VALENTIKIEN, VALENS
non pas négligée, mais crainte; on n'osait la braver que de loin ; et le despotisme, gêné au milieu de ces vieux monumens des antiques lois et de l'ancien culte, fuyait cette terre classique de la liberté.
Tous les païens, tous les philosophes, tous ceux que la faveur de Julien avait comblés de fprtune et de dignités, supportaient avec désespoir la révolution qui faisait triompher leurs adversaires, et qui les dépouillait de leurs rangs et de leurs biens ;- mais ils n'osaient dans l'Occident faire éclater leurs plaintes. La fermeté de Valentinien les contenait. Le faible Valens dans l'Orient inspirait moins de crainte, et la haine y montra plus d'a^udace. Le désordre qu'entraîne la faiblesse y rendait le mécontentement plus vif. En tout pays, comme en tout ten)ps , ce désordre encourage et trompe souvent les factieux; ils oublient que la plus grande partie des hom-mes, préférant le repos.au péril, souffrent longtemps avant d'oser briser la chaîne qui les blesse f et que les plaintes les plus générales sont long -temps des signes de douleur avant d'être des cris de révolte. Les doléances ne prouvent souvent que la servitude; c'est le silence courageux qui cache le ressentiment.
Le patricien Pétronius, père d'Âlbia Dominica, femme de l'empereur Valens, était vindicatif, avide, orgueilleux, cruel; il excitait l'indigna-
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tion par sa conduite tyrannique^ et inspirait le mépris par ses vices. Les Romains croyaient voir revivre en lui l'infâme Séjan^ l'odieux favori de 'Tibère. Procope, général renommé^ persécuté comme un ancien favori de Julien^ et redouté par . Valens , parce qu'on l'avait cru digne de l'empire^ errait depuis quelque temps déguisé/ cherchant de retraite en retraite à sauver ses jours proscrits. Entendant partout le peuple déclamer avec amertume contre le gouvernement, il se persuade que tous ceux qui sont mécontens comme lui, sont comme lui prêts à prendre les armes contre la Xyrannie. Cette idée fait succéder dans son esprit l'audace à la crainte, et ce fugitif, sans asile, sans argent, sans appui, forme le projet téméraire de renverser l'empereur d'Orient et de se placer sur son trône.
Dans ce moment l'empereur Valens, redou- usarpauon