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L, T, C, B : des Hylards; J : Hilard; V : des Hilards

VIII. Lancié, 33e paroisse. — Voici la première paroisse de Beaujolais qui soit du diocèse de Mâcon, en très bon pays ; elle est partie du Maçonnais et du Beaujolais, l'église est en Maçonnais de la justice de l'abbé de Tournus qui en est collateur, seigneur, décimateur et encore d'une parcelle de ce qui est en Beaujolais : le curé a le tiers du dîme pour sa part et portion congrue, le reste de la justice est au seigneur de Courcelles et ce sont les mas de Bonne-Rue et Tournier et quelque autre parcelle comme aussi le fief de La Roche qui lui appartient.

Le Châtelard appartient au sieur de Bussières, conseiller et procureur du roi en l'élection de ce pays.

L'an 1604 et le 24 février, les commissaires de M. le Duc vendirent à messire François de La Rochefoucaud, évêque de Clermont, la moitié des cens, droits de justice et autres droits seigneuriaux, appartenant audit seigneur en et sur la moitié de la paroisse de Lancié, en la prévôté de Belleville, ledit jour, divisé avec Lazare Tircuir, sieur de Courcelles et de La Barre, acquéreur de l'autre moitié de ladite paroisse, à prendre par ledit seigneur évêque au chemin appelé des Cluseaux, au grand chemin tendant de Lyon cà Mâcon, aux réserves ci-dessus.

Autre vente, du même jour, des mêmes choses par indivis, audit Lazare de Tircuir, et encore sur les paroisses de Courcelles et Fleurie, dépendant des prévôtés de Belleville et Beaujeu, réservé toutefois le village de Poncié qui n'est point compris en ladite vente, laquelle fut faite aux mêmes réserves que dessus '.

IX. Fleurie, 34e paroisse. — Du diocèse de Mâcon, en un pays sablonneux et assez maigre et qui néanmoins produit de très bons vins, que les marchands de Paris viennent chercher pour être des plus délicats du royaume. La paroisse est dédiée à saint Laurent, dont la collation appartient à Y évêque pleno jure 2, dit le pouillé, et néanmoins le dîme

1. Le ms. C ajoute : Signé Labarre Courcelles, Villeneuve, Maissan, Noblet, Monchanin, Saint-Jullien, Gaudet, notaire royal.

Note en 1757. Le Châtellard appartient aujourd'huy à M. Mignot de Bussv, ancien capitaine d'infanterie et chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, époux de Mllc de Bussièrc, fille de feu M. de Bussière, conseiller au bailliage de Villefranche.

2. Le ms. C porte en note : « Cette collation appartient actuellement (1764) au chapitre de Saint-Vincent de Mâcon, c'est ce qui a été vérifié sur les terriers de ce chapitre, suivant lesquels il paraît que les curés de Fleurie ont reconnu devoir un cens

appartient au chapitre de Saint-Vincent dudit Mâcon, par moitié avec le curé du lieu. Il y a une chapelle de Notre-Dame des Bois où il y a grande dévotion, dont les titres de la fondation ont été perdus par les désordres survenus pour le fait de la religion.

Dans ladite paroisse, il y a un doyenné monacal, nommé Arpayé, dépendant de Cluny, dont la maison est entièrement ruinée. Il y avait autrefois des moines qui y ont encore de beaux revenus ; on y trouve encore dans les ruines des marques ' de son ancienneté.

Dans le livre du sieur Guichenon intitulé : Bibliotheca Sebusiana2, il y a : Carta associationis pro Humberto, domino Bellijoci^per Stephanum abbatem Cluniacensem in vila de Tossiaco alias de Toissey et decanatu de Alpaiaco, XI haï. maij anno Domini 1233. Et encore : Littera continens conventiones factas inter Hugonem, abatem Cluniac, et Humbertum, domlnum Bellijoci, super explicatione associationis villx de Tossiaco et decanatus de Alpayaco, i2)y, mense julii.

La seigneurie dépend de trois seigneurs : le premier, auquel appartient le clocher, est le seigneur de Corcelles, du nom et armes de Tircuir ; l'autre, à qui est Poncié est le seigneur comte de Châteautiers, à cause de la tour du Biés, dans la paroisse de Chesnas ; le troisième est le seigneur marquis de Thianges, à qui appartient Le Vivier en Maçonnais, à cause de la maison des Tours, sise à Crèche, sur le chemin de Mâcon 3.

Ce hameau de Poncié fut acquis en toute justice, l'an 1602 ou 1603, parle sieur Prévost Pérachon, de Mâcon, où il fut maintenu par sentence de l'an 1606, rendue au bailliage, en exécution d'arrêt, et ladite maison est aujourd'hui possédée, avec tous ses droits, par le sieur de la Roche, avocat du roi au bailliage, par acquisition des héritiers

et servis audit chapitre, relativement à ce droit de collation. Le curé actuel a passé une pareille reconnaissance. — Nouvelle observation. En 1768, on a appris que l'évèque et le chapitre de Saint-Vincent de Mâcon prétendent avoir chacun droit de nomination à cette cure. » — 1. T, C, B, V : restes au lieu de marques. — 2. G : fol. 434. — 3. Le ms. C porte en note : « Il y a un quatrième seigneur haut justicier dans la paroisse de Fleurie ; c'est celuy de Grandpré, dans les propres fonds qu'il possédait lors de la concession de la justice qui luy en fut faite par le seigneur de Corcelles ; le seigneur de Grandpré est actuellement (1764) M. Agniel de Chénelette, trésorier de France. Cette portion de justice a été démembrée par le seigneur de Corcelles, ce qui est contraire aux règles. »

dudit Perrachon, et le sieur de Château-Tiers, seigneur de La Tour du Bié et de Chesnas, jouit de la justice.

Il y a quantité de gens de qualité qui possèdent du bien dans ladite paroisse, comme les sieurs Mignot ', lieutenant général, de Gorze de la Sale, Vigousset, du Sauzey, élu, de la Vilette de Vauzelle, Barjot, les hoirs du feu sieur Falconnet, médecin, et autres2.

X. Vaux-Regnard, 35e paroisse. — Pays montagneux et maigre, et même, pour raison des élaves 3 ou descentes d'eaux, était autrefois prieuré qui avait son terrier et tout le dîme, aujourd'hui est archiprêtré ou doyenné rural du diocèse de Mâcon et la cure dépendante, depuis 200 ans ou environ, du chapitre de Saint-Pierre dudit Mâcon auquel elle a été réunie. Il y a trois fiefs dans cette paroisse qui relèvent comme les autres des seigneurs de Beaujolais, savoir Le Thil, Salagny et Les Chezeaux.

Le Thil a été possédé depuis longtemps par la maison de Sainte- Colombe ; et Jacques de Sainte-Colombe, sieur du Thil, épousa, en 1440, Marie de Bourbon, fille naturelle avouée de Jean II, duc de Bourbonnais et seigneur de Beaujolais, à laquelle ledit duc promit, en constitution de dot, 2.000 florins, cent francs de pension, jusqu'à ce que ledit seigneur duc l'eût pourvue d'office valant ladite somme de cent livres et promit vêtir et habiller d'habillements nuptiaux ladite Marie et icelle enjouailler d'une chaîne d'or pesant cent écus couronne, à la charge que, si de ce mariage il ne naissait aucun enfant, la maison du Thil appartiendrait, en toute propriété; à M. le Duc; outre quoi ledit Jacques et Guyot, son frère, avaient prêté, audit seigneur duc, mille écus dont Nicolas 4 l'Ambergeoux, son trésorier, leur était obligé. Tout

1. Ms. C : note en 1757 : actuellement M. de Grollier (1757) possède les fonds de M. Mignot. — 2. Le ms. C ajoute : « Notes en 1757. Il y a 4 seigneurs dans cette paroisse: i°celuyde Courcelles, M. de Tircuye, seigneur du clocher; 20 celuy de Grandpré, M. Agniel, seigneur de Chénelette et trésorier de France au bureau des finances de Lyon, acquéreur de M. de Grollier, qui l'était de M. de Damas Jasseron, il n'a la justice que sur ses propres fonds; 30 celuy de Poncié, M. de Damas, comte d'Audour, La Varenne, Eguilly et Tramaye, ancien capitaine de cavalerie, acquéreur par décret de M. Trollier, conseiller d'honneur en la cour des monnoyes de Lyon; 4° celuy des Tours, au hameau du Vivier en Maçonnais, M. l'abbé Charrier. » — 3. L, T, C, B, J : eslaves et descentes. — 4. L, T, C, B : de Lambergeoux.

ceci étant dû audit sieur de Sainte-Colombe qui montait à la somme de 3.500 écus. Le même duc bailla, céda et remit à Jean, fils dudit Jacques de Sainte-Colombe, ayant pouvoir de son père, le châtel, terre et seigneurie d'Ambérieu au pays de Dombes, avec toutes ses appartenances, sous le fief, ressort et souveraineté dudit seigneur duc, dont fut ordonné que lesdits Jacques et Guyot, frères, jouiraient leur vie durant, comme usufructuaires de ladite seigneurie, et ledit Jean, fils dudit Jacques et de Marie de Bourbon, comme seigneur propriétaire; mais le duc Pierre, avenant à la succession de son frère, les déposséda de ladite châtellenie d'Ambérieu, ensuite de quoi s'ensuivit la transaction du 26 mai 1405 ', par laquelle Jean de Sainte-Colombe, fils dudit Jacques et Antoine, fils bâtard de Jacques, autorisés par leur père, renoncèrent à tout le droit qu'ils avaient sur la terre et seigneurie 2 d'Ambérieu, et tous droits y appartenant, et ledit seigneur duc promit leur bailler la somme de mille écus d'or, valant la somme de mille sept cent cinquante livres tournois, monnaie ayant cours, dans six ans prochains, à savoir : à chaque fête de saint Jean-Baptiste, 300 1. tournois et à la dernière payé 250 tant seulement, et encore la haute et moyenne justice de la terre du Thil et paroisse de Vaux-Renard, avec pouvoir d'y dresser pilori à deux piliers parce que, en l'année 1446 et le 26 janvier, ils avaient acquis la justice basse pour 200 écus d'or vieux, et parce qu'il avait été stipulé, dans le mariage de ladite Marie, qu'à faute d'hoirs légitimes, les biens de ladite maison retourneraient à la maison de Bourbon. M. le duc Pierre, en considération qu'ils avaient quitté 2.500 écus des 3,500 qu'ils prétendaient leur être dus, renonça, en leur faveur, à cette clause, ensemble de tout le profit et avantage qu'au moyen de cette condition lui pouvait et devait venir au temps avenir et aux siens, et voulut qu'ils en pussent disposer et ordonner de tous leurs biens, nonobstant ladite condition apposée audit contrat de mariage, à laquelle ledit seigneur duc renonça pour lui et pour les siens, hormis que, s'il venait à défaillir légitime héritier, lesdites haute et moyenne justice retourneraient au seigneur de Beaujolais de plein droit, sans toutefois, ledit cas avenant, les pouvoir empêcher ni troubler en leur basse justice qu'ils avaient jusqu'à 60 sous viennois, avec

l. L, T, C, B, V : 1495. — 2. L, T, C, B, J, V : châtellenie.

lettres patentes dudit seigneur duc, données audit lieu de Moulins, le 28 du même mois et an, aux gens des comptes de Beaujolais, bailli, juge, trésorier, avocat et procureur de les recevoir et fait jouir desdites haute et moyenne justice du Thil et Vaux-Renard. Jean Dumas était pour lors bailli, à qui ces lettres furent adressées, qu'il ordonna qu'elles seraient enregistrées par Léonard Barjot, greffier, et Jean Gauteron, notaires de Beaujolais, présents noble François de Thy, seigneur de La Douze, etc., le samedi 20 juin 1495. Par ce dernier traité, ils se virent en possession de la totale justice haute et moyenne, aux charges et conditions portées par le traité que la maison de Sainte-Colombe venant h s'éteindre, ladite justice haute et moyenne retournerait au prince ; et les successeurs de ladite maison n'auraient que la basse jusqu'à 60 sous viennois. Le cas étant arrivé qu'il ne restait aucun enfant légitime de cette maison, par le décès de Jean, dernier mâle, qui mourut l'an 1503, il ne resta qu'un bâtard nommé Antoine, fils de Jacques et de sa servante Guillaume, avant qu'il eût été marié à ladite Marie, incapable de succession, et partant, en vertu des premier et second traités, madame Anne de France, mère et tutrice de Suzanne de Bourbon, sa fille, et du duc Pierre, son mari, prétendit que non seulement la justice haute et moyenne ci-devant aliénée, mais encore toute la maison du Thil devait retourner au domaine de Beaujolais. Antoine susdit recourut au roi, duquel il obtint lettres de légitimation, auxquelles ladite dame Anne de France s'opposa et ne le voulut recevoir à fief et hommage. Sur quoi, ayant obtenu lettres du roi adressantes au parlement pour être reçu audit fief par main souveraine, ladite matière ayant été vue et examinée par le conseil de ladite dame, ils transigèrent par l'accord qui suit, fait au châtel de La Choussière, le 14 octobre 1504, que ladite dame le recevrait à foi et hommage de la place et seigneurie du Thil, ensemble des justices, cens, domaines et autres appartenances d'icelles quelconques ; duquel il serait tenu bailler le dénombrement en la chambre des comptes en Beaujolais, dans temps dû ; outre quoi ladite dame loua, agréa, ratifia la transaction reçue par Guillaume Alento, notaire royal à Moulins, le 20 juillet 1495, entre monsieur Pierre de Bourbon qui s'était départi de ladite condition, ensemble de tout le profit qui, au moyen d'icelle, lui pourrait venir et par icelle avait remis, auxdits Jacques et Jean de Sainte-Colombe,

Hist. du Beaujolais. 17

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tout le droit qu'il pourrait avoir auxdits biens, au moyen qu'ils lui avaient remis le château, la justice et la châtellenie d'Ambérieu, et davantage, ladite dame Anne transporta, audit Antoine et aux siens, tous les droits et actions dessus dits et tous autres qu'elle pourrait avoir en ladite seigneurie du Thil et ses appartenances, à la réserve seulement du fief, ressort et supériorité, à cause de sa seigneurie de Beaujolais et outre, parce que par ladite transaction ledit M. Pierre avait baillé auxdits Jacques et Jean et leurs hoirs la justice haute et moyenne avec toute juridiction en toute la terre du Thil et paroisse de Vaux- Renard, où ils avaient seulement la basse justice, jusqu'à 60 sous viennois, ladite dame remit audit Antoine et à sa femme, Antoinette de Mommay, et à leurs enfants légitimes, la haute et moyenne justice qui lui était avenue par cause d'inhabilitation illégitime et moyennant mille écus d'or couronne qui lui furent payés. Quelque temps après, M. le duc Charles, connétable, leur bailla et transporta 32 hommes et feux de la paroisse de Vaux-Regnard, et pour de là en avant faire guet et garde en la forteresse du Thil et, l'an 1539 et le 12 janvier, noble Antoine de Sainte-Colombe, écuyer, donna le dénombrement et fit les foi, hommage pour son château, terre et juridiction du Thil, assis en la paroisse de Vaux-Regnard, où il disait avoir toute justice, haute, moyenne et basse.

Il y a au trésor de Beaujolais, vol. IX, fol. 174, lettres d'érection de la châtellenie du Thil en vicomte, faite par le roi Louis XIII, le 20 octobre 1634.

Le second fief est Salagny, possédé par les seigneurs de ce nom, dont il y a eu un évêque de Mâcon comme j'ai fait voir au chapitre des hommes illustres, puis par celle de Varey, dont il y a eu un dénombrement du 8 février 1539, par noble Claude de Varey.

Le troisième fief est celui des Chezeaux, possédé par la maison de Saint-Romain, puis par celle de Nagu-Varennes, et depuis l ces trois fiefs, le Thil, Salagny et Les Chezeaux, sont possédés par le sieur de Chevrier de Saint-Mauris, comme appert d'un dénombrement du 28 mars 1601, par noble Laurent de Chevriers, pour lesdits châteaux et terre du Thil. La généalogie de la maison de Saint-Mauris a été amplement décrite par le révérend père Ménestrier de la Compagnie de

1. T porte : « Il y a que ces trois fiefs », au lieu de « et depuis ».

Jésus, dans son art du blason, et, partant, je ne crois pas à propos de faire ici une redite qui peut-être ennuyerait le lecteur pour n'avoir pas la douceur de l'éloquence de ce révérend père.

Il y a encore un arrière-fief appelé Laissus, possédé par les héritiers de M. Antoine Aubaille, après l'extinction de la famille des Laissus.

Il y a de plus une maison appelée Micoud, possédée par un gentilhomme de ce nom qui a servi longtemps dans les armées, puis par M. de la Roche, avocat du roi et de S. A. R., au bailliage de ce pays.

XI. Chiroubles, 36e paroisse. — Pauvre pays et fort maigre et qui produit pourtant les meilleurs naveaux du pays, est du diocèse de Mâcon et de la collation du prieur de Saint-Pierre dudit Mâcon, dont les chanoines sont décimateurs pour deux tiers et le curé pour le troisième.

La seigneurie appartient à Mademoiselle et le ressort à Belleville, c'est-à-dire elle appartient proprement aux habitants qui l'achetèrent, l'an 1604 et le 25 février, des commissaires de M. le Duc qui leur vendirent les cens, rentes et droits seigneuriaux de ladite paroisse, assise es prévôtés de Belleville et Beaujeu, à la charge que la justice serait exercée par les officiers de Belleville, tant sur ceux qui sont de ladite prévôté de Belleville que sur ceux qui sont de ladite prévôté de Beaujeu.

XII. Villié, 37e paroisse. — Villié-Foncraine, sablonneux et assez pauvre pays, paroisse du diocèse de Mâcon, de laquelle le chapitre de Saint-Vincent est seigneur décimateur avec le curé du lieu. Il y a un autre Villié, dans le même diocèse et dans l'archiprêtré de Vaux- Regnard, de qui la collation appartient, pleno jure, au seigneur évêque.

Cette paroisse appartient au sieur Lazare de Genost de Saint-Amour, sieur de Foncraine et de Villié, en toute justice, laquelle a été achetée par ses prédécesseurs et principalement par noble Jacques de Saint-Amour, sieur de Foncraine, des commissaires de M. le Duc, le 22 février 1604, qui lui firent vente des cens, servis, droits de justice et autres droits seigneuriaux qui appartenaient à S. A., en et sur la paroisse de Villié, dépendant de la prévôté de Belleville, à la réserve du ban et arrière-ban, foi et hommage et du ressort de justice, ils y possédaient auparavant le fief de La Butinière ou Foncraine, comme appert du dénombrement baillé, le 14 mars 1539, par Charles de Saint- Amour, écuyer, pour

son château et maison forte de La Butinière, autrement appelé de Foncraine, assis en la paroisse de Villié.

Autre dénombrement du 5 avril 155 1, par Jean de Chiernas, écuyer, pour ledit château et seigneurie de Foncraine que jadis on voulait appeler La Butinière, assis près Belleville.

La maison de Saint-Amour possédait autrefois le Moulin-au-Comte dont j'ai parlé en la paroisse de Béligny, et l'on peut voir l'éclat de cette illustre maison en ce que j'ai dit ci-devant, au chapitre des hommes illustres de ce pays, parlant de Geoffroy de Saint- Amour.

Généalogie de Saint-Amour l. — Le plus loin que je puisse tirer, la généalogie de la maison de Saint-Amour est de l'an 1301, auquel Geoffroy de Saint-Amour, bourgeois de Villefranche, acquit, de Thomas Comte, le Moulin-au-Comte, sis en la paroisse de Béligny. Ce Geoffroy Ier était fils de Guyonnet de Saint-Amour, comme j'apprends d'un acte de l'an 13 71 : « Le dimanche après l'octave de l'Epiphanie, présent Guillaume Raclet, prêtre, ou procès s'étant mu entre vénérable et discrète personne, Pierre de Saint-Amour, licencié es lois, chantre 2 de l'église collégiale de Notre-Dame du château de Beaujeu, tuteur de Guionnet et Geoffroy de Saint-Amour, enfants mineurs et héritiers de Geoffroy de Saint-Amour, d'une part, et André de la Colonge, de la paroisse de Quincié, d'autre, sur ce que ledit Pierre disait, contre ledit André, que Guionnet de Saint-Amour, jadis bourgeois de Villefranche, et ledit Geoffroy, fils dudit feu Guionnet, avaient de toute antiquité trois livroux de seigle de servis et revenu annuel supertachiés, que lesdits feu Guionnet et Geoffroy avaient et devaient avoir et leurs successeurs sur les terres dudit de la Colonge et autres. »

Guionnet II, fils de Geoffroy Ier, eut trois filles : la première, Marguerite de Saint- Amour, laquelle fut mariée par son oncle, Geoffroy de Saint- Amour, évêque de Mâcon, l'an 141 2, et le 20 février, dans le palais épiscopal, à Jean de Genost, écuyer, fils d'autre Jean et de Marie d'Estré ; Guionnet de Saint-Amour donna à sadite fille sa maison forte du Moulin-au-Comte, à la charge que ledit Genost et ses enfants, jusqu'à la dixième génération, porteront le nom et armes de Saint- Amour ;

1. Dans les mss. T, D, V, cette généalogie est insérée chap. XII de la première partie. — 2. L, C, B : chanoine; T, D : licencié es droits et lois, chanoine.

voici les termes du contrat que j'ai vu : Et est actum et in pactum expresse deductum et concordatum inter partes prœdictas in contractu hujus modi ab eo mediante qnod ut nomen dicti Guioneti de Sancto Amore et saorum predecessorum in perpetuum observetur omnes et singuli liberi ex dicto futuro matrimonio nascituri utriusque sexus et etiam libei liberorum suorum utriusque sexus usque ad decimum gradum, et ulierius in perpetuum portare tenebuntur nomen et arma dicti Guioneti de Sancto Amore et suorum predecessorum et se cognominare de Sancto Amore, tam in armis et aliis factis et actis nobilibus quam in litteris et contractibus et alibi.

Outre ladite Marguerite de Saint-Amour, Guionnet II, son père, avait encore deux autres filles : Catherine, femme de noble Artaud de Cormier, alias Bergier, seigneur de Saint-Germain Lâchai ; et encore une autre fille, Aremburge, femme de Pierre de Laye, seigneur de Mezimieux l en Dombes, lesquelles il substitue à ladite Marguerite et oblige leurs enfants à porter même nom et armes.

Geoffroy de Saint-Amour, évêque de Mâcon, fit son testament, le 17 septembre 1430, dans lequel il ordonne entre autres légats pies, quatre chapelains dans la chapelle de Saint-Claude qu'il avait fondée et consacrée, pour y dire chaque jour deux messes : savoir deux chapelains pour semaine et les deux autres la semaine d'après, à tour de rôle, savoir le dimanche du même jour, le lundi des morts, le mardi de Saint- Vincent, le mercredi de la Sainte-Trinité 2, le jeudi du Saint Esprit, le vendredi de la Croix et le samedi de la Vierge.

Comme il avait acquis, de Mayeul du Saix, le château de La Butinière et Foncraine, dans la paroisse de Villié, de son diocèse, il le donna à son neveu Jean de Genost, mari de sa nièce Marguerite de Saint- Amour et encore son gobelet d'or couvert.

Il y avait au même siècle un André ou Audry de Saint-Amour, maître d'hôtel du comte de Savoie, qui fonda trois messes par semaine au couvent des Cordeliers de Villefranche, le 4 avril 1399, lequel fait héritiers, Guionnet et Geoffroy de Saint-Amour, ses neveux, et, au défaut de Guionnet, son fils Jean, à la charge qu'il portera son nom et ses armes.

Jean de Genost étant allé accompagner Charles, duc de Bourbonnais, à Chambéry, l'an 1441, ce prince lui donna, audit lieu, le 14 septembre,

1. L, T, D, C : Meximieux. — 2. L, T, D, C, B, V : Sainte Vierge.

le droit de guet et garde et réparation que ceux de Villié devaient au château de Beaujeu, après que le château de Foncraine eut été démoli par les Anglais, pour le château de La Butinière, ce qui fut confirmé par Jean II de Bourbon, à Beaujeu, le dernier septembre 147 1. Il fit son testament le 6 décembre 1446, dans lequel il confesse avoir reçu de sa femme, noble Marguerite de Saint-Amour, la somme de trois mille florins de bonne monnaie, dont les vingt-neuf sols tournois valaient l'écu vieux du poids de trois deniers d'or, à raison de 64 écus d'or de poids de marc, pour acheter le domaine de Sure, au bailliage de Bresse, du prieur et couvent des Célestins. Dans sondit testament, il est fait mention de Marie de Genost de Saint-Amour, femme de noble Antoine de Sachins; de Guillemette, autre fille, à laquelle il donne mille florins d'or; de Louise, à qui il donne pareille somme; de Jeanne qu'il ordonne être religieuse comme aussi le posthume de sa femme ; et donne à Claude, son fils, La Butinière et Foncraine, qu'il avait eus de l'évëque de Mâcon, et à Antoine, son autre fils, tous ses autres biens situés en l'empire.

Claude de Genost de Saint-Amour épousa Théode de Pavie, de laquelle il eut plusieurs enfants, comme il appert de son testament, fait le 2 septembre 1487, où il fait mention de sa fille Antoinette, religieuse de La Déserte de Lyon, à laquelle il donne huit livres viennoises de pension viagère sur le moulin Haute-Chanal, proche Villefranche, et à Anne de Saint-Amour, sa fille, veuve de feu noble Louis, seigneur de La Teissonnière, et à Marguerite, femme de noble Jean de l'Hospital, à chacune cent sous tournois, outre leur dot, et à Catherine, Annette et Philiberte, ses autres filles, chacune douze cents florins de monnaie de roi et à chacune trois robes fourrées, l'une de gris, l'autre de menu vair et l'autre d'agneaux, et deux chemisettes, et lègue à sa femme, noble Théode de Pavie, sa demeure dans la maison de Foncraine, et l'administration de la tutelle de ses enfants. Il laisse à son fils Antoine la maison forte du Moulin-au- Comte sous Villefranche, avec le moulin, prés et verchères, vignes, bois et autres et, du résidu, il fait son héritier Ponthus de Saint-Amour, son fils, auquel ladite Théode de Pavie, sa mère, fait donation entre vifs, le 24 novembre 1490, de tous ses biens, noms l, actions et dettes.

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