ET VALENTINIEN II
oflBciers et des soldats, qui le pressent d'assurer le repos de Tempire , et de* s'associer un collègue. (( Compagnons, leur dit- il, hier vous » étiez les maîtres de ne point m'élever au » trône ; aujourd'hui c'e^t à moi seul qu'il ap- » partient de prendre les mesures qu'exigent » les grands intérêts et le repos de l'État. Je » connais mes droits , mes devoirs , mes forces » et les périls atœquels m'expose mon éléva- » tion. La durée dç nos jours est incertaine : » pour vous mettre à l'abri de nouveaux orages, » vous souhaitez que je me désigne un succes- » seur et un collègue, c'est aussi mon vœu; » mais ce choix exige une mûre réflexion ; re- » posez-vous, sur moi de ce soin , et rentrez » paisiblement dans vos tentes : vous y rece^ » vrez lagratification réglée par la coutume, n
La fermeté de l'empereur apaisa le tumulte; des applaudissemens dieté» par la crainte suc-« cédèrent aux murmures, et l'armée obéit dès qu'elle sentit que le nouveau prince savait commander.
Valentinien , ayant ensuite convoqué un cou- AssociaUon seil composé des pi^incipaux chefs de l'armée, r.mpire. les consulta sur le choix qu'il devait faire; ils partagèrent presque tous l'opinion de Dagaléphus qui lui dit : « Si vous n'écoutez que votre » intérêt, vous donnerez le titre d'Auguste à » votre frère Valens ; si vous préférez l'intérêt '
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» public 9 vou« nommerez le plus digne, w L'empereur ne prit alors aucune décision ; il partit de Nicée^ se rendit à Constantinople^ harangua le s^nat y s'établit dans le palais impérial ^ et trente jours après doona la peurpre à Valens. Ce prince^ âgé de trente-six ans ^ ne s'était fait remarquer par aucun talent^ n'avait point occupé d'emplois; courtisan soumis pendant le règne de Julien, sa docilité £ut, aux yeux de Yalentinien, son seul mérite. L'éftipereur savait qu'en l'associant à l'empire il ne se donnait qu'un sujet couronné.
La douceur de Jovien avait épargné à l'État les maux qui suivent trop souvent les réactions^ et > grâce à sa tolérance, le christianisme s*était relevé sans abuser de son triomphe, et sans persécuter les païens. Le malheur de ceux-ci s'aggrava lorsqueValentinien monta sur le trône; la charité s'exila des églises , la terreu> fit déserter les temples; les philosophes, éloignés de la cour, quittèrent leui*s manteaux et rasèrent leurs longues barbes, qui, loin d'inspirer le respect, ne leur attiraient plus que des injures; et les chrétiens, entraînés par un faux zèle, versèrent le sang de ceux qui n'avaient offensé que leur amour-propre, et ne les avaient comprimés que par des railleries.
L'élection de deux princes partisans zélés du christianisme encourageait à ces vengeances.
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Dès que Valentinien connut ces désordres^ il en arrêta le cours ^ et se montra aussi toléi*ant pour les opinions religieuses qu*il était dur et cruel contre tous ceux qui , dans l'ordre «ivil et militaire j commettaient le moindre délit ou opposaient la moindre résistance à ses volontés.
Les anciens amis de Julien ^ poursuivis par la haine ^ furent accusés par l'envie, et presque tous punis ou destitués. Les talens de quelques généraux qui s'étaient rendus nécessaires les sauvèrent de ce naufrage. La vertu de Salluste l'en garantit. On voulait par respect lui laisser ses emplois, il les quitta par sagesse.
Les deux empereurs réglèrent définitivement Partage
9 1 1 1* • -vr 1 ^^ l'empire
entreux le partage de 1 empire. Valens reçut enireVapour son lot la préfecture de l'Orient, qui s'é- VaUn..* tendait depuis le Bas-Danube jusqu'aux fron-<tièresde Perse. Valentinien se réserva l'IUyrie, l'Italie, l'Espagne, la Gaule, la Bretagne et l'Afrique. Chalcédoine à l'est, le mont Atlas à l'ouest, étaient ses limites. Les peuples eurent à supporter les dépenses de deuit cours , de deux ministères, de deux conseils. On peut dire que ce fut à cette époque que commença réellement là division du monde romain en deux empires : celui d'Occident et celui d'Orient *.
Valens établit sa résidence à Constantinople , et Valentinien fixa la sienne à-Milan. Rome était,
♦ An 365.