‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 147 sur 171 · DUCHESSE DE MONTPENSIER, DE SAINT-FARGEAU ET DE CHATELLERAULT · texte numérisé non relu

DUCHESSE DE MONTPENSIER, DE SAINT-FARGEAU ET DE CHATELLERAULT

MARQUISE DE MEZIERES, COMTESSE DE MORTAIN, VICOMTESSE D'AUGE ET DE DOMFRONT, BARONNE DE BEAUJOLAIS, ETC.

Cette illustre princesse, ou plutôt le modèle de toutes les grandes héroïnes qui l'ont précédée, prit naissance à Paris, le 29e jour du mois de mai 1627, du sérénissime prince Gaston, fils de France, duc d'Orléans et de Chartres, et de la même princesse Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier, sa première femme; elle fut levée sur les sacrés fonts de baptême par la reine régente Anne d'Autriche et par l'émineritissime cardinal Armand-Jean du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, principal ministre d'état; la cérémonie en fut faite, l'an 1636, le 17 juillet, en la ville de Paris, par Dominique Séguier, lors évêque d'Auxerre, puis de Meaux, premier aumônier du roi, et fut nommée Anne-Marie, et quelques années après, lorsque cette princesse reçut le sacrement de confirmation par l'évêque de Nîmes, Denis Cohon, le roi Louis le Juste, son oncle paternel, lui donna le nom de Louise.

Cette auguste princesse se trouve naturellement si bienfaisante que tous les peuples qui maintenant habitent cet heureux pays de Beaujolais doivent se glorifier de n'être pas tant, chacun en particulier, ses créatures, qu'ils sont ses sujets; car s'il est vrai que c'est la même action par laquelle Dieu crée et conserve toutes choses et que, pour cette raison, la conservation des êtres est appelée une création continuée, ne sommes-nous pas obligés de publier que cette héroïne de son siècle fait encore tous les jours autant de créatures que l'on peut compter de ses sujets dans ses pays, puisque tous ses soins,

tout son crédit et toute sa puissance ne s'emploient qu'à conserver ses peuples dans leurs vies, dans leurs biens et dans leurs honneurs, si bien qu'il semble que Dieu l'a fait naître afin qu'elle seule fît autant et plus dans cette province que n'ont fait tous ensemble les Bérard et Vandelmode, les Guichard, les Humbert, les Louis de Beaujeu, les Edouard et tant de grands princes qui font tant de bruit dans l'histoire pour avoir fondé tant de chapitres, tant de monastères et tant d'hôpitaux, puisque tous ces illustres monuments de la piété des ancêtres de cette auguste princesse seraient depuis très longtemps ensevelis dans les ruines, si son bras tout-puissant ne travaillait tous les jours, non seulement à les conserver, mais encore à en augmenter l'éclat. De quel amour donc, de quels respects et de quels hommages les Beaujolais ne doivent-ils point reconnaître des bienfaits qui seraient infinis si Dieu, en nous donnant les princes comme les images vivantes de son souverain pouvoir en terre, ne s'était réservé, à lui seul, celui de produire des actions infinies.

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