qu^au^, choses. It'éloqaence, les ari^^es et Tétude des lois, ou-^ vraient la carrière des honneurs aux cltayçn»^ ronciains :.on voyait souvent la, même personne exercer ces trois proÇessions à la fois. Auguste et TibèrjC. réservèrent, le priyîjége exçjufsîf d^ servir d'organe à la loi , aux sénateurs et à Tordre éques* tre, alléguant, pourmotif, qu'on ne saurai^ entourer de ti:op d^écla^ une si qoble fooLCtion. Ce privilège subsista jusqu'au rëglied* Adrien, qui accorda à tous les fitoyens , indistinctement., le libre e^rcice de cette fonctîony On \\t alors tous ceux qui se croyaient des talens, se. précipiter en foule dans la lice. Bientôt la division se mit p^armi ^ux; il sç forma deux sectes, les proculiçns ^t. les sabinîens; les juges se trouvaient fort embarr raisés au milieu dp tant d'opinions. opposée^ entr'elles. L'édit perpétuel nait, en quelque $<tiTte, lin terme à ces dissidences ; Salyius Julien , que Vempereur Adrien avait ^chargé de ce travail, était, à la vérité , le chjef des s^biniens ; mais il sut , par sa modération vCojacilîec les deux^pa^rtis et les ramener à plus d'unité. Sous le rè^ne d'Âiitonln , les jurisconsultes s'affranchirent de l'autorîté qu'ils avaient reconnue jusqu'alors; çhacun d'eux adopta une nouvelle manière d'envi-
HIlîTOIBE fii0 BÂ8-BM9IRE. 5o5
sager les divers syatëmefli qui avaient déjà psffxi , et Ir'appuya par de aombi^ux écrits qui aecmreoi * eooore la confusion qui régnait dans la législaliôn y el ia pjsrpléxité des îuges* Au milieu de cette multitude de guides, ils ne savaieikt qtielle ^ route suivre 9 et eboisissaient, à ieur ^ur rtopinion qui leur eonveiiait^ chacuoe de leur$ décisions avait la saaetioa d'un nom i^specy(sikle«^ et la justice i^tait plu^ que jamais .livrée^ T^rbitraire.
Une réforme était donc indispeosalile; mais elle offrait bien des diffieultéa ; elles n^ejTfay^ren.t cependant pa» luatiniaD^ qui réftx>lût démettre à fin ce grand- ouyrage. II- employa; pour Taider dan» cette entreprise, lea plus savans. jurisoon» suites de Fempîre. Il adjoignit,, à. cea belles théoriciens, le& magistrats. les plus eiipérimentés qui, par Thabitude d'une longue pi?alique,;ppuvàt^tt contribuer à jeter quelques lumièri^t #ur leura travaux. Il mit ensuite , à leur léte# isi fa-* oaeux Tcibonien^ le plus grand génie de json «ièol#, dont rérudition . embraj»sait tous les^ 4étAils ^ et qui aurait, été Je premier, des hommes si son coeur eut été moins co'rronipu et son avarice moins insaUablCt
Ce fut dans la , première année de son règne , que lustinien chai^ea Tribonien et. ses coûègiies de lare vision des trois codes Grégorien, ^9rmo- |;enien et.Théodosien. Ils deyâtieot en retrancher
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toat oe qui était superflu ou devenu impraUcable et choisir tout .ce qui pouratt 8*afiapter à i'éiat actuel de la société. Quatorse mois suffirent pour aihever ce grand ouvrage. Le nouvc^aii code, portant le nom de Justînien et revêtu de sa signature, fut transmis d*abord à tous les magistrats de l-Europe et de TÂsie, et, fl»§ tard, à ceux do l'Afrique. Il restait une tftcbe bien plus à^ ficile : c*étâft d^esftraîre , dé toutes les décisions et des opinions des divers légistes, Tcsprit de la jurisprudence romaine. Ce soin fut confié à dix-sept furiseonsultes présidés par Tribonien; en trois ans, terme bien eourt pour un tel Ivan vail , les pandectes étaient terminées, trois millions de sentences réduites k la moitié, -et si oe résumé oe parut qu'un mois après les iostitvt* tes, c'est qu^on jugea convenable de faire précéder le recueil des lois par les élémens d'où elles ressortaient. Le code, les pandectes et les iosUtûtes, approuvés et ratifiés par l'empereur,- tur* rent universellement adoptés dans ses États , :et devinrent la seule règle des tribunaux et de l'enseiga^nent dans les écoles de Rome et de Cqns^ tantinople.
Cependant, à peine six ans s'étalent écoulés depuis la publication du code, que Jusliuien-eut Pair de le regarder comme impar&it et en ordonna une nouvelle édition, corrigée et augmentée de deux cents lois de sa façon , et de cinquante
RISTOIAB l>D &A.S-BMPIftE. . 5o5
décisions sur les points les çlas embrouillés de la îuns]^rtidenq|é4 Depuis > dans tout le.caurs de son. lot^ règne i chaque année vit de semblables innoyatîons. Plusieurs lois et ^ordonnances furent révoquées .par lui-même V quelques-unes par ses successeurs , d'é^utres sont tombées dans Toubli ; mats il est r^ské soixante édité et, cent soixante « huit novpUeSf.ipii sont admis au nombre des lois formant le corps <3omplet de I^ législation de cette époque. Montesquieu s'est élevé avec force, contre ces perpétuels changemens qui ,9 sejj^n lui 9 ne peuvent être attribués qu'à la vénalité d'un prince qui vendait ses arrêts et ses lois: en supposant cette accusation mal fondée, on ne peut, du moins ^ laver Justini^a du reproche de légèreté et du manque de cette ftxilé indîspensabde chez un législateur.
Ijùs instituées de JosHnien, qui dérivent de ceHes de Caliis, mort avant la fin du deuicième siècle, se divisent en quatre Uvrès, fou«d'iin intérêt mafeiSF aux yeux de T historien , dit ph0o^ sophé et du magistrat. ^Classés dans an erdi^e Judicieux , ik traitent progressivement, le premier , des persotmeê; k second, des idens; le troisième , de» actions; et le quatrième, qui concerne les 4é4i$s^ se termine par les principes des iois pénates,
IdvjiE' pftBMiisi. De9 personnes. Les distinctions aristocratiques établies par la république roniai-
5f>6 HiaroiAE du bas-ehhrb*
lie, avaient oommencé à s^olilm! soi^ les eiii<p^reurs ; Jus tinien lowr porta le dernier eimp en i^amenant ses sujets au systèine mcmarchlcfiie absolu, où tous les citoyens sont égaux aux yeox. du souverain^ 8e$ prédécesseurs avaient maintenu la démareatîâoi entre la n^ssance libre et la naissance servile; les esclaves \aflfQi»c.his par leur melftpe ne cessaient d^étre teiHisà. P<^éissance 'enveira'lui. Leur patron., aiasl qtie sa ^mille i héritait- du tiers de t/>ul oe^qu'ils pouvaient avoir gagné depuis leur mise e» Ittierté, et même de la totalité V si les affmnefais meciratent sans enfans et sans avoir fait de testament. Justinien ne toucha point aux droits des patron, mais il abolit la dîsthictiou de naâssanoe 9 et quiopnqpe cessait d'^e esclave , jouissait^ immédiat^iieiU des privilèges de l'homme libre.
Lob ioîs romaines assig»iaient aux pères un pottisenr. exclusif , perpétuel et illimité suv leurs enâm»^ On voyait le fils d'ua citoyen romaii», parvenûi.à Và^ d'hotnme, jouir mi-^^nna, au sénat ^ dana les^camps , de tous les droits civils, t^ndi^ que, dans la maison paternelle^ il était considéré cpnune la propriété de son père, et livré au. caprice et à rinjustice de ce demiev. Depuis Numa josqif à Augis9lev la puissance pales^nelle perdit, par degrés, de sa force; et soue«le' règne d'Auguste 9 elle se trouva, réduite au point (jue les pèrésc u'eurent^que Tautorité d'vra juge*
Alexandre Sévère les obligea de lecolirir aiiic mâ>. ^istratSi ^m reçUrtbl i'inionctîon de teeevair leur$ filaiiites et d^exéctiter leufsBenlenoesi Constantin condamna pelui qui tuait son ettSant^ à la peine do pamcide ; elle était aussi prononcée contre celui qui exposait ou abandôiHiâit sobi enfant nouvean^né^ Ces délits ^furent qualifiés de meurtres par i*èinperetur Yalentinien dbns la loi cornélienne i et oomme tels, passives de ia peine eapltale^ ' Ce châtiment effraya du moins ceux que la votx de l^a nature ni là morale du christîa^ nfsme n'ainraient pt^ rete^r.
Les ancieïHtes lois plaçaient aussi la femme sous la dépendaoee de son mari , qui était investi à son égard de Tautorité .'paternelle dans toute isa plénitude.^ Il avait sur elle droit de vie et de viiortv sur-ttottt dans ieS cas d'adultère ou d-ivrognerte : ta I6l PaUtorisaît alors à }u^er et punir. Mafs après la goenner pimkpief la civilisation fît un pas énorme ; le» matrones- romaines osèrent réclamer les privilèges Celles tenaient de lajtiature» et que les mœurs grossières d*un peuple*, de soldats leurF avaient enlevés; elles demandèrent de partiéiper aux arvantages sociaux; elles rob(tereot. On abolit les cérémonie du mariage pratiquées {usqU'^lors^ cérémonies dégradantes })oor la femme ^ la personne de celle oi /ut déclare libres et ses l]^ens protégés par les lois. Le m^fage * devint. M9 contrat mutuel et voiontaira
3oS KiSTOtBE D1^ >i8-s«nii8.
où la femme conserratt sa pro{»riété ; on ées^ d'y appeterle concours des rites retigieui» Mad^, sous ce>nouyea«i poîot deviie^ UdeTÎnt snièt aox plu9 âinéstes abas. Dès qii'îl fut reoonno e^e le mariage n'était pins qu^cirne assoeiatten libre , il fut permis de la dissoudre à la yolonlé des parties. Pendant trois siècles d^une prospérité tmifours croissante 9 la corruption multiplia les ^divorces dans une progression vraiimitt éffrayafttè. Les elForts d'Auguste 1 pour temédier à eètle pernicietise coutume 9 qui relâchait' les ^Hens les |^us forts de la société 9 furent Inutiles. C'est au ohristianisme seul qu^ll était réserré de r^dre à cette union toute sa dignité en rentourast d'un Caractère Sacréy et eu mettant son indkseolubiHté soiis la sauve-garde dû pouvoir le {dus ionposànt : la conjscience. Cependant 9 les empeipeuTS9 depuis Constantin jusqu'à Jd9triifen9 tâchèrent de concilier rîndulgence des anciennes coutumes* de l'empire avec les commandeivieoj) del'J^glise, enr se bornant à limiter considérablement les- motifs qui pouvaient autoriser le divorce ; ^ustinien , lui-même « semble avoir préféré , d^ns son code et ses pandectes, TophnOn des jàpisconswltes païens aux^ injonctions ecclésiastiques , car ses loià 9 relativement au niarîâge 9 sont basîées sur les anciens prînéîpes que la religion avait condamnés. Des inBrmités graves et incurables 9 une trop longue absence, les vœux monastiques^ de-
vfnrent autant de sujets légiClmtes de divorce. Mais ^ n^était pas assez podr un peuple corrompu ; des réclamations s*élevërent de toutes parts et ibrcèf enf euiiii le successeur de Justtoioa à rétablir le divorce par conseatement mutuel , quoique la morale et Pharmotiie delà société dussent en souffrir^
Les lois de Rome avaient positivement défendu le mariage entre le frère et la sœur, et le désapprotivaîeitt entre cousin»- çermaios ; -mais, en même temps, pour se t^onformer à Tesprit orgueilleusement aristocratique de la république ^ (aies avaient prononcé que le mariage ne pouvait 6lre reconnu légal que contracté entre deux personnes libres. La fenmie d*extraction servîle ou plébéienne, qui unissait son lort à celui d*un citoyen roftiatn , a*avait droit qu*au titre de con- .cut)ine, qui la sortait de la classe Infâme de»* prostituées, sans, néanmoins, lui' assurer les droits d'épouse : ce titre , qui était avoué et re • connu ^par les lois, rendait légitime^ les enfans qvfelle avait- de son mari; ils pouvaient hériter d'un sixième du -bien de leur père ; on les désignmt sous le nom d*enfans naturels , pour les distinguer des inalheoreux fruits de Tadultère y de^ineeste ou dû libertinage, à qui Justinîen n'accArda qu*à regret la subsistance indispensabte*
i^iant aux relation» entre un tuteur et un pu*
rilO mSIOlBB DO BAB^IÉPIBC.
pUle^ elles étaient d'une nature très-simple. Si le pèrev en tiiouranty n'avait pa» désigné celai qu'il ohoiatflsait pour lui déléguer son autorité^ le plus proche parent paternel était obligé d'accepter 4^et emploi ; les lois prononcèvent que la tutelle deviendrait Une de$ cbarges'de la sucette*sîon ; à défaut de parens , le tuteur était ^nommé d*officepar le preinier magistrat de là ville ou le gouverneur delà province. Le tuteuR représentait son pupille lorsqu'il était hors d'état de parler et de délibérer; son autorité ne cessait qu'au mo^ ment où ce pupille avait atteint sa quatorxîème année, l'âge de raison fixé'par les lois^ mais, jusqu'à ce que l'orphelin .eût accompU sa vingtcinquième année, ses actes 4 en tout ce qui consternait » sa fortune V n'étaient valides qu'aatani qu'ils étaient appuyés du eonsêntemeal du eu- Tateur;
LivâB;II. DéêBien^- — Dans la législation elvile, le droit du premieroccupant constitue , dans l'origine, lef droit de propriété. D'après les douse^ tables, au bout d'un an de possession pour le» blenft mei^bles, et de deux an» pour les immeubles, il 5 avait prescription, c'est-^à-diro, nullité des droit» du véritable propriétaire qual^d la per^ sonne actuellement en possession de l'objet rédamiè, Justiilalt ravoir bien et duement acquis d'une autre personne présumée propriétaire. Justinleii prolongea la prescription jusqu'à trois ,
BI9VOIBE DÛ BÀS-BMPl&E. 3l 1
dix et vingt ari>s. En fait de succession ^ il n'exi»tait aucune différence entre les lignes de parenté masculine et féminiae;iniai8 on avait établi la xiistinction des lignes 'directes 9 descendantes , ascendantes et collatérales; le degré de parenté » ou raffection , donnaient le droit de .succéder aux biens restés vacans par là mort du propriétaire. On vit souvent 9 néanmoins» cet ordre de succession violé par la partialité d'un testateur; un caprice pouvait porter un père à déshériter un fils en faveur d'un étranger. Quelques exemples de ces dispositions contre nature 9 invitèrent le légis- ^ latenr à limiter l'étendue de la faculté de tester. Le nouveau code arrêta que , pour ravir à un fils ou à une fille rhérîtage auquel la nature et la société leur donnent drort, il fallait 9 au préalable 9 spécifier Toffense commue par eux ; les seuls cas qui pussent légitimer cet acte arbitraire , étaient stipulés dans le plus grand détail; et même 9 h mfoiiis que le testament accordât un quart de rhérîtage^ aux enfans, ceux-ci avaient' le droit dMntenter une action, en alléguant que le grand* Age ou la maladie avait affebté les facultés mo«raies de leur père^ et de demander aux tribunaux la révocation d'une sentence injuste. La loi éta*' hlit aussi une diflnSreoee très-marquéé eûtre la qualité d'héritier et celle de légataire. Lès héritiers qui succédaient 9 soit à la totalité 9 soit à une pCH'tion quelconque qui ne pouvait pas excéder
5l3 mSTOIHE DU BA$-£1IPI^E.
le donzîème de la succession -étaient tenus de remplir les obligations à eux imposées par le fes^ lament, et d^acquitter \^ legs>qui y étaient dé-» signés. Mais, comme il pouvait arriver que le déi'unt ^t dépassé dans ses dons la valeur de la Mtccession, et la rendit, par là 9 plu» onéreuse qu'utile à rhéritier ; celui-ci avait le droit de prélever d'abord un quart net avant le payement dien^ legs. On avait &Ké un déiai pour le dépouillement des dettes et pour les balancer avec les biens laissés ; et si Tbéritier réclamait le bénéRee d'inventaire 9 les demandes des ei*éauciers ^[tâient proportion nellement réduites , jusqu'au taux de Testimation des biens composant Thérilage.
Livre III. Des -jictions^ — Les hommes sont liés Tun à l'autre par des rapporte réciproqaes ;. ces rapports peuvent se* ranger dans Tune de cea trois clasises ; promesse 9 bienfait , injure. Quand. ces obligations respectives sont appuyées et protégées par une loi. Tune de« parfies peut avofr recours à la-loi pour forcer l'autre à l'accomplir,, et'a, sur elle, ce qu'on appelle une action judi^ daire. Ce principe , qui est de toute {ustice, a été universellement adopté par la jurisprudence de tous les pays.
Chez les Romains, une promesse et même un sermeofi, n'obligeaient à rien aux yeux de Ja loi des patriciens et des décenaivirs-, à moins ^ju'ilf ne fussent accompagnés d?une stipulation ex-
pi^Mf qui 8ô faisait toujours par une demande «t une réponse, • Promeltez-vous de me payer (tel objet qu'on spécifiait)? — Je le promets. » Telle était la formule ordinaire et à la volt)nlé pu au choix du demandeur, l'autre lui présenlaît des cautions qui garantissaient sa bonne foi et fes moyens de remplir la promesse. Le législateur réussit à donner, à de simples engageraews, ■• la force et la forme des stipulations; et les préteurs, comme gardiens de Thonneur et de ta bonne foi publique, accordèrent le privilège d'intenter une action dès que l'exîslence de la promesse était évidemment prouvée.
Un^bienfait ou une obligation demande récîpreèilé de la part de l'obligé ; et celui qui a reçu dans ses mains la propriété d'un autre, s'engtige k la lui Testftœr. Voilà le principe de la vente, ' du prêt et de la location. Dans le prêt, celui qui reçoit était tenu de rendre la chose même quHl aViatl reçue pour s'en servir pendant un certain temps. Dans, la* location, il substituait à l'objet une valeur quelconque , en remplacement de Tusâge temporaire qu'il en faisait ..Dans la vente , la possession pleine et entière était tanstférëe , d'un consentement mutuel, du vendeur à.Tacheteur, qui donnait en retour, à celui-ci, ime tomme d'argent convenue, Les terres, les ni^l* •ons, les travaux, les talens , étaient susceptibles de location pour un temps déterminé ; au bout
5l4 HISTOIRE DU B1S-:BKFIIIS.
4e ee temps , la chose louée devait étire resilt«iée avec une indecnoité. L^usttee avait été sévèremeot condamnée par la loi des deuze tables; eepeodant les préleurs n'avaiest cessé de la tolérer^ c'est pourquoi Justin îeo préféra rautorIsQr eu^ ▼erteinent en y apportant qnelques «estrietions. Il obligea les personnes à^tm rang éle^é de «e contenter d'un bénédce de quatit pour cent; l'intérêt ordinaire fut j^rté à six, et, dans le commerce, à huit.; le taux des assurances macitiines était fixé à douze pour cent.
Les injures se rattachent, de fait? aux délits et peines. Tout individu, fézé de quelque maniève que ce soit, lient^ de la nature et des principes de la société^ le droit d^exiger une rép&ratiw ^t •de robtenir par le conckmr»des tribunaux établie. Un Romain pouvait se faire rendre sa pM|)riélé volée en intentant un procès au voleur i il ne fallait pas moins de trente ans de prescnlptioniHHir lui faire perdre ses droits. Le voleur» outoPe la restitulioh de la chose volée, était condanméà une aBiend3 double, triple ou quadruple éesa valeur , suivant les cireon^tanoea, à titre de 4o«l-^ mages. Les voies de fait qui n'alUient pas à la fracture d'un membre^ étaient, dans la loi des douze tables, 8uffi9amm*ent punies par uneanaende assez légère ; mais les magistrats avâieat^ard à la nature de Tin jure , et proportionnaient leu- }om-8, dans leurs arrêts, le^chàtimentaiix cir- ^
ébnâlaiicefl accessoires C|pi pouvaient aggraver Tin jure faite à la partie lésée.
L^ peines infligées par les anoiennes lois y élaienl sévères ^ on pourrait piênae dire» excessjkrea. Les déiîU ordinaires étaient punis par le. fouet et i'esdavage ; neuf crimes entraînaient la peine de mort : i** la trahison contre l'Etat ou GtùTéspondance avec l'ennemi; 2'' les rencontres de nuit dans la ville , n'importe pour quel motif; 3* 4e meurtre d^un citoyen; 4° l'incendie volontaire; dscns ce dernier.oasyrincéndiaire était, luimême , livré aux flammes; 5*" le parjure eti jus-* tice ; 6* riniquité d'un juge qui se laissait corrompre et rendait un arrêt injuste; y" les libelles et satires ; 8-^ le dégât fait^ la miil, à la récolte d'un voisin f 9* lar inagie«
liftais c'est sur-tout au sufêt des débiteurs insolvables, que la loi des douze, tables était atroce et révoltante. Après trente jours, appelés jours de gr^e> le malheureux débiteur était remis aux mains de son créancier; chargé d'une chaîne pesante* on ne lui accordait que douze onces de. riz par jour peuvfsa nourfiture; et si » au bout de soixante jouffi, la dette n'était pas payée, il était lait esclave ou mis à mort« Cette loi cruielle fut abrof éo* pa«;lesi lois Porciepi^ et Yalértenne , qui. dfiendaIflQl ««.-magistrats de piNUig^ic^ri,» contre nn.tiio^Kt lif>r9s l9 peinse capitale ou inême un
5lG HISTOIRE DIT -CÀS'BUPIIB^
châtiment corporel, pagsant ainsi d*une rigueur excessive à l'impunité absolue. •
Les lois Cornélienne et Jalienne étabHren Am système différent. Qes rescripts émanés da trène remirent la peine de mort en vig[ueor. Les cou-^ pablcs à qui leur rang donnait une certaine în-r lluence, étaient décapités; ceux d'une condition plus ob9cure étaient pendus, brûlés ou exposés aux bélcs du cirque; le vol à main armée était poursuivi, et puni de mort, mais le yol simple continua d^élre regardé comme un délit soumis à la juridiction civile.
Les citoyens' libres jouissaient. du privilège de ne pouvoir être pigés que par leurs concitoyens, en matière criminelle. Les magistrats seuls pou* valent se poiler accusateurs. Le concours de trente-cinq tribus suffisait pour prononcer tine amende ; mais , d'après une loi fondamentale y ce n'était qu'à l'assemblée générale des centuries qu^apparteuail la connaissance des crimes pas* sîbles delà peine capitale. Ces jugemens populaires étaient ordinairement plus favorables aux coupables que redoutables pour Tinilooent, car l'assemblée se montrait plus disposée à absoudre qu'à punir. Cependant, à mesure que là population devint plus nombreuse, il devint j^us difficile de réilnir les citoyens en ^assemblée gén^ raie ; alors on imagina de créer des i$^ui$i$inTS
BrUTOI&B DV BIS-EMPIKC. SlJ
OÙ àéléipié» du peuple* Ces inquisiteurs eBinmaient et dirigeaient le procès ^ mais la sentopce ne pouvait être prononcée que par la majorit* des juges. Ceux-ci étaient renouvelés fous les ans; ils étaient pris en nombre égal, parmi les ^ plus anciens et les plus respectables sénateurs , les chevaliers et le peuple ; ils étaient au nombre de plusieurs mille, et Ton tirait au sort ceux devant qui chaque affaire devait se plaider. Ils prêtaient serment en entrant en fonctions; on avait d*aiUeurs adopté un mode de voter qui garantissait leur indépendance. Mais, dès avant le règne de Justinien, cet emploi si noble et si révéré ù^était plus qu'un vain titre; les juges de Rome nt s^occupaient plus des affaires criminelles , dont était ichargé un. magistrat unique nommé par remfNBreur et révoquable à sa volonté.
Quant un Romain était accqsé d'un crime emportant la peine capitale» il avait la faculté de détourner la sentence que. la loi s'apprêt^iit ^ prononcer^ eu s'exilant volontairement ou se donnant la mort. L'ingénieuse tyrannie de quelques empereurs enleva cette dernière ressource aux accusés. Sous Domitien , la mort volontaire de celui qui se trouvait sous la main de la loi, fui regardée comme un aveu du crime, et les biens du coupable étaient confisqués au profit de l'État. Mais les jurisconsultes relevèrent cet abus; ils posèrent, en principe, querbonuae résignd
3l8 BtSTÔlBE DIT BÀS-ElfPimV.
à la mort s'inquiète fort peu des arrêts des horm^* mes, et ne peut être retenu que par des considérations d*un ordre supérieur.
Du reste y dans le recueil dés lois pénalep , qui tient très-peu de place dans le code et les pan-> dectes , Jiistinien parait avoir songé davantage aus propriétés qu'à la personne de ses siî{et« , dans la protection qu'il leur accorda. Cependant , malgré toutes ses précautions et le soin qu'il ap-porta à simpIiOer les opérations de la jurispru- 4ence9 cette partie continua d'avoir ses mystères et d'être très^lucraf ive pour ceux qui s*y trouvaient initiés. La longueur et la cherté des formes d'un procès augmentèrent la pernicieuse influence que les richesses avaient depuis longtemps obtenue, et ôtèrent au pauvre toute chance d'obtenir justice, car on vit fréquemment les poursuites devenir plus coûteuses encore que l'objet en litige, et des plaideurs contraints par la prudence ou le défatftd'argent, d'abandonner I^ droits 1^ mieux fondés et les plus ikicontestables:
fur DV TtOttlfcin UYM BT DV TOUS FlUSnÉft.