‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 140 sur 216 · L, C, B : de Crussol; T : Cruzol ; J : de Trusel · texte numérisé non relu

L, C, B : de Crussol; T : Cruzol ; J : de Trusel

l'abbaye de Cluny, les château, terre, cens et servis du doyenné de Limans, il les annexa à ce fief de Saint-Fons qui fut possédé après lui par le sieur de Saint-Christophe, comte et chanoine de Lyon, qui l'a vendu, le 30 août 1669, à noble Jean Bottu delà Barmondière, écuyer, seigneur de Monchervet , duquel je parlerai au paragraphe de Rogneins, 25e paroisse.

Mongré, autrement Portebœuf, suivant les dénombrements remis par Giraud l de la Magdelaine de Ragny, le 19 janvier et le 8 mars 1539, et par noble Laurens Chevrière, le 13 2 juillet 1601, appartient aujourd'hui à messire Laurens Bottu, seigneur de La Barmondière, de La Fontaine et de Monchervet, conseiller et secrétaire du roi, du nombre des anciens, et procureur du roi et de S. A. R. au bailliage de Beaujolais, à cause de dame Marguerite Fiot, de Mongré, sa femme, fille de Laurens Fiot, jadis procureur du roi et de S. A. R., maître des requêtes ordinaires de M. le duc d'Orléans et de Claudine d'Espiney 3.

VI. Lacennas, 7e paroisse. — Lacennas, bon pays, est une paroisse du diocèse de Lyon dépendante de la collation du prieur de Salles.

Il y a une annexe qu'on appelle La-Chapelle-du-Sous, sur une colline au bas de laquelle est le château de môme nom du Sous, contre lequel coule la rivière de Mourgon. L'an 1539 et le 3 4 mars, noble Claude Gaspard fit les foi et hommage pour ladite maison forte et château, avec ses appartenances et dépendances, qu'il avait acquises du sieur de l'Espinace ; depuis ce temps-là, les seigneurs du Sous acquirent, le 4 septembre 1 591, de Jean Harot, écuyer, seigneur de Monmelas, la justice ordinaire dudit lieu, haute, moyenne et basse, cens, servis et rentes qui lui appartenaient en tout le détroit et étendue de la paroisse et dîmerie de Lacennas, étant des dépendances de la terre et seigneurie dudit Monmelas qu'il avait acquises de M. de Nevers.

Dans cette paroisse, il y a trois fiefs : Bionnay, Thoiry et La Bastie 5.

L'an 1572 et le 6 janvier, au château de Belleroche, dame Jeanne Treussel 6, dame de Belleroche, Marzé et Lacennas, veuve et héritière

1. L, T, C, B : Girard. — 2. L, T, C, B : 18. — 3. G, J, V : Courcelles en Dombes et en la châtellenie de Trévoux. — 4. L, T, C, B, J : 5. — 5. L, T, C, V ajoutent : et une maison iorte du nom de Sous. — 6. L, C, B : de Crussol ; T . Cruzol.

par bénéfice d'inventaire de feu puissant seigneur messire Théode de Marzé, chevalier, seigneur desdits lieux et Belleroche, donne, cède, [quitte], etc., à noble et vénérable personne, Mc Jean Gaspard, lieutenant général de Beaujolais et à damoiselle Anne Guillaud, sa femme, pour eux et leurs successeurs, par donation irrévocable entre vifs, tout le droit seigneurial, haute, moyenne et basse justice, à elle appartenant, à cause de sa seigneurie de Marzé, au siège de Lacennas, avec tous autres titres et devoirs seigneuriaux, rentes, lods, mi-lods, fruits, profits, revenus et émoluments qu'elle avait et pouvait prétendre en et sur une maison appelée Bionney, à cause de sa dite seigneurie de Marzé, ensuite de quoi ledit Jean Gaspard en bailla son dénombrement, le 19 février suivant, pour ladite maison de Bionnay, appartenances et dépendances, où il disait avoir haute, moyenne et basse justice. Cette maison appartient aujourd'hui à messire Jean-Philippe de Champiers, comte de Chigy, bailli de Beaujolais.

Thoiry appartenait, en 1539, à noble Claude de Thoiry Cluse!, comme fait foi le dénombrement qu'il bailla, le 19 mars, tant en son nom que de damoiselle Louise Nagu, sa femme, et noble Claude Rousset, fils de feu Edouard Rousset, pour leur maison forte de Thoiry, en la paroisse de Lacennas et en la juridiction de Montmelas, avec les dépendances de ladite maison forte. Depuis, ce fief est venu à noble Claude de Laborier, comme appert du dénombrement qu'il en fit, le 8 mars, tant en son nom qu'en qualité de père et légitime administrateur de ses enfants et de feue damoiselle Jeanne de Bayard, sa femme, pour les biens qui étaient advenus auxdits enfants, par droit successif, de feu noble Pierre de Bayard, sieur de Roncières, savoir : une maison en la ville de Chamelet, appelée de La Chameyré, plus un moulin à blé, batteur à chanvre et pressoir à huile, sur la rivière d'Azergue, plus trois bichonnées de terre en plusieurs parcelles, plus pour trois métairies assises audit Chamelet et à Saint-Just-d'Avray, avec quelques prés et bois et la rente d'un écu d'or, signé Thoiry.

La Bastie est encore un fief noble, comme appert du dénombrement rendu, le 21 août 1540, par M. Pierre de Vuarty, chevalier.

Il y eut un prêtre, nommé Ranulphe d'Oudenas, qui donna, du temps du roi Philippe Ier, une vigne qu'il avait à Lacennas, au chapitre de Beau jeu, Ego Ranulphus, presbiter, cognomento de Aldonado deside-

rans ire Jérusalem, dono et concedo ecclesix beatx Marix in Castello de Bellijoco, etc., pro remedio animx mex et animarum predecessorum meorum, scilicet patris mei Ranulphi et matris mex Letgardx, etc., quasdam res juris mei, sitas in pago Lugdunensi, et in parrochia de Vallibus atque in villa de Lacenaco, id est una peciola vinex, altéra peciola prati, alix dux peciolx de terra plana.

VIL Coigny, 8e paroisse. — Coigny, bon pays, est une paroisse du diocèse de Lyon, de la collation du prieur de Denicé qui est curé primitif; ce prieur doit être religieux de l'abbaye de Savigny qui l'en pourvoit, et qui avait autrefois avec lui un religieux de ladite abbaye, pour lui aider à la servir, auparavant que par le concile de Trente, les vicaires fussent devenus perpétuels en qualité de curés ; le susdit prieur en est décimateur pour deux tiers et le curé pour l'autre, avec quelques autres fonds qui lui sont attribués.

Quant à la seigneurie, elle appartient, en toute justice, au seigneur de Montmelas.

Dans cette paroisse et dans le département de Rivolet, est le fief de Serfavre, appartenant audit sieur de Montmelas, assis sur une colline, au pied de laquelle passe la rivière de Nizeran. L'an 1539, ce fief était tenu par Pierre de Serfavre, écuyer, seigneur dudit lieu, comme appert du dénombrement rendu le 27 février, pour sa maison forte de Serfavre, avec ses tènements, terres et prés, bois et garennes qui en dépendent, assises en la paroisse de Cogny, mas de La Roche, en la châtellenie de Montmelas, avec un acte de la déclaration, faite pardevant le sieur lieutenant général, par Benoît Augoine, tant en son nom que de Jacques Augoine, son parier, qu'ils avaient acquis, depuis un an, du sieur de Chameyré, une vigne assise en la paroisse de Cogny qui fut des biens et maison dudit sieur de Serfavre, offrant que si, pour la possession de cette vigne, ils étaient tenus au ban et arrière-ban, faire ce qu'il plairait au roi commander, en date du 22 mars, audit an 1539.

Plus avant de Serfavre et dans le même endroit de ladite colline, est un château nouvellement bâti par un frère du sieur de Montmelas, chanoine de Saint-Paul de Lyon, lequel château est appelé Pierre Filan.

Dans ladite paroisse, il y a encore une rente et censive directe qui appartenait, l'an 1558, à Jean de la Bessée, avocat à Lyon, à lui due

par quelques tenanciers d'héritages situés à Cogny, comme appert du dénombrement qu'il en bailla, le 10 mars de ladite année.

Il y a encore un fief noble appelé Solly, comme fait foi un dénombrement rendu, le 13 mars 1539, par noble Jean de Garadour, seigneur de L'Écluse, pour sa maison forte et seigneurie de Solly, assise en la paroisse de Cogny, laquelle appartient à M. le marquis de Rébé, avec une belle rente portable.

VIII. Rivolet, 9e département. — Rivolet est mis au nombre des paroisses quoiqu'il ne le soit pas, mais seulement une chapelle de dévotion à Notre-Dame, dans la paroisse de Cogny, bâtie autrefois par un pèlerin qui venait de Notre-Dame de Lorette et est appelé Rivolet, comme qui dirait petit ruisseau, à cause que cette chapelle est sur la rivière de Nizeran, et parce qu'autour de ladite chapelle il y a plusieurs maisons et mas qui font taille à part et un département séparé de Cogny, elle est mise au nombre ! des cent vingt-six 2 paroisses du Beaujolais ; le dîme appartient au prieur de Denicé qui y prend le treizième et seulement le vingtième à Cogny.

IX. Mommelas, 10e paroisse. — Mommelas ou Mommelard, selon plusieurs titres latins [que j'ai vus] 5 et qu'on pourra voir dans les preuves de la donation des deux paroisses de Denicé et de Cogny, par Humbert de Beaujeu, fils de Ricoaire, à l'abbaye de Savigny, où il est dit que Mommelard n'était autrefois qu'une chapelle, mentionnée dans ladite donation, est aujourd'hui une paroisse de la collation dudit prieur de Denicé qui baille, au curé dudit Mommelas, une portion du dîme et quelque argent pour supplément de sa portion congrue.

La seigneurie consiste en un vieux fort 4, ruiné, jadis des appartenances des seigneurs de Beau jeu, qui fut donné à Jeanne de Châteauvilain, femme, en troisième noces, de Guichard le Grand, seigneur et baron de Beaujolais, mort en 133 1. Elle vint à un seigneur nommé du Crozet et, ensuite, à M. Philibert de Beaujeu, seigneur de Lignières, comme appert de l'acte de vente faite, le 8 s juin 1524, par damoiselle Claude de Villars 6, veuve de feu Philibert du Crozet, comme mère et

1. L, T, C, B: département. — 2. C : 127. — 3. Les mots entre [ ] sont ajoutés par les mss. L, T, B, C, J. — 4. C, B : château. — 5. L, T, C : 15e; J : 1525. — 6. J porte en note : « Le 3 décembre 1524, Claudine de Villars, veuve de sieur

tutrice de Philippe et Claude du Crozet, enfants mineurs dudit détunt et d'elle, audit messire Philibert de Beaujeu, chevalier, seigneur de Lignières, et à dame Catherine d'Amboise, sa femme, de la terre et seigneurie de Mommelas, sous la grâce et faculté de rachat de réméré, que ledit du Crozet avait donné à Mme la duchesse de Bourbonnais, dame de Beaujolais, et à M. Charles de Bourbon, son gendre, desquels il avait acquis ledit Mommelas et, par une procuration, du 29 mars 1540, à Me Guillaume Giliquin, pour déclarer, au nom dudit seigneur de Lignières, tous et chacuns les revenus des terres et seigneuries qui lui appartenaient et, par une autre procuration, du 9 mars 1541, par dame Catherine d'Amboise, veuve dudit sieur baron de Lignières, au même Giliquin, pour faire le même dénombrement. Nonobstant quoi ladite seigneurie fut saisie, la même année, à la requête de M. le procureur général, sur ladite dame d'Amboise; ladite saisie faite en vertu de l'édit de réunion, comme étant cette seigneurie de Mommelas de l'ancien domaine de Beaujolais, opposition formée par Jean Cropet, comme procureur de ladite dame, laquelle s'étant remariée avec M. le duc de Nevers, Louis de Clèves, comte d'Auxerre, venu d'un puîné de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, ledit duc la posséda comme appert des contrats de baux à ferme faits par les officiers, et ayant charge du susdit duc de Nevers de ladite terre et seigneurie, l'un de l'an 1555, et l'autre de Tan 1559. Après la mort du duc de Nevers et de Catherine d'Amboise, procès s'étant mu entre les héritiers des uns et des autres, et arrêt donné au parlement de Grenoble, l'an 1563, Mommelas et autres terres du Beaujolais ayant été adjugées à messire Louis de Gonzague, mari de Henriette de Clèves, nièce du susdit Louis, duc de Nevers, il y eut partage, l'an 1566 et le 7 mars, des biens de ladite maison de Nevers, le roi présent, M. Louis de Gonzague, duc de

Philibert du Crozet, vendit la terre de Montmelas à Philibert de Beaujeu et à dame Catherine d'Amboise, sa femme, seigneur de Lignières et d'Amplepuis, en conformité du sous-seing privé passé par ledit Philibert du Crozet au sr Philibert de Beaujeu, portant promesse de vente delà susdite terre, en date du 11 octobre 1523 ; ladite vente faite sous la grâce du rachat que ledit du Crozet donna et octroya à feue Mme la duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, dame de Beaujolais, à monseigneur son fils, desquels il acquit ledit Montmelas, et selon et ensuivant les lettres sur ce passées. Par ladite vente, ladite du Villars, veuve se réserve les arrérages desdits greffes ou capitaineries de neuf ans, durant que ledit du Crozet a été seigneur de Montmelas.

Nevers, comte de Rhetelois et d'Auxerre, pair de France, seigneur et baron des terres et seigneuries d'Amplepuis, Thel, Ranchal, Thizv, Chavagny-le-Lombard, La Goûte, Mommelard, Les Tours, sises en ce pays de Beaujolais et dont est question, présente Henriette de Clèves, son épouse, d'une part, et dame Catherine de Clèves, princesse de Porcean, et damoiselle Marie de Clèves, leur sœur, d'autre, confirmé et homologué par le roi, en son conseil, même jour et an que dessus, aux lettres patentes de permission, audit duc de Nevers, de vendre des biens appartenant à ladite succession pour payer les dettes et légats de ladite maison, assistant dans ledit conseil avec le roi, la reine mère, M. le duc d'Anjou, la reine de Navarre, les cardinaux de Lorraine et de Châtillon, M. le connétable de Montmorency, M. le chancellier, MM. de Montmorency, de Vielleville, de Bourdillon et Damville, maréchaux de France, l'amiral de Châtillon, les seigneurs de Cursol, le comte de Villars, de Lansac et Morvilliers, les évêques de Limoges et de Valence, baron de la Garde, abbé de La Chaize-Dieu et autres, lequel dit seigneur roi prononça, après leur avis pris, en confirmant ledit partage et donnant, par lesdites lettres patentes, permission et pouvoir de vendre des biens audit seigneur de Nevers, sur les simples proclamations qui en seront faites, et permis à lui de commettre telles personnes qu'il voudra dans les biens qu'il prétend d'aliéner en concurrence des dettes qu'il est obligé et dont il est chargé par ledit partage. Ensuite de cet arrêt, il vendit, par contrat du 22 mars 1578, à messire Claude de Rebé, les terres d'Amplepuis, Thel, Ranchal, Chavagny-le- Lombard, etc., pour le prix de 40.000 écus d'or, et les terres et seigneurie de Mommelas et Les Tours, à Jean Arod, écuyer, qui en fit le dénombrement l'an 1569.

La juridiction de cette seigneurie s'étend dans les paroisses de Montmelas, de Cogny, Serfavre, dans une partie de Saint-Cire-de- Chatoux, de Saint-Sorlin, de Blacé, d'une partie de Salles, de Saint- Julien, d'une partie de Denicé, car il y a des hommes qui payent le dîme au prieur et reconnaissent la justice de Pouilly ; une partie d'Arnas est encore de la juridiction de Montmelas, Lamure en dépendait autrefois comme aussi Arbuissonnas qui en ont été démembrés.

Le prieur d'Arnas doit, à ladite seigneurie, à cause de son prieuré, douze livres viennoises par an, pour la garde d'icelui.

Il y a quatre ioires tous les ans, audit lieu, et marché tous les jeudis de Tannée, comme appert des lettres patentes du roi, données au mois d'octobre 1660, par lesquelles Sa Majesté continue et confirme les quatre foires par chacun an et un marché par chaque semaine au jour de jeudi que le roi Charles IX avait permis de tenir audit lieu de Montmelas.

Cette paroisse est du diocèse de Lyon, comme les précédentes et bon pays.

X. Saint-Sorlin, 1 Ie paroisse. — Saint-Sorlin ou Saint-Saturnin, autrement Saint-Bonnet, à cause que ceux qui sont travaillés de la goutte ont recours à ce saint qui a une chapelle à lui dédiée dans Téglise de Saint-Sorlin, est un prieuré du diocèse de Lyon, dépendant de Cluny l3 possédé par le sieur chanoine de Montmelas qui baille portion congrue au curé, et de la seigneurie et juridiction de Montmelas, dont la vente fut faite, le 23 février 1604, par les commissaires de S. A., à Jean- Jacques Harot, écuyer, seigneur de Montmelas, ensemble des servis, rentes et droits de justice, et autres droits et devoirs appartenant à S. A. sur les paroisses de Cogny, Saint-Sorlin et Denicé, dépendant de la châtellenie de Chamelet, à la réserve du ban et arrière-ban des foi et hommage, et du ressort par-devant M. le bailli de Beaujolais, ou son lieutenant.

XL Denicé, 12e paroisse. — Denicé, bon pays, paroisse du diocèse de Lyon, dédiée à Notre-Dame, est un prieuré dépendant de l'abbaye royale de Savigny, donné à ladite abbaye par Humbert de Beaujeu, fils de Ricoaire,l'an 1086, avec la paroisse de Saint-Germain de Cogny, et la chapelle de Montmelas qu'un nommé Milon, sien gentilhomme, tenait de lui en fief, d'où vient que le prieur de Denicé est le collateur et décimateur de ces trois paroisses, comme curé primitif, et doit donner, tous les ans, le jour de Saint-Martin d'hiver, à l'abbaye de Savigny, deux florins d'or, pour le vestiaire des religieux et deux sols à l'infirmier, et autant au porte-croix, et à l'hôtelier, huit ânées de vin pour les hôtes, et il devait tenir autrefois un religieux pour servir

1 . Le ms. C. porte en note : « Il a toujours dépendu et dépend encore du chapitre régulier de Saint-Irénée de Lyon ; le prieur titulaire en 1765 était M. Lainays, chanoine régulier de la congrégation de France. »

Hist. du Beaujolais. 14

la paroisse de Cogny J avant que les vicaires eussent été déclarés perpétuels par le concile de Trente.

La justice était autrefois de la prévôté de Villefranche, mais elle a été depuis aliénée, et appartient en partie à la juridiction de Montmelas et en partie à celle de Pouilly.

Dans l'église de Denicé, il y a une prébende sous le vocable de la Sainte Trinité, la collation de laquelle appartient à la maison des Pinets de Lyon; il y a encore une chapelle de dévotion, dédiée à saint Pancrace et une autre qu'on appelle Notre-Dame de Chevenes, où il y a une grande dévotion.

Il y a deux fiefs nobles dans cette paroisse : Charmes et Mallevai 2. Charmes appartenait autrefois à la maison des Mondards, de Villefranche, comme appert de deux dénombrements faits l'un, le

6 novembre 1555, par Anne de la Bessée, femme de Ponthus Mondard, pour une rente noble dépendante de la seigneurie de Charmes, et l'autre, par ledit Ponthus Mondard, le 15 mars 1572, pour la même chose. L'an 1606, dame Jeanne Mondard, héritière de Claude Mondard, son frère, se présenta en personne et fit les foi et hommage à cause de sadite maison et rente qui en dépend, sans préjudice des prétentions du seigneur de Montmelas; elle en fit donation, l'an 161 5, par son testament du 6 octobre, à noble Gabriel du Sauzey, sieur de La Vénerie, receveur général des tailles en Beaujolais qui l'a laissée à son fils *, lieutenant particulier au bailliage dudit pays.

Le fief de Malleval appartenait autrefois à noble Guichard deSerrain, grainetier de Lyon, comme appert de la procuration de sa veuve, damoiselle Lydie Renaud, mère et tutrice de leurs enfants, du 7 avril 1601, pour faire les foi et hommage de la terre et seigneurie de La Chartonnière et Malleval.

Il y a encore, dans ladite paroisse, le mas de Bufavant, jadis possédé par la maison de Gayand, comme appert du dénombrement baillé, le

7 mars 1539, par noble Louis Gayand, pour une maison appelée La Tour, assise au mas de Bufavant, paroisse de Denicé, avec les vignes,

1. G, J : portent : Cogny et Montmelas. — 2. L, T, C, V ajoutent : le mas de Bufavan et Talancey. — 3. L, T, C, B. J : de même nom,"conseiller du roi et lieutenant.

verger, terres et rentes y jointes, et pour un pré assis en Les Mortillières, lès la rivière de Saône.

Ce mas est départi en deux, en grand et petit Bufavant; le grand appartient au sieur Perette, bourgeois de Lyon, et le petit, exempt de la justice de Montmelas, à M. de la Barmondière, conseiller secrétaire du roi et procureur de Sa Majesté et de S. A. R. au bailliage de Beaujolais.

Il y a encore Talançay, qui est à MM. Deschamps et Hacte.

XII. Pouilly-le-Châtel, 13e paroisse. — Pouilly-le-Châtel, à la différence de Pouilly-le-Monial, qui est en Lyonnais, et de Pouilly-sous- Charlieu, est un bon pays, et paroisse du diocèse de Lyon, dépendant de l'abbaye de Cluny.

C'était autrefois le lieu et le séjour des princes et seigneurs de Beaujolais. Antoine de Beaujeu y est né, le 13 août 1343 ; Marie du Thil, sa mère, y est morte, le 4 mars 1358. Le malheur d'Edouard, dernier seigneur de Beaujeu, vient de ce que, demeurant audit lieu, il fit précipiter des fenêtres de son château un huissier du parlement qui l'était venu ajourner. Parmi les privilèges de Villefranche, il est dit que le curé de Pouilly y aura une maison.

C'est le lieu où les premiers disciples et religieux de Saint-François ont été amenés dltalie, par Guichard III de Beaujeu, l'an 1209. On voit encore dans l'enceinte du château l'église et le dortoir qu'il leur avait fait bâtir; c'est dommage qu'on laisse ainsi ruiner la première maison que saint François ait eue en ce royaume.

Pouilly fut aliéné l'an 1471, par Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu, au seigneur de Ferrières, pour la somme de 3.700 saluts d'or, due par feu Charles de Bourbon, père dudit Pierre, audit sieur de Ferrières, pour laquelle somme et pour une autre de 400 écus d'or, il lui laissait la jouissance de la terre, seigneurie et revenu de Pouilly-le- Châtel. Il y a un châtelain de qui la justice s'étendait autrefois sur les paroisses dudit Pouilly, Ougly, Arnas, Glaizé, Lacennas, Denicé, Saint-Julien et Vaux; mais la plupart ont été depuis aliénées, et le châtelain de Pouilly n'a que les premières informations et le sceau. Il faut recourir après cela au bailliage de Villefranche.

L'an 1600 et le 8 mars, M. de Montpensier vendit à messire Jacques

de Champiers, chevalier des ordres du roi, seigneur de La Bastie et gouverneur pour mondit seigneur en la souveraineté de Dombes, et à Me Giraud Frère, la terre et châtellenie de Pouilly-le-Châtel, appartenances et dépendances et, l'an 1603 et le 26 décembre, ledit sieur Frère fit cession, audit sieur de La Bastie, de la moitié qu'il avait en cette acquisition, et le lendemain, 27 dudit mois et an, mondit seigneur en fit le rachat.

L'an 1651 et le 3 juillet, S. A. R. Mademoiselle Anne-Marie-Louise d'Orléans, dame et baronne de Beaujolais, fit don, à noble Gabriel du Sauzey, sieur de La Vénerie, des pierres tombées par ruine de sondit château de Pouilly-le-Châtel, situé en la prévôté de Villefranche.

A quelques pas de ce château est la maison forte de La Vénerie, appartenant audit sieur du Sauzey, conseiller du roi et lieutenant particulier au bailliage de Beaujolais. C'est un beau lieu, entouré de larges fossés remplis tout autour de beaux poissons; on dit que c'était la vénerie du prince quand il faisait son séjour audit lieu de Pouilly.

XIII. Ougly, 14e paroisse. — Ougly, bon pays, paroisse du diocèse de Lyon, de la collation du prieur d'Arnas, situé sur la rivière de Nizeran, était autrefois de la juridiction du châtelain de Pouilly et aujourd'hui de la prévôté de Villefranche.

Dans cette paroisse, il y a un fief qu'on appelle La Chartonnière, qui appartenait, en 1539, à noble Girard de la Madelaine, écuyer, seigneur de Courcelles, qui en fit le dénombrement le Ier mars de ladite année et, depuis, à noble Richard de Serrain, grainetier de Lyon, comme appert des foi et hommage rendus, l'an 1601 et le 7 avril, par damoiselle Lydie Renaud, veuve dudit Richard de Serrain, mère et tutrice de leurs enfants, pour sa dite terre de La Chartonnière et de Mallevai, aujourd'hui, appartient à M. David de Phélines, conseiller du roi, lieutenant particulier et assesseur criminel au bailliage de Beaujolais, qui est f\ls de Pierre de Phélines, sieur dudit lieu et receveur du taillon de ce pays.

Cette maison est sortie de Perreux d'où Pierre de Phélines était capitaine, en l'année 1540, et son fils Benoît possédait les mêmes charges, en l'an 1680, qui ayant plusieurs enfants, deux d'iceux vinrent demeurer à Villefranche, ladite année, savoir Gilbert et Benoît; Gilbert

fut lieutenant général à Trévoux, puis en l'élection de Beaujolais, qui eut un fils de même nom, aussi lieutenant en ladite élection, qui mourut sans hoirs mâles ; Benoît fut greffier en chef de l'élection et procureur du roi au grenier à sel de Villefranche, qui eut deux fils Jean et Pierre.

Jean est encore vivant, sieur du Martelet, avocat et échevin de Villefranche pour la cinquième fois, en son année 76, qui plaide encore avec autant d'applaudissement et d'éloquence que jamais, capitaine enseigne de la ville, qui n'a point d'enfants mâles.

Pierre, seigneur de La Chartonnière, a été receveur des tailles en ce pays et a eu cinq fils et trois filles : le premier, David, sieur de La Chartonnière qui, en premières noces, avait épousé Marie-Anne Frère, fille de Giraud Frère, lieutenant général à Trévoux et nièce de M. Frère, premier président à Grenoble, de laquelle il a eu Pierre de Phélines, son fils; en secondes noces, Claudine Lacheron, fille de Claude, vivant, élu en ce pays.

Le second fils de Pierre est Charles l de Phélines de Ruire, président en l'élection de Beaujolais.

Le troisième est François, capitaine au régiment lyonnais.

Le quatrième, Louis, religieux, hôtelier, en l'abbaye de Joug-Dieu.

Le cinquième, frère Pierre-François, religieux capucin.

Les filles sont : Philiberte, femme en premières noces de Henri de Convers, lieutenant criminel au bailliage, et en secondes noces, de M. des Brosses de Montrichard. La seconde est religieuse ursuline, et la troisième non mariée.

Il y a dans le Forez un village qu'on appelle Saint-Marcel-de- Phélines, appartenant à M. d'Albon, d'où cette famille-là pourrait être sortie, et Severt, en ses Évêques de Mâcon, fait mention d'un Rainaud de Phélines, chevalier, environ l'an 1198 2.

Au reste, la paroisse d'Ougly est contribuable au guet et aux fortifications de Villefranche, aussi bien que celles de Rogneins et Arnas, comme appert des lettres de Louis, duc de Bourbon, données à Moulins le 5 décembre 1408.

L'abbaye de Joug-Dieu, de l'ordre de Saint-Benoît, est en cette paroisse; mais les granges sont de celle d'Arnas et de la prévôté de

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