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ffen, se déclara Tennemi mortel de s§s meurtriers; les Francs y qui regardaient toujours la valeur comme le plus notule des titres et la première des vertus, déposant leur prince, offrirent leur couronne à ce héros qui les avait souvent vaincus.;. jEgidius l'accepta; nyais, bientôt las de gouverner ce peuple impétueux et mobile, il rendit le sceptre à la famille de Mérovée, et mourut peu de temps après. On soupçonna Ricckner de l'avoir fait empoisonner.
Les Vandales, délivrés de la crainte que Majorien leur avait inspirée, dévastaient les côtes de l'Italie, et menaçaient Rome d'une nouvelle invasion. Genséric, ayant forcé l'impératrice Eu« doxie, sa captive, d'épouser so|l fils Hunéric, suivit l'exemple d'Âttilà, et voulut que le peuple romain lui cédât un vaste territoire , comme dot de cette princesse. Riccimer, réduit aux seules forces de l'ItaUe , ne pouvait résister à un ennemi si formidabk, s'il n'était secouru par l'empereur d'Orient; et,' pour obtenir cet appui, il fallait céder à la cour de Constantinople le vain honneur de nommer un empereur d'Occident.
Marcien était mort ainsi que Pulchérie. Aspar, . Élection
* t^ ' de Leoii ea.
le plus puissant des dignitaires de l'empire, au- ^"''"^• rait, pour lui succéder, réuni tous les suffrages s'il n'eût pas été ariens Mais, prévoyant que cet obstacle ne lui permettrait point de régner paisiblement, il fit élire, par le sénat, son inten-*
5o8 ANxnÈlfE,
dant Lé^n, espérant que, par ce choix , il.coa— serverait la réalité de la puissance , et ne laisserait à sa créature qvhin vam titre.
Léon trompa son attente. Dès qu'il se vit sur le trohe, s'étant ménagé l'appui d'un corps d'isauriens y ses compatriote»* il secoua Ifijoug de sop protecteur^ et acquit , par cette heureuse audace « le surnom de Grand. Au reste ^ il dut moins ce titre à sevftctions, qui eurent peu d'éclat, qu'à la reconnaissance dii elergé catlu^« ^ue, dont il favorisa constamment la puissance. Sous son iiêgne , les prêtres eurent un grand crédit; l'habit ecclésiastique fi4 préCéré à l'habit militaire, à celui de cour, et l'on vit même, contre la coutume et la raison, plusieurs illus-^ très personnages, et entr'autres le grand-cham^ bellan, prendre «le yétement monastique sans quitter leurs charges. * Anihème Léou répoudlt favorablement aux vœiix du séeaipcreur! udt ct du pjBuple roTuain^ qui l«i demandaieni iiq empereur ; il 4onna la pourpre à Anthéme , gendre de Marcien , et promit d'unir ses forces à celles dé Riccimer, poUr enlever l'Afrique aux Vandales.
Antfaème vint à*Rome; le sénat, le peuple, et les vrais maîtres de l'empire , les Barbares , confirmèrent son élection.
Le nouvel empereur donna sa fille àRiccimer. Sidonius App<Jlinaris, dontia muse était accou-
tamée à louer tdbr à tour Umsies Césars qui pa-^ raîssaient el disparaissaient si promptement sur le trône,, oiitint d'abord la préfecturt^de Bonie, et la quitta ensuite pour l'éTêché de Clermont en Auvergne.
Anthème était pieux , mais tdérant, et son indulgence pour \té paieu»^ qui lui mérita les éloges de Thistoin, lut attira tes reprsches du pape Libère, successeur dé Léon.
Les deux empereurs firent de prodigieux ef-^ forts pour assurer lé succès de la guerre d'^fri-^ qw. L'ambition de tjenséric avait tijop prouvé qu'il (allait eûcore qœ Re«ne ou Carthage fut détruite. • . •
MarcéUin battit les Yam^e& et les chasç» de Sardaîgne. Héraclius remporta une victoire sur }es troupes de Genséric, près de Trïpoli ; enfin ; Ba^iliseus ayant condltit sur lies cotes d'Afrique la flotte de» l'empereur . d'Otiîent , composée de douze cents. vaisseauK, les tieux. armées romaines réunies livrèrent bataille aux Vandales et le» mi-* rent eïi fuite. . •
Si lesigénémux , plus haibiles ^ avaient su pro*- Êter dece soœès*; Gaftliage, consternée, serait entore tombée mus leurs coups ; mai» ils perdi* *rent du temps et accordèrent à Genséric une trêve de cinq jours. Ce prince artificieux, qui savait aussi bien se servir die For que du fer, achète encoredes traîtres qai lui livrent la flotte;
5lO ' t>tYB>IUS,
elle e$t attaquée y surprise, incefidiée; Baîliscus prend la fuite ; Héraclius et M arcellin se retirent ; Gens4ric recouvfe Tempire des mers, s'empare de la Sicile y et rejette en Italie la terreur que ce grand armement des deux empereurs avait répandue en Afrique.
Au milieu de ces revers, Ânthème montra du
courage.» w Je suis le seul homme de Tempire,
» disait-il, pour qui je n'appréhende rien; je
. » ne crains que pouf le salut de l'État; c'est le
M seul genre de crainte permis à un souverain. »
Bévoiie de Un des ylus grands malheurs qui suivent souvent les revers, c'est la division qu'ils Jettent dans les État^ ; ils irompc^t presque toujours Ta-* nion, dont ils devraient faire sentir la i^écessité. Anthème et Riccimer se brouillèrent dès que la fortune se déclara contr'eux. Le général, las d'obéir, leva dans Milan l'étendard de la révolte, se déclara indépendant , trompa l'eiapereur par une fausse réconciliation, rassembla toutes ses forces et marcha contre Rome.
^^^ Anthàme, digne de fégner,4)uisqu'il sut ccon-
d*ADtkème. jjattre et mouilr, se défendit pendant tiois moi» à la tète d'un peuple dont sonp exemple pouvait
Éit^vation difficilement soutenir le courage. Riccimer, qui
d'oijrbriu». çQQiijiaiidait des hommesplus aguerris, franchit enfin les remparts de la capitale, fit massacrer son beau-père, livra la ville à la cupidité de ses soldats, et plaça sur le trône Olybrius, de la famille
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Anitienne, et qui «ivait épouse Placidie, la dernière fille de Valentinicn. Ge fantôme de prince^ dont le nom est devenu un titre de mépris^ ne parui et ne T^cut'que sept mofs sur le trône.
Kome fut bientôt délivrée de Riccimer ; peu Mort de " de temps après sa victoire et son crime, il périt, '*'^"**' '^ laissant le renom d'un grand capitaine , mais d'un politique perfide. Il avait donné et repris quatre ftis l'empire d'Occident, qu'il défendit en brave soldat et gouverna en t^an.
Dans le même temps, l'iaeipératrice d'Orient, « ciyce-nns Yerrine, décida son époux Léon à donner l'em- Nëpossê* pire d'Occident à son neveu Julius-Népos, qui le^^^^^ gouvernait là Dalmatie. Népos eut à combattre un concurrent, Glycérius, nommé par les Bour-^ guignons ; car alors tout le monde , excepté Rome, disposait de l'empire romain. Népos de- Bègne meura vainqueui', fut reconnu en Italie ainsi " ^^^' que par le peuple des villes de la Gaule, qui obéissaient encore à l'ombre de l'autorité romaine* Son régne fut court , et fit regretter aux Romains qu'il n'eut pas duré p][us long-temps; car ce prince«était juste et brave.
Cependant, pour trouver un appui contre les B^roUe Vandales*, Népos céda l'Auvergne aux Visigôths. Il faisait sa résidence dans Ravenne. Oreste , patricien , qui commiandait à Rome les Goths auxiliaires, se révolta contre l'empereur et conduisit ses troupes aux portes de Ravenne. Né-
5l2 ÀUGCSTULE,
Mort pos, attaqué par ceux qui devaient le défenilre. 9e vit obligé de fuir en Dalmatte. Cinq ans après il y^périt assassiné par l'évéque de Salone^ qui obtint pour prix* de ce crime le siège épiscopal de Milan.
Bigne.rAu- Qreste /autrefois secrétaire d'Attila^ ambas-
gustule. 1
•adeur de ce roi des Huns à Constantinople , et * parvenu au grade de général par la faveur de ce ni«me Népos qu'il détrôna, refusa de|>orter la couronne qu'i][ venait d'arracher^ et la donna à «son fils Âugustule. Les Barbares, qui favorisaient celte usurpa^tion ^exigèrent pour récompei^a lé tiers des; terres de l'Italie. Qr«ste cnit pouvoir parler en maitre; il refusa d'accéder à leur demande^ et ne tarda pas à éprouver combien un crime nous rend dépendans de nos complices. Il avait trahi son bienfaiteur^ son chef ^ et^ à son tour; jl invoqua vainement fei fidéliié de ceux qUe son exemple avait séduits'.
Hi^voite , Un autre secrétaire ^'Attila ^ né parmi les ' Huns 9 Odoacre^ fils d'£décon^ souleva contre Oreste tous les Barbares qui se trouvaient en Italie. 11 leur prouva facilemient que c'était désormais à eux à posséder les terres que tant de fois leur» armes avaient conquises -et défendues. Ils accoururent tous à sa voix , assiégèFent Oreste dans Pavie, le prirent et 1^ massacrèrent. du tiiV? Odoacre résolut d'abolir le titre à-empereur Iro^ci^t. d^ Occident. Cette grande révolution se fil sans
2ÉN0N. 5f5
rësisCauce, dans combat»; et ce colosse romain , cimte cfui avait si long-temps fatigué la terre de son ^wmSS!'*' poids^ miné par le temps ^ abattu par le malheur^ détruit par la corruption^ sembla tomber en poudre à la voix d'OdoÀcre , comme les corps frappés par la foudre *.
Le Barbare ne daigna pas , pour renverser le Dernier de-
A • • 1 • r •! 1 crelduder-
f rone romam ,■ tirer son glaive ; il ordonna au nier sénat faible Âugustule d'abdiquer, et, ménageant les "'""°' coutumies d'Un peuple dont il anéantissait l'existence ^ il employa les formes de l'antique constitution pour la détruire. Le sénat, convoqué^ et paraissant délibérer pour la dernière fois, reconnut l'inutilité de la division des deux cou*^ ronnes, transféra le siège de l'empire à Constahtmople, renonça formellement à tout droit de gouvernement et d'élection, et écrivit à l'émpe-^ reur d'Orient , successeur de Léon , pour loi re* commander Odoafcre, et pour l'inviter, à revêtit ce guerrier deTautorité suprême en- Italie, sous le nom de patrice. Tel fut le dernier décret du dernier; sénat de Rome.
Zénpn lejreçutavçcindignatiotn, et répondit i^ux sénateurs t « Vous aviez deux; empereurs, >) Anthè.me et Népos; l'un a péri victime de D votre lâcheté, vous avez chassé l'autre; tant » que celui-ci vivra > il sera votre souverain , et » je n'en veux poiiit t^econnaitre d^autre. »
♦ An476. . '
5l4 AUGUSTOLE,
soumittion L'enipereur d'Orient , aprè» avoir cédë à ce tu"! r~ premier mouvement , ne tarda pas à changer de langage; et, soii qu il ne lui fut pas possible de vaincre les Goths et de relever Rome de sa chute^ soit que son orgueil fût flatté de se voir seul revêtu du titre à^ empereur romain ^ il négocia avec Odoacre, et, se contentant xl'ane suprématie illusoire, le laissa^ comme il le voulait , maître de Tltalie.
Augustule, remarquable par sa beauté, n'avait reçu de la nature et de l'éducation aucune vertu. L'apparition de ce prince sur le trône fut si courte, que son nom serait depuis long-temps oublié, s'il ne rappelait pas la chute de l'empire d'Occident.
d'OjScre Odoacre méprisait trop ce monarque dégradé pour le craindre ; lui laissant la vie , il l'exila de Rome avec sa famille. Plus éclairé que les autres Barbares, Odoàcre respecta les institutions de cette Rome dont il détruisait l'indépendance ; régnant sur son tombeau , il parut encore révérer son ombre. Sept ans après la ruine de l'empire , il rétablit le consulat, fit exécuter en Italie les lois des empereurs, et, pour tromper, par quelques glorieux souvenirs, ce peuple humilié, il lui donna le spectacle d'un triomphe. Les Romains avilis en jouirent, oubliant que ce n'était plus pour eux la solennité de la victoire, mais celle de la servitude.
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Le dernier empereur romain, Âugustule, 1er- Mort jaumina ses jours en Campanie, dans la maison de ^"'*" *' LucuUus. Âiîisi ce palais, dont le luxe avait autrefois signalé la première époque de la décadence des mœurs, servit d'asile au prince qui, par sa faiblesse et par sa lâcheté, laissa s'écrouler sous lui le premier trône du monde j et ce mo-^ nument de la corruption romaine sembla doublement alors rappeler aux hommes cette vérité: w Que les empires, comme les républiques, tom- » bent, lorsque la vertu cesse de les soutenir. »
Âugustule avait reçu de son grand-père maternel lé surnom de Momulus; la fortune de son père lui fit déceVner celui 'XJluguste: ainsi, par un sort étrange, le monarque sous lequel la capitale du monde périt, rappelait à sa mémoire les noms glorieux de son* premier roi et de son premier empereur.
L'empire d'Occident avait subsisté cinq cent six ans ^ si Ton prend pour époque de son commencement la bataille d'Âctium , douze cent vingt-neuf ans depuis la fondation de Rome.
FIN nu TOME PREMIER.