DE COLIGNY, DE BUENC ET DE CHATILLON-LES-DOMBES
Edouard, comte de Savoie, ayant été défait en la bataille de Varey, l'an 1325, Guichard le Grand, sire de Beaujeu, le garantit et le sauva des mains du dauphin ; mais, comme il s'était trop avancé pour secourir le comte, il fut pris lui même, et, parce qu'il était un des principaux partisans d'Edouard à qui il appartenait et de parenté et d'alliance, aussi paya-t-il grosse rançon, car, pour sortir et se mettre en liberté, il lui fallut céder au dauphin, pour le rachat de sa liberté, les terres qu'il avait en Bresse et dans la Valbonne, qui avait donné commencement au pays de Dombes l.
Le comte de Savoie, obligé par 2 ce prince du secours qu'il lui avait porté fort à temps et fâché qu'à sa considération il eût perdu partie de son bien et de ses terres, voulut en quelque fiçon réparer la perte qu'il avait faite, et, pour les terres qu'il avait perdues dans la Valbonne, il lui en donna d'autres, équivalentes ou approchantes, en Bresse, l'an 1328, qui furent Coligny-le-Neuf, Buenc, et 40.000 livres viennoises, à condition que le sire de Beaujeu prendrait en fief d'Edouard les villes et châteaux de Thoissey et de Lent en Dombes; le comte de Savoie étant mort l'année d'après, Aymond, son frère et successeur, ayant eu différend avec Blanche de Bourgogne, sa bellesœur, pour la délivrance de son douaire, par traité fait à Bourg, le 8 février 1330, ce prince lui délaissa les villes, châteaux et mandements de Bourg, de Treffort, de Coligny et autres, et, l'an 1337 et le 5 juillet, étant à Ambronay, il quitta, à Edouard, sire de Beaujeu, fils de Guichard le Grand, les villes, châteaux et seigneuries de Thoissey, Lent, Buenc et Coligny, à la charge de l'hommage, tel que Louis de Savoie,