‹ Histoire du Bas-Empire: Avec une introduction: [Coup d'œil sur la naissanceChapitre 10 sur 11 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

' D«piii« la chute de Tempirtf d*Occi(|cnt jusqa^à h fin d«

Ns

règne de Justinicn.

iPeûâant les diverses vicissitudes qui aîhenéfâiit la fin dé l'empire d^Occident^ les annales de l'empim d'Oriânt nous montrent successivement sur le trône de Constantinople^ Zenon, Anastase et Justin. Après la mort de l'empereur Léon , le trône devait appartenir à son petit-fild y ç'est-à- :4ire, au fils de sa fille Ariane et de Tlsaurien Trascatîssée^ qui changea son nom pour celui de Zenon. Cet enfant étant venu à mourir, on accusa Zenon de n'être pas étranger à cet événement qui le faisait monter du second rang au premier. Vérina, veuve de Léon, excita le mécontentement de la multitude contre ce père dénaturé r Zenon courut se réfugier dans ses montagnes natales, et Yérina, fière d'un tel succès, fit monter

■istoiAB DU BAa-ftMpiiB. ao3

•ar le trdne son frère BasiUiscus qui S'était dés-* bonoré dans^ Texpédition d'Afrique. Basiliscue ayani commis deux actes de vengeance^ qui lui suscitèrent des ennemis , ceux-«i rappelèrent Zenon de son exil, et le malheureux Basiliscus, abandonné de tout le monde > fut livré à Zenon qui le condamnai mourir de faim avec toute sa famille. L^impérieuse Yérina fomenta des troubles en Syrie «t en Éë^P^^ ^ et se montra , Jusque la 6n de sa vie, l'implacable ennemie de son gen^ dre. Ariane, au contraire, était douée des plus douces vertus; elle avait accompagné son mari dans Fexil, et, lorsqu'il fut mort, elle accorda sa main et conféra le titre d'empereur à Anastasetqui était un des prmcipaux officiers du palais. On peut se faire une idée des vertus de cet^oAitiie nar ces acclamatldus de Ia multitude t \ llégnes comme vous avez toujours vécu ^ i dont elle le aaliia à son avènement.

Ce fut à cette époque qu'Odoacre fut détrôné par Théodoric, roi des Ostrogoths. Ce prince, sous qui ritalie vit renaître quelques beaux jours, avait été élevé à la cour de Léon, à qui son père Tbéodomir l'avait remis en otage , à l'âge dé huit ans. Dix ans après, Léon l'avait rendu aux Ostrogoths^ dont son père était lé seul chef depuis la mort de ses collègues. La valeur du jeune Théodoric le rendit cher à ce peuple, à qui sa force 'et son adresse, dans les exercices du çeirps, inspi-

raient tâie pr^^ode vénét-atiûii ; austi qQimd stnr père mourut, le vlt-oon avec joie^maqter sor le Irdtie. -

ïeiioa s'était f^ù à comJbècc Tkéedorlede lootê»» leai laveurs ^u*il était ea soa pouvoir dé loi ac-^ eordei , Je» digoités de paki-icien ef de eonstil , l& eaittcouddemeal de» troupes^ des trésors immenses et la promesse d'une aiUanee honpi^blei Cuvent autaut de preuves de sa part^lîté pour lui. Le fila de Tbéodoc&ir s*était, à son tour ^ dévoilé à la cause de son bteofaiteur, et, à la tète 4e» boimnea c^ sa uafioA, avait puissaoï^aentceii*' Irihué à son rétablisacment; mats bientôt le fidèle Tfaéodorie deviuit un eaneml formidable^ afjranè été Sorcé de faire céd^ ses aEectloi»s aux impériotiseft réclamations â*un peuple^ belb'queux / re^

«lisant ei peu dis^oié à scmffijt re^pèce de sem-v tudi^eiîi: le veteuai^ ralU^su^e do Coosîtai^Uuople. Le roi des Ostrogotbs u'était, à proprement par-^ 1er,, qu'une espèce d'administrateur <^ 4e ebef militaire , ^ont la volante , daiis certains cas , était subordonnée à Uppinion de la natitm. Peut-^. étre.aus^, Tbéodoiid» doué d'ua génie va$tjQ et capaftifç de grandes elv(tôeS| fùX^'A entraîné à »Qtk insu , soit par un mouvement d'ambition qui lut faisiait délirer de déployer ses talcns sws un tbéà** Ue plus éteudu, soit par Texemple séduisant de tant d'aycuiurlers bardis, qui venaient dç &ç faire^ en £spagnc, en^laUe^ dans les Gaules et dan!^ la

KisTOUB mj tkn^vnfx.

Gtande-Bretagne 9 ^^ royaumes indépendans.

Q€iok{a*il jet) 89ÎI9 le 6drt «embfa coopérer à sa rc" tKîilîoii par les crrciiaslaftces dont il fctivîronna. Théodorks 's^'étail iaw«é engager^ par la cotir d« Coostanlinople» À Hiarchèr ciotitre Un ùorps de cotofédérés Gothn fui àTaît prû les armes pour j&asîltscus. Mais, lorsqu'il ftit en rotil«, une politique perfide lui refusa les vivres et les secours «ju-on kdi avait promis ea p^rté^ft, et la trahison de sesjguides l'abandrànay avec sa troupe , ati milkii des rochers du ment Soddin. Tandis que aeâ soldats àe^ livraient au décotoragemént^ Teurs . adversaires, du sommet d'une hauteur voisine , leur adressaient des représèntatièns énergique?. Ne saveïc-vods pae » disait leur cfaèf, qui «se neim* mait aus» Théudorîc» et qu| était iBs de Tria-^ rhasy.se savez-vous pas que la politique de Tem^ pite a toujours été de porter les Goths'À s'entredétruire ? Ne prévoyer-vous pas que le vain* queur^ dans cette lutledéaasturée» deviendra u>pept4«es perUdes ennemis de notre race? Bis<BOi, fils de Théodomir, où sûtit ces gueripiers^ nos am^s, nos parens 9 dont les veuves dé- ^«reni la perte camée par ta folle ambition P'Où sont les riqhesses que possédaient tes soldats quai|4tules0S tirés de leurs loyers pptif s'ear^er aoos tes étendards ? Chacun d'eux pouvaitdt/»p6* ser de phi^'eurs chevaux, makiteiifint^ le» voilà qui te suivent , à pied , dans les 44sertS| comme

ao6 . flISTOIlB BV BàS-tSlfFIftC.

» de vils esclaves, eux qui sont plus libres que leur » chef 9 prosternés devant nos ennemis. • Ce lan*' i;age était fait pour enflammer les jlroupes déjà mécontentes ; les murmures éclatèrent de tous côtés, et le fils de Théodomir se vit obligé de «^ joindre à ceux qu'il venait combattre , et de soutenir leur révolte pour ne pas être abandonné des siens.

. Le filsde Triarius, étant mort peu de temps après , d*une chute de cheval , Théodoric- se vit à la, tête de toute ia nation; mais les finances de . l'Orient étaient insuffisantes pour les besoinsd^un si grand peuple , et les Goths murmurèrent des privations qu'ils enduraient sous un climat rigoureux, tandis que leur roi vivait, à la cour de Bjsance, au milieu de toutes les jouissances du luxe. Théodoric en fut instruit, il sentit combien leurs plaintes étaient fondées, et, pour éviter raUernativê de prendre les armes contre ses compatriotes ou contre un bienfaiteur, il conçut un projet hardi, et s'adressa, en ces termes, à T^mi pereur : f Daignez écouter un serviteur fidtie,^ '9 comblé de^dons de votre générosité. L'Italie» » cet héritage de vos prédécesseurs^ et RdaÉe» » qui fut autrefois la reine et la maltresse des na- » lions, gémjssent sous le joug dû vil Odoacre; » envojnez-moi combattre ce tyran avec mes sol- » dafs.'Si je'Sàecombe, vous seras délivré d'un 1 attié dangereux et qui coûte beaucoup à Fem*

B^OIBB DU tAS-BHrilB. ^iOy

B'pire; si le cielm'accorda la victoire 9 ce sera en B votre nom que |e gouvernerai ies peuples déli- » vrés par mon bras. • .Cette proposition fut acceptée f Théodoric reçut l'autorisation de tenter cetle entreprise; cependant il ne fut pas expliqué s'il régnerait sur Tltalie en qualité de lieutenant, dé vassal* ou d'allié de Te^pire.

Le nom du chef de cette glorieuse expédition et Tappàt d'une conquête comme l'Italie, firent accourir sous les drapeaux tous les Goths dispersés dans la vaste ^ étendue de l'empire. L'espoir d'un riche butin enflammait et soutenait le coiu- . rage de ces guerriers , au milieu des difficultés et des dangers d'une longue marche, pendant laquelle ils eurent à souffrir tour-à-tour les attaques de la famine et celle des tribus de Bulgares, de Gépideset de Sarmates, qui cherchèrent, à l'instigation d'Odoacre , à s'opposer à leur pas* ' sage. €e né fut qu'après millç obstacles, que le jseul Théodoric était en état de surmonter, que les Goths parvinrent aux frontières de lltalie.

Odoacre s'avança à la rencontre de son enne-: flBd ; nais après avoir été défait dans deux alitions •aeeessives, il a)la s'enfermer dans RavcnneV oh {pendant trois ané il résista «lux assauts réitérée dû ▼ainqueur ^ mattrede t^owfle la con'^ëe, depiiis les Alpes Jusqu'à l'extrémité de la Galabre. Béfàle> tiém% €A\e peuple dé Rome l'avaient reçu cOmme un Kbéralear, et U avait forcé les Tândades^à lui ^

aod «fiTOlBC DU BlS-SHNIUe^.

céder la SieilB; Ravenne, que Tàrt et la nature rcndaî^nt imprenable , défiait seote «es «rmeiH et diverses sorties meartrières» Cominaadées par Odoacre^ jetaient Talarnie dans soti camp. Odea^cre fut pourtant , par les murmures de la garnît son, obligé de capituler^ On ootivîut que les doux rois se partageraient l'autorité; les Ostixi^tlis fu^ rcnt admis dans la place ^ si)r la foi de ce traité; mais ce traité fut bientôt violé ; le 5 «itâirs 40^* Odoacre fut assassiné par son^rival au milieu d*un .banquet, et, au oième instant, ses troupes furent massacrées d'après Tordre s^ret de ThéOdoriCf qui se fit proclamer roi.d'Itali6i avec k-cOusen-t tcnient de Tempereur d'Orient > dont le refus eût été impossible.

~ On a reprocké^ Théodoric d'avoir distribué le tiers du territoire d'ftalie à s6s soldatd. Uab » indépendamment de ce qu'Odoacre l'avait fait avaicif lui» on pouvait allé^^uer la néc^a^ité 4e pourvoir aux besoius-ti'iin peuple qui^eHrl* la Uâ de sefipropriesses^ était Venu de si lotov D^jiilJèKirsi «Aa^tad^aot se0 s^oîet^ à Je ûr nouvelle paftrli^ {>ar ^OtUe^.de propriété» il adoucissait. iwi^ flftQÇiMrf a^uva^s et leun9.babi|tfdes<>féroc4S; les.G<otte^ qfi^{^, pendant son règne;! él^t6liti4éîd< du aeutebnf ^ é^fi<;^t9siUeh<>1»l«e»or)ép|^ 4 I^liç, a^cqwi^^lixU^tdt oetle urbanité 4e«)li^ liièrçs qui dis(ingi|ait d'^bard i^.pe<jipks it|4ique$#

ils restèrent fon^ibis atl^cbéii à- leur langage el

alToelateot de méprîseir Féducatioii des é<^oles la-^ tiaes. Msd$i en cela 9 ils étaieot soutenus par leiu roi, qiiif malgré rétonnant génie dont H donna tant de preuves > était, ikéanmotns très-'ignoraut et ne se la^isait pa3 de répétée que Tenfant habitué ai trembler devant les verges d'un pédagogue 9^' ne suppprlerait jamais la vu/e d'une épée nue. C'e^t d'apr^ft ce système que sa politique tendit toujours à maintenir une ligne de démarcation^ entrelesiudigèiies et leurs vainqueurs ; ces derniers . étaient presque toujours sous les armes et formés à tous les es.ercices du corps» tandis que lea oC" cupatloaa le» plus paisibles étaient presqu'exclu^^ siveméBt le partage de» autres.

La conquête de rilalie jeta l'alarme parmi les peuples voisins de Théodoric ; mais on vît bientôt ■ r^u'il n'avait aucun dessein liostile, et sa courtoisie envers ceux avec qui il entretenait des rela- Cioiis amicakS) fit rechercher son alliance avec> empressement. 11 contracta des liens de famille avec les, rois des Francs 9 des Bourguignons, de^" Vlsigoths, de« Vandales et des Thuringien^ , et o^it au monde le rare pbénomiixia d^uiv chel". Barbare , qui dépose les armes au milieu de l'éni-; vreiœnt du triomphe et dansla vigvieiiu* de 1'^^. Dans tout le cours d'un règne de trente-trois aruw il ne fit la guerre que po^r la dé£e^)$e de «on tçr-. . ritoire et.non poiircherchei* à l'agrandir» Cepen* dau t il. îoîgni t , à l'Italie , les province» de Rhœlie,

210 ^ BlgTOllB 1>U BAft-SMPl&E.

i\e Norique, de Dalmatie et de Pannonie, où il établit une forme de gouvernement plus régulière que celle qui les avait régies jusqu'alcn*]». L'empereur Ânastase fut jaloux des progrès et de la prospérité de Tancien vassal de Tempire; U saisit le prétexte de la protection que celui-ci accordait à Tun des descendans d'Attila, pour lui déclarer la guerre. Les hostilités commencèrent sur les frontières du pays des Daces ; dix mille impériaux furent batUis par un moindre nombre de Goths et de Huns, et telle était la discipline introduite par Théodoric dans son armée , que » pour se livrer au pillage , qui était, 'à cette épo* que 9 le résultat et 9 pour ainsi dire 9 le but prinoîpal de toutes les guerres, les soldats attendirent que leur chef leur en eut accordé la permission.

La cour de Bysance, à la nouvelle de ce revem, arma deux cents vaisseaux 9 et les envoya sur les tôtes de la Calabre et de la Pouillc 9 qn*iLs rava- . gèrent. Mais Théodoric leur opposant une nombreuflie Aottille9 ils se retirèrent à la hâte, satisfaits du succès de leurs pirateries 9 et le souverain de l'Italie putconclure une paix durable autant qu'avantageuse.

Théodoric sut contenir l'ambition de Giovif y roi des Francs; il protégea les Yisigoths 9 contre lui, après la mort de leur roi Alaric9 dont Thérilier 9 eneore enfant, était son peCit-fils et son pupille* Il )oua un rôle puissant dans toutes le» -

HUTOI&B DC BÂB-MPIM. 311

affaires d^Ocoidenf et s'affranchit du {oug; de,rO« rient, mal^;ré ses protestations équivoques de respect et de soumission pour la cour de Bysan-' ce. Cependant, tout en désignant les candidats à la dignité de consul, il perniit que' Tempereur de Constantinople conservât le privilège de confirmer leur nomination. Du reste, quoiqull né «'arrogeât pas le titre d'empereur, sa cour offrait une exacte imitation de celles de Tliéodose et de Valentinlen ; et par la sagesse de son administration, il accoutuma ses nouveaux sujets à préférer raotorité des Goths à celle de Constantinople. Il encouragea les arts et le commerce ; sous son ' règne une sorte*, d'abondance se répandit dans des contrées auparavant ruinées, les routes de- ' vinrent plus sûres, les conimunications plus faciles et les .crimes moins iréqnens. Ses sujets ne. voyaient en lui qu'une seule chose repréfaensiblè, - .c'était Tarîanisme dont il £usait profession , etqut • scandalisait sur-tout les Romains, jEélés cathoK-| ques; sa tolérance aurait pourtant dû leur faire <( trouver grâce à leurs yeux , carUon-^seulement IL s'absIJAt de persécuter* les partisans orthodoxes de la foi, mais encore il permit à ses favoris , et même â sa »mère, d'en suivre les doctrines. Sa modération aurait peut*-éli'e eu plus de succès sans l'humeur ^hautaine et turbulente des Gofhs, qui prenaient quelquefois plaisar à molester les Itsdiens, qu'ils méprisaient à cause de' leur ca- a

V 2. m^fOIAB DU JBl«-tliriBC,

râQtère efféminé o( dont ilâ élaient hais pour leur hérésie. De pareilles sBèû«s oeoasù>n^ei>t des

^ troubles doBt le rétiultak fut Fi»lenËclion des ivnsfies aux oaturels du pajs^ qui. n*eareiit Li perm^îon de conserver que Les coiileaux et autres iid^^osliies nécessaires aux usages, domâstiquès:

I«a conduite de la cour de Bysanoe obligea aussi ' Tbéodoric de sortir des voies deJa doiiçeur quHl

fi'élalt prescrire, ilna^tase était mort^ et Jiisdn, sonsuoeessêury dirigé par son neveu Justinfen, qui avait déjà formé le projet de s'emparer de l'Afrique et de Fltalie, publia contre ks ariens un édit sévère, et prononça con^'eux les peines les Idus rigoureuses. Théodorîc réclama, pour ses^.Co^reljgionùaires, Tiadu^ence qu 'il accordait . aux calholiques d^Occident; r,évèque de Rome, qui délÂyàcetteépoquCy pvè«aillenomde}!lape, «e, mit en r^ute, avec quatre sénateurs, pouval- 1er faire à cet égard dès représeatailons & rem-^' peitev(r,'et rkivitâr:à se relàdhei de sasévérM^ ; •*ii.iiîe vouMt:pa4 quç Théodorio accôm})!!! sa metiace? d'abolir le catholJetsme en Italie:; «n-èffi^ Théodorio avait: préparé une orâonaance' ^ansoe but.

' €ette mesa*:e dé représaUle», (pki (Tunlssaittanf * d'innooenft àlcause da fanatisme d'un seul- liom-^mo, et quelques actes de cruauté qae ee prince <OflUBit dans les deriiièrès années dé son règne ^'

^^eniiroitt la r^utatien de justice et d'I^umanitéf

BlStOJBB BD B18-EMPIft8. 31.)

fpi*il s'était aoquise iusqù^alors. €cpendaiit ses forts furent, en quelque sorte, expiés par ses tenftoiHls., qui pvécipUërent U fin de sa via; à sa dernière liûure, il adrei»(à à son héritier Athalarie, fils de sa fille AmalasonlKe et du dernier pj-ii|ee de la Camille des Araaies, les âTÎs les pUis. sages et tesiplus tonclumjs, lui recommandant de faive ]e Jtopheur de ses sujets et de eatliver Faraitiîé de l'empereur d'Orient.

Ce Justin , qui avait succédé au vertueux Anas tase, étaitiun obscur paysau né parmi les sauvages Daces. Il avait reuoncé aux travaux paisibles de ragriculturè , ainsi que deux de ses compatriotes, ]>our embrasser la profession des armes.- Leur haute stature , leur force , les firent adihettre panni les gardes de l'empereur Léon 9 et Justin , plus heureux que les autnes, obtint successivement , dans l'espace de cinquante an», le» dignités ée tfibUn , de gouverneur , de génial et de sénateur. Quand l'empereur lnai|tase mourut, il avait le commandement des garde». L'eunuque Aniantius eut l?art d'éoarter du tv^ne tous tes paren» de ce prince, ayant dessein d^y fiiive monter quelqu'uifô de ses créatures; dans'ee bat, il remit à Justin une somme considérable destinée à acheter le suffrage <|e» gardes. Le Q[)urbe Justin en profita pour lui-même, et Pon vit un paysaa^ Dace tenir le sceptre de l'Orient sans que personne se présentât jKMu* le lui disputer..

ai4 HIStOIA^ DO BAS-IHFiml. ^

Il levait soixaate-hait ans quand il parvint à 'rempire» et 11 était aussi ignorant 'que Théodorîc 9 qui ne savait pas même lire /mais il n^avait pas l'esprit juste ni le génie supérieur de ce dernier ; eepeucant il sut y suppléer par le talent de ceux qu'il mit à la tête des affaires. Il sentait que la bravoupw, seule qualité à laquelle il pût prétendre , ^^dî^ superflue lorsqu'il s'agissait des combinaisons de la politique 9 c'est pourquoi il confia l'administration de l'empire au questeur Proclus, et 9 plus tard, à son nevevi Justinien,. qu'il fit venir du fond de sa province , et: qui 9 élevé à Gonstantinople comme son héritier, fit, par son habileté, oublier rincapacitë de son protecteur.

Amantius avait sur le cœur la supercherie dont il avait été la. dupe, il ne pardonnait pas à l'empereur Iv'emploi , qu'il avait fait de son . argent. Mais celui-ci prévint la vengeance qu'il aurait pu vouloir en tirer par l'accusation , vrai ou fausse , d'avoir trempé dans une conspiration contre lui» Trois de ses camarades furent esdlés. ou mis à mort, comme ses complices, et le malheureux objet des craintes de Justin fut lapidé, puis |et4 dans la mer. Il qe fut pas aussi facile de se défaire de Yitallen , qui, pour une querelle de i^'gion , avait pris les armes: contre Anastase ^ et après avoir extorqué de l'empereur un traité avantâ* geux, était resté, à la léte d'une forte armée.

BlSÏOtBS DU BAS-EHPIEI.

aux environs de Gonstantinople. Comme ce chef pouvait être redoutable, on loi fit les pin» brillantes promesses 9 et en les lui jurant on parvint à Tattirer dans une ville dont leç habitans gardaient encore le souvenir des excès de ses^oldats.^ Là il fut accueilli avec de feintes démonstrations d'amitié par* l^empereur et par son neveu; mais au milieu d'un banquet donné en son honneur , . il fut assassiné. Justinien , qui avait dirigé le cornplot, reçiit^ pour prix de ce forfait, l'investiture de toutes les dignités de son rival ^ et prit le titre, de général en chef de toutes les armées de l'Orient, sans avoir jamais avoir servi. Au Heu de chercher la gloire dans les combats, soit contre les Scythes, soit contre les Perses, il trouvait ptuscommpde, et sur-tout plus prudent, de se faire une popularité dans les jeux publics ou dans le sénat, et de cultiver Fascendant iqull avait sa prendre sur son oncle, laissant à d'autres plus courageux que lui l'honneur de défendre l'empire.

i^près un schisme de trenterquatre ans, rem> pereurse réconcilia avec le pontife- de Rome; à l'instigation de Justinien, qui eut le crédit de faire nommer pourévèques les catholiques qui lui étaient le plus dévoués, sa libéralité lai gagna le 4îlergé ; le peuple de Cohstantinople fut ébloui par la pompe et la magnificence des spectacles du cirque , et le sénat fat séduit par ses flatteries. Aus-

9ti6 BisToiEE pu BJkS-SarPIU»

81 adrcssa-trU à Justin, d'une voix unanime, kr.. requête de s'associer son n^eveu pouv coliègiK^. Juslin résista d'abord; Qiaîs l'état de faiblesse où il se trouvait depuis quelque temps lui fit sentir la nécessité d'accepté, uji aide, et Ju^tinien fut' solennellement proclamé empereur en prestance* du sénat .et des patriarches assemblés, en Tannée Sa^.

Après cet événement, Justiii ne vécut qMA quatre mois , pendant lesquels, le pouvoir deuieuratout entier dans les nuiîns deJ4}stinte».

Le premier aete du règne de ce nouvel pmpe-.

rcur fut d'élever j usqu'à lui ïa comédîenue Théodora. Elle était la seconde des trois filles d'ua nommé AcacCf natif ^e Chypre. Cet homme, c|ui élait gardien des ours du cjrque , était inori ks laissant en bas â^e;. lenr frèr^ les fit alors paraître siur ie théâtre. Les sufiVages se partagèrent, en vojçant ces trois orphelines y dont Talnée u^aviiit que ^ej^t aqs} la faction de$ verts les aecueiî* Ut mal ^ les bleus , au contraire , leur furent favorables, et c'est ce que Tliéodora n'oublia jamais, comme elle le prouva plus tard. I^es trois sœur» . continuèreaJi de servir aux piaisîrft d.u pubUi;; ; . Théodpra» sur-toqit^ étaijk applaudie avec eoihoa* • siaifi^ue pour s^o lalept dans la p^tomiiue , mai» encore plu» pour sa bfiauté, qt|î lui attira une foule d*aaians. Elle fut mère une sçule.fois; l'en* faut fut élevé en Arabie > et sou (^re» eu mouraut^

BI3I0I&£ or 9AS-EIIPJRB. 21^

lui apprit qu'il était Ois d'une impératrice. Dè.^ qu'il fut instruit Je sa naissance > il courut à Constantinople» obtint une audience de sa mère et disparut ensuite, ce qui fit concevoir de fortes présomptions contre Théodora ^ qu'on supposa avoir enseveli avec lui un secret si déshonorant pour le rang suprême, qu'elle occupait.

C'était son extrême beauté et raflTectation qu'elle mit pendant quelque temps à jse soustraire aux regards^qui avaient séduit le patricien Justinien. Elle acheva de le captiver par son esprit et par son adresse*, et prit sur lui un ascendant qu'exile conserva toujours. Il existait une ancienne loi^qui.défend^iit à un, sénateur de s'unîr;à une femme de naissance servile ovi dç profession in-^ fàme 9 les comédiennes étaient dans cette derpière catégorie; cette loi f ut. abolie » au nom de Jus ^ tin 9 par son neveu. La solennité du mariage eut lieu aussitôt après 9 et 'lorsque Justin ien monta sur le trône 5 il y fit assepir son épouse. avec tous le^ privilèges de la souveraineté. Lès personnages les pluf illustres 4e rempire. ^e, virent exposés^ aux caprices d'une cofnédîenne.pu à l'arrogance d'une impératrice, car son.hun^eur fant£^sque adoptait tour-à-tour ces dçux caractères j; elle étai^ d'une avarice sans bornes et d'une cruauté qui trouvait sans cei^e.deuouveaux.aliuien8 dans l«s rapports des. nombreux espions qu^elle em-

ai8 âifttoue nv bis-^ch^iak*/

plôyatit'à Jt'infêlfdiCHr de ce qu'on pourrait dii^ 6a petiMith 80kl désavantage.

Ci^i^^dàiit elle n'était pas entfèt'emi^nt -ûé^ jpouiinie de bonnes Qualités. Far son infiuekvee^' i*eïùpiîre eut moins à souffrir du zèle iatùlëhim de i^ènipereur ; dans mille occasions , eilie *fit preuve d*un grand courage, soU au milieu 'des éihéùles populaires, soît dans de graves con|onc* turés politiques; Justinien rendit «In 1foimma)^e éclatant à sa {Prudence, et la pârticipiation'de cette princesse aux affaires publiques futcoâs* iâmmént irré|^r6châ(ble. Théodora n'eut de JiMtihien qu'un seul fils, qui mbul*iit Vivant elle. Cette fétaltailÈ j^rit , dévorée par lin tàtàHàr, datts la 'vingt»deutiëttie année Ile son règne.

Sbiis Justiniian , Cdnstantindple fut smiVéM a^iée pàv lès factions du cirque ; dtes é«à$éfift alors au nonibre de qtiatre , désignées i^acnlle par les noms dès ctfuléuÉ^ que pbrtafént fes^b^ chers'pourlesqueUés elles prenaient pétiHf c'eàtà*dire , la blanche, la rouge , la' verte et la Meiïe ; la'fureùr de s'attacher à ruOae'd'eUes était pasiiée délRïjme à Gonsfàbtinopre , où il ' devint tndttte indispénsable'de bVigùër leUr favtsur pourobteniï^ quelque dignité, soit civile, sbit éGdésitiètf^[tie. La faction des vértsTét celleSes bleus àM6A>a^fes deux autl^. £a^rèfaifere&ia(tieibateaté«éla'CÀbèié et les opinions ri^^éùstâs'tle k IttiîHfea^ADa»-

UM) ia seconde , au eontraire, était dévouée à la foi catfaoUque et à Justinien , qui, par j^connaissance, se déclara, pendant plus dejcinq aos, le protecteur d*un parti dont Taudace. $siisait trembler la cour, le sénat et la capitaJIegde rOrient; L^impératrice , . qui n'avait .point; oublié Taecueil «que les bleus avaient fait à ia comé*- «Ùenae , les soutenait aussi.

On vit pourtant ces deux factions nyales4se réeoBcilier momentanément dans Témeute qui.^en 53a ^menaiça 4e réduire CaastanliiiQpler^flyrviiOan* étm* 'i)em'crimineb,ien. se sauvant. dan» rime éffiise, avaient 'éebf^ppé au châtiment .qui .les^at^ teddait; cwMne L'un était de la fiaicMon d^^^'sevts et l'autre .de> la iaciioa d98:liUm&,.derpart etd^'aut«e4mtpou8sa les.ménies cris de vengeance. Des iloM 'àe séditieux ^ assaiUircAt , dans .aa 4emçure , le» préfet idC' CoostaDtùK^pl^,, .^a'on xf gardait temWB je^peirséciuteap des deux.c^mda^ktiés.^on f^MMÛnnbasse si^r ^ gardes^et|SiiriSes'<iffioiers. tes . amUaôtes éli^iugers se ji^igninsii t . à .itwfite ikUiitttiiide(«édi<i^use.; ^es^l^randons. <ali«m4s <fu* rf»it>krii^ eoatre plusieurs^ msisons^e-ila^'^iUef Bh lîmoeqdie !se vpit9j^i|g<ia . r<a|^»dem«nf .> fi#Ad«^nt cMMf jours Conflbtaptinpplc fut livrée aw4é8iiH4fes dr'uncsisédition fusieuse ,et.,méiEmN;|r|de'd90S'les tHinudes de i'enipîre iée |9ysance*

Gomme on soupç^uiMiH lesr^patrf^ttK'iBypar tUis et JPoippée,^ tovit>deux i^oifeux 4e l^em|ioreur

Anastase, d'avoir fourni des armes aux insurgés, Justinien leur interdit rentrée du palais. Hypatius fut entraîné 9 malgré lui, par la populace, au milieu au forum de Constantin , on lui ceignit le dia* dème. S'il eût profité de reffervescence des esprits, il aurait pu triompher de Justinien qui, dans son effroi , avait perdu la tête. Déjà des préparatifs avaient été faits en secret pour transporter en lien de sûreté l'empereur et sa famille; mais bientôt la fermeté et le courage de cette courtisanne 9 que Justinien avait fait passer du théâtre sur le trône , Arent ehanger ces dispositions. « La fuite fût-elle M notre seul espoir de salut , dît Théodora , je r&r » fuserait de fuir. Nous devons tous nous attendre » à mourir tôt ou tard, mais ceux qui ont régné » doivent lie Cas Survivre à la perte de leur pou-'

> voir. Puisse Ite ciel ne pas permettre que je voit»

> le fôur où je cessera^ d'être sahlée dii tîti^ de » reine! Si vous êtes décidée à fuîri, ô Céaari •»' vous avez ded trésors, des vai9seaux^<la >mer est » devant toud, mais tremblei^l SôngéÈ^^e ee » désir dé conserver votre vie peut n'abeùtlll qu*à » un e^dl misérable terminé par vtite iiHH't IgftfO- «» minîeuse. Pour moi, j'adopte cette maxime' de » l'antiquité, que le trône feèt lin '^ri&ttk:^i^ùi^ » beau. » L^héroisme d'une femme rieodil'aiix hommes la faculté de délibérer et d'agir; od^^fit revivre l'anciehne ahimosité: qui avait divisé les deux factions ; iesblons prôdamèrent de nouveau

BiSTOiÀB DIT BÀS-BMP1BB> 'IUl

rautorilé de Jnstinien ; Béiisaire et Mundus, à la tète de trois mille vétérans 9 attaquèrent brusque-^ ment les séditieux et Tempereur qu'ils avaient improvisé. Le massacre fut horrible > trente mille personnes y périrent. Hypatius et Pompée^ traînés . au pied de l'empereur , implorèrent en vain sa clémence , ils furent jetés dans une prisoit et étranglés. Les flammes mirent le co^mblc avix liorveui*8 de celte sanglante journée : Téglise do Sainte-Sophie et plusieurs autres , des palais entiers » la salle du sénat 9 le dépùt des archives 5 devinrent un tas de ruines et de eendrcs. Les jeux du cirque furent suspendus durant plusieurs années; quand on les rétablit 9 l'esprit de parti se réveilla, plus actif que jamais 9 et recommença à troubler le repos de l'empire et celui du souverain*

À l'époque de Tav^nemeiit de Justinien au trône, les Goths et. les Yandalçs, établis en Eu* rope et en Afrique >.s'étaiept rendus indépendans àe Tempire; cependant les lois romaines étaient toujours en vigueur chez eux, et la suprémi^tie de l'empereur y était encore reconnue, du moins en parole. Le souverain de Constantinople qui , depuis l'abdication d'Augustule, se regardait comme souverain légitime des deux divisions réunies de l'empire romain , conçut le dessein de recouvrer de fait l'^autorité qu'il ne possédait que de ^oit, et d'expulser le^ Barbares et les héré--

ei'ia HISTOIlTE BU BAS-KHPfBB.

tiques qui l'avaient usurpée: La ïttuatrôn iiifé* ricufe de l^Afriqire lai en foamissait nn prétexte plausible et' semblait prormettre un faeurtmx succès à ses armes.

Le royaume cVAù*iqne était tomVé, parle tes- ^ taiiïenf de Gemseric, dans les mains d!HiMérlc , Tallbé des princes Vandales. Hfldéric sigtiaia sim avènement par un éditqui accordait à ses sufetu îalibi'ecroyance du symbole d^Athanase ; cettetolé^ rance^ qui ne satisfitqu'à demi Kes cathuliqfues , déplut aux ariens, dont lé clergé lui reprocha devoir apostasie , tandis que les soldats mumturaierrf haulèmenC, l^àecusant d'avoir dégénéré du courage de ses ancètées,' et d^avoir conclu un traité déshonorant âVec la cour de Bysance^ Géifmer profita de ce mécontentemeiït pour 8'em|yarèr du pouvoir, et l'infortuné Hildérîc se vît précipiter du trône daus un* cachot sans que personne fit un seul' moûvemfent eu sa faveur. Atafs ils'é^ tait acquis la prbtectiôiï û6 Justinieit^, qui envoya deut fois d^s ambassadbiu's à Gél&ner pour hiî enjoindre de respecter le& droits dkr sang^et de la légitimité I et de permettre' à un vieillard infirme de finir ses jours! en paix , soit sur le (rône de Carthag;^e, soit dans le palais de Constantfnople. La politique de Posui'pateur s'opposait à ce qti^ accédât à Tune eomme à !'aoti*e dés^ choses^ qu'on exfgfêait de luî; sa cruauté le porta à crever It?» ycux â son malheureux {irisonnicr. Aptes cet acte

' mSTOlU BO BA5-aiMPUB. 323

4e harbaJTÎe , U attendit tranquillement TelFet des jl^ii^rUfade Justini^n» qui, bien qu'il protestât. de ses- int^pation». pacifiques, songeait à venger Piidéric en portant la giiecre chez son pejrsécuteiir ; m^is G/élîaner , pleia de cenfiançe dans ses prfi^ef forcer, ne se souqiair gu^ de ce qpiie roo méditait, conire Lux, il défait rorage^<iuî grondait sur sa tétte.

Le 2iële de Fempereur rencontra toutefois des #l^tficles dans la prudence de ses ministres. Jean de Cappadoce, homme d'une habilité rare et d'mie grande immocaUté, osa même, en plein conseil, s'opposer aux désirade «on snaHire. « Vous voulez entreprendre le siège de Cartilage, lui dit-ril; par terre, la distance est av nipins de cwt quavaMejoiarné^de marche,. et |^ mer il se passera pluad'un an avant que.vo^s puissiez avoir quelques nouvelles de la flotte quf| enveiîez. £n supposant que vous veniez à bout de conquérir l'Afrique, songez que vous ne pourrez la. conserver qu'en vous emparant également de la Sicile et de l'Italie. Si. vous réussissez , de grande travaux vous restent à acçoniLplk; si vous éprouvez le moindre revers , ces étrangers jque vous allez combattre pénétreront dans le cœur de vos états épuisfés par vos premiers efforts. » Justinien reconnut la, sagesse de ces argumèns; ii n'aurait probablement pas manqué d'en faire son profit « san.^ lefpn^tismç

2'2:| JBtSTOtfiE DU BAS-EMrtBE.

d'un évé(|iîe, qui déclara que", dans uncr saihtêr vision, Dieu lui avait annoncé là délivrance dé' IVglîse d'Aûique. Celte révélation concoMa fort à propos avec la probabilité d^une ' révolte des^ partisans d^Bîldéric et des catholiques du pays. Déjà ràfricain Pudence avait manifesté rintenlion de cdmbattre pour son roi détrôné, et quel-' ques légers secours suffirent pour s'emparer def Tripoli. Le vaillant Godas, qui était gouverneur de Sardai^e , s'élait soustrait à rautorité du chef' deu Vandales, et s'était emparé, pour son prdpre^ compte, de la souveraineté de cette tie fertile. De tous côtés la discorde et les défections affaibliss^aient le pouvoir de Gélîmer , tandis qu'âir contraire, les Bysantins redoublaient d'ardeur, croyant voir 9 dans la nomination de Bélisaire au commandement de l'armée impériale, un gage cettaln de la victoire.

Ce héros, qui ressuscita pour quelques ins* tans l'ancienne gloire éclipsée de l'empire , était né parmi les paysans deThrace, et avait servi dans les gardes de Jiistînien avant que celui-ci fût empereur. Quand le maître monta sur le trône, le serviteur obtîntun commandement militaire. Il pénétra 9, poir un coup de main hardi , dans l'Arménie persane; ce fut à lui que la défense de Dara fut confiée. Quarante mille hommes , des meilleures troupes de Perse , nïarchèréni contre celte place importante dans le dessein de

HlStOlBË DO BAS-EXPIHE. 22.1

la détnanteler. Béitsalrc s'avança à la tète de vingt-cinq mille soldats, et, dans une seule ba-' taîiie, sou habileté décida^ de la victoire. L'année ^suivante 9 la Syrie fut envahie par les Arabes r , Bélisaire 9 avec vingt mille guerriers, courut à la défense de cette contrée. Dès qu'il parut, ses dispositions savantes déjouèrent celles de l'ennemi , et peut-être aurait-il vaincu sans effusion de sang , s'il eût pu contenir l'ardeur impatiente de ses troupes, qui, néanmoins, ne tinrent pas ce qu'elles promettaient, et lâchèrent pi'ed aumo-» ment du combat qu'elles avaient demandé à grands cris. La gloire de Bélisaire eût pu soufirir de cet échec, mais le talent qu'il déploya sauva ses soldats des conséquences de leur propre folie. La* paix, qui survint ensuite, le rappela, des frontières, au centre de l'empire | où sa conduite, ^ans la sédition de 532 , lui mérita l'estime do son souverain. Bélisaire avait, comme on le voit, plus d'un titre à la bienveillance de l'empereur, mais il parait qu'il dût sa nomination au com^ mandement de l'expédition d'Afrique , aux intrigues de sa femme Antonine, qui , tantôt jouissait de la faveur de l'impératilice et tantôt était l'objet de son aversion. Cette Antonine était issue d'une famille d^histrions; sa vertu fut plus qiiesuspec- Jlée et les plus odieuses imputations s'attachent à sa mémoire ; oependantelie régna long-temps sur l'esprit de son mari^ qu'elle accompagnait au

9a6 BisToius ru bvs-rbi;p|eb..

milieu des fatigues, et des dangers de son aventureuse carrière » avec uq coulage au dessus de son sexe.

'^ Les troupes, dq. t'çxpjédUÎQn d'Afrique étaient composées des gardes de Bélisairei de quatrt^ cents Hérules d'élite 9 commandés par Pharas; de six ceints Massagètes ou Huns >.qu^on. avait fait embarquer par ruse ; de six mille cavaliers et de dix mille fantassins. Mais» sous le rapport de la discipline 9 ces. derniers étaient de beaucoup inférieurs à la cavalerie 9 et c'était sur l'arc des Scythes qne Ks armées romaines 9 autrefois invincibles., fondaient alors leurs chances de succès. Cinq cents, vaisseaux de transport , montés par •vingt mille matelots d'Egypte 9 de Cilicie et d'Yonie.9. étaient protégés P^ quatre-vingt-deux pelUd briganllus 9 C4>ntenant deux mille. ran»eu.rs pris parmi' les jeunes gejis les plus braves- et les plus- robustes de Gonstantinople. On comptait . jusqu'à vingt -deux généraux faisant partie de cette, expédition; mais le seul Bélisaire était investi du commandement , soit par tei:re 9 soit par r mer.

(1. 535.) La flotte 9 au passage dorHellespont, fui retenue quatre jours^ à Abidos» par les vents contraires. Ce fut alors que le général. donna un exen^le éclat^ de- sa fermeté et de sa sévérité. l>eux ftoldats^Uuns qui 9 dans une querelle.causée par Ifivr^sc^ avaient tué un de.leurs camarades ,

RtSTOlAB BU AAS-UUUB. »'i7

fureot'attachés augibeien présence de toute Par* mée« Leurs compatriotes se révoltèrent contre un tel ohâtîmeat , inAigé pour un cdme que les lois scjtlieS' ne punissaient que par une amende assez légère; leurs munoures eurent un etiel contagieux dans tout le camp» maïs la vigueur et Téloquence ne Bélisatre , qui fit valoir réaormîté de la Êiute et la nécessité de maintenir une stricte disciplîae, étoiiffèrent Finsurrectien dès sa naissance. Après une heureuse traversée «. les troupes relAehèrent à Méthone. pour s'y reposer et réparer leurs forces ; là elles eurent à souffrir de la sordide avance du préfet Jean d^ Cappadoce; nourries d'un pain grossier et à peine cuit , eUes furent liîent^ en proie à des maladies affreuses; plus 4e cinq: cents soldiits pérîreait en peu- de jours. Mai» BéHsaiee remédia à ces maux et il se trouva pvomptement en état de se rembarqua; il vint aborder, avec son armée, au port de Cancane, sttr la cète méridioriale de Sicile^ Cette Ile était gouvernée par des administrateurs goths, au nom 4e la fille et du peti^fils de Théodoric ; ils reçu'^ reafr le^. troupes impériales en. anus e^ en alliés, soient les ordres émanés de la cour de Raveuno. Bélisaiee prit auprès des Geths des renseignemens awrla position et les démanches des Vandales, et ce cpi^U appeit l!ayant engagé à accélérer, sa marche», il alla ieter Taacreà cinq,}purnées de distance de Gattfaage.

Gélimer, qui ne s'attendait pas h voir sitôt rciw ni^mî 9 avait envoyé cinq mille soldats et ce^it-^ vingt galères à la conquête de Ttle de Sardaigne ; avec ces forces , il lui aurait été facile d'aHaquer et de détruire une flotte composée de lourds vaî»fcaux de transport et d'un très-petit nombre de bi iganfins. Ce fut pour éviter une rencontre, qui lui eut été si funeste ^ que Bélisaîre se hâta de débarquer ses troupes sur la côte d*Afrique. Il ne laissa que cinq hommes sur chaque navire, pour le garder; les avïtres se construisirent un camp Ibrtiiiéy' suivant Tusage de ce temps-là, par tin rempart et par un fossé. Le général établit la plus rigide discipline dans son armée, la faisant approvisionner par les habitans , qu'il pajraljt avec générosité. Plusieurs villes ouvrirent successivement leurs portes, et Bélisaire s'avança sans rencontrer la moindre opposition jusqu'à cinq lieues de Garthage. ^

La rapidité de Bélisaire jeta l'épouvante dans ràihc de Gélimer. Il aurait voulu pouvoir traîner la guerre en longueur jusqu'à ce qiie son frère Z.ano fût de retour de Sardaigne, et, daés son mécontentement , il maudit l'imprudente p(4ititfue de ses prédécesseurs , qui avaient démantelé toutes les villes d'Afrique. Cependant , il assembla à la liâte une armée assez nombreuse; son frère Ammatas devait sortir de Garthage , à la tête dHine division, pour arréler Tavànt-garde

BISTOIBE DC BAS-BMPUIE. %%g

des impériaux à trois lieues de la ville 5 tandis que lui-même attaquerait Fennemi par derrière, et son neveu Gibamond, eu flanc. Ce plan, assez bien concerM» échoua par la précipitation d*Ammatas it qui, ayant devancé l'instant prescrit pour Tattaque, vit ses troupes dispersées et périt en voulant les rallier. Gibamond fut défait par les Massa^l^tes, et Gélimer lui-même, ignorant ce qui se passait , et trompé par les détours de la route qu'il suivait à travers Ipa lùontagnes, arriva préciséi^ent à l'endroit où Ammatas avait été tué. Il, se mit à déplorer le sort de son frère et de Cathage; cependant il chargea l'ennemfavac impétuoMjté , et peut-être aurait-il décidé la fortune en sa faveur s'il ne s'était pas occupé à rendre les derniers devoirs aux morts. Ce pieux délai péril^, à. Bélisaire de. s'avancer avec ses gardes, qui reprirent l'avantage^ 4o cette journée. Le rpi des .Ya^d^les aban4onna le champ de bataille à spn va{llj|nt adversaire, et sie dirige vers les déserts de (^un^i^e. Mais il eut jsoin d'ordonner auparavimt. qa'Qn mit à mort fiitdéric et ceux de ses partisans qu'il retenait prisonniers, cet ordre fut pppiUQiliemeBit exécuté. Ce trait d'une vengeance .atroce fut peut-être encore plus utile à ses ennenM9iqi|.'à luirinême, car, en se chargeant de faire fiéir» le fiotiveraîn légitime^ il est probable qu'il aie ]Stt.qijt'êpa|:gn^«^au gén^^ral de Justinien, un i^fimb qui' fUiraî^.ài^449iUii terni sa gloire.

»5o Bt$TOiftC lyt) Vitl-EltPttC.

Carthage appela et aecaéilUt, af/ec ûes^eriB-âe joie, ses libérateurs. Sélisaîre, après' un |otH- ac-' cordé au rqpos etaux réjôuissafices ^1à Tidon^, decupa les marins, ies soMats el les^liilbitans à répfi^rer les murs et les «rav^ages de-^fenseile la i^pitalede l^Afrîque,et'Giilfmer'v!t avec ms^étoniienienft ég^a! à soii désespoir, la force ^ les-^o-^ grès des nouvelles ibrlHîeatfons. €etnonar^er ayant rallié les fkibles débrîè de son atttiée» avait établi son camp danslesplaim^ de^BuHa^àtiaatre joârtfées de Cârtfaarge , lorsqu^'l reçiit'des4et« très de son" frère Zano, qui lui ammvçâient ia prisé de la Sardaigne. fl lui réjMactditen loi'péî^ goatit sa sitcïatfoti de la maïiiëre l«l phis^iMiétt-' que. «Lé ctel , disait*!! > s'est dé^rétïdntre tKmsJ » tout est toitibé au -pouvoir 4e fios eimeÉ^is ; il i-né ncms rie^te qttôlek plaines- de ]luilaetFe»|Mir » que hôtt8'Altoâo^s1(Ur^otl'e'<vafletl^. ^tfiftë^tki » iSardaigtié, vebéK à'iidtfv éecoùtsvHendte^ltas 9 nos'ètats impêrissotls^^niieBiSle. i>^2iaiiovA||tèi avoir reçu Cette lëttl-é ^^vmt iï'ettt la pi^âêiKçe et taire le contenu atixfaëbftMrs' du ^pày&,ft|^n^-^ barquèr tes troi:l|>es*à 4a Mte, 'jeta r»ncl^i'^à>^

haùteai* de 1^ MauHtaâEiie,'lè'4»iiîsièiflefMr<^<«t rejoignit le toiaucànifl^dë^llëlfe^ i •«. c ,

L*eiitfevuo Hits ^^BtdéÊk^M^esi'mfftHm&'éUnmt^ cbante , cependant c'était le nlonieiftâe<dépl)éyer de Fénèrgie; Texempleée 2Mifrvl«|<flQUilqîtatioDs du roi des Yandàles î îHf m«i^<eii%4iie'yimpl|» aivateu

et déeiMiragé ; Tarmèe aîricâine fti^était'pas ft sefpt lieaes de C^itbagey que déjà le itombre de M» goldatsr était décuple de celuides hnpériauK.Hé* lîsairey se reposant sur la di^cfplhie et la vëÏMr des riens, laissa les BaHiares 8*avaneer«aiiB obstâcte et même ratfaqtier à rimpn>vlste. A Finstant lesHoitraiû's furent sôusies armes ylaviclAire resta lotfg-teftfpsen suspens ^ rachtfniemttÉt était é^âl de pâfrt et diantre ; mais la mort -de 2Saao devitit, pourOélimer, le sfgteâl de la relrâifle; le* Romains se vahlèrrent de n*aTbtr éperdu 4ue ekiquante homtoes contre huit eents "Vandales^ -dlfili cette ioumée décisite -pour T Afrique. -Le taln^ queur s*avadça vers le camp ennekni à laiéte^de se^ troupes, et^éKmer pHl la fuite. Les Yatifèalts, Se iroyànt âbandonoés 'psr leur roi ^ se dispeysètëàî'àe tous côtés, cliaeun d^cru^ue 9oi»00ai»t qU'^à'Itt ilûireté'përsonnelle. Leut camp fut^i^nsBl* tdrfivi^ au'|4ild{e;*mais, auitiilleu du stiiedè», HéHiaire ti'étalt pas sans inquiétude ; >left 4i^ MtVItëê'^ f htteiUpérsniHee de «es «éldats lui fai^ srflMterâitfâre qtie'Fénnenu«aoé'avMit detefe* nir potir ré^t^r Fécheic qu"^ avait 'reçti.AKt* réuvemént ses appréiieiisiOBs ne «e réalisèrent ptfs; ii«ut le temps de rem^lit^nU'peQ^îordBe dans son amiée, et -dépéii^bittit' quelques troupes Téjifèîils à la pourstiite de 6élioiep,'il s'^asça i itens la %ième ifireetion , aVee le resic de son armée, fusqà*à ce ^li'âybtitapjpris que colnt-ei i*é*

:^3 HiSTOIAK l>U BlS-EMPiAE.

lait réfugié chez les Ttfaures , il rétrograda et rentra dans Garthage 9 d*où il fit savoir à l'empereur que l'Afrique Venait d'être couquise en moins de trois mois. ^

. • Cependant 9 quoique la Corse , la Sardaigne , les Iles de Majorque 9 Minorque et Yrica eussent fait ^ leur soumission 9 quoique dans les places principales on eût établi des commandans et des garnisons, la conquête de T Afrique ne pouvait être considérée comme «lehevée, tant, que le roi n'était pas remis pdort on vif au pouvoir du vain* queur. Geiimer;, vivement poursuivi,^ n'avait pu trouver un asite'pour lui «t pour quelques ser\'ileurs iid^lçs - qvi ■ s^étaient attachés à son sort, que dans les montagnes inaccessibles de rjuté- ^ rieur de la Numîdie. Pharas , chef des Hérulês , do^t le caractère loyal était généralement estimé > italgr4l4 réputation de perfidie de ses compatcîotefr^ vif^t4'y assiéger.. Après une infructueuse téatajtire pOMr escalader les montagnes ^ il essaya dé 1^ prendre par famine au moyen d'un blocus qui dura tout l'hiver. Gélimer, ce monarque qui» peu de* temps auparavant, voyait à sa disposition toutesles richesses de la nature et de l'industrie • fut .rédujt ,à -pâur^gor rindigence des sauvages maures y habitant; û^mmç eux pêle-mêle avec le télail dans des huttes de terre où. le jour ne, ^nétrait jainais, et qu^ ne laiss<ïiieptv point d'issue à la.fuliTée. Là rus^^e-du pain et du^ria était

HISTOIAE DU BÀS-EMPUE. a53

inconnu ; un ^â^ieaxk grossier d*avoine , puit à demi sous la cendre , était la nourritura de ce peuple 'misérable. Pharas ^ instruit de la position nialhe.ureuse du roi des Vandales , lui adressa ime lettre amicale pour lui conseiller de ne pas rejeter Toffre de la clémence de JUstinien garantie par la parole inviolable de Bélisaire. « Je sens ,

> lui répondît Tinfortuné monarque , combien » vos avis sont raisonnables et généreux y mais 9 je ne puis me résoudre à ramper devant un » injuste ennemi qui a mérité mon éternelle

> haine. Je ne lui avais jamais' fait mal , et ce- » pendant il a déchaîné contre moi ce Bélisaire

> qui m*a précipité dans un abîme de misères. 9 Justinien est un homme , un monarque ; ne » craint*il pas de se voir un jour exposé à un » pareil revers de fortune ? La douleur qui m'ac- » cable m^empèche d'en écrire*davantage. Mon » cher Pharas , envoyez-moi , je vous en sup- » plie 9 ma lyre, une éponge et un pain, v Le porteur de cette lettre apprit à Pharas le motif de cette demande extraordinaire. Le roi désirait goûter encore une fois du pain dont il n'avait pas mangé depuis long- temps ; il demandait une éponge pour ses yeux malades à force d'avoir pleuré , et voulait une lyre pour charmer les tristes instans de son exil en chantant ses malheurs. Pharas lui envoya ces trois objets ; mais ne se

û5î RI!$TOIftÉ ftr Big-EUPIIlt.

relàchjl point de sa vigîlaifce. tfûÛn , Gélimer Ke laissa persuader de dé i-endire à Bétîisaire sur ton protnesses solennelles (]u*oti tui fit dèr le traitçr honorablement. Dans sa première entrevae avec re général , le prisonnier se mit â rire aux écbtK ; chacun crut que ses infortunés lui avaient fliît perdre la raison ; mais un observateui^ intelligeitt pouvait démêler , dans cet accès fntempestff de gaieté 9 la conviction du peu de cas qu^une triste expérience hii avait appris à faire des grandeurs humaines.

L'empereur ne larda pas à devenir jaToul du mérite et des succès de son général. Il lui offrît le choix de rester en Afrique ou dé revenir à Gonstantinople ; mais celui-ci qui connaissait le caractère de son maître vil qu^l devait ou S6 résigner à la mort / où lever Tétendàrd de la révolte f ou déjouer les intrigues de ses ennemis

par sa présence ; il fit donc embarquer ses gardes ^ ses trésors et ses prisonniers , et H est de retour à Gonstantinople avant que son départ de Car** thage y fût parvenu. Par cette prompte soumission , il dissipa les soupçons de remperedr^ et se fit décerner les honneurs du triomphé. Mais dans cette auguste cérémonie où les richesses -des nations vaincues formaient les trophées du vainqueur f où toute la splendeur du luxe était employer dpns le cortège, Tattention générale fut

abflorbée par déUmer quj répétait seaxB cesse les moU ée Salomon : Fmkité ! vanité ! tout est vamté !

Vélifiaire fu.t récompensé de ses services par le coDSulat. Quanltà Géljmer, oi) lui assigpa, de^ vastes propriétés chez les Galates : c'est là que le ci-devant monarque , retiré avec sa Emilie et ses amis 9 passa le reste de sa vie dan? la pai;^ , Tahondance» et peut-être le contenteraient. h\é^ lîte de la îeunesse vandale fut disséminée dans les divers corps de cavalerie à la solde, de rempire 9 et le reste finit par se fondrt^ ÎM^nsible^ ment avec les autres races afrîcajpes^ Enraimée 5^) lesMauresproritèrentide Tabsencc 4e JDiélisaire pour tenter une iiivasipn .qui désola les prATinces d* Afrique. Us furent repousses par Salomoi;! à qui le général? à son départ , âLvait laissé le commandement. Cette confiance 5 accordée p^r un ^grand homme ^ un eunMque ne fjit ppint troimpée* Salomon ies poursuivit jusqu'où mont Aurasfi à trente, iournées de distance de Car-, thage. Il tenta de l'escalader; malhe.urquK.diuis .ses premiers effoirts , il ne se découragea p9f« t't réiussit la seconde fois. Arrivé au somn^Çt, il l\t élaver ui^ citadelle pour s'assurer de sa conquête-, et gra.ce à cette importante yictoirc ^ et à la valeur persévérante de Salomon , .la Mauritanie fut ajoutée aux possessions de l'enipire.

Plusieurs grfcfs publics et pa,t'tlcu]iei:s aVHi<^nt

256 tiistoïKE cv BÂS-cariAE.

éloigne les OfiU'ogoths des Vandales , leurs alliés naturels ; c'est pourquoi les conquërans (le l'Italie virent avec plaisir l'anéantissement de la puissance des Vandales en Afrique; mais ils ne tardèrent pas à n'apercevoir combien leur joie était impoHlique , car Bélisaire les menaça , au nom de san maître , de reprendre sur eux les pays qui s'étaient soustraits à l'autoHIé impériale. Une nation qui comptait dans son sein deux cent mille braves soldats n^aurait fait que rire du langage hautain de Tempercur et de son représentant ; mais alors l'Italie était divisée par Pesprit de parti , et les Goths n'obéissaient qu'à regret à une femme. Amalasonlhe qui les gouvernait avait reçu de son père Théodoric la tutelle de son jeune' fils, et la régence de Tltalie pendant la minorité de ûèlui-ci. Cette princesse joignait à une beauté 9 dont ïhéodora était jalouse 9 un génie mâle et éclairé qui se déploya avec avantage daiis radmifiislration du royaume et dans réducâlion qu'elle donnait' à son fils; mais ce jeiliié homme, indigne d'une telle mère 9 anho|içait IcÀ plus mauvaises dispositions 9 et en appela de sa juste sévérité' aux Goths qui 9 déjà méconten's du prix que la reine attachait à la science , et des soins qu'elle donnait à la culture de l'esprit de son nis 9 tandis que 9 selon eux , uii roi n'avait besofn que de savoir faire là guerre 9 insistèrent hautement pour qu^il fût affranchi de

la tutelle d^une fenimc «t formé aux farouche k vertus de ses ancêtres. Trois ou quatre des plus mutins mis à mort par Tordre de la reine » servirent d'exemples aux autres; le peuple rentra dans le devoir ; mais ce trait d'autorité , tout en faisant respecter les droits d'Amalasonthe 9 lui aliéna davantage encore le cœur de ses sujets , et la mort de son fils qu'un excès d'intempérance ' peu ordinaire 9 dans un âge si tendre , lui enleva bientôt après, la laissa dénuée de cet appui qu'elle trouvait dans la légitimité des droits de ce fils. Au lieu de se retirer dans l'obscurité de

' la vie privée , la fille du grand Théodoric imagina de s'assure^ le trône en accordant à Tun de ses parens , issu du sang royal , le titre de son époux , à condition qu'elle seule régnerait sous fton nom. Théodat promit tout ce qu'eHe voulut avec une feiate reconnaissadce; mais la pi*emière chose qu'il fit après avoir r^çu le diadème de si» main « fut de la renfermer dans une étroite prison où elle mourut presque 'aussitôt victime' de l'ingratitt/de de l'homme qu'elle avait placé sur

* le trône.

Justinien voyait avec joie les dissensions des

' G olhs ;* ses ambassadeurs feignirent de plaider auprès de Théodat la cause de la reine, tandis que leurs insinuations accéléraient l'arrêt de sa

'mort: Cependant à la nouvelle de ce trépas prétendu naturel 5 ils témoignèrent une vive indi-

aâS BISTOIBE DV BA9-EMmi^.

gnatioD 9 et déclarèrent , au nom de leur maître 9 une guerre éternelle à celui qu'ils accusaient de ce forfait. Les troupe» que Justinien employa à ce4te entreprise, assez peu nombreuses par ellesmêmes 9 trouvèrent un puissant auxiliaire dans la renommée déjà colossale de leur chef Bélisaire. La Sicile reçut le héros à bras ouverts; Paleitno seule osa résister ; le général s*en rendit maître par un adroit stratagème : il fit bisser au haiiit des mâts de ses vaisseaux , des barqiies remplies d'archers qui , de là , dominaient sur les remparts de la ville. Mais, le printemps suivant, ses progrès furent interrompus par la révolte des Carthaginois. Sa présence ne tarda pas à les faire rentrer dans Tordre; et , à peine avait-il obtenu la victoire sur les rebelles, que la nécessité de réprimer une sédition qui , pendant son absence , s'était élevée dans son campen Sjcile» le rappela précipitamment danç ce pays.

(556). Le pusillanime Tbéodat était entré en négociation avec l'empereur. Il offrait , pour le misérable équivalent d'une pension , d'abdiquer la couronne , de céder l'Italie et de consacrer le reste de 4I&S {ours à l'étude de la philosophie. Mais dans l'intervalle des négociations^ deux généraux, de l'empire ayant été défaits et tués, ep Dalmatie, par les Goths, Tbéodat, par une transaction subite de la plus abjecte lâcheté à la plus folle présomption > se crut autorisé à recevoir

renvoyé 4& Justiakn avec un toi&~ de hauteur et é^ meBaee^ Les Kostîlitéj^ 8€| paii^i:eii.t avec uoe nmuf^ette v%tieur. £a 537^ Béli$ake ayan^t laissé de fontes ijlanHseos h Païenne et à Syraeuse, At embarquer ses troupes à Ulessîue et les débarqua à Bii6ggtD<. £beiritior« qui avait ^ftousé la ilUç de Théodat 9 était cht-^tgé pav seiu bcau«-fyère de défendre Teatrée de Tltalie , sur Içs frontières, de laquelle il était posté avec luie puissaote armée. Xi»hitoaut à la fois son paj» et sa famille , il passa danrftJe camp esmeaû avec ses soldats. De Bteg^o îu8qtt*à Naples» tes vaisseaux et l'armée de Bétfaaàre s'avancèrent sans la moiudre oppolâtion le leog duffivage; mais oetle dernière ville était défeobdue par bntt cents braves soldats 9 et protégée, de tous cMsj par des précipiees ou par. la mer; bien approvisionnée ^ elle menaçait dV^pttVMv ht patience des assaîllans. Ëpa effet, au heut de vio^ feurs, Béltstaire eeiamençait à déseepéner de jamais parv^r à la réd;uire , lots qu'ttH soldai IsaurieAy ayant eu la hardiesse d'aïlisr iaire une reconnaissance dans rintérienr d'un aqueduc desséché ^ lui apprit qu'onpourrait y pratiquer oiieissi»e pourinirodnire defttiK>upes dans la viUew Bétîsaire , ayanli de nouveau sommé la place de se rendre^ et l'ayant iniitîlement avertie du danger d'une plus longue résistance ^ fit pass^T par i'aïquedue quatre cents aoidats qui surprirent les séotbietles et ouvrirent le» pertes à leurs corn-

24o BISTOIAB m BiS-EMPIBi!.

parlions. L^entrée des vainqueurs fut sig^nalée par toutes les atrocités familiëreb à une soldatesque efirénée, et tout Fascendant de Bélisaire fut presque insufiisant pour arrêter le cours des désastres qu'il avait prédits.

Pendant le siège de Naples , Théodat s'était mis à Tabri dans les murs de Rome; sa cavalerie était campée dans les marais Pontins, mais les principales forces des Goths se trouvaient disséminées en Baliilatié , chez les Yénètes et dans les <]^aules. Le caractère et la lâcheté trop éyidenle de leur roi devinrent Pobjet d'un examen rîgoureuT; il fut déclaré indigne du sang dont il sortait et du trône qu'il occupait. Vltigès, qui les commandait, fut élu en sa place aux acclamations unanimes de ses soldats, et Théodat, fuyant la colère de ses compatriotes, fut assassiné, à quelque distance de Rome , par un Goth qui avait à exercer contre lui une vengeance particulière. Vitigès , impatient de revenir à Ravenne pour s emparer dé la main de la fille d'Amalasonlhe

< a On de couvrir son élévation d'une ombre de légitimité , parvint à engager les Goths à se retirer devant un ennemi victorieux. Son dessein était

' de retarder jusqu'au printemps suivant les opérations de l'attaque, de réunir ses compatrioles

' dispersés , d'abandonner les possessions trop éloignées du siège du royaume , et de laisser m^e

; Rome libre de son choix. Un vieux guesrier» nom-

BISTOTRB I>€ BÀS-ISKPIBE. ^^l

mé Lederls^- fut chargé d'y rester avec quatre mille hommes seulement, ce qui était trop peu pour contenir la population. En effet, desdéputatidns du Pape, dft clergé, du sénat et du peu<2pie, allèrent porter leur soumission au lieutenant de l'empereur. Bélisaîre s'avança donc sans obstacle vers Rome, tandis que la garnison en sortait par une autre route , à l'exception de Lederis,>qui tefusa de l'accompagner dans sa fuite.

L'activité d© Vitîgès était parvenue à rassembler, pendant l'hiver , les Goths. dispersés dans leurs terres et dans diverses garnisons; il en forma un corps de cent mille hommes et marcha contre Rome à leuf tète. Le passage étroit du poât du Tibre lui fut livré par :1a consternation de ceux qui le gardaient, et Bélisaîre, qui avait fait unie sortie avec mille cavaliers, se vit tout^àcoup enveloppé par les escadrons de l'ennemi qu'il croyait encore de Tautrc côté du fleuve. De sa vie dépendait le 'sort de l'Italie, aussi fut-il le but de chaque trait, de chaque javelot lancé parles Goths; mais il était adroit et. vaillant , et ses gardes le «econdèrent si bien , que les Goths prirent la fuite après avoir perdu mi millierd'honimes; leurs advérsaii^es, ayant eu Timpradence de les poursuivre, sévirent assaillis par le nombre et se retirèrent, à leur tour, précipitamment. Ce qui augmentait leur terreur , c^est que le bruit avait couru que Bélisaire était blessé, et Paspeet

«43 H18T0IAB DU BlS-lMriEI.

du héros couvert de sang et épuisé de fatigue avaît semblé eonfirmer la vérité de ce fait ; mais il par* vint à ranimer Tardeur de ses soldats et à leur communiquer son courage^ indomptable ; les Goths furent repoussés une secondé fois; Bélîsaire rentra triomphant dans Rome , et ne voulut se livrer au repos ^ dont il avait tant besoin , qu'a-* près avoir visité tous les postes et pourvu à tous les préparatifs de défense de la ville 9 qn*il pré^ voyait devoir bientôt être assiégée.

Les Goths ayant en eflfbt passé le Tibre , vin* rent devant Rome ; Bélisaire ne pouvait leur op« poser quC; le zèle des habitans mal armés et en* core plus mal disciplinés, et cinq mille vétérans. Les assiégeaps perdirent dix-huit jours en préparatifs et à la construction de machines de guerre; le dis-neuvième^ ils attaquèrent avec une ardeur stimulée par Tespoir du butin que leur promettait cette riche capitale. Si un seul poste eut cédé» c*en étaitfait de Rome. Mais Bélisaire était trop attentif à observer !&$ divers mouve^ meus de Tennemi et à déjouer ses efforts; se mul* tipliant) en quelque sorte, il était par-tout où se je trouvait le danger 1 donnant ses ordres avee autant de sang-froid que de présence d'esprii. Pendant toute une journée on combattit avec Acharneàient de part et d^autre; les Goths eurent iltrenfte nviUe hommes de tués 9 ils furent repoussés 4e tous côtés et leurs machines réduites en cen-

dres dans une sortie que fit Bëlisaîre. Âpres cet effort infructueux 9 le siège fut changé en blocus; pendant près d*un an qu'il dura , les Goths eurent souvent le dessous dans des engageniens partiels; une fois seulement y Bélîsalre ayant accédé aux clamieurs de ses soldats, qui demandaient le com« bat 9 ces derniers furent battus; tuais leur habile général sut ménager leur retraite, et peut-être eut-il à se féliciter d*un événement qui lui assurait .pour Tayenir la confiance et la soumission 4c« soldats punis de leur téméraire présomption « La famine était , pour Bélisaire, un ennemi plus à redouter que les Goths; dès qu^il avait prévu que la ville pouvait être assiégée, il avait fait venir , de Sicile , des approvisîonnemens considérables et avait renvoyé de Rome toutes, les bouches inutiles, e^est-à-dire , les femmes , les enfans et les esclaves. Toutes ces précautions ne purent néanmoins garantir les habitans, sur la lin du siège, des inconveniens.de la disette et dos maladies causées par la . mauvaise nourilture. Quoique Bélisaire fût touché de leur position , il persista dans son réfj|s d'accéder à aucucejcapi^ tulation , et redoubla de vigilanee pour prévenir Teffet d*une trahison que le désespoir aurait pu causer.

La vanité de Justînien , qui le faisait aspirer à la domination de Tltalie, le porta à céder aux instances du général, qui sollicitait des rçnforts.

244 HISTOIRE DU BÀS-BMPIRE.

Il envoya 'seize cents Huns à Rome avec une fbmme considérable destinée au payement des troupes; Procope se rendit en Campanie pour rassembler toutes les ressources que pouvait' fournir cette provirixie; l'in trépide Antonine^ ayant traversé hardiment le camp ennemi, ramena avec elle les secours que demandait son mari, et qui »é réunirent à Teniboucbure du Tibre. On résolut 9 dans un conseil de guerre convoqué et jprésidépair'XntojLiiney de se frayer de force unpassràgé sur ce fleuve. Les Goths ne Vy opposèrent pas : ils étaient alors en pourpàrler avec Bélisàîre quiji'pôûr.gagner dû temps, feignit d'être disposé À prêter roreille.à leurs propositions ; ils ne vpufurent pas interrompre le cours des négociations par des dénqjipnsjtratiQpB hostiles. Les renforts' qui Venaient d^arriver leur parurent précurseurs d^une Hoite et d^unçarnciée considérable ,. qu'ils crurent voir sur la mer ionienne et dans les plaines dé la Camjpanie. bélisaire appuya cette illusion par la 'maiiiére Hautaine, dont il repoussa Tolfre des âml)âssàtleurd 3é Vitieès, d'acheter la paix par la Cession ^e la âicile. « l'empereur n'est pas moins » générèuc.cAie votre maître, feur dit-il d'un air » 'méprisant; vous offre, en retour d'un don » qui ne yous aptpartient déjà plus, la sôûverai- » neté de la Grande-Bretagne, qui était autre- » ibis une prQvin<}e"deTempire. » ÏI rejeta égale- 'ment là proposition des Co\hs , de payer un tri-

filSTOI&E DU BAS-EMPUB. ^à5

buU mais il leur accorda une trêve de trois mpis, pendant laquelle, ils pourraijent apprendre y de 'Justînienlui-niêxne y quelles étaient ses iptentioqs à leur égard. II. prit posses^on, d'Albe^ de Porto et des autres villes, évacuées parles Gothâ, et envoya Jean , dit le Sanguinaire, avep deux mille chevaux 9 pour ravager les environs de Picenum, où les Gotbs avaient renfermé leurs familles et leurs- trésors.

Tandis que Yitigès était ainsi flottant entre une perte certaine et. une capitulation honjLeusç^ il apprit que Jean venait de répandre Tépouvante dans les contrées qui &'étendent des Apennins à l0 mer Adriatique; que son oncle avait été battu ^ sa capiJtale menacée , sa femjne, fille de la fière Amalaaonthe, séduite. Ces nouvelles hâtèrent sa retraite; une dernière tentative qu'il fit contre la ville échoua par la vigilance de Bélisaire , et Ip^ ÇothS) découragés et pressés par la famine, mirent le feu à leur camp et repassèrent le Tibre^ ^n an et neuf jours après le commencement du siège. Vitigès, ayant envoyé son neveu pour punir Milan , qui s'était révolté, alla lui-même attaquer Rimini ; mais la prudence et la valeur de Jean-le-Sanguinaire suppléèrent à la faiblesse des remparts de. cette dernière ville. Peqdantce. temps, Teunuque Narsès^ à la tête de deux, mille Héruleç et de cinq mille hommes, Télite de rOrient, débarquait en Italie, et Bélisaire s'avapçait

Page 1