‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 127 sur 171 · I. L, T : l'arpenteur ou le trésorier · texte numérisé non relu

I. L, T : l'arpenteur ou le trésorier

fourets, et sera défendu par tout notre pays de Beaujeulois que, en quelque rivière que ce soit, il ne soit pascheurs si hardis de peschier, si ce nest des filets de droite maison dont le patron leur sera baillé par les gens de notre conseil, et sera tenu ledit maitre des fourests de aporter l'état des apoissonneurs sous son scel une fois l'an et saing dud. clerc et des garennes et moulins pareillement, afin que, si aucunes chose y fait faire, il y soit pourvu par lordonnance des gens de la chambre de nosdits comptes qui la fairont faire par le trésorier ou ceux à qui il apartiendra. Item, seront tenus les maîtres et clers des fourets de jurer garder et tenir lesd. ordonnances, sur peine de perdre leurs offices et d'émande arbitraire au cas qu'ils seront délinquans au contraire.

« Item que le clerc dud. maître des fourests qui écrira au papier des fourests sera tenu de nous faire serment, et éleus par l'ordonnance pour être conterollée ainsy qu'il apartiendra. Item, que cestes ordonnances soient publiées en lad. chambre des comptes et par toutes les châtellenies de Beaujeulais mises en un tableau, pour en prendre copie qui voudra, afin que les délinquans soient pugnis. Item, semblablement chacun ans, au lieux où les choses seront baillées.

« Lesquelles ordonnances dessus transcrites et tous les points et articles d'ycelles nous avons agréables et icelles avons louées, aprouvées et confermées et par ces présentes louons, agréons, aprouvons et confermons de notre certaine sience et pour l'avis de notredit grand conseil à meure délibération, et voulons que icelles et tous les articles d'icelles soyent doresnavant tenus sans les enfraindre en quelque manière que ce soit. Si donnons en mandement par ces présentes à nos amez et féaux gens de nos comptes, bailly de Beaujeulois et tous autres justiciers officiers présens et avenir, à leurs lieutenans et à chacun d'eux si comme à luy apartiendra que les ordonnances cy-dessus transcrites et tous les points et articles d'icelles tiennent et gardent et facent tenir et garder d'ores en avant, de point en point, selon leur forme et teneur, sans les enfraindre ne soufrir être enfrainte, en aucune manière, en punissant rigoureusement et sans déport les délinquans à ce contraire et par toutes voyes dues et raisonnables et en tel cas accoutumés et tellement et si rigoureusement les punissent que ce soit exemple à tous autres. Et afin que nul n'aye cause de les ignorer, vous gens de nos

Hist. du Beaujolais II. 21

comptes faites les publier et signiffier en notre dite chambre ' et ailleurs tantôt sans delay à chacun an, par la manière que dit est En témoin de ce, nous avons fait mettre notre scel a ces présentes. Données le 25e jour de juillet, l'an 1407. Par monsr le duc, à la relation de monsr de Norry, monsr de Lespinace, Gauget et plusieurs autres présens G. Denys. »

IX. — Après la mort d'Edouard, dernier seigneur de Beaujeu, avenue le 2 août 1400, Amé VIII, comte de Savoie, demanda à Louis, duc de Bourbon, son donataire, l'hommage des villes et châteaux de Beauregard, Lent, Thoissey, Montmerle, Villeneuve et Chalamont, en Dombes, suivant le traité de l'an 1337, fait entre Aimon, comte de Savoie, et Edouard, Ier du nom, seigneur de Beaujeu; ce que le duc refusa \ Le comte, irrité de ce procédé, envoya Amé, seigneur de Viry, avec mille chevaux pour lui faire la guerre, afin de le contraindre à faire par les armes ce qu'il ne voulait pas faire par raison. Viry prit d'abord les villes d'Anse et de Belleville, Chalamont et Lent, et assiégea Thoissey. Le duc de Bourbon dépêcha Châteaumorand avec quelques troupes, qui, après avoir repris Anse et Belleville, fit lever le siège de Thoissey et poursuivit Viry jusqu'à Ambronay, où il surprit partie de ses gens. Cependant vinrent au secours du duc de Bourbon : les ducs de Bavière et de Bar, les comtes d'Eu, de Saint-Paul, d'Harcourt et d'Alençon, le sire d'Albret, connétable de France, et les sires de Coucy, de Montagu et de Gaucourt; de l'autre côté, les ducs de Berry et de Bourgogne, s'intéressant pour le comte de Savoie, arrêtèrent le cours de cette guerre, de sorte que le différend fut mis en négociation. Il y eut assemblée de députés de part et d'autre qui demeurèrent d'accord que l'hommage demandé par le comte de Savoie était dû par résultat du 2 mars 1408, mais l'exécution en fut différée, le duc ayant demandé un plus grand éclaircissement de l'hommage que le comte de Savoie lui demandait; il y eut une journée assignéeà Villars, en Bresse, où tous les députés, de part et d'autre assemblés dans l'église de Villars, prirent expédient que Jean de Bourbon, comte de Clermont, fils aîné du duc de Bourbon, ferait l'hommage au comte de Savoie, à quoi le duc, son père, consentit par ses lettres données à Villefranche, le

1. L, T, B : chancellerie. — 2. G : Guichenon, Hist. de Savoie, fol. 452,

20 mai 1409, et le 28 du même mois, le comte de Clermont, accompagné de l'évêque de Saint-Flour, de Louis de Bourbon, comte de Vendôme *, etc., se rendit à Châtillon-les-Dombes, où il fit l'hommage au comte Amé; ainsi finit cette guerre.

La même année 1408, et le 5 décembre, à Moulins, il ordonna, par ses lettres patentes, que les paroisses de Rogneins, d'Ougly et d'Arnas contribueraient aux fortifications de Villefranche et que ceux de Rogneins seraient obligés de faire guet et garde en ladite ville en temps de guerre.

X. — Louis de Bourbon, par le mariage qu'il contracta avec Anne, dauphine, comtesse de Forez, fille unique de Béraud, comte de Clermont, succéda audit pays qu'il joignit avec ceux de Beaujeu et de Dombes à ses autres états. Il mourut à Montluçon, le 19 août 1410, âgé de 63 ans 16 jours, laissant entre autres enfants son successeur. [Jean, Ier du nom, duc de Bourbon.]

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