‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 112 sur 216 · G : Severt, in episcop. Matisc, § 60, fol · texte numérisé non relu

G : Severt, in episcop. Matisc, § 60, fol

ladite année, le samedi après la fête de Saint-Laurent, avec le prince Guichard, surnommé le Grand, portant affranchissement de tous les servis des fonds joiguant ledit Moulin-au-Comte et, l'an 1302 l, il y eut une autre transaction entre l'abbé de Jouxdieu et ledit Geoffroy de Saint-Amour, seigneur de Foncraine, et dudit Moulin-au-Comte qui, pour s'acquitter de cinq sols de servis, tant pré, terre que moulin, paya vingt livres viennoises; il appert encore que, l'an 1539, Charles de Saint-Amour, écuyer, bailla son dénombrement pour son château et maison forte de La Butinière, autrement appelée de Foncraine, assis en la paroisse de Villié et que, l'an 1604 et ^e 22 février, noble Jacques de Saint- Amour acheta, des commissaires de M. le duc de Montpensier, les cens et servis, droits de justice et autres droits seigneuriaux qui lui appartenaient en et sur la paroisse de Villié, dépendant de la prévôté de Belleville, à la réserve de ban et arrièreban foi et hommage et du ressort de justice.

Claude de Rebé, archevêque de Narbonne, primat des Gaules, conseiller et ministre d'état, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, président né des états généraux de Languedoc, était fils de Claude de Rebé, chevalier, seigneur dudit lieu et de Thisy, baron d'Amplepuis et de Chavagny-le-Lombard, et de Jeanne deMarzé, ou deMezé. Aujourd'hui est seigneur desdites places et de la baronnie d'Arqués en Languedoc, érigée en marquisat, M. Claude de Rebé, marquis d'Arqués, baron de Rebé, seigneur des seigneuries de Cauvissac 2, Esparavant 5, Terols, Perols, Cassagne, Misègre, et colonel d'un régiment de cavalerie et mestre de camp d'un régiment d'infanterie, entretenu pour le service de Sa Majesté, lequel a épousé feue Jeanne d'Albret, de la royale maison de Navarre, fille de M. Pons, comte de Miossens et sœur du 4 maréchal d'Albret et des dames abbesses de Pouille 5, de Sainte-Croix de Poitiers et d'une autre abbesse près Paris, de laquelle Jeanne d'Albret il a eu un fils.

De faire ici l'éloge de Claude de Rebé, archevêque de Narbonne, ce serait une témérité 6 à moi, après ce qu'en a dit M. le cardinal de

1. L, T, C, B, V : 1602. — 2. L, T, C, B : Cavissac. — 3. L, C : Esparzarant, T : Esparzavant. — 4. Un blanc dans le texte. — 5. L, T, C, B, J, V : Prouillé. — 6. G : Lxtus sum me laudari ah te, pater, honesto vivo. Nœvius apitd Tîautum. D'autant dit Cicéron : Ea est profecto jucunda laus aux ab us proficiscitur qui semper in lande vixerunt.

Richelieu dans ses mémoires, c'est assez qu'il ait été loué par un si éminent personnage qui dit qu'il sauva par son éloquence la province de Languedoc de la révolte en laquelle l'avait voulu attirer le duc de Montmorency et qu'il aida beaucoup à la défaite du comte Sorbellons ' et à la levée du siège de Leucate par les prompts secours d'hommes et de munitions de guerre qu'il envoya, à ses dépens, au duc d'Halluyn, depuis maréchal de France et gouverneur de Languedoc. Comme il était président né des états de Languedoc, il y a rendu d'agréables services à Sa Majesté, dans les pressantes affaires dont l'état était surchargé, comme aussi dans les présidences des assemblées du clergé de France, enfin il est mort à Narbonne, plein de gloire et de mérite, au grand regret de toute la province de Languedoc qui le reçoit 2 comme son père et pasteur.

Lorsqu'il reçut la tonsure des mains du seigneur de Marquemont, archevêque de Lyon, ce grand cardinal prophétisa ce qu'il devait être, disant à sa mère : « Ayez un soin très particulier de l'éducation de cet enfant, ce sera un jour l'appui de la religion et la colonne de l'Église ». A dix ans, il fut comte de Lyon, et, après avoir achevé ses études à Tournon, il se fit admirer en Sorbonne qui voulut associer, par une espèce d'adoption, ce jeune comte à sa famille. Le cardinal de Joyeuse, voyant reluire en lui tant de perfections, désira de l'avoir et s'en servit utilement dans l'accommodement du démêlé qu'eut la république de Venise avec le pape Paul V; et, comme dans cette négociation il se rencontrait mille difficultés, le seigneur de Rebé en venait à bout de toutes par sa sagesse et avec un applaudissement public; cet ouvrage de paix ayant eu le succès qu'on en attendait, fut un sujet d'admiration à toute l'Europe qui publia la sagesse du cardinal de Joyeuse, lorsque lui-même fut le panégyriste de la prudence de M. Claude de Rebé. Après la mort du cardinal de Joyeuse, M. Louis de Vervins, qui lui avait succédé en l'archevêché de Narbonne lorsqu'il s'en démit pour prendre celui de Rouen, connaissant la suffisance, la réputation et probité dudit seigneur comte de Rebé, et désirant se décharger du pesant faix de son archevêché, découvrit au roi, durant le siège de Montauban, le grand dessein qu'il

i. L, B, J : Serbellon. T : Sabellon, C : de Serbellon, lire Jean Serbelloni. — 2. L, T, C, B, J, V : révérait.

avait conçu depuis quelques années. Sa Majesté, considérant le sage choix que cet archevêque faisait du comte de Rebé et la recommandation qu'en faisaient les plus grands de la cour, se porta à lui donner le brevet dudit archevêché, nonobstant la résolution qu'il avait prise dans son conseil de ne plus nommer des coadjuteurs; ensuite de quoi étant allé à Rome, il y fut sacré par le cardinal Bentivoglio, assisté des évêques de Chalon ' et d'Aire, et honoré du pallium quelques années après.

L'an 1628 % il fit son entrée en Languedoc et, peu de temps après, la division s'étant glissée dans la province, au sujet de l'établissement des élus, il demeura ferme et constant au service du roi, lorsque les plus notables parties du clergé, de la noblesse et du tiers-état commencèrent à chanceler, il alla à la cour plaider la cause d'un peuple jaloux de son ancienne liberté et fit tant par son éloquence qu'il toucha le cœur du roi, changea les desseins du conseil et obtint la révocation des élus, si bien qu'ensuite de ce qui en arriva, l'an 1632, on peut dire qu'il sauva la province d'une révolte où elle allait tomber, ce qui a été fort bien remarqué par le grand cardinal de Richelieu, au 4e tome de son ministère. Le roi ayant une parfaite connaissance de ses services, le fit commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, à Fontainebleau, l'an 1633. Trois ans après, le siège ayant été mis devant Leucate, voyant la province dépourvue de troupes réglées, de finances et de munitions, il employa l'autorité que sa qualité de président né des états lui donnait pour faire lever une armée composée de 16.000 hommes d'un peuple subitement ramassé et de la faire subsister près de trois semaines, ce qui ayant fait lever le siège de cette place, le roi surpris d'un si heureux succès et voulant récompenser les soins et la prévoyance de cet archevêque demanda pour lui un chapeau de cardinal à Sa Sainteté.

Il s'est trouvé à l'assemblée du clergé à Bordeaux, en 1620, en qualité de député; en celle de Paris, en 1625, en qualité de coadjuteur; en 1645 et 1655, à Paris, où il a présidé, en toutes lesquelles il a rendu de grands services au clergé, et a soutenu ses intérêts avec, un grand zèle. Il a établi un collège des pères de la doctrine chrétienne à

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