‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 80 sur 171 · L, T, B, V : descendance · texte numérisé non relu

L, T, B, V : descendance

II. — Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, parlant de lui, remarque qu'il surpassa tous ses prédécesseurs bien que vaillants et magnanimes en puissance et en réputation, mais que les employant à l'ambition et vanité plus qu'au service divin et à la dévotion il tomba en une griève maladie qui le fit penser à sa conscience, car, voyant qu'elle tirait en longueur et qu'il ne lui restait aucune espérance de pouvoir guérir, il prit l'habit de moine en l'abbaye de Cluny où il acheva pieusement le reste de ses jours, laissant de son épouse entre autres Humbert qui lui succéda. Guichenon lui donne plusieurs autres enfants, outre Humbert, savoir : Guichard, nommé, dit-il, avec son père et ses frères, en une charte de Saint- Vincent de Mâcon, Dalmace, mentionné en une chane de Cluny, avec sa mère, Liébaud *, seigneur de Digoine, en Charolais, et Hugues, nommé en un titre de l'abbaye de Savigny en Lyonnais, mais il n'est pas d'accord avec Severt, qui attribue ces enfants à Ricoaire de Salornay, etc.

III. — Je ne m'étonne pas que Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, ait si bien parlé de lui, vu que c'était un prince qui, au dire de Paradin, avait eu l'honneur de recevoir chez lui le pape Innocent II, fuyant en France la persécution d'Anaclet, intrus à la papauté, par les factions des Normands, rois de la Pouille et Calabre, qui, selon qu'a écrit Severt, avait fait bâtir l'église de Saint-Nicolas de Beauj eu et fondé l'abbaye de Joug-Dieu, de l'ordre de Saint-Benoît dans la paroisse d'Ougly, avant qu'on eût commencé à bâtir Villefranche, mais encore qui, outre ces actions de piété, avait fait plusieurs belles conquêtes et acquisitions et bien étendu son petit domaine dans l'évêché de Mâcon et dans le comté de Forez, comme je ferai voir ci-après aux preuves, après que j'aurai dit mes sentiments sur la venue du pape Innocent II et la fondation de Saint- Nicolas.

IV. — Je ne révoque pas en doute la venue du pape Innocent II en France, l'asile ordinaire des pauvres papes qui fuyaient la persécution de leurs ennemis car il faut ici remarquer en passant que la France n'a jamais tenu le parti des antipapes et qu'elle s'est toujours

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