‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 145 sur 216 · L, T, C: Courcelles · texte numérisé non relu

L, T, C: Courcelles

écuyer, et damoiselle Péronne de Chavagnieu, sa lemme, pour sa maison de Corcelles, avec les héritages, cens et rentes qui en dépendent, assise en la paroisse de Saint-Étienne-la-Varenne, comme appert du dénombrement rendu le 10 mars de la même année, et par un autre, rendu par le même, le 4 avril 15 51, avec la déclaration des rentes qui avaient été vendues aux sieurs de La Bastie, et de Brameloup et autres, qui avaient été distraites des appartenances * de ladite maison de Courcelles.

XXII. Oudonnas, 23e paroisse. — Oudonnas2, pays comme le précédent, sablonneux et maigre, est du diocèse de Lyon, de la collation du chapitre de Saint-Paul de la même ville et de l'abbé de Belleville qui en sont les décimateurs. Il y a une mine à Oudonnas, de laquelle le plomb payait les frais des ouvriers, sans l'argent; mais l'eau empêche le travail, au rapport de Magnein, de Beaujeu.

Il y a trois châteaux à Oudonnas : l'un du Vierre, proche l'église, bâti en maison forte avec tours, pont-levis et fossés; l'autre s'appelle de La Douze, belle maison de plaisance; tous deux appartenant au seigneur dudit lieu, ci-devant du nom de Trollieu 3, président au parlement de Dombes et, maintenant, au sieur de La Chèze, qui en a la justice, haute, moyenne et basse. Le troisième s'appelle des Cloux 4 qui appartenait naguère au sieur Favre, chanoine de Beaujeu, comme héritier de la maison, à faute de mâles, et maintenant audit sieur de La Chèze. Ledit sieur Favre avait sa justice à part sur ses fonds seulement, laquelle justice haute, moyenne et basse, mère et mixte, impère, fut vendue, le 16 décembre 1598, à Jean et Gilbert Favre frères, bourgeois et marchands de Beaujeu, pour la somme de quarante écussol., par noble Jean de Chardonnay. seigneur d'Oudennas, co-seigneur de Saint-Lagier, avec le droit de guet et garde, à lui appartenant sur la maison, grange et ténements desdits frères Favre, lesquels il se serait réservé, par le contrat de vente par lui passé le même jour, des justices d'Oudonnas, Quincié, Cercié, et Saint-Lagier, au profit de noble Hugues Charreton, sieur de La Terrière et de La Douze, avec pouvoir auxdits frères Favre de faire exercer lesdites justices, comme bon leur semblera, ensemble

1. G : apartemens. — 2. alias, Oudennas. — 3. L, C : Troullieu; T : Froullieu; J : Trollieur. — 4. L : d'Escloux; T, C, B : des Cloux.

les amendes et autres droits de justice, fait à Villefranche, maison dudit sieur Charreton, les jour et an que dessus, et c'est ce qu'on appelle justice sous l'aile ', ou vol de chapon, c'est-à-dire sous le couvert de la maison, pour être à couvert des vexations, clameurs et fâcheries que font les officiers des seigneurs haut justiciers es lieux où ils tiennent leurs assises.

Il y a un autre château, bâti en maison forte, qu'on appelle Pierreux, sans justice, qui appartient à un brave gentilhomme qui a servi longtemps dans les armées, qu'on nomme monsieur de Pierreux, du nom de Thibaud.

Vis-à-vis de la paroisse d'Oudonnas est la montagne de Brulhie 2, qui est partie de ladite paroisse, partie decelle de Saint-Lagier, partie de Cercié et partie de Quincié, et toute pourtant de la juridiction de Saint-Lagier, laquelle côte ou colline porte des meilleurs vins du pays, et un des fils du seigneur de Saint-Lagier en porte le nom.

Le sieur marquis de Chamron, du nom de Vichy, y a un domaine, et le sieur de Thulon, du nom de Thibaud, un autre qu'on appelle La Tour, qui n'est pas fief.

J'ai dit, parlant du château des Cloux 3, que noble Jean de Chardonney vendit, au sieur Charreton, ce qu'il possédait au lieu d'Oudonnas, et ledit sieur Charreton était déjà auparavant seigneur de La Douze, d'autant que, le samedi 26 septembre 1573, damoiselle Guillemette de Thil, dame de La Douze, veuve de noble Gilibert de Mars, jadis seigneur de Châteauroz 4 et de Balaynes, fille et héritière universelle de feu noble Lyonnet de Thil et d'Antoinette de Varey, ses père et mère, en leur vivant seigneurs de ladite seigneurie de La Douze, vendit à noble Hugues Charreton, seigneur de La Terrière, trésorier et élu du pays de Beaujolais, pour la somme de dix mille livres monnaie de roi, son château et maison forte de La Douze, avec toutes ses appartenances, ensemble le droit et patronage de la chapelle de ladite maison forte >, en l'église paroissiale d'Oudonnas, sous le vocable de Sainte-Catherine.

Ladite damoiselle Antoinette de Varey, veuve dudit feu noble Lyonnet du Thil, seigneur de La Douze, fit le dénombrement le dernier

1. G : late; J : l'acte. — 2. T : Brullhie; J : Brullie. — 3. L, T, C, B : de Cloux. — 4. L, T, C : Châteauroy. — 5. L, T, C, B, J : de ladite maison fondée en l'église.

mars 1540, tant en son nom que comme tutrice de leurs enfants, pour le château de La Douze, avec ses appartenances et dépendances, assis en la paroisse d'Oudonnas. Il y a un autre dénombrement fait, par damoiselle Claudine de Challes, pour ladite seigneurie de La Douze et Oudonnas, où elle disait avoir haute, moyenne et basse justice, consistant au nombre de soixante feux ou environ.

XXIII. Charantay, 24e paroisse. — La paroisse de Charantay est un fort bon pays qui produit de fort bon blé et d'excellents vins, à demi-lieue de la Saône et de Belleville; elle est du diocèse de Lyon et de la collation du chapitre de Beau jeu qui en est patron et décimateur avec l'abbé de Belleville, pour un hameau.

Ce dîme fut donné, à l'église de Beaujeu, par Béraud et Vandelmode, fondateurs du chapitre, comme appert du livre des donations que l'on peut voir aux preuves.

Dans cette paroisse il y a trois fiefs, savoir : Arginy, Armas et Vuril, tous trois possédés en toute justice, par Me Charles de Camus, seigneur desdits lieux et de Charentey, et les assises dudit sieur d' Arginy font voir que les gens dudit lieu étaient exploitables, taillables, corvéables, levantes et cubantes. Il y a encore Monternaud qui appartient au sieur Belet de Boitret, autrement Lagrange Baudet qui est à Rogneins.

Il y a encore une maison qu'on appelle des Brosses, comme il appert de deux dénombrements rendus, le 22 avril 1552, par Guillaume Chasteillon, pour certaines maisons appelées des Brosses, avec les cours, jardin, terre, pré, vigne et colombier qui en dépendent, assis à Charentay.

Cette paroisse appartenait autrefois à la tamille des Verneys, ancienne et illustre maison du Beaujolais, dont les armes étaient d'hermine à un chef de gueule, comme il se voit encore aux Cordeliersde Villefranche, sur un tombeau où sont ces mots : Hic jacet dominus Joannes de Verneys,miles, et domina Jaquemet a de Palnde ejus uxor, et Joannes, eorum filius, qui fecit hoc sepulchrum fieri. Hic jacet domina Rocha de Verneys, nxor l ... et Guicharda de Verneys, soror, qux obiit die Martis post octavas Pétri et Pauli apostolorum, anno Domini 13 47.

Je ne sais pas quand cette famille a cessé, et qu'elle est tombée dans

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