‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 134 sur 171 · I. G : fol. 78 du 3e 1. des enregistrements · texte numérisé non relu

I. G : fol. 78 du 3e 1. des enregistrements

entreprise et leurs armes, à cause que le même roi, quoique son beau-frère, l'avait désappointé du gouvernement de Guyenne qu'il avait aidé à. reconcourir l sur les Anglais, s'étant porté si vertueusement en la reprise de Bordeaux et autres places qu'il conquit sur eux, qu'il en remporta le glorieux surnom de Fléau des Anglais, à cause de quoi s'étant ligué, comme j'ai dit, avec les autres princes mal contents, le roi vint en son pays de Bourbonnais et d'Auvergne, assiégea Riom, dont il décampa à la prière de sa sœur, Jeanne de France, qui le vint supplier de n'éprouver sur son mari la puissance d'un grand roi; ce qui n'empêcha pas pourtant que son pays de Beaujolais ne souffrît beaucoup par la descente qu'y fit Galéas Sforze, duc de Milan, qui y vint, à la prière du roi, et assiégea Villefranche où se trouvèrent les plus signalés de la cour d'Ame IX, duc de Savoie, qui avait été fort sollicité par le roi d'entrer en armes dans la Dombes 2, mais qui se contenta, à la prière du duc de Bourgogne, de donner passage au duc de Milan et de permettre à ceux de ses sujets qui voudraient aller avec lui pour ne se trouver, comme l'on dit, entre l'enclume et le marteau, entre le roi, qui le priait de faire la guerre au duc de Bourbon, et le duc de Bourgogne qui l'en dissuadait, puisqu'ils étaient de même concert en ladite guerre prétextée du bien public.

Après cela, je ne trouve rien dudit seigneur qui concerne ledit pays de Beaujolais, tant parce qu'il demeura partie en Languedoc, son gouvernement, et que par le mariage de son frère, Pierre de Bourbon, dit de Beaujeu, l'an 1465, auquel il remit lesdits pays de Beaujolais et de Dombes. Il y a au trésor de Villefranche 3 un instrument par lequel, l'an 1475 et au mois de septembre, il donna à son frère naturel, Pierre, bâtard de Bourbon, la ville, châtellenie, terre et seigneurie du Bois-d'Oingt, au pays de Lyonnais, à lui et à ses hoirs et enfants mâles, descendant de lui en droite ligne et loyal mariage seulement, sans qu'il les pût transporter ou aliéner, de sorte qu'elle ne peut retourner audit seigneur ni à ses successeurs.

Par contrat du 7 mai 1473, Antoine de Levy, seigneur de Villars, lui vendit tous ses biens, entre autres le comté de Villars, en Bresse,

1. L, T, B, J : conquérir. — 2. G : Guichenon, fol. 549. — 3. G : vol. III des enregistrements, fol. 148.

Hist. du Beaujolais II. 22

suivant autres contrats faits entre le même duc et lui, dès Tan 1463 mais, après son décès, le duc de Savoie s'empara de ce comté.

Le roi Charles VIII connaissant les mérites dudit seigneur le fit connétable de France r, l'an 1487, dont l'office avait vaqué depuis la mort du comte de Saint- Pol; il épousa trois femmes : Jeanne de France, fille du roi Charles VII; Catherine d'Armagnac, fille de Jacques, duc de Nemours, et Jeanne de Bourbon, fille de Jean, comte de Vendôme, de toutes lesquelles il ne laissa aucuns enfants, et cette belle succession des duchés et comtés de Bourbonnais, d'Auvergne, de Forez, etc., passèrent à son frère Pierre, qui suivra ci-après.

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