‹ Histoire du Bas-EmpireChapitre 6 sur 52 · CONSTANCE. -IS · texte numérisé non relu

CONSTANCE. -IS

vaient sous les ordre du comte Mathieu, «on lieutenant, muemble toutes les forces de l'Asie près d'Antioche, et promet à ses soldats le secours d'un Dieu ennemi des ingrats, et qui doit châtier la rébellion et Tapostasie. Mais une profonde terreur et des pressentiments secrets démentaient au fond de son cœur l'assurance qu'il montrait dans ses paroles, c II ne voyait plus près de lui, disait-il à ses favoris, « son génie tutélaire, qui, jusqu'à ce moment, l'avait tou- « jours accompagné. »

En sortant d'Antioche, il rencontre sur sa route le corp» d'un homme récemment égorgé. L'aspect de ce cadavre trouble son esprit crédule et superstitieux, la fièvre embrase son sang : vainement il veut continuer sa marche ; sa maladie Tedouble ; il s'arrête dans un château situé au pied du mont Taurns, et, sentant la mort s'approcher, se livre à un désespoir qui la rend inévitable.

Ammien MarcelUn prétend que, voulant sacrifier dans ses derniers moments ses ressentiments privés à l'intérêt géné- ^1 il désigna Julien pour son successeur ; Grégoire et d'autres historiens le nient, et soutiennent qu'il ne parut se repentir que de trois actions, l'une d'avoir versé le sang de sa famille, l'autre d'avoir donné à Julien le titre de césar, et la plus importante de toutes aux yeux des catholiques, d'avoir embrassé la cause de l'arianisme. Saint Ambroise dit, tu contraire, qu'impénitent jusqu'à son dernier jour, il avait reçu à Antioche le baptême des mains d'Euzoïus , évêque arien. Ce prince mourut le 3 novembre 361 ,âgé de qua«nte-quatre ans : il en avait régné vingt-quatre. Sa femme Fausline, qui était enceinte, accoucha peu de temps après d'une fille nommée Constancie, et qui depuis épousa l'empereur Gratien.

On regarda le règne de Constance comme un long malheur pour ses peuples, comme un long opprobre pour l'empire, et ^ mort, qui présiTva les Romains des horreurs d'une guerre civile, leur parut aussi utile que sa vie leur avait été funeste, ^efut ainsi que Julien, favorisé par la fortune, devint, sans combat, seul maître de l'empire.

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