‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 14 sur 171 · L, T : éveques · texte numérisé non relu

L, T : éveques

nir leur souveraineté, puisque leur pouvoir s'étendait sur toutes ces provinces-là, et partant si ces princes n'ont point reconnu son vicariat, pourquoi les seigneurs souverains de Dombes qui étaient en pareille dignité le reconnaîtront-ils ? Étaient-ils de moindre étoffe que les autres ; ceux qui ont fait les princes de Baugé et de Bresse n'ont-ils pas fait ceux de Bresse I et de Villars. Si le sieur Guichenon, qui a fait les histoires de Bresse et de Savoie, eût trouvé des hommages des sires de Villars aux comtes de Savoie, il ne les aurait pas oubliés, d'autant qu'il est trop attaché à leurs intérêts; au contraire, il dit fort bien, en son Histoire de Bresse 2, que les ducs de Savoie n'ont jamais prétendu V hommage de tout le pays de Dombes ains seulement de quelques terres, et que, pour le surplus, ils n'avaient aucune supériorité; cet aveu d'un homme qui est stipendié et aux gages de la maison en vaut plus de cent.

Et c'est ce que Méraud de Bourg, procureur général de Beaujolais, protesta fort à propos, le 14 > août 1425, lorsque, pendant la prison de Jean, duc de Bourbon, en Angleterre, le duc de Savoie se fit rendre hommage aux gentilshommes de Dombes : et una cum hoc ipse dominas dux Sabaudiœ et ejus officiarii jurisdictionem dicti domini nostri ducis et baronis in sua patria imperii usurparunt, in qua nullum unquam ipse dominus dux seu ejus antecessores domini Bellijoci imo nec domini de Villariis recognoverunt seu recognoscere consueverunt super iorem.

D'où provient que, lorsque Philippe de Bourbon rendit l'hommage au duc Louis, l'an 1441, il fut dit ensuite des mille livres de rente qu'il lui donna à prendre sur la rêve de Lyon et de Mâcon, que le duc aurait la souveraineté et le ressort des seigneuries, châteaux et mandements de L'Abergement et de Buenc et de Boha et, moyennant ce, qu'il renoncerait à toutes les autorités et prééminences qu'il prétendait sur le pays de Dombes, en qualité de vicaire général de l'empereur, et consentirait que le comte de Clermont y fît battre monnaie, à condition que celle de Savoie y aurait cours.

VIII. — Les lettres du duc AmélX font bien voir la vérité de ce que je dis et que lui et ses prédécesseurs avaient si longtemps contesté pendant plus de cent ans qu'ils furent en guerre sans avoir pu rien avan-

i. L, T : Beaujeu. — 2. G : fol. 78. — \. L, T, B, J, V : 19.

cer. En voici la copie, extraite de la liasse 4 du coffre 4 du trésor de Villefranche, cote KKK; sur le repli de la première est écrit :

« A Monsieur mon oncle le duc de Bourbon, « Monsieur mon oncle, je me recommande à vous tant que je puis. La dame de la Bastie a envoyé un gentilhomme nommé George Grenille par devers vous, à cause du trépas de feu le seigneur de la Bastie, son mari, pour faire la fidélité et hommage de ladite Bastie et de Balvey qui sont rière vous, parce que ladite dame est demourée enceinte ainsi que l'on dit et que sondit feu mary a fait son héritier l'enfant qu'elle porte, et, en après ledit enfant, sadite femme, ainsi qu'il appert par ledit testament, fait par ledit de la Bastie. Si vous prie, Monsieur mon oncle, que pour amour de moi, vu que ledit de la Bastie était votre sujet et le mien, veuillez avoir pour recommandé ladite dame veufve en son bon droit, et faire donner telle provision audit Georges, au nom d'elle, qu'il puisse avoir la possession et jouissances desdites places, se quelque novité lui en étoit faite, car je vous promets que la pouvre femme est bien désolée. Vous avisant, Monsieur mon oncle, que, quand vous voudrez chouse que je puisse le moy faisant savoir, je le ferai de bon vouloir, en priant Dieu, Monsieur mon oncle, que vous doint ce que plus vous désirez. Écrit à Genève, le XX jour de février. Votre bon neveu, Amé. »

« A Madame, « Madame, je me recommande humblement à votre bonne grâce; j'écris à Monsieur mon oncle en faveur de la dame de la Bastie, laquelle envoyé un gentilhomme nommé George Geuille 1 devers lui, à cause du trépas de feu le seigneur de la Bastie, son mari, pour faire la fidélité et hommage de ladite la Bastie et de Balvey qui sont rière lui, en Beaujolais et en Dombes, parce que ladite dame est demourée enceinte ainsi que Ion dit et que son dit feu mari a fait héritier l'enfant qu'elle pourte, et, après ledit enfant, ladite mère, comme il appert par le testament fait par ledit feu la Bastie ; et pour ce, Madame, que volontiers aidés aux gentilfemmes veuves, si votre bon plaisir est, l'aurez pour recommandée, et tiendrés moyen envers mon-

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