‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 51 sur 52 · LÉONCE. — TIBÈRE UL · texte numérisé non relu

LÉONCE. — TIBÈRE UL

(Ans de J.-G. 694^98.)

■asMCre à Rtyenne. — Création d'an doge à Venise. — Gaerre avec les' musulmans. — Destruction de Garthage. — Rérolte de Parmée. — Tibère III, emperenr, — > Déchéance, captirité et mutilation de Léonce.

Ravenne fat, dans ce temps, le théâtre d'un spectacle affreux. Suivant une ancienne coutume, la jeunesse de cette Tilte, divisée en deux tribus, se battait à coups de fronde le dimanche; car toujours les jeux des Romains furent une image de la guerre.

La tribu vaincue donna, comme elle le devait, un festin à ses adversaires; mais, pendant le repas, elle les assassina lâchement. La multitude, furieuse, tira de ce forfait une vengeance non moins cruelle ; elle égorgea tous les coupables (an 696).

Tandis que ces massacres, les séditions de Rome, les dévastations des Lombards, les invasions des Sarrasins et les discordes religieuses bannissaient de Tempire tout repos et toute liberté, les îles de la Yénétie étaient devenues un asile où Ton accourait de toutes parts pour fuir les Goths, les Huns, les Lombards, les Bulgares, les Arabes, et les magistrats impériaux aussi barbares qu'eux.

Longtemps ces petites répuldiques furent gouvernées par des tribuns; mais, en 697, la nécessité de s'unir pour résister ^ aux invasions étrangères les décida à ne plus former qu'un » seul Ëtat, et à élire un due, autrement nommé doge. Le premier que l'on revêtit de cette dignité fut Paul-Luc Anafeste, appelé par le peuple Paoluccio : T empereur confirma cette élection.

Pour soutenir et reconnaître en apparence la souveraineté impériale, on vit longtemps les doges occuper de grandes charges dans le palais des empereurs.

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La guerre contre les musulmt^^s continuait toujours; Alid, général sarrasin , ravagea rAsie-Mineure ; Hassan , gouve^ neur d'Egypte, entra en Afrique, et prit Carthage par escalade.

Les Berbers et les Romains assemblèrent vainement une nombreuse armée ; Hassan la mit en fuite', et se rendit mai tre de toutes les villes, excepté d'Hippone, que les Sarrasins, dans la suite, nommèrent Boue,

L'empereur chargea le patrice Jean de réparer ces pertes et de venger ces affronts : il débarqua en Afrique et reprit Carthage; mais les Sarrasins' y revinrent en force, chassèrent les Romains, dispersèrent leur flotte, rentrèrent ponri la dernière fois dans Carthage, réduisirent ses habitants ea esclavage, emportèrent toutes ses richesses, et rasèrent tous ses édifices. Ce fut ainsi que périt et disparut sous le fer d'un Arabe l'antique rivale de Rome (098).

L'armée romaine, vaincue et débarquée en Grèce, craignait que l'empereur ne punît sa lâcheté ; la peur lui rend son audace : elle se révolte, égorge son général, le patrice Jean, et proclame empereur un officier, nommé Apzimar, qui prend le nom de Tibère IIL L'usurpateur, sans perdre de temps, conduit sa flotte à Constantinople, que la peste désolait alors.

Les habitants de la capitale, qui aimaient Léonce, résistent d'abord à Tibère; mais les commandants de la garde étrangère lui ouvrent les portes de la ville. L'empereur, conduit devant son rival, fut enfermé dans un monastère et mutilé. De nos jours, nous reprochons ces mutilations fréquentes, ces actes continuels de férocité aux empereurs ottomans; nous en accusons le mahométisme; nous oublions que les sultans n'ont fait que suivre les usages barbares pratiqués ^ par les empereurs chrétiens, qui ne faisaient alors qu'imiter les rois juifs et les monarques de Perse et de Syrie. Dans tous les temps l'Orient fut infecté de trois vices presque inséparables, la mollesse, la superstition et la cruauté.

FIN DU TOME PBEMlEfi.

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