DES RIVIÈRES DE BEAUJOLAIS
Ayant à parler des rivières de Beaujolais, il semble que je devrais commencer par celle de Saône qui le sépare d'avec la Bresse et la Dombes; mais, parce que cette rivière sort de la Bourgogne, il semble qu'elle devrait faire partie de l'histoire de cette province la; pas moins je dirai ici, comme en passant, qu'elle prend sa source au mont des Vosges, près du lieu où naît la rivière de la Meuse et passe à Montureux,Jonvelle, Ray, Rigny, Gray, Auxonne, Saint-Jean-de-Losne, Verdun, où elle reçoit le Doubs, Chalon, Tournus, Maçon, sépare le Beaujolais de la part du royaume d'avec le Beaujolais de la part de l'empire qu'on appelle la souveraineté de Dombes, d'où elle descend à Lyon, où elle se mêle avec le Rhône, au-dessous d'Ain ay.
La Loire aurait beacoup plus de sujet de se dire rivière de Beaujolais que la Saône, puisqu'elle traverse ce pays qui s'avance au delà de cette rivière, mais parce que cet espace n'est pas considérable, nous laisserons d'en parler pour nous attacher à celles qui prennent leur source dans le pays, entre lesquelles les plus fameuses et les plus grosses sont :
Rain et Azergue, qui sortent d'un même endroit au-dessus 2 de Poulie et vont à reculons l'un de l'autre, car Rain se va jeter dans la Loire au couchant et Azergue dans la Saône au levant. Rain passe à Ranchat, à Saint- Vincent, à Cublize, Amplepuis, Régnée et Perreux, d'où il se jette en Loire. Cette rivière est fertile en truites ; elle a un pont qui est entretenu aux dépens d'un particulier qui, moyennant ce, est exempt des tailles, privilège bien établi par les arrêts des cours souveraines.
i . Dans les mss. L, T, C, V, ce chapitre, numéroté VIII, est précédé de celui des péages, douzième de la seconde partie. — 2. L, T, C, B, V : près de.
Azergue passe dans les étangs l de Poule d'où elle va à Saint-Nizierd'Azergue, à La Mure, à La Folletière, moulin à papier, en Allière, à Chamelet, à Lestra, à Châtillon-d' Azergue, à Chasey, et se jette en Saône au-dessous d'Anse. Il y a un autre ruisseau du même nom qui sort des eaux de Chanelettes, traverse Claveysolles et Saint-Nizier, au bas desquels et à l'embouchure de La Mure, il se joint avec l'autre et se vont de là jeter en Saône.
Mourgon 2 sort de la cime de Coigny, entre ledit lieu de Coigny et Jarniou, en un lieu appelé La Cantinière, descend au-dessous de Lacennas, chez M. du Sous, de là aux Blancheries de Glaizé et de Chervinges, où il grossit des eaux de la fontaine de Saint-Fonds, traverse le milieu de Villefranche en deux canaux, dont l'un passe par les Cordeliers et le long des Boucheries pour les nettoyer, sert 3 aux tanneries qui sont derrière l'église; l'autre se fourche en deux branches dont l'une sert à nettoyer les immondices 4 de l'hôpital et puis se va décharger dans l'abreuvoir de l'autre canal qui sort des Cordeliers. L'autre branche fait la pêcherie et fournit d'eau aux arches et aux réservoirs de poissons, d'où elle fait moudre un moulin à blé et un autre à huile dans la même ville, d'où, après avoir passé par diverses tanneries, elle se va joindre au premier canal au-dessous des murailles de ladite ville, et tous deux, ainsi réunis, ne faisant plus qu'une rivière, elle côtoie plusieurs jardins et prairies qu'elle arrose depuis Villefranche jusqu'à Pont-Béchet, près lequel est l'hôpital des pestiférés, dans la paroisse de Béligny, au long duquel elle coule et, après avoir passé par le château de Foncraine, elle se va décharger en Saône.
Ardière vient des montagnes de Beaujeu, traverse ladite ville, de là passe à La Terrière, à Saint-Jean-d' Ardière et de là en Saône, au-dessus s de Belleville.
La Voulsonne sort de la cime des paroisses de Saint-Etienne et de Vaux, passe à La Talebarde, à La Bastie, au bourg de Rogneins, à Marzé et de là en Saône, vis-à-vis de Montmerle.
La Meserine vient des montagnes de Saint-Lagier, passe à Charentay, à Brouillé, proche de Bussy et de là en Saône.
1. C, B, J, T : dans l'étang. — 2. L, T, C, J, V : Morgon. — 3. C : sort ; V : et sert. — 4. I, T, C, V : commodités; B : incommodités. — 5. T, C, B, V : dessous.
Nizeran prend sa source à la montagne de Saint-Cire-de-Chatoux, passe à Serfavre ', à Notre-Dame-de-Rivolet, à La Beluise 2, à Denicé, à
Pouilly, à Ougly, à La Chartonnière, à l'abbaye de Joux, d'où elle se jette en Saône.
Dans l'étendue de la paroisse de Saint-Syphorien-de-Lay, il y a encore deux ruisseaux faisant moudre dans leurs courses divers moulins appelés Gan et Escorron, qui servent de limites à divers masages de ladite paroisse, qui sont séparés pour faciliter le payement de leurs tailles, et tombent dans la rivière de Rain du côté de Pradines et de L'Hôpital.
La Trambouse, ruisseau, passe sous Thizy, sortant des montagnes du côté de Mardore.
Il y a encore une petite rivière qui passe à Chavannes, nommée Pinivèle, qui vient de Vaux, laquelle est quelquefois bien grosse puisque audit lieu de Chavannes il y a un pont de pierre pour la passer ; elle va se décharger en Saône au-dessus de Joux.
La Grosne prend sa source entre Avenas et Ouroux, du côté de soir, passe à La Bussière et à Clugny et puis se va décharger en Saône, auprès d'Ouroux en Bourgogne.