L : Regommier
ladite création d'office nouveau, et que lesdites lettres ne leur auraient été communiquées, requéraient leur en être donné copie pour, au premier jour, venir dire ce qu'il appartiendrait. Comparurent aussi les échevins de ladite ville de Villefranche qui dirent par Me Antoine Guespier, leur procureur, qu'ils s'étaient déjà opposés à l'exécution de pareilles lettres, et, sur leur opposition, il y avait eu renvoi en la cour qui en était saisie, à laquelle opposition ils persistèrent et demandèrent d'être renvoyés à ladite cour pour leur y faire droit. Nonobstant toutes ces oppositions, fut ordonné que lecture serait faite desdites lettres etc., nonobstant oppositions ou appellations quelconques, ainsi qu'il est mandé par lesdites lettres patentes, et pour ce qui était de l'information des vies et des mœurs, et religion catholique et examen que lesdits opposants requerraient être faite des nouveaux officiers, lesdits MMes Thibaud et Laffont furent renvoyés, pour être examinés, pardevant le sénéchal de Lyon, président et lieutenant général et particulier, laquelle information ayant été faite par Mc Balthazar de Villars, lieutenant en ladite sénéchaussée, qui les avait trouvé suffisants et capables, pour exercer la justice desdits lieux, ledit sieur de Landes leur fit faire le serment accoutumé, et les reçut auxdits offices, et leur permit de les exercer à l'avenir, suivant leurs lettres de provisions et ce nonobstant oppositions ou appellations quelconques, ainsi qu'il était mandé par lesdites lettres patentes, fait à Lyon, ledit jour, 20 octobre 1584. [Signé] de Landes, etc. »
Depuis, il est arrivé beaucoup de changements en la justice du pays, en ce que dernier défunt, M. de Montpensier, en aliéna plus de soixante et, au lieu qu'il ne devait faire que cinq châtellenies avec celle de Villefranche, la plupart des paroisses appartiennent, en toute justice, à leurs seigneurs, et les châtellenies où devaient ressortir ces justices en sont " désertes.
Louis le Bon, duc de Montpensier, en connut bien l'importance lorsqu'après avoir fait échange avec le sieur de Varennes de la haute, moyenne et basse justice de Marchampt et de la haute justice de Quincié, pour la rente de Vigo à Claveysoles, il écrivit aux officiers de Beaujolais de s'en prendre garde et d'y former opposition si besoin était. Voici la copie de sa lettre qui est au trésor 2.
1 . T, C, B, J, V : en sont devenues. — 2. G : Vol. VII des enregistrements, fol. 188.
« A Messieurs les officiers de la justice pour le roi, monseigneur ei moi, en ma baronnie de Beaujolais,
« Messieurs, vous avez bien sçu l'échange que j'ay naguères fait avec le srde Varennes de la haute, moyenne et basse justice de Marchampt et de la haute justice de Quincié, à rencontre de certaines rentes, cens et servis qu'il m'a transporté en la paroisse de Claveysoles, ce que prétendant le sieur de la Palu être grandement au préjudice de luy et de ses hommes et tenanciers, à cause que la moyenne et basse justice dud. Quincié luy appartient1 par échange que j'ay aussy 2 fait avec luy, il m'auroit aussy présenté sa requête à ce qu'il me plut révoquer ladite échange fait avec ledit sieur de Varennes, mêmement en ce qui regarde ladite haute justice, comme prétendant ledit de la Palu, icelle être innaliénable, et que je n'ay pu en ce regard transporter mes sujets à un tiers sans déroger à la transaction d'entre le roi monseigneur et moy touchant les biens et succession de la maison de Bourbon, par laquelle il est expressément dit et convenu que la haute justice du pays de Beaujolois demeurera en qualité roialle et sera exercée par les officiers, pourvus par Sa Majesté, à ma nomination, laquelle requête ayant renvoyée aux gens de mon conseil de cette ville, ils ont été d'avis que je ne pourois et ne puis faire demander ladite révocation pour les causes portées par leur délibératoire, mais bien que vous, comme ayant intérest à la conservation de ladite haute justice, pouvés demander et poursuivre icelle révocation, et parce que vous pouriés faire difficulté de ce faire, craignans que je ne l'eusse désagréable, j'ay bien voulu, pour n'empêcher que mes dits sujets de Quincié et de Marchampt puissent être relevés de la peine et vexation en quoi l'on prétend qu'ils sont réduits, à l'occasion du transport de ladite haute justice, vous dire que je ne trouveray point mauvais que vous en demandiés et poursuives le rétablissement et réunion, si vous avisés d'ainsi le faire, pourveu toutefois que, pour cela, je ne sois tenu en aucune restitution ni dédommagement sinon à la valeur d'icelle haute justice, sur ce que j'ai eu pour ledit contr'échange, par quoy si vous êtes sollicités de cela vous n'at-
i. L, T, C, B : aussi. — 2. L, T, C, B : de même au lieu de aussi.
tendres autre déclaration de mon intention là-dessus que celle portée par cette présente, pour fin de laquelle je prie Dieu vous donner, Messieurs, sa sainte et digne grâce. De Paris ce IIII jour d'octobre 1575.
Le bien fort voustre, Loys de Bourbon. »