‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 136 sur 171 · G : 23e fol. du 3e vol. des enregistrements · texte numérisé non relu

G : 23e fol. du 3e vol. des enregistrements

III. — L'an 1467, il ordonna, par ses lettres patentes, que tous les juifs fussent expulsés de la ville de Trévoux et de toutes ses autres terres et seigneuries d'outre la rivière de Saône l. Paradin, en son Histoire de Lyon, rapporte la chose plus avant, au chapitre XCVIII de son Histoire, disant que la ville de Trévoux, capitale du pays de Dombes, a été longtemps habitée d'une synagogue de juifs, après qu'ils eurent été chassés des terres de France, et que, l'an 1429, cette ville se trouvant scandalisée d'infinies et énormes superstitions et diaboliques persuasions dont usait cette synagogue de juifs, le peuple catholique en fit plainte à Mme Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais, souveraine de Dombes, et à M. Amé de Talaru, archevêque de Lyon, leur prélat, qui y donnèrent ordre et lettres patentes adressantes a M. Pofficial et vicaire général de Lyon et autres officiers de Beaujolais qui s'étant transportés en la ville de Trévoux, en qualité de commissaires, le mercredi saint, 23 mars de l'an 1428, les envoyèrent tous quérir en la maison d'Humbert Anserme, lieutenant du châtelain de Trévoux, où ils furent arrêtés au nombre de quatorze, avec défenses, sur leurs vies, de ne bouger jusqu'à ce qu'ils eussent autre mandement, et qu'enfin leur procès étant fait et partait, et le tout rapporté au conseil de Mme de Bourbon, il leur fut fait commandement de vider ladite ville. Pourrait bien être qu'à cause que le duc de Savoie leur avait donné sauvegarde dans ses terres, ils auraient été tolérés encore, et que, retournant a leurs impiétés, ils furent enfin du tout chassés par lettres patentes dudit seigneur Pierre de Bourbon, l'an 1467.

IV. — L'an 1471, par ses lettres du 24 août, il ordonna de délaisser passer les vivres et autres biens des dames de Saint-Pierre de Lyon pour la provision de leur monastère, sans payer aucun péage 2.

V. — L'an 1476, il donna pouvoir de tester à un bâtard, habitant de Perreux, comme il appert des 56 et 57 feuillets du 3e volume des enregistrements du trésor de Villefranche.

VI. — L'an 1478, il présida au concile national tenu à Orléans sous Louis XI, sur le sujet de la pragmatique sanction, des annates et

1. G : id., fol. 57, 58, 59, 60. — 2. G : fol. 84 du 3e vol. des enregistrements.

autres exactions qui emportaient beaucoup d'argent à Rome. Auquel concile le chapitre de Beaujeu, assemblé comme de coutume au son de la cloche, le 21 octobre de la même année, députa MM. Pierre Meslier, Charles de Brie et Félix de Verchières, docteurs es droits et chanoines de ladite église l.

VIL — L'an 1494, et le 4 août, il donna la châtellenie d'Oingt, au pays de Lyonnais, à son neveu Mathieu, bâtard de Bourbon, pour en jouir sa vie durant, comme le duc Jean, son frère, l'avait auparavant donné a Pierre, son frère naturel.

La même année, et le 10 septembre, par ses lettres patentes, il ordonna de contraindre les habitants de Villefranche à contribuer à la chaussée, depuis Paulet jusqu'à Beauregard, pour faciliter le chemin des gens allant et venant, tant à pied qu'à cheval, audit Beauregard, où il avait transporté de Trévoux sa cour des bailli, juges ordinaires, d'appeaux et maîtres des eaux et forêts des pays de Beaujolais2.

L'an 1499, étant à Moulins, le 4 février, il donna 1.200 livres aux habitants de Villefranche, pour être employées au bâtiment du portail de leur église, comme porte l'acte qui est aux archives de l'Hôtel de Ville dudit lieu3.

VIII. — Après la mort de son frère, Jean II, il succéda aux duchés de Bourbonnais et d'Auvergne et autres grands biens de cette royale maison, et, après le décès du roi Louis XI, il fut établi régent en France pendant la minorité du roi Charles VIII, régence qui lui acquit de l'honneur et de laquelle il sut bien maintenir contre les menées des princes de la maison d'Orléans.

IX. — Il ne laissa d'Anne de France, son épouse, qu'une fille, Suzanne de Bourbon, laquelle fut mariée à Charles de Bourbon, comte de Montpensier, son cousin, et il mourut le 10 octobre, l'an 1503, et sa veuve, le 14 novembre de Tan 1522.

1. G : Severt, fol. 205. — 2. G : archives Je Villefranche. — 3. B : dudit Lyon.

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