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déjoué les projets ambitieux, formèrent une çonspiratiou j m la décoi^vrit ; Théocrite f i^t arrêté, tiié dfi^^ ^ prij et An^anflus f^^ilé à $ardlqu0.
l[n riyal pli|s à craindre était Vita}lien, priiie^ h ♦ftlre d^ 1«^ Scythie-Mineure , petit-fils 4'Aspar, chef Goths auxiU^ir^s, général Iiabite, Ji commandât éhn iirmée; Qu ne pouvait o^blfer que fié€ein«ieôt U Mait ass] ConstantiAPpl^} et fi^t trembler Anasiase dans spg p Son j^le pour la foi c^tiioliqué liii ^vait Ml dppner, par gymodes de Tyr et d'Apamée, le surnom 4!0fihodosoe.
Le succès de la force cpntr^ \m bpmm9 tà puissant éMI toeerta}^. Qn ie trompa pour le p^jrdre, rt la yeûge«P<*i pour le rappeler k h cpur, prit )te naawiue p«rftde de la cot fiance et de Tamitié. Ju^in le combla de dignités et thffk iianrs; Jiistiniea l^i jura une amitié fraterneller eonwiA ce aermeot en ic;ommuniant ayec lui, l'invita b. un- featift) le ti assassiner, lui ^uecéda comme ebef de la milice, et soaifll ainsi par un crime atroce le premier degré aur tepd 1 monta pour s'élever au trône.
La fureur des factions du cirque ensa^^ntait toiQOO^ GonstantîBople, et devejo^it, dans tout rempôre, la ^^ des plus affreux désordjres. Ce n'étaient plus ces satewa* pompeuses de l'antique Grèce, embellies par we riwd* mythologie, où tous les héros, tous le» prinees, taus te f^^ pies rivaux venaient oublie?: leurs haines et déposer lett» Armes pour se disputer paisiblement une palme glaneaflp* Lojpsque R(»ae adopta l'usage de ces courses de chars, k fiévérité des BOtmurs romaines ne put souffrir que la gloii^ 4es consuls, des sénateurs, des patriciens, s'exposât fiiV l'arène aux murmures ou aux applaudissements de rincoflfitantê multitude* D'obscurs cochers, eonsacrés aux plaisiis du peuple, disputèrent seuls le prix de ces combats; on les distinguait par des couleurs rouge, blanche, verte et Meut.
Sous les empereurs , lorsque les citoyens ne prirent fIbA de part à la chose publique, les plaisirs devinrwit teo* aeidei affaires : les Romains, que tem» maîtres amosaifiat à
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ids frais pour les distraire du chagrin de la servitude, eut dans les jeux publies cette ardeur, cette âpreté, cet it de faction qui ne pouvaient plus éclater impunément le forum; chacun soutint avec passion les querelles inducteurs de chars ; les couleurs qu'ils avaient adop- Iflevinrent des étendards et des signaux de tumulte ; la ;tition attacha bientôt des idées mystérieuses à ces 'e couleurs qu'pn supposait représenter les éléments; crut voir, dans leurs triomphes ou dans leurs revers^ présages contraires ou favorables que chacun interétait au gré de ses opinions, de ses craintes ou de ses «irs.
Les empereurs, soit qu'ils fussent entraînés par l'exemple, BQit qu'ils crussent plaire au peuple en l'imitant, commirent «mvent la faute de prendre part à ces querelles puériles ; ^influence de l'autorité les rendit enfin aussi importantes, !|Qssi violentes, aussi acharnées que les querelles religieuses, ^ ceux qui voulurent réprimer ces abus |es trouvèrent trop enracinés par l'usage pour pouvoir les détruire.
Après la translation du siège de l'empire à Byzance, cette Me étrange et funeste sembla s'accroître avec la corruption |es mœurs. Les Grecs, asservis par des tyrans, gouvernéi^ {ftr des eunuques^ opprimés par les Barbares, ne semblaient wtrouver leur ancien courage, leur ancienne audace, que pour 4éfeDdre des prêtres orthodoxes, de* moines hérétipes, pour soutenir, au péril de leur vie^ ou des formules ^intelligibles, ou l'insolence de quelques misérables conducteurs de chars; et, au moment où, dans les camps, dans les palais, dans le sénat, on ne voyait que tyrannie et servitude, parmi contraste bizarre, o» retrouvait dans le cirque la démocratie avec toute sa licence et toutes §es fureurs.
Justinien appuya de son autorité les partisans de la faction bleue; fière de cettç protection, elle se livra aux plus grands Ctcès contre ceux qui soutenaient la faction verte. Toutes les villes devinrent le théâtre de combats sanglants et de Wîw les crimes qui accompagnent les guerres civiles.
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Les bleus prirent Je costume des Huns, etfcc montrèrentji comme eux, avides et cruels ; ilspillaient les maisons de lewPennemis, massacraient les Classants, vendaient leurs bras à ceux qui voulaient payer des assassins, enlevaient les esclave* j à leurs maîtres, les filles à leurs pères, outrageaient sur tej cadavre de leurs époux les femmes les plus distinguées: aai*| cun magistrat n'osait punir ces brigands, dans la crainte fci déplaire à Justinien, et la terreur était portée à tel point qW'^ Tempereur ignora pendant trois ans leurs excès. J
Lorsqu'il en fut instruit, il nomma pour préfet de la v9W Théodote, homme ferme, juste, et autrefois comte d'Orient. G& magistrat, bravant le courroux du prince, opposa aux factieux une inflexible sévérité, dissipa leurs attroupements, jeta en prison les plus mutins, et en fît décapiter plusieurs.
Au nombre de ceux qu'il envoya au supplice se trouvait un patricien nommé aussi Théodote. Les nobles, qui trop souvent veulent se mettre au-dessus des lois, se liguèrent contre le préfet : Justin, cédant à leurs clameurs, renvojn Théodote en Orient; mais cependant il obligea son successeur de suivre les mêmes principes, et de déployer contre lesfections la même fermeté.
La part que Justinien avait prise à ces désordres ne lui enleva point la bienveillance de l'empereur; nommé consul, ce prince dépensa des sommes prodigieuses pour se rendre poptitaire par des fêtes magnifiques ; il fit combattre sur l'arène vingt lions contre trente léopards. Le vulgaire, fermant les yeux sur la décadence de l'empire, prenait alors réelal pour la puissance, et la magnificence pour la grandeur.
Tandis qu'on l'amusait par la pompe de ces jeux, on laissait Théodoric gouverner en maître l'Italie, et nommer un consul sans daigner demander le consentement de l'empereur.
A cette époque le roi de Perse, qui se prétendait souverain de la Colchide, nommée alors Lazique, lui donna un roi appelé Damnazès; il mourut : Zathcus, son successeur, ayant embrassé le christianisme, vpulut tenir sa couronne deTem»
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pereur d'Orient. Cavade, irrité, résolut dès lors de liéclarer de nouveau la guerre à l'empire ; 11 acheta, dans ce dessein, Talliance d'un roi des Huns qui résidait près de Derbent ; mais ayant découvert que ce prince recevait aussi des subsides de Justin, il l'invita à une conférence, et se vengea de sa duplicité en l'assassinant.
Peu de tyrans surpassèrent Cavade en f0firberie et en cruauté. La conformité qui existait entre les principes de Zoroastre et de Manès avait déterminé un grand nombre des principaux satrapes et des officiers de l'armée à embrasser le maûîchéisme ; le iiis du roi les favorisait, et on les accusait de conspirer pour porter ce jeune prince au trône. Cavade, dissimulant son courroux, rassemble les états du royaume, et s'adressant aux manichéens : Mon fils, leur dit-il, a em- « brassé vos dogmes, je le sais et je l'approuve; je respecte « vos principes ; je veux que l'héritier du trône soit entouré « par vous et ne suive que vos maximes. Séparez-vous des « profanes, et approchez-vous de lui. » Les manichéens, surpris, obéissent avec joie; dès qu'ils sont réunis, la garde les entoure et les égorge.
Tous ces meurtres répandaient une terreur générale : le roid'Ibérie, ne pouvant plus supporter le joug de ce monarque sanguinaire, implora la protection de Justin ; dès que Cavade en fut informé, il lit entrer son armée en Ibérie, et cette invasion devint le signal de la guerre entre les Grecs et les Perses.
Ce fut sdors que le grand Bélisaire commença le cours de sa vie héroïque ; il conduisit les légions de Justin dans la Perse- Arménie, la dévasta; mais ensuite, mal secondé par des troupes qu'il n'avait pas encore eu le temps de former, il se vit forcé à la retraite^et cepremier échec en lui prouvant la nécessité de joindre la prudence à l'audace, ne fut peut-être pas une des moindres causes de sa gloire. La fortune égare les plus grands hommes, et, pour les génies ardents, un léger revers est quelquefois plus utile qu'un grand succès.
Une autre armée de Justin fut complètement battue près
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4e JNisU^e, p^r 1^ Mçheté de pçelaire qu| la eommandalt. ^élisaire le ir^plaça, et malgré le découragement répanda pari^ettQ défaite, il wréta le$progrès des Perses, et défendit coRtre ^n P^ra, aveq autf^nt d'habileté qaede courage*
I^es Air^beS; détrompés des erreurs de ridoiâtrie^ commen-. çaient dés lors à sentir le besoin d'un i^puyeau piiUe. Ilsvoi^iocBAtd'abofd rétublir celui !^e Moïse, Le j^ql à'^ys&ime, ÉlishaHy zélé sectateur de la fpi ctu*étienne, partit 4'A^^'U'% travensa le golfe Arabique, défit les ^^be^j tqa lepr prince Birmoiii Qt pl^ç^^ur sqp trdne w m chrétien.
Après mn départ, leç Arabes se. réyojit^rpnt 4e noçveau; le pA d' Abyssioiç lefi yfû^quit encore, j^t cpnciojt nm alliance avec Justin, qui lui «jiypya pour iiuxiliôire^, pqu des troi^r pes, mais des prêtraf'£iîjihaQ, h ^n ri^tour dçins 9^ Éta^ plus jaloux des biensduciel que de ceu^ de la terre, descendu du tr6ne, euYoya eomme offre^nde sa couronne à Jérusar ton, et, aprâs a.¥oir régjié eQ conquérant, mourut ep saint dans un monastère. .
TJiéodoric, que son zèle pour l'arianisme A'avait point (Wr péché de protéger en Italie les catholiques, ^oufTrajt ayeo impatience les persécutions que les arieps éprouvaieut diins l'Orient; i) envoya quatre sénateurs rpmaiçui 4 Cou^tAntîr nople, chargés de reprocher cette injustice h Tempereur, et tt contraignit le pape Jean à présider l'ambj^ssade, en lui or^ donnant d'employer tous ses soins pour faire renoncer Justin à ce système de rigueur.
Le sénat, le clergé, le pwple, l'eraipereur luirméme, vinrent au-devant du pape, h la porte de la yiUe, etsepre* sternèrent à ses pieds; il ne voulut entrer dans Téglise métropolitaine que sous ia condition qu'il officierait en latin, et serait assis au-dessus du patriarche.
Le roi des Gotbs aurait dû prévoir qu'un pape ne pourrait pas plaider de bonne foi la cause des hérétiques ; le pnntifi^ romain parla de manière à ne rien obtenir. Il revint à Borne, satisfait des refus de Justin, et comblé d'éloges par ies catholiques : mais Théodoric, mécontent de sa conduite et sans
xê^pç^ ppor sa digBité, le fU enfenner dans une prison où il moumt,
La Tieillesse avait rendu le caractère^ eonquérant do. f Italie plus fiable et plus irascible; te héros disparaissait; le Birbare se montrait : jeune, il avait honoré le courage et la Vtrta; vieux, il les craignit et les envoya au supplioe.
loss deux plus illustres personnages de Rome, Boôce et
Synunaque, comblés josque-là de sa faveur, excitèrent sa
jalousie ; et dés qu'ils lui parurent redoutables , ils furent
werîfiés.
Le sénateur Boèce, né dans la fiimiUe des Aniclens, croyait
I descendre de celle du fameux Manlius, qui avait chassé les
IfiHuloisduCapitoIe; le désir de soutenir ce nom glorieux
iféloigna des dissipations auxquelles s'abandonnaient exclu-*
E aivement les Romains dégénérés.
f Dans sa jeunesse, il se livra à Tétude avec ardeur ; sa vive curiosité le conduisit dans les écoles d'Athènes, et il y resta plusieurs anaées. Sa raison forte le garantit de la passion pioérile des Grecs pour la magie et pour la mystjjeité ; il pro» fita des leçons de Proolus, célèbre alor^.
Son esprit, éclairé par la morale du christianisme, se fiorr tifta par la Ipgique d'Aristote, et s'enrichit de F imagination vive de Platon; lorsqu'il vint à Rome, le patricien Symmaqciele prit pour gendre. Boôee défendit la loi catholique contre les hérésies d'Arius et d'Eutychès : studieux, actif, infatigable, il composa plusieurs ivaités sur la musique ancienne, sur la mécanique d'Archimède, sur l'astronomie de Ptolomée, et sur la philosophie de Platon.
Sa fortuné secourait les indigents, son eourage protégeait l'innocence, et, si la flatterie seule put compare» son élo^ quence à cielle de Démosthène et de Cîcéron, l'opinion publique l'éleva justement au-dessus de tous les écrivains de son siècle.
Théodoric, comme tous les grands hommes, cherchait le mérite, honorait la vertu, récompensait le talent. Boèce obtint le consulat et la charge de maître des offices. Il vit même
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ses deax fils, jeunes encore, nommés ensemble consuls, paraître au forum au bruit des applaudissements du sénat et des acclamations du peuple.
La faveur ne corrompit point son noble caractère. Citoyen dans une ville asservie, philosophe au milieu de la cour d'un conquérant, son courage résista à la tyrannie orgueilleoie des officiers barbares, qui, malgré les intentions du roi, pillaient les campagnes, opprimaient les paysans, ruinaient les provinces et traitaient les Romains en esclaves.
Son éloquence ^ardie éclaira le monarque trompé et sauva Paulianus, qu'un ordre inhumain allait livrer aux bétes féroces.
Lorsqu'il fallait combattre la délation, défendre la vertu, il ne connaissait ni crainte ni prudence.
Cette fierté romaine accrut sa renommée et fit tomber son crédit : la vérité est importune dans le palais des meilleurs rois; elle arrache Testime, mais blesse la vanité.
Théodoric commençait à craindre Tombre de liberté qu'il avait rendtie au sénat. On accusa le sénateur Albinus d'ar voir formé une conspiration pour faire recouvrer à Borne son indépendance ; Boèce défendit son ami : « Prince, s'écria i t-il, les sentiments de l'homme vertueux qu'on accusp « sont ceux du sénat et les miens. Nous devons partager sa « peine, s'il est coupable ; et, si nous sommes innocents, les « lois doivent protéger Albinus comme nous. »
Les délateurs, résolus de le peindre, contrefirent sa signa ture et celle d' Albinus ; ils l'apposèrent au bas d'un écrit adressé à l'empereur d'Orient pour implorer son secours contre l'oppression des Goths; Théodoric irrité, sans vonloir écouter Boèce, le fit conduire en prison.
Le sénat, tremblant, traita sa fierté de rébellion, sa science de magie, et se déshonora en ordonnant sa mort et la con fiscation de ses biens.
Boèce, i^ns se plaindre , montra son mépris pour ce vil sénat, dont il avait voulu défendre la liberté, et ne s'en ven gea que par ce peu de mots : « Personne après moi, dit-il.
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1 ne sera plus coupable, éàns Rome, da crime que vous me i reprochez. »
Loin de s'effrayer des approchés de la mort, il composa dans sa prison un traité sur les consolations qu'on doit à la philosophie. Les ministres barbares de la vengeance du roi des Ooths serrèrent sa tête avec une forte corde jusqu'au moment où ses yeux sortirent de leurs orbites : après avoir joui pendant quelque temps de ses douleurs qui ne pouvaient vaincre son courage , il%||| tuèrent à coups de massue, et éteignirent ainsi la derniSlSumière de l'Occident.
Son beau-père, le patrice Symmaquc, laissa éclater indiscrètement sa trop juste douleur. On crut qu'il voulait vencer celui qu'il osait pleurer ; il fut chargé de fers, traîné à "Wivenne, et sacrifié aux soupçons du roi.
Théodoric ne survécut pas longtemps à ses victimes, et, on doit le dire, à sa propre gloire ; après avoir brillé pendant trente ans sur la terre de cet éclat que donnent de grandes conquêtes, de grands talents et de grandes vertus, il descendit dans la tombe, troublé de craintes et accablé de remords. La frayeur et la honte, plus que l'âge, affaiblissaient son esprit. Un jour, comme on servait sur sa table un énorme poisson : « Éloignez ce fantôme! s'écria-t-il; je vois Symma- « que furieux; son œil annonce la vengeance; il est prêt à « me dévorer I » .,
Après trois jours d'agonie* il mourut; ses dernières paroles exprimèreat!Son profond repentir de la mort de Symmaque et de Boèce. , : *
Ainsi tomba cet>^mme célèbre qui, sortant des forêtsde laPannonie, s'était rendu raattre de Roineet de l'Occident, et avait étendu le pouvoir de ses armes depuis Syracuse jusqu'à Belgrade, et des bords du Banùbe aux rivages de l'Océan.
La fortune, qui lui avait si longtemps pl*odigtié ses faveurs, lui accorda le bien le plus rare pour un roi, un ami véritable : Artémidor , Grec de naissance , se montra toujours plus attaché à l'homme qu'au prince; le roi, l'ayant perdu,
S7ft BMPIBB D'oHpifT. [518^37]
fit de lui en peu d^ qiots }e plus m^e éloge : « Artèmidor, « dit-il, servait le mérite, consolait le malheur^ et n'abusait « jftina\^ de son pouvoir. »
Amalasonte, fille de ThéQdor|p, hérita de ses Éta^, de ses tfilents et de sa renommée; elle força par son courte et par sa vçrtu les ^omain§ à chérir et les B^iirbares à respecter le jQi|g d'une femme; et, pendant la longue enfinee de son fils Athaiarlc, e|le oqcupçt glorieusement ce trône sur lequel tfipt 4'iUustres guerrier» n'av^i^^mi se maipfenir.
La mort de TbéQ^oric rendit^^inp^reur d'Oxient Tespoif de renverser la puissance dci^ Goths en Italie ; croyant même qu'il était inutile, povir foire tomber le trône d'une femmCj de déployer l§s forpes de l'Orient, il la fit attaquer en Fannonie par les Lombards, avides d'argent et de gloirqg^ mais ils furent repousses par les troupes de la reine, des Goths; Justin se vit forcé de reconnaître Athalaric roi d'Itftlie(an52e)- .
Am^ilasonte, douée d'un esprit vif et pénétrant, d'un car^ptère feroie et modéré, possédait également la langue grecque et I^ langue latine, parlait bien et peu, se montrait à la foi^ ^cpncHpe et libérfile ; elle aimait la paix sans craindra la gperre, négociait avec sagesse, mais ayec fierté, et s'attirait l'estime générale par Sia fidélité inviolable dans ses promesses.
Le premier acte de son règi|ë^fut un aet^ d'expiation et de jmtîce ; ellç rendit ^ux enfonts de Bo^ç^tt 4.9 3yii^aque leur héritage. '-
Ç^piodQre,4ppt l'envie ayait é|é tovçi^ de respecter sous trp}§ r^gne^ â^mt» iW W^nlfePt 1^ vertu, fut foji principal niinistre. •
Vpiilant éi§vet ?PP fito non m prince, pai§ eç homn^> elle l'envoya suivre ses études dans les écoles romaine^.
Sa pruden$€k^étQurna le danger dpnt la m,enaçi4t l'ambition d'Am^l^j^) fPi d'Espagne et petit-fils de Théodoric; ell<9 évita Ifli guerre m cédant à c§ prince lefi Yille^ qu'elle
PQmédait dau9 la fîaiiie.
PÎ7-565] JUSTINIEN. 379
Le comte Bieoimer^ chargé de ses ordres, parut au milieu du sénat ^e Rome, et lui porta le serment, qu'elle avait pfété, dcf conserver aux Romains, aux Dalmatiens §t aux Gotbs tous leurs privilèges.
Tandis qu'elle employait ainsi l'adresse, le courage, la doneeur pour affermir la puissance des Goths, ie sdrt oontinuaît à favoriser dans l'Orient rélévation d*uri prince destiné à détruire un jour cette puissance.
Justin pcncliait rapidement vers son déclin. Just|niep, son neyeu, p4trice et général, ne portait encore que le titre de nobilissime ; impatient d'arriver à l'empire, il s'était assuré par ses libéralités les suffrages du sénat. Les sénateurs supplièrent l'empereur de lui décerner le titre d'auguste. L'a^ mour de l'autorité est la dernière passion des vieillards ; l'empereur octogénaire refusa de partager un pouvoir qui allait ^pirep. Mais l'année diaprés, averti par la diminution de ses forces de^ appppptiçs de la mort, il convoqua dans soii palais le sénat, associa Justinien à l%mpire, le nomma auguste ainsi çue %^ fename Théodora , les lit couronner par le patriarche Ëpiphane, et mourût p«u de mois apr^(an 527). Il avait régné neuf ans. Vieux lorsqu'il parvint au trône, 1} porta sans gloire la couronne dont ses exploits )' avaient fait Juger digne dans la vigueur de sa Jeunesse.
CHAPIT^ XV.
(Aas de J.*C. 627.565.)
?prtr«it de Jastipi^n. — Spp gojtTeçoeinei^t. — PQrt^fff 4^ {'ppératrice Tbéojne. — Mort de son iSIs. — Prepaipra ,^ccèp 4e JijsUpjent — peutrucHon et recoD^tnîçlipn d'ADtiocbe. — Profession de foi 0e justinien. :— yntilation de deqxéTêqoe^. —Pénitence de Ttiéôdord et de cinq cents femo^es, — |ii$To)tp des Abaze« contre
"leur roi. — Guerre avec CaYa4<p, yoi de Perse. — Siiwsès de Çélisairp. — InYMio^ de ^arbffes. — Origine 4«s Sscla.Tpm. — Noi^velle gperrp ^vpc Çatade: — Bat^lle i^ CalUliiqaf. -i- ||^wÇi|i»pj? cpurtgeuse de l^élisaire.— iw ï??f»P è l* %mm — Mflrt 4fi P«Y*âp. rr A^^pen^epl de Gq$£fiès
380 EMPIBS d'oHIENT. [527-665]
•a trône de Pêne. -» Paix entre Joatiniea et Cosroèl. — QBerelIef da cirque. — Hérolte da peaple poui^ ftiction verte. — Fermeté de TbéodotVr — ToBolle excité par Hippace et Pompée. — Massacre dans le cirque. — H ort d*Hippaoe.4lt de Pompée. — Projet de la conqaéte de l' Afrique par Jastinien. — Bétolntion el Afrique. — Usurpation de Gélimer. — Hésitation de Jnstinien pour son entreprise. — Préparatifs de guerre contre les Vandales. — Départ de Bélisaire. ~- InTention des signaux attribuée à Bélisaire. — Campement de l'armée. — Marebe de Gélimer* — Exploits de Jean, général romain . — Première attaque. — Échec à» Hassagètes. •— Victoire de Bélisaire sur Gélimer. — Son entrée dans Gartbage.— Noureaux préparatifs de Gélimer. — Sa défaite et sa fuite. — Mort de Jean parla maladresse d'un soldat. — Lettre de Pharaa à Gélimer. — Singulière demande de Gélimer à Pharas. — Sa capitulation et sa captivité. — Entrée triomphale de Bélisaire dans Constantinople. — Projets de Jnstinien. — Rédaction des Godes, par Trébonien. — Le Digeste et les Pandectes. — Les Institutes de Jnstinien. — Les Novelles. — Événements en Italie. — Réfence d'Amalasonte* -^ Incondaite de son fils Athalaric. — ^.Conspiration contre Amalasonte. — Mort d*AthfUaric — Èlévapion de Théodat. — Ses crimes. — Mort d* Amalasonte. — Conquête de la Sicile ^v Bélisaire. — Révolte en Afrique. — Victoire de Salomon sur les Maures. — Co»* spiration contre Ini. — Sa fiiite à Syracuse . — Stosas est élu général. — Arrivée de Bélisaire à Carthage. — Sa victoire sur les Maures. —-Son retour en Sicile. — Défection dans l'armée impériale. — Défaite et fuite de Stosas. — Gomgf^nemieait de Salomon en Afrique. — Sa défaite, sa fuite et sa mort. — Défaitij^s ttaores. — Conduite de Théodat. — Marche de Bélisaire en Italie. — Prise de lfa|fles. — Lâcheté de Théodat. — Élévation de Viîigès. — Mort de Théodat.'>^ Arrivée de Bélisaire à Rome. — Marche Ve Vitigès sur Rome. — Danger et défense conngeuse de Bélisaire. — Siège de Rome. — Arrivée d'un renfort. — Propositions de Vitigès. — Suspension d'armes. — Levée de siège. — Mort du pape Silvàre. — Invasion et victoire des Bulgares. — Arrivée de Narsès à Ravenne. — Cause de mésintelligence entre Narsès et Bélisaire. — Prise de Milan par les Barbares. —
Invasion et retraite de Théodebert. — Siège de Ravenne par pélisaire. — Son Crée trioi||»hale dans Ravenne. — DisgrAoe et exil de Jean de Cappadoce. — Sa mort. — IiiTasion de Cosrbès. — Son entrée dans Antioche. -.- Ambassade de Jnstinien à Cosroès. — Bélisaire est nommé général de l'Orient. — Ses succès en Perse. — Retour de Cosroès. — Retraite et disgrâce de Bélisaire. — Sa réintégration et son départ. — Ambassade de Cosroès à Bélisaire. — Artifice de Bélisaire. — Paix entre Bélisaire et Cosroès. — Travaux de Jnstinien. — Révolte cC m<]rrt d'Ildibad. — Baduella, surnomn|é Totila, est roi des Goths. — Sa conqnéle de l'Italie. — Mairie de Jnstinien. — Disgrâce et réhabilitation de Bélisaift. — Son départ et sa marche contre l1)tila. — Prise de Rome par Totila. — Son départ de Rome. — Rentrée de Bélisaire dans Rome. — Retour de Totila. — Mort de l'impératrice Théodore. — Retraite volontaire de Bélisaire. — Préparatib hostiles et mort de Théodebert. — Prise de Rome par Totila. — Son départ pour la Sicile. — Narsès est nommé général. — Son portrait. — Son arrivée en Italie. —
Rliiille entre Narsès et Totila. — Défaite, fuite et mort de Totila Téia est roi
des Goths — Prise de Rome par Narsès. — Bataille entre Narsès et Téia. — Mort courageuse de Téia. — Paix entre Narsès et les Goths. — Rupture de cette paii.
— Siège, blocus et capitulation de Cumes. —Victoire de Narsès sur les Allemands»
— Soumission des Goths. — Destruction de leor empire. — Exarchat de Narsès et de Longin. —Écrits religieux de Justinien. — Disgrâce et mort dn pape Vigile. — Révolution en Espagne. — Apparition des Turcs. — Invasion d'Arabes et da Bons. — Alarmes de Justinien. — Armement de Bélisaire. •— S« vietoire s«r les
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Barbares.— Son triomphe et sa disgrâce. — McoaTerte dn ver à sole.~ Conipirmium eoetre Justkiien. — GaplÏTité de^Béltsaire. — Sa mendieité et sa céeité r/isèle; . — M ort de Bélisaire. — Mort de Jnsiinien.
Le nonveau mattre de l'Orient, né sous le chaume, élevé dans les camps, parvenu au rang des Césars par l'assassinat de Yitaliien, prodigue pour ses plaisirs, minutieux dans ses occupations, comparé pour ses amusements puérils à Domitien, subjugué par une courtisane qu'il avait épousée, devait inspirer plus de crainte que d'espoir au peuple : cependant sa vie fut glorieuse, son nom célèbre; et, sous son règne, l'empire relevé parut reprendre une nouvelle vie et de nouvelles forces.
Justinien ambitionnait tous les genres de gloire. Les leçons d'un Grec, nommé Théophile, avaient éclairé son esprit; il était dans la maturité de l'âge lorsqu'il monta sur le trône : on vantait son savoir en Jurisprudence, son éloquence au sénat; il montrait une vive passion pour l'architecture et pour la musique; les Grecs chantent encore dans leurs temples une de ses hymnes.
L'étude de la théologie, à laquelle, suivant l'esprit du siècle, il se livra trop ardemment, lui coûta un temps précieux, et lui fit commettretle graves erreurs. Le mélange de défauts et de qualités qui formaient le caractère de ce prince le rend difficile à juger. Les jurisconsultes lui ont prodigué leurs éloges, les auteurs ecclésiastiques, leurs injures. Procope, avocat, secrétaire de Bélisaire et historien, l'a flatté et déchiré tour à tour; son opinion changeait avec son intérêt. Dans un de ses ouvrages il peint cet empereur sous les traits d'un ange; dans un autre il le représente sous ceux d'un démon : sa vie entière prouve qu'il ne mérita ni ces louanges exagérées ni cette censure amère.
Justinien, avec une ambition sans bornes, avait un esprit médiocre, un caractère faible ; naturellement doux, les caprices de Théodora, qui le dominait, le firent paraître quelquefois crueL Le désir des succès l'éclairant dans ses choix,
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il eut d'habiles généraux; La jaloniiie le rendit ttignrt ^nr eux. Jamais prince n'ëiëva autant de monuments; peud^empereurs firent autant de conquêtes ; ses lois ont illustré sa mémoire et régissent encore le monde ; mais sa gloire ne fut que d'emprunt : celle du législateur n'appartient qu'au savant jurisconsulte Trébonien; celle du conquérant fut entièrement due au talent de Germain, au génie de Bélisaire et à celui dé Narsès ; si sa volonté leur donna l'impuisioa, sa faiblesse entrava souvent leur marche^ sa prodigalité dissipa l'immense trésor que lui avait laissé son prédécesseur; ses ministres*^ avides et corrompus, accablèrent les peuples d'impôts; il porta très-loin ses armes, mais il épuisa ses forces et perdit par ses fautes l'Occident, que ses généraux aviiient conquis. Ses nombreux monuments éerasèrent l'empire plus qu'ils ne l'embellirent. Enfin il dut sa grandeur à sa fortune, son élévation à un crime) ses succès à quelques grands capitaines, ses revers et ses malheurs à lui seul; et son nom ne brillerait pas avec tant d'éclat aujourd'hui, si Trébonien ae l'avait placé à la tête d'un code immortel.
Théodora gouvernait l'empereur et l'empire. Dans sa jeunesse, seâ charmes et ses vices commencèrent sa fortune; elle surpassait les autres courtisanes en libertinage comme en beauté : comédienne, pantomime^ elle exeitait^ parla vivacité de sOn jeu, par ses gestes et ses attitudes bouffonnes, un vif enthousiasme; le peuple^ qui lui prodiguait alors SCS applaudissements sur le théâtre, était loin de prévoir qu'un jour, assise sur le trône, elle exigerait de lui d'àut^es hoïumages.
ThéodQra était spirituelle ; un gouverneur d'Afrique en devint passionnément épris et l'emmena avec lui dans sa province ; elle en eut un fils. Un nouveau caprice ou Un secret pressentiment la décidèrent à revenir dans la capitale : là, jouant un autre rôle, elle affecta la dévotion^ vécut dans la retraite, se livra à l'étude, ne reçut que des savants, desmagistrats, des hommes d'État, attira chez elle Justinien, et le captiva tellement qu'il résolut de l'épouser,
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Justin refasàit d^y consentir. Les lols46 Constantin et âe Marcien interdisaient aux sénateurs et aux citoyens tout mariage avec une comédieune. Justttiien, entraiiiépar sa passion, surmonta ces obstacles, arraclia le consentement de l'empereur, obtint la révocation des lois qui empêchaient cette union, et fit célébrer son itiariage. feamére, Vigllantia, en mourut de honte et de douleur.
Lorsque Théodora hit parvenue au pouvoir suprême, éôus Je manteau de la dévotion dont elle se couvrait, on vit percer cet orgueil hautain. Si commun et si odieux quand il rappelle une basse origine : cependant, toujours comédienne, sûr le trône, elle joua le rôle d*une priûceisse charitable et généreuse ; elle prodigua au5t courtisans ses bienfaits, aux pauvres ses aumônes, bâtit des églises, fonda des couvents; mais en même temps, implacable dans ses vengeances, elle persécuta les prêtres qui ne se soumettaient pas à sa \olonté, et les grands qui dédaignaient sa protection.
Entourée d'anciennes courtisanes, Chrysomale, Indora, Macédonia, on eût dit que le palais des Césars était devenu Un lieu dé prostitution. Ses sœurs, qui avaient livré comme elle leurs charines au public, firent de riches mariages; des hommes puissants se virent forcés de les épouser et d'aclieter la conservation de leurs dignités par la perte de leur honneur.
Tout ce 4ui résistait à l'impératrice était brisé. Elle envoyait aux cachots, en exil, à la mort, des sénateurs, des généraux, des gouverneurs de province, des évéques ; les deux prisons particulières où elle jetait ses victimes étaient appelées par le peuple le Labyrinthe et le Tartare.
Son fils, apprenant en Afrique son élévation imprivue, accourt précipitamment à Constantinople sans ordre, voit sa ffiêre un moment et disparaît pour toujours; im crime la délivra ainsi de ce témoin importun qui aurait rappelé continuellement à l'empereur la première condition et les anciennes amours de sa femme.
Lapa$sion de Justinîçn pour çliç fermait pourtant ses yeux
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à t«l point qa'il se glorifiait de son assenrlsseiiient et tânoi* gnait le plus grand respect à cet objet du mépris général. 0 força les gn^nds et le peuple de jurer d'obéir à Timpératriee comme à lui.
Mais on ne parvient pas de si loin à tant de fortune, d'éclat et de puissance^ sans être doué de quelques grandes qualités. Cette princesse joignait à un esprit étendu, fin, élevé, j une étonnante instruction et un grand courage : aussi Tem- j pereur, à la tête d'une de ses Novelles, déclare qu'il a coft-l suite la très-respectable épouse que Dieu lui a donnée; €IÊ comme si l'ombre altiére de cette princesse continuait à do-1 miner les esprits, on a vu récemment encore des juriseon- 1 suites vouloir que, par respect pour le Code et le Bigeste, on honorât la mémoire de Théodord.
Il est certain que cette femme, sur le trône, aima la gloire avec autant d'ardeur qu'elle avait aimé le plaisir : elle soutint par sa fermeté la faiblesse de son époux, l'excita aux grandes entreprises , lui conseilla souvent d'heureux choix , et fat homme pour lui.
Le commencement du règne de Justinien fut marqué par des succès. Sittas, un de ses généraux, défit et soumit les Zânes, habitants du mont Taurus. Les vaincus, traités avec douceur, devinrent des chrétiens soumis et fidèles. Sittas reçut ordre de l'empereur d'épouser Concetta, sœur de Théodora, autrefois courtisane comme elle; son obéissance loi valut le duché d'Arménie.
Un autre général, nommé Pierre, remporta une victoire sur l'armée du roi de Perse. La tyrannie de Cavade excitait des troubles dans son royaume : plusieurs grands de ce pays implorèrent la protection de Justinien. j
Borcéa, reine des Huns Sabires, alliée de l'empire, à la tête de cent mille hommes, battit une autre tribu de Huns, commandée par deux rois amis de Cavade; la nouvelle amazone tua l'un de ces princes, s'empara de l'autre, et l'envoya à Justinien, qui, le regardant apparemment plutôt comme an chef de brigands que comme un roi, le fit pendre.
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Ce supplice iaspira plus de peur que d'indignation : .Gordas, roi des Huns delaXaurique, conclut un traité d'alliance avec Justinien, embrassa le christianisme, et, ne pouvant convertir ses sujets, fut détrôné par eux. L'empereur le vengea, chassa les Huns de la Taurique et s'en empara.
Les Ësclavons passèrent en grand nombre le Danube ; Jostinien leur opposa son neveu Germain, général habile, 'fier, et qui ne craignait ni les Barbares ni Théodora.
Il brava la haine de cette princesse, la força de l'estimer, ftallla en pièces les Ësclavons et les poursuivit au delà du Danube.
La nature se montrait alors plus contraire à l'empereur que la fortune : un affreux tremblement de terre détruisit AnUoehe (an 528); cinq mille personnes y furent écrasées; lien périt sept mille tant à Laodicée qu'à Séleucie. Antioche fut rebâtie et prit le nom de Théopolis.
L'empereur, zélé pour le culte catholique, envoya sa profession de foi au pape; il publia des lois sévères contre les hérétiques. Depuis Théodose, l'esprit de secte et de parti remplaça trop souvent celui de charité.
Les évéques obtinrent le droit impolitique de surveiller les tribunaux. Une loi accorda à l'Église cent ans pour la prescription de ses droits.
Une autre éloigna . de l'épiscopat les prêtres mariés qui avaient des enfants.
Un édit prescrivait les formes à suivre pour l'élection des évéques. Les jeux de hasard furent défendus, non comme cause de crimes, mais comme sources de blasphèmes.
Deux évéques, ceux de Rhodes et de Diospolis, accusés du crime qui attira sur Sodome et Gomorrhe la colère du ciel, reçurent un châtiment peut-être aussi scandaleux que leurs débauches; ils furent mutilés et livrés en spectacle au peuple de Constantinople. Un héraut marchait devant eux en criant: « Apprenez, évéques, à ne pas souiller la sainteté de votre « caractère I »
Dans un temps où Ton déployait cette rigueur contre le
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tiee, Théodore côifiprit sasd doute qu'elle devait elle-même à Topltiion générale quelque expkttion. Elle changea uu de éës (jalaiis en maison de pénitence.
Giiiq cents fèitimes débauchées y devinrent religieuses, pleurant ati pied des autels les mêmes égarements qui avaieat ouvert le chemin de la fortune et du trône à l'impératrice.
Ulie loi dictée par le véritable esprit dy christianisme défendit à la jalousie qui s'entourait d'eunuques de dégrada ainsi r humanité par une honteuse mutilation.
Le Gaticadéfiit, â cette époque, le théâtre d'une révolution instructive pour les despotes. Le roi des Abazes, détruisant la liberté d6 St>n peuple^ s'était emparé du pouvoir absolu; il opprimait ises sujets, mutilait et vendait eeax qui exettaient sa délicihcé : poussés à l'indépendance^ et n^éme an crime par l'excêS du malheur et de la servitude/ ils se révoltèrent, forcèrent le palais du roi, lé tuèrent et enibrassCrent le christianisme; tm envoyé de Justinien avait acéueilli leurs plaintes et encouragé leur révolté.
L'empereur n'aurait hiêrité que des éloges, s'il s'était botné à protéger l'Église ; mais son tè\è se changea en fanatisme : il fefma pâi* Un édit lés écoles d'Athènes, asile, à la véiité, du paganisnlè, mais dernier refuge des sciences.
La persécution des idolâtres et des hérétiques produisit des conversions apparentés et de nombreuses émigrations.
L'empereur, qui méditait déjà la conquête de l'Oceldeot, aurait voulu, poui* parvenir à relever les débris de l'empire romain, se délivrer, pâl*unepftiï solide, delà crainte des Perses. îl envoya un ambassadeur à Cavade; l'orgueilleQX rdi de Perse reçût ses présents, mais rejeta ses propositions. Sans ses lettrés â JuStinien, il ne lui donnait, dans son style oriental, que le titre de {Ils de la Itine^ prenant pour lui-même celui de llls du soleil. « Vous Ui'aveï^ refusé, disait^il, des le- « cours contre les Huns j VôUS m'atôfc enlevé des alliés, des u tributaires ; mes ennemis-se sbht toujours vus eneouragés « par vous : vous vous dites chrétien; n'oubliez donc pas « que votre loi vous défend d'amasser tant d'or et déverser
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c tant de sang. Si vous ne satisfeites à ma juste plainte, ma « vengeance ne vous laissera de trêve que jusqu'au prin- « temps. »
La négociation étant ainsi rompue, Bélisaire, général des troupes grec^es, vint camper aux portes de Dara. Bès sa jeunesse, son habileté, son courage, avaient fait pressentir ses grandes destinées ; il inspirait la confiance à ses inférieurs et le respect à ses égaux. Ses talents auraient pu toutefois, dans une cour corrompue, languir à jamais oubliés : une faiblesse honteuse lui ouvrit les portes de la fortune ; il épousa la fille d'un cocher. Sa femme Antonina était Tamie de Théodora, et la faveur de Timpératrice, dictant le choix de Justinlen, donna un grand homme à l'empire.
Antonina, déréglée dans ses mœurs, infidèle en amour, constante en amitié , habile en intrigues, souilla la couche de son mari, se montra passionnée pour sa gloire, et, l'accompagnant sur ses flottes, dans ses camps, au milieu des combats, partagea toujours ses travaux, ses fatigues et ses périls.
Pérose, à la tête de quarante mille Perses, marchait contre les Grecs. Les forces de Bélisaire ne s'élevaient qu'à vingt-cinq mille hommes, mal disciplinés et découragés par le souvenir de leurs nombreux revers. On ne pouvait compter que sur la bravoure des auxiliaires, Hérules et Huns ; mais leur fidélité était plus douteuse que leur vaillance.
Bélisaire, craignant de se compromettre avec de telle» troupes, s'était retranché; les ennemis .vinrent insulter les impériaux jusqu'aux pieds des remparts. Un cavalier perse, courant avec fierté sijr le front du camp, défiait hautement les plus braves à se mesurer contre lui : aucun guerrier n'osait répondre à cet appel, enfin, indigné de cette stupeur générale, un simple baigneur, nommé André, s'arme, sort du camp, combat le Persan, le renverse, lui coupe la tête, et fait tomber sous ses coups un autre officier qui voulait venger le vaincu.
Ce succès, comme un heureux présage, ranime le courage
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et la confiance parmi les troupes deBélisaire. Cependant celui-ci, avant de tenter le sort des armes, essaya encore de négocier. L'orgueil des Perses rendit toutes les conférences inutiles : Bélisaire les rompit, en confiant au Dieu des chrétiens la décision de cette querelle. Pérose dit q^e le soleil, sa divinité, éclairerait sa victoire, et Tintroduiraît dans Bara; il ordonna même insolemment au gouverneur de lui préparer une fête digne de son triomphe.
Des deux côtés on se prépare au combat : Bélîsaire^dit à ses soldats : « Compagnons, dissipez vos alarmes I Votre en- « nemi est loin d'être aussi redoutable que vous le croyez; « un obscur domestique v^nt, sous vos yeux, de terrasser « les deux plus braves des Perses. Vous ne manquez ni de « force ni de courage, mais, de discipline : apprenez à obéir, « et vous commanderez à la victoire. Approchez hardiment « de vos ennemis, et comptez pour rien leur nombre ; vous « verrez dans leurs lignes peu de vrais soldats, et une foule « de paysans mal armés, plus propres au pillage qu'au com- « bat. Ils fuient les braves, et ne savent que dépouiller les « morts.
« Marchez; souvenez- vous de vos pères, combattez en « Romains, et l'orgueil des Perses s'abaissera devant vos ar- « mes. »
Le signal donné, la bataille commença : tant qu'on se borna à se lancer des âèches, les Perses, plus adroits, eurent l'avantage ; mais lorsque les carquois furent épuisés, et que, le glaive à la main, les deux armées se joignirent et se choquèrent. Infortune parut plus égale.
Le combat fut long et terrible. Cependant, par l'ordre de Bélisairç, les Huns et les Hérules, ayant tourné l'ennemî, jetèrent Iç désordre dans les rangs. Pérose fit alors avancer l'élite de ses troupes, les Immortels ; Sunica, à la tête des Huns, charge cette reserve, l'enfonce, tue son chef, etenlèTC son enseigne ; alors de toutes parts les Perses prirent la faite, et l'on en fltfm grand carnage.
Cavade éprouva encore un échec en Arménie; on lui offrit