‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 102 sur 171 · LOUIS DE FOREZ, SEIGNEUR DE BEAUJEU ET DE DOMBES · texte numérisé non relu

LOUIS DE FOREZ, SEIGNEUR DE BEAUJEU ET DE DOMBES

Après la mort de Guigues VI, comte de Forez, Isabelle, sa veuve, se retira en son pays de Beaujolais avec son second fils, Louis, qui prit le nom et les armes de Beaujeu, et il y a apparence qu'ils gouvernèrent ce pays ensemble puisqu'il y a, dans le trésor de Villefranche l, un aveu rendu, l'an 1274, Par Gauthier de Chatillon, écuyer, à la dame comtesse de Forez et dame de Beaujeu, et a Louis, seigneur de Beaujeu, son fils.

L'an 1270, il épousa Léonore de Savoie, fille de Thomas, IIe du nom, comte de Maurienne, de Flandres, de Hainaut et de Piémont, seigneur d'Yvrée, de Canavays, de Bard, de Saint-Genis, prince de Capoue, gouverneur du patrimoine et grand gonfalonnier de l'Église, vicaire général du Saint Empire en Piémont et en Lombardie 2, etc.

Cette princesse eut 7.000 livres pour sa dot, pour sûreté desquelles (dit Guichenon, le lecteur remarquera s'il lui plaît l'erreur) Thomas de Savoie, IIIe du nom, prince de Piémont, son frère, lui engagea les châteaux et seigneurie de Cordon, Virieu en Bugey et Châteauneuf en Valromey, que Louis délaissa puis après à sondit frère, le premier jour de février de l'an 1276, à Vienneen Dauphiné 3, en recevant de lui la dot promise, ce qui ne peut être en aucune façon du monde, puisque lesdites terres étaient engagées au comte de Savoie et non pas au prince de Piémont, comme il appert d'une promesse d'Ame, comte de Savoie4 (c'est Amé IV qui mourut en 1253), de rendre à Humbert de Beaujeu les châteaux de Virieu, Châtelneuf, Cordon et La Brandonière, du 13 des calendes d'août 1248, en lui pavant 2.500 livres viennoises, pour lesquelles lesdites seigneuries étaient

1. G : 1. A, fol. 3. — 2. G : Histoire de Savoie, fol. 308. — 3. G : /</., fol. 311. — 4. G : A/., fol. 271.

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engagées, sur quoi il y eut une enquête présentée par Edouard de Beaujeu sur l'exécution de ladite promesse, laquelle est au. trésor de Villefranche, au icr coffre, sac coté n° 11 I.

Le pape Grégoire X accorda dispense pour ce mariage, l'an premier de son pontificat, parce que Louis et Léonore étaient parents au quatrième degré. Isabeau, dame de Beaujeu, mère de Louis, en considération de cette alliance, fit donation de tous ses biens à son fils, par titre du mois d'octobre 1270, et lui, l'an 1280, donna à sa femme, pour sûreté de sa dot, les châteaux et seigneuries de Miribel, de Chalamont, de Montaney, de Meximieux et du bourg Saint-Christophe, et encore, par son testament du mois de mai 1294 2, il lui délaisse, pour son douaire, les châteaux de Chamelet, de Pouilly, du Crozet, la leide du blé et les revenus des moulins de Villefranche.

Le même Guichenon, au ch. XXXIX de son Histoire de Bresse 3, dit qu'il se voit, au trésor de Beaujolais, un traité fait, le jeudi devant la Pentecôte, de l'an 1272, entre Amé V, au nom de Thomas de Savoie, son frère aîné, et Louis, seigneur de Beaujeu, touchant la somme de 3 . 000 livres pour reste de la dot d'Éléonore de Savoie, sa femme, au payement de laquelle somme Amé s'obligea et donna pour caution Jacques de Boczezel, Guy de Gléteins, Guy, seigneur de Groslée, etc., et partant, vu ces choses, Louis de Beaujeu n'aurait donc pas vendu les places de Virieu, etc., audit Thomas de Savoie en recevant de lui le supplément de la dot de sa femme 4, comme il dit, et ensuite qu'au mois de novembre 1286, en la salle de Saint-Trivier en Dombes, AméV et Sibille de Baugé, sa femme, traitèrent avec Louis, seigneur de Beaujeu, et Éléonore de Savoie, sa femme, par l'entremise de l'abbé de Savigny, des prétentions que ladite Éléonore avait en l'hoirie de Béatrix de Flix ou Fiesque, sa mère, et de Boniface de Savoie, son frère, comme encore des terres que Louis de Beaujeu avait en Bugey, sorties de la maison de Savoie, auquel hommage le seigneur de Beaujeu s'obligea et ses successeurs. Bien est vrai qu'il y a au trésor de Beaujolais s une transaction

1. V : n° 7. — 2. J porte en note : Fol. 18 de l'inventaire du sieur de Lacande: je crois qu'il date son testament de 1295, ci-après il est daté de 1295. En 1280 et en 1294, Isabeau de Beaujeu, mère de Louis, mari d'Éléonore de Savoie, par son testament affecte pour le douaire d'Éléonore de Savoie... et les revenus des moulins de Villefranche. — 3. G : fol. 56. — 4. G : fol. 311. — 5. G : coffre 8.

passée le 3 novembre 1286, entre Amé, comte de Savoie, et la dame son épouse, d'une part, et Louis de Beaujeu et la dame Eléonore, sa femme, d'autre, par laquelle, acquiesçant à la sentence arbitrale donnée par l'abbé de Savigny, ils demeurèrent d'accord que ledit seigneur de Beaujeu ferait les foi et hommage audit seigneur de Savoie pour les terres qu'il tenait en Bugey et Valromey, sa vie durant seulement, et cela pour une personne tant seulement, de telle manière que cet hommage ne s'étendrait point outre les personnes desdits seigneurs et se pourrait seulement faire tandis que l'un et l'autre seraient en vie et que l'un d'eux venant à décéder l'hommage serait fini.

L'an 1277, et le jour de Saint-André apôtre, ladite Isabeau et son fils Louis, étant à Bourg, pacifièrent un différend qu'ils avaient avec Henri, seigneur de Varras, chevalier, et Girard, son fils, surnommé la Guêpe, et les leurs au moyen de Philippe, comte de Savoie ', qui les avait priés de s'accommoder pour éviter plus grand dommage, lequel ordonna, du consentement des parties, que ledit Henri et son fils quitteraient et délaisseraient, à ladite dame et à son fils, les 80 grosses bêtes qui avaient été autrefois prises par Humbert de Beaujeu, père de ladite dame, dans la terre dudit seigneur de Varras, et leur quittaient tout le dommage que ledit Humbert avait causé dans sa terre lors decette insulte qu'il estimait à 1.000 livres viennoises; ledit Henri et son fils leur quittèrent encore les 17 mas de terre dont ils demandaient la restitution à ladite dame. Ledit Henri leur quitta encore tout le dommage que le châtelain de Chalamont avait fait en sa terre qu'il estimait 30 livres viennoises; ils leur quittèrent encore l'affront et l'injure qu'ils avaient reçus en la prise et contreprise dudit Henri par le susdit seigneur de Beaujeu. Le seigneur Guespe remit encore au seigneur de Beaujeu le dommage qui leur avait été fait par ses gens dans le fief du comte de Savoie; ils remirent encore la mainlevée et les cautions données pour Barthélémy Magny, bourgeois de Villefranche, que le seigneur Guespe avait pris et mené prisonnier à Pruzilly; ils quittèrent encore les mainlevées et cautions données sur toutes les métairies pour les sept hommes de Chalamont que ledit Guespe avait pris et menés prisonniers à Prusilly, et, pour l'amende

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