‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 88 sur 171 · BEAU JEU · texte numérisé non relu

BEAU JEU

Guichard III n'eut pas plus tôt succédé à son père que, l'an 1202, il reconnut tenir en fief du duc de Bourgogne, Belleville, Thizy et Perreux; je ne sais pas précisément le temps de son mariage avec Sibillc de Hainaut, mais il y a apparence qu'il était déjà marié, puisque, par son testament, de l'an 12 16, il fallait que son fils et successeur fût grand, puisqu'il met ses autres enfants en la garde de leur mère et non pas de lui, auquel il défend seulement de toucher à son trésor, de trois ans en là, et veut que le chapitre de Beauj eu en garde la clef. Il fut ambassadeur à Constantinople pour le roi Philippe-Auguste, vers les empereurs Baudouin, comte de Flandres, qui mourut l'an 1206, et Henri, qui lui succéda, tous deux ses beaux-frères, desquels (comme j'ai dit) il avait épousé la sœur, Sibille de Hainaut, communément dite de Flandres, cadette de Isabeau de Hainaut, première femme du même roi Philippe, tellement que notre Guichard était beau-frère du roi et des deux frères Baudouin et Henri, empereurs de Constantinople; ce qui fait bien voir que les princes de Beauj eu n'étaient pas de petits seigneurs puisqu'ils contractaient de si hautes alliances. Un roi de France, tel qu'était Philippe-Auguste, n'aurait pas souffert qu'un sien vassal fût devenu son beau-frère en épousant la sœur de la reine sa femme; l'honneur qui est arrivé au dernier siècle à l'amiral Anne, duc de Joyeuse, qui épousa Marguerite de Lorraine, sœur de la reine Louise, femme de Henri III est semblable.

Guichard ayant achevé x son ambassade, se mit en chemin pour revenir en France, et passant par Assise, ville de l'Ombrie au duché de Spolette, il vit le bon père saint François, duquel il impétra certain

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