‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 138 sur 216 · J : Poulet · texte numérisé non relu

J : Poulet

livres, le roi ayant, par ses lettres patentes données en Avignon, le dernier février 1575, donné pouvoir aux cardinaux Charles de Bourbon du titre de Saint-Chrysogon, et Louis de Lorraine de Guise, du titre de Saint-Thomas, commissaires députés en cette affaire par Sa Sainteté d'y vaquer, le diocèse de Mâcon fut taxé la somme de douze mille livres dont l'abbé de Cluny eut pour sa part celle de 5.650 1., tant pour sa part que des autres frais, revenant à 18 d. pour livre, à donc fut résolu de vendre et d'aliéner ce qu'il possédait audit lieu de Limans, savoir : un vieux château ruiné et non habitable, accompagné de quatre tours entièrement ruinées et découvertes, et un jardin et trois pièces de terre de la contenance de trente à trente-cinq bichonnées de terre, trois prés à plain, confinés par les placards qui en furent affichés, en neuf vingt-sept bichets de froment, 27 bichets seigle, 23 ras avoine, un bichet d'orge, 15 livres 12 sols, six deniers et vingt-sept poules, Guillaume Bessié, marchand, offrit d'en bailler 2.000 1., Claude Bourbon, receveur pour le roi en Beaujolais, surhaussa de 300 1. et, en dernier lieu, 4.000 1., et 300 1., revenant à dix-huit deniers pour livre des frais, réservé le droit de dîme au seigneur abbé, auquel Bourbon furent adjugées les choses susdites, le 5 décembre 1575. Ces rentes sont annexées au château de Saint-Fonds dont je ferai mention ci-après, dans la paroisse de Glaizé.

L'abbé de Cluny prétendait d'avoir toute justice audit lieu, contre les seigneurs de Beaujeu, auxquels cette terre avait été donnée par Guichard de Limans, frère de Milon,en la personne d'Humbert, fils de Guichard, dans le cloître du chapitre de Beaujeu, comme fera voir l'acte inséré parmi les preuves; mais, l'an 1407, le doyen ou fermier dudit doyenné étant décédé, les officiers de Villefranche furent se saisir du château et des archives, mirent les sceaux à toutes les portes, pour empêcher les religieux d'y avoir libre entrée, ce qui mut l'abbé à s'en plaindre au roi Charles VI qui donna ses lettres, le 8 janvier, à Paris, de la môme année, adressantes au prévôt de Mâcon et autres d'informer sur ce fait et de mettre les choses en leur état, selon qu'elles leur apparaîtraient de la vérité et défaire ajourner ceux qu'il trouverait coupables de l'infraction de la sauvegarde de Sa Majesté, en laquelle est l'abbé de Cluny et ses dépendances, par-devant son bailli de Mâcon, pour leur dire droit '.

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