J : fini
nombre de religieux qu'il emmena en Beaujolais et leur fit bâtir un couvent dans son château de Pouilly, l'an 12 10, comme écrit le père Fodéré, et parce que le châtelain fâchait lesdits religieux et leur fermait la porte le soir lorsqu'ils retournaient tard de la quête, le même Guichard leur bâtit un couvent à Villefranche en son château Minorette, l'an 1216, et non pas l'an 1219, puisqu'il était mort beaucoup de temps auparavant.
Le sieur Duchesne dit qu'il faut que cela soit advenu devant l'an 1200, à cause qu'il a vu une charte de Sibille, dame de Beaujeu, datée de cette année-là, par laquelle elle reconnaît que son seigneur et mari, Guichard, étant à l'extrémité de la mort, fit son testament, et entre autres legs donna dix livres de rente, monnaie de Lyon, à l'abbé et église de Cluny, ordonnant qu'elles fussent assignées sur la châtellenie d'Allognet, ce qu'elle confirma avec Humbert, son fils aîné. Or, il faut qu'il y ait erreur à la date, qui pourrait être effacée, si tant est qu'il ait accompagné Louis, fils du roi Philippe II, en son voyage d'Angleterre et ait fini ses jours au siège de Douvres, l'an 1216 ; outre que la règle des frères mineurs n'était pas encore instituée en l'an 1200 et que Baudouin, empereur de Constantinople, beau-frère de notre Guichard, ne fut créé empereur que l'an 1204 et fut tué l'an 1206, auquel son frère Henri lui succéda, auprès duquel demeura encore le prince Guichard, qui s'en revint l'an 1209, et passant par Assise, l'an 1210, il en amena trois frères mineurs qu'il laissa en son château de Pouilly, jusqu'à ce qu'il leur eût bâti un couvent à Villefranche où il les fit transmarcher, Tan 12 16.
Je ne sais où Severt a trouvé que notre Guichard ait accompagné le roi Philippe-Auguste, l'an 1209, à la guerre contre les Albigeois, vu qu'en ladite année Guichard n'était pas encore de retour de son voyage de Constantinople et que Philippe faisait la guerre au roi d'Angleterre dans les provinces d'Anjou, de Maine et de Touraine, et qu'il est constant qu'il n'est jamais venu contre les Albigeois, mais bien Louis VIII, son fils; il dit encore qu'après cette guerre il fut envoyé en ambassade à Constantinople en 1210 et qu'il y fit bâtir la tour, dite de Beaujeu; à ce compte, il aurait bien fait du chemin en peu de temps et n'aurait pas eu grand loisir de faire bâtir ladite tour, puisqu'il s'en retourna ladite année, et qu'en passant par Assise il en amena
trois religieux que les chroniques du couvent de Villefranche disent avoir été amenés l'an 1209; il dit encore que ce fut après avoir fait la guerre au comte de Forez pour leurs communs démêlés; ce pourrait bien être pour le château Thiern, comme j'ai dit ci-dessus, cela ne donne pas peu d'embarras, car il est constant, par les Mémoires de du Tillet et Y Histoire de M. Castel, fol. 244, qu'il se croisa avec Pierre, archevêque de Sens, les évêques d'Autun, Clermont, Nevers, Eudes duc de Bourgogne, les comtes de Nevers, Saint-Paul, Montfort et Barsur-Seine, après lesquels vient lui-même Guichard de Beaujeu, Guillaumede Roches, sénéchal d'Anjou, Gautier dejoigny et infinis autres. Cette croisade ne se fit qu'après que le légat Milon eut vu le roi Philippe-Auguste à Villeneuve de Sens, l'an 1206 et la réconciliation du comte de Toulouse à Saint-Gilles, l'an 1209, et partant il faut qu'il y ait erreur en l'acte des Cordeliers de Villefranche sur son voyage à Constantinople, vers son beau-frère Baudouin, empereur, qui fut tué l'an 1206, et son retour par la ville d'Assise, l'an 1209, pendant lequel temps se fit la croisade contre les Albigeois et la réconciliation du comte de Toulouse à l'église ; si l'on n'aime mieux dire que, s'étant croisé avec les autres princes, l'an 1206, et ayant appris la mort de son beau-frère, il ait été envoyé en ambassade vers l'empereur Henri, frère dudit Baudouin, par le roi Philippe-Auguste qui avait épousé leur sœur Isabeau, comme lui, Sibille,' sœur de ladite reine et desdits deux empereurs, et que, quoiqu'il se fût croisé, il ne laissa pas d'y assister par ses lieutenants qui y conduisirent ses gens et son armée.
Cela n'empêche pas qu'il ne faille croire qu'il y fut en personne, l'an 121 5, avec Louis de France, fils du roi, avec les évêques de Beauvais, les comtes de Saint-Paul, de Pontsieu, de Séest, d'Alençon, les sires de Montmorency, vicomte de Melun et plusieurs autres, comme font foi les Mémoires du sieur du Tillet et le susdit Castel, fol. 303.
L' Histoire d'Auvergne l dit qu'il fut plcige avec le duc de Bourgogne et le comte de Chalon, chacun de 300 marcs d'argent, pour Albert, seigneur de la Tour-du-Pin et de Coligny, envers le roi Philippe-Auguste, au cas qu'il ne lui fût fidèle.