B : Éléonor
30 Robert de Beaujeu, que le père commande par son testament de faire étudier pour le faire d'église, et lui donne les revenus du château d'Arcinges, sa vie durant, en sorte que ces revenus montent jusqu'à la somme de 300 livres viennoises, et où elles ne se trouveraient pas il ordonne à Guichard, seigneur de Perreux, frère dudit Robert, de lui assigner, sur les lieux les plus proches et plus voisins dudit lieu d'Arcinges. Duchesne l dit que le même Robert fut seigneur de Jousur-Tarare, de Saint-Bonnet, de Claveysolles et de Coligny 2, allié par mariage avec Agnès de Vienne, dame de Chandenay, laquelle il laissa veuve et mère de deux fils et deux filles, l'an 1380. L'aîné des fils fut Guichard de Beaujeu, seigneur de Jou et de Belleville et de Saint-Bonnet, qui accompagna Louis, duc de Bourbon, en Afrique et y mourut sans lignée, le 6e jour de septembre, l'an 1390. Le second, nommé Jean de Beaujeu, décéda pareillement sans enfants ; la première fille fut Marguerite de Beaujeu, mariée, le 16 décembre l'an 1391, avec Louis, dit de Listenois, chevalier, seigneur de Montagu et de Châteloudon, chambellan du roi Charles VI, et l'autre, Jeanne de Beaujeu, femme de Jean, seigneur de Cusance et de Beauvoir, à laquelle par partage fait avec sa sœur, Tan 1421, après la mort de leurs frères et d'Agnès, leur mère, qui trépassa l'an 141 8, échut entre autres terres le château de Collignac, et à sa sœur aînée, celui de Jou-sur-Tarare ; Robert mourut à la bataille des Tard-venus, à Brignais, proche de Lyon, l'an 1360 \
Après la mort de Robert, Agnès de Chadenay, sa veuve, eut un procès avec messire Edouard II, seigneur de Beaujeu, pour être payée de 4.000 fr. 4 d'or, qu'Edouard lui devait en vertu d'un traité fait à Paris (qui est aux preuves) entre Robert, son mari, et lui, elle demandait encore que la terre, juridiction, revenus et autres, qui étaient communes et indivises à Claveysoles, Saint-Nizier, Saint-Bonnet-le-Troncy fussent partagées entre elles, à ce que chacune eut sa part; sur quoi Edouard, le dimanche devant la Nativité de N.-S., 1395, constitue ses procureurs généraux et spéciaux pour traiter avec ladite dame, sa tante,
1. G, J : Histoire de Bourgogne, 1. III, ch. LXXXXIV. — 2. L, T : Collignac; le ms. B portait primitivement Collignac; J : Collignay. — 3. G, J : Hist. de L\ony de Paradin, fol. 215 et 216. — 4. L, T, B, J : livres.
noble et puissant chevalier Robert de Trazettes, Philippe Hugan et Pierre Fantachin, licenciés.
4° Louis de Beaujeu, seigneur d'Alloignet, que le père lui laisse par son testament, pour en jouir sa vie durant, sur lequel il veut que son fils Guichard lui assigne 200 livres viennoises, outre lesquelles Guillaume, son autre fils, lui donne autres 100 livres annuelles, dont il veut qu'il se contente, désirant qu'on le fasse étudier pour être homme d'église, ce qui ne fut pas, car il se maria avec Jeanne de Beaujeu-sur- Saône, dont il eut une seule fille, Antoinette de Beaujeu, mariée avec Jacques d'Argueil, écuyer; elle trépassa, l'an 1385, et fut enterrée au prieuré de Saint-Mamert, laissant Jeanne de Beaujeu, sa mère, encore vivante, remariée avec Robert de Grancey, chevalier; Louis de Beaujeu, son père, mourut parmi les Turcs, l'an 1380, et fut enseveli à Raguse, en l'habit de Saint-François, au couvent des frères mineurs de ladite ville.
50 Blanche de Beaujeu, que le père voulait qu'elle l fût religieuse et, pour ce, lui ordonnait être payées tous les ans, par son héritier 30 livres; c'est pourquoi Duchesne n'a point fait difficulté de dire qu'elle fut religieuse à Polleteins avec sa sœur Aliénor2; elle fut puis après mariée à Mabrion, seigneur de Linières 3, qui fut au siège du château de La Roche-sur- Yon, l'an 1369, pris par les Anglais.
Les pièces d'un procès qu'elle eut contre Antoine, seigneur de Beaujeu, appellent son mari Jean, sieur de Linières, duquel étant veuve, elle intenta procès pour avoir supplément de la légitime qu'elle prétendait lui appartenir des biens de feu messire Guichard, seigneur de Beaujeu, son père, contre messire Antoine de Beaujeu et dame Marie du Thil, sa mère et tutrice, l'an 1373, ce qui fut continué par messire Philippe de Linières, fils de ladite dame Blanche et dudit feu Jean de Linières, contre dame Marguerite de Poitiers, veuve de feu Guichard de Beaujeu, seigneur de Perreux, et Edouard, seigneur de Beaujeu, leur fils, dont il y a plusieurs quittances dudit Philippe et de ladite Blanche, au profit dudit seigneur Edouard, dont la dernière finale est du 19 avril après Pâques 1395 4.
1. B : voulait être. — 2. L, T : Éléonor. — 3. L, T : Linier. — 4. G : coffre 10, cote K, sac icr.
Son contrat de mariage est au trésor de Villefranche, passé les 19 et 27 de juillet 1346, n° xn; ce mariage fut traité parla reine de Navarre et la comtesse de Savoie et le comte de Sancerre, cousin du seigneur de Lignières, le 7 juillet 1346; ladite Blanche eut en dot 5.500 livres, et de douaire, 1.200.
Je ne sais en quelle année mourut Jeanne de Châteauvilain, leur mère, elle vivait encore en 1333/ comme je vois par une quittance au trésor, n° ix, sac C du Ier coffre, par le seigneur de Parthenay, au profit de ladite Jeanne de Châteauvilain, veuve dudit Guichard de Beaujeu et tutrice de Guichard de Beaujeu, leur fils, en déduction du mariage de Marie de Beaujeu, sa femme.
XVI. — Outre la substitution que Guichard fait dans son testament de l'un à l'autre de ses enfants, il y a encore quantité de légats pies qu'il fait à l'abbaye de Belleville, de Joux, de l'Ile-Barbe, de Savigny, de La Chassagne, de Saint-Rambert, de Grammont, de Brienne, aux Cordeliers et Jacobins de Lyon, Mâcon, Montbrison et Chalon, à tous les hôpitaux de Lyon et de Beaujolais, et à toutes les religieuses de Forez et de Beaujolais, et à tous les curés de ses terres et à l'abbaye de Cîteaux, que les curieux pourront mieux voir dans son testament qui est au livre des preuves, comme aussi les légats*qu'il fait à quelquesuns de ses gentilshommes qui l'avaient suivi es guerres et avaient été pris avec lui. Il ordonne encore par son testament la fondation d'une chapelle de Sainte-Magdelaine à Thoissey, en Dombes, et institue un prêtre qui y célébrera la messe trois jours de chaque semaine, pour lesquelles il assigne cinq ânées de seigle et une ânée de froment, six ânées de vin, six livres viennoises à perpétuité; l'institution duquel chapelain appartiendra au seigneur de Beaujeu; il donne encore, à Pierre de Bruyre ', son aumônier et chanoine de Beaujeu, 40 livres viennoises, pour une fois, et laisse à sa sœur Marguerite, veuve du comte d'Auxerre, son château de Montmelard, sa vie durant. Les curieux verront mieux les bienfaits et munificences de ce prince dans son testament qui paraît, comme j'ai dit, aux preuves, fait le 18 mai 133 1 2.
Il fut seigneur de Semur-en-Brionnais, qu'il eut de sa femme, Jeanne