CHAPITRE XL
MÂXIMUS, AVITUS, MAJQRIEN , SÉVÈRE, AN- THÈME, OLtBRIUS, GLYCÉRIUS, JULIUSrNÉ- POS, AUGUSTULE,EN Occident; MARCIEN, LÉCTN, ZÉNON,ENORiBiiT.GENSÉRIC,RfCCIMER,ORESTE ET ODOACRE , GÊiiéBàvx barbares, n
(An 4^0
^ïéftitlon de Maximus. — Mariagt de Maximus ci d^udoxie. — Mort de Maximus. — Prise de Rome p^r Censëric. — Captiyit^
, d^odoxie. -^Électkin dUTÎtus. — Exploits de ftkcîmer. -i DëpoÂtimi et nort d'A'ntùai. -« Magorien esi ii«nnii^ eropurcnn *— Son sage gouyernement. — Incendie de la flotte- romaine*
— Mort de Majorien. — Élération de Sévère en Occident. -r^ Élection' de Lfîon en Orient. «— Anthème es^nonifailiî emperetii^.
— Révolte de Bicciner. *— MoH cjfA^tbème. •*- ÉJëvâtioo vd*01ybrius. — Mort de Riccimer. — Glycërius et Julius-Nëpos se disputent le trône d^Occideut. — Régne de Népos^-^Kévokp
. d^Oreste. -^ Mort dt Néjfios. — Rdghé d'AUf^fttllé.'-^ Rëv^ôltd d^Odoacre. — Abolition du titre à^ethper^urd* Occident, -^ Chute de Pempire romain. — Dernier décret du dernier sénat romain. — Soutoissiôii d'AugnKtuk à Odoacj'é. •— Régne d*0-
- doacré. -*- Mort d^Augiiâtttle.
Pétronids Maximus, personnage consulaire, fut Élévation élu pour ôuccëder à Valeatinien ; sa grande' for- *inu"* tune, son caractère, son amour j[^ur la philo^ Sophie, lui concilièrent tous les suffrages. Avant
49^ MAXIMDSy
de parvenir aa pouvoir suprême, il en parut digne , et désira le sceptre. Mais dés qu'il le posséda, il n'en sentît plus que le poids.* Effrayé de tous les périls qui le menaçaient, il dit, en sour pirant, àFulgentius, Fun de ses amis :<v Ah! que » j'envie le sort de ce Syracusain, de ce Damo- » clés, dont un seul festin vit commencer et fi- >i nir le régne. « Mariage de La fcmmc de Pétronîus, nouvelle Lucrèce •
Ifaximuset #' . - '
d^Eudoxie. n'avait pu survivre à son déshonneur : Maximus^ dont la mort du tyran n avait pas assouvi la vengeance, força la ^euve de Valentinien, l'impéipatrice Eudoxie, de Tépouser. Lorsqu'on eut célébré ses noces ^ l'empereur commit l'imprudence d'avouer à sa nouvelle épouse que c'était lui qui avait dirigé contre Valentinien le poignard de ses meurtriers. L'impératrice, indignée de se voir dsms les bras de Tassassin de son époux , écrivit secrètement, $i l'on en croit quelques historiens, à Genséric, roi des Vandales, le conjura de venir la venger, et l'assura que le désordre qui régnait dans l'empire ne devait lui faire cvaindre aucun obstacle qui pût l'arrêter. Tout à coup on apprit que Genséric, à la tête d'une flotte nombreuse, avait paru à l'embouchure du Tibre. -
L'approche d'un ennemi excitait autrefois la fureur dans Rome ; alors elle n'y répandit que la terreur.
MABGIIEN. 499
]||axîmus, loin de songer à réveiller les cou- Monde rages y proposait lâchement au sénat de fuir avec hii. Le peuple, informa qu'on veut l'abandonner, s'irrite, s'ameute. Maximus se présente à hii pour le calmer; un soldat le frappe, et la multitude furieuse déchire et traîne son corps dans le« rues.
Trois iours après, Genséric et les Africains PrUeae
•* * ' , Rome par
parurent aux portes de Rome. Le pape Léon , qui Gensënc. seul alors montrai t quelque fermeté, alla trouver le roi des Vandales dans son camp , et obtint de lui que Rome serait préservée de Fincendie, du pillage, et les citoyens désarmés, de là mort.
Les Africains ne respectèrent pas la parole de leur roi; ils traitèrent la ville comme s'ils rayaient prise d'assaut. La nouvelle Garthage vengea l'ancienne, et, pendant quatorze jours et quatorze nuits, Ronys, livrée au pillage, vit ses monumens détruits, ses.maisoiis livrées aux flammes, ses citoyens égorgés, et fut exposée à toys les outrages que pei^t commettre une fureur qui se croit justifié^ par tant de siècles d'humiliation.
On transporta dans la patrie d' Annibal les dépouilles de sa rivale, et'entr'autres les trésors du temple de Saloifton *.
Eudoxie, qui avait attiré la foudre sur Rome„ c»^ïvuf n'en fut pas épargnée. Regarjiée avec horreur
" ^ An 455.
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par les Romains , traitée avec mépris {>9r les vainqueurs^ ils la punirent eu%rmêmes de sa tra« hison , lui enlevèrent s?» richesses, et l'emme-» nérent ea servitude.
Les sénateurs^ les patriciens , séparés de leurs femmes y tombèrent dans les fers des Barbares, et l'on ne rendit la liberté qu'à ceux qui trouvèrent dans leurs vtotes domaines le moyen de payer leur rançon.
Quoique Rome fut tombée sous les coups de Genséric , l'on pouvait dater la chute de rëmpipè de lar^mort d'Aétius. Dés qu% ce grand homme cessa de le soutenir par son courage et son activité ^ les Francs s'étendirent jusqu'aux rives de la Seine. Les Goths envahirent le centre de kl Gaule. Les Saxons en "infestèrent les côtes; il ne restait aux. Romains , dans ces contrées ^^ que les provinces* appeléq^ aujourd'hui la Pro« vence, le Lyonnais, l'Auvtrgiié et le Berry. Eieciion Avitus. Gaiilois, né en Auvergne , et nommé au commandement qes armées par Maximifis, défendit quelque tenips aTee bravoure ces fair* blés restes de la grandeur romaine. Théodoric, FOI des Yisigoths, s'iodlia avec lui, le fit élire empereur par les^ légions^ et* fit confirmer son élec-* tion par M arcien , empereur d'Orient.
, Genséric , après avoir saccagé Rome ^ dédaigna d'y régner, et retourna en A&ique» chai^ de butin. Les ombres du sénat et du peuple ro-
* HàRCIEN. 5oi
maia 9e ^otimirent, en murtnuraiity aunmivel empereur que Théodoric venait de leur donner, et ce choix leur semblait un surcroit d'affront. Ils n'échappaient au joug d'un Vandale que pour Toîr régnentsur eux un Gaulois.
Théodoric^ frère et suceesseur de Thorismohd, soutint fidèlement son alKë ATitus, qu*il avait couronné; il combattit les Suéves^^ qui voulaient s'emparer de l'Espagne , et 1er détruisit presque entièrement près d'Astorga.
Avitus, fort de son appui , après avoir pacifié la Gau|e/se rendit à Rome. Son gendre, le cë-^ lèbre poète SidoniurAppollinaris, prononça son panégyrique en six cents vers. La puissance des empereurs était tombée , mais-non l'habitude de la flatterie, et ces idoks,: presque renversées^ recevaient encore <fe l'encenSi^
AvituSj parsa conduite, ^^ssîpa bientô^t rès-*E«pioiu de poir que ses premiéres^actioh»avaientfàit naître. Il se Jîvra aux voluptés, et se rendit,, par ses^ excès 9 aussi mé;prisa];>lè que Yalentinien. Un guerrier vaillant , nommé Riccimer, commandait alors les Goths au3f:iliaires> qui composaient en Italie la seu(e force réelle des Romains. Ce géqéral, ayant attaqué et battu les Vandales, qui voulaient encore descendre en Italie, devint bientôt, par l'estime publique, le inaitre de l'empire. Dans les temps de faiblesse et de calamité Déposition
^ * , ^ «t mort
tout se rallie autour du point qui montre encore ^^Avius.
5oa HtsofdB», *
quelque force. Ridbimer, connaissant le mépris qu'inspirait Avitus y marcha contre lui, le vain-? quit dans un combat près de Plaisance ,, le fit prisonnier, le déposa et lui laissa la vie. Mais, pour Tempécher de reprendre le sceptre, il le força d^entrer dans les ordres sacrés^, et d'acoepter Févèclié de Plaisance.
Peu de jours après, Avitus, instruit que le sénat voulait le laire mourir, prit la fuite pour se retirer en Auvergne, et périt en route.
En traçant le triste tableau de la décadence de l'empire , nous sommes jtrri vés au moment où lesévénemens ne nous offrent pluis que l'histoire de quelques illustres Barbares , au lieu de celle des Romains. Les consuls n'ont point d'autorité , les empereurs ne sont que des fantômes , le sénat qu'un vieux monument détruit; les légions tie présenten^t plus à nos regards que des soldats étranger*, et le peuple -roi est enfin si avili, que les conquérans, qui le foulent .aux pieds, dédaignent de le gouverner.
wajwien Riccimcr, né parmi les Suèves^ geijdre du faest nomm^ ^j --. • ., 1) 4 , •
empereur, meux V allia, ct compagnou d armes d Aetius, ordonna au sénat romain d'élire pour empereur Majorien. Ce choix était tel qu'on devait l'attendre d'un guerrier si respecté. Le célèbre Aétius avait récompensé son mérite et ses bril-
s<»««« lantes actions par un avancement i^anide. Re-
goiiverner * *
vétu de la pourpre , il répondit par sî^ justice et
BK'Ul,
margien; 5o3
par son courage à Tattente publique. Procope et même Stdonius Âppollinaris font^ «n peu de mots 9 un grand éloge de ce prince ^ « 11 fut, » disent-ils, chéri par les Romains et redouté » par leurs ennemis^.»
11 écrivit en ces termes au sénat': c^ Je nedë- » ^rais point une élévation qui me placé au mi- D lieu de tant de périls; mais c'est précisément » lorsque le trône de vient^n poste si dangereux » que j'aurais cru,, en le refusant, montrer une » lâcheté indigne d'un Ropiain. Loin d'oublier, » au faite du pouvoir suprême, que j'étais votre n collègue , je regardeçai toujoiii*s eomme u« M honneur de fafit^ partie de cet illustre corps. » Je vous invite tous àm^sister dans kplus no^ » ble entreprise ; nlon tTut est d^ rendre au peu- » pie romain sa gtoire et sa J^fospérilé; et, poui* » y parvenir, j^ dois, avec votre appui, réfor-^ » mer les.meBur8^ redonner à la justice son an-* » cienne vigueur, et faire en softeque la vertu^ » depuis si long -temps^ opprimée,, non-seule- » ment cesse d'être suspecte,^ mg.îs redevienne » au contraire le ^eul moyen d'obtenir notre » faveur et les hautes dignîtés^ de l'État, n '
Tous ses actes })rouvèrent la sagesse dé son caractère ; il diminua les impôts ^ réprima lé luxe^ remplit le trésor par ses économies, ré-* para les édifices publics, et s'opposa, pai* des édits sévères, à leur dégradation.
5o4 «A/OEflBIf,
On ne doit point croire que la fureur des Bapbare$ efki déiruU* tout ce que Rorncbarait perdu; les Romains eux-mêmes^ devenus pau-r ¥res et indifiifrenft pour leur gloire passée^ dé^ inolissaient ces nobIe»édiBces, pour bâtira moins de frais leurçmaisons» Ainsi Rome, qui s'étak ellemême md^alement perdue par sa dépravatiQu , se détruisit matériellement de ses propres n^ains.
MaJQrien^ loin d'imiter Findolence de ses pré^ déce^seurs^ habita peu le palais de Rayenne. On revit ^fin un empio^eur dans les camps ; il y ranima l^ttisciplinie; son exemple y fit renaître le copriige. A la télé de se^ liions ^ il attaqua près du Lyrislet troupes du roi de^Vandales^lesbat^ tit, et tua le beau-^frére de Genséric. Il voulait, après cette victoire , pôHer'ses armes en Afri^ que ; mais ^ucun Çiomain n*b$a suivre ce nou^ veau Seipion. Les Barbares seul!à restèrent sous ses epseignes^
Cependant une nouvelle guerre exerça son activité. Théodoric, roi de^Visigoths^ voulait vepger son prqt^^gé Avilus. Il marcha contre les lipm^ips ds^ns }a Gaula, 'et; malgré les vaillans efforts d',£gidiu$, lieutenant de ^lajorien^ qui le repoussa plusieurs fois, il forma le siège de Lyoq. L'empereur traversâtes Alpes, et, après quelques succès qui rappelèrent aux Visigoihs qup Rome existait encore , il conclut 1^ ^aix avec Théodoric, et revint en Italie.
UARCIEN. 5o5
Une volonté ferme crée des ressources, loi^s- incenaie
• . , d« la flotte
que la faiblesse les cr^it toutes épuisées.Majorien romaine. trouva moyen, en peu de temps, dis' construire un graiid nombre de vaisseaux, et de rassembler une forte armëe.
Sa flotte était réunie dané le port de^arlhagène ; l'empereur y conduisait des troupes , et se préparait à descendre en Afrique. Genséric , alarmé de ces dispositions, voulut traiter avec lui ; mais les excès commis dans Rome par les Vandales avaiefU rendu Majorien inflexible. Il prit lelangagè de» anciens consuls, et refusa tout accommodement. !1^ roi des Vandales, ne pouvant détourner cet orage parla négociation, et craignant le sort des armes dans^une pârcfille lutte contre un guerner si habile et jusque-là si heureux , employa Tartifice pour le vayicre ; il trouva de;^ traîtres qui livrèrent aux flammes la flotte romaine, et détruisirent en une nuit Topvrage de trois années. Après ce.succès^ du à la perfidie, il renouvela ses offres de paix^ et la , nécessité contraignit Majoilen de les accepter.
A son retour en Italie, il trouva d'autres né- won de rils qu'aucun courage ne pouvait .éviter. Tous les hommes corrompus haïssaient Isusévérité d'ufi prince qui voulait réformer les mœurs. Les soldats , accoutumés à Ji licence, supportaient impatiemment le joug de la discipline ; enfin on pi*étend que Riccimer lui - même voyait avec
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peine qu'au lieu de couronner un de ses lieutenans , il avait douné aux Itomains un vérilable . ea\[i3ereur qui savait être reconnaissant et non dépendant. Lorsque Majorien revint (feins son camp à Tortone , tous ces mécontens y excitèrent WB^ sédition, au milieu de laquelle l'empereur périt assassiné. On répandit le bruit qu'il était mort d'une dysenterie. .
Les hommes vertueux le regrettèrent et lui élevèrent un tombeau dont la simplicité contrastait avec la magniGcence des monumens que la flatterie et la servitude avaient érigés pottr tant de méprisables tyrans *.
Les uns et les autres ont cédé au temps; les annales de l't^istoire, monumens plus dqrables, conservèrent avec honneift* le nom du dernier prince qui ait porté avec gloire la couronne d'un empereur et le glaive d'un général romain. ^ipvttîon Livids SéVère fut proclamé Auguste par les enOçcident. ordrcs dc Riccimer, qui régna sous son nom ; mai^ 9 en le décorant du diadème, son protecteur ne put le tirer de l'obscurité.
Les Alpes devinrent les bornes de V'empîfe ; cependant Marcellin défendait encoriC la Dalmatie, mais pour se rendre indépendant. Dans les Gaules, 1^ brâiVe ^gidius, qui avait apaisé une révolte en Ârmoriq^, soutenait encoi'e le nom romain. jËgidius, dévoué à Majo-
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