T, C, B, J, V : abandonnement
1604, à noble Benoit de Saint-Jullien-Buyze, seigneur dudit lieu et de Ronzières, des cens, servis, rentes et droits de justice et autres droits seigneuriaux appartenant audit seigneur, en et sur les paroisses de Saint- Mamert et de Saint-Jacques-des-Arests, dépendant de la châtellenie de Coux et d'Alloignet, ensemble d'une vieille masure, toute ruinée, appelée le château d'Alloignet, avec certaines terres et bois taillis y joignant, le tout de la contenance de quatre ou cinq ânées de semaille, joignant la rivière de Grosne de matin, etc.
Plus, certain bois et forêt de haute futaie appelé le bois d'Alloignet ou de Bessay, à la réserve du ban, etc.
XXII. Advenas, 47e paroisse. — Pauvre pays et presque tout d'avoine dont il en a pris le nom Avenacum, de avena, du diocèse de Mâcon, de la collation du chapitre de Saint-Vincent qui prend le tiers du dîme et le sieur curé les deux autres tiers ; l'église paroissiale est dédiée à Notre-Dame de l'Assomption qui fait beaucoup de miracles; on dit que Louis le Débonnaire l'a fait bâtir à cause que ce fut là que Charlemagne prit et attrapa le traître Ganelon et qu'il avait fait vœu de bâtir une chapelle dessous le vocable de la Vierge, au lieu où il le pourrait attraper. Cela se voit sous l'autel, où il y a un fort beau rétable de marbre en bosse, où est représenté ce grand roi fléchissant le genou, la couronne en tête, tenant l'église du côté d'en bas, à la manière qu'il la veut donner à saint Vincent martyr, qui la reçoit du côté d'en haut, ayant la main gauche sur sa poitrine pour marque de l'acceptation qu'il fait, ou comme si tous deux voulaient offrir ce temple-là à la sainte Vierge avec ces quatre vers gravés en grosses lettres, partie gothiques, partie romaines :
Rex Liidovicus plus et virtutis amicus Offert eccl estant, recipit Vincentius istam Lampade bissena fluiturus Julius ibat Mors fugat oppositum régis ad interitum.
La commune tradition porte, selon Severt l, que ce pieux et débonnaire empereur, s'en allant de Paris à Aix-en-Provence pour y célébrer un concile contre la superfluité des habits des clercs et ecclésiastiques,
1. G : Severt in Hidelbardo, Matiscon. episcopo. fol. 32, § 5.
marchant par la province de Lyon dont était pour lors gouverneur Bermond, l'an 824 et 830, selon Jean du Tillet, résolut de mettre tout à fait à bas et de raser entièrement le château de Tourvéon, situé sur la plus haute montagne du pays, d'où l'on découvre les rivières de Saône et de Loire, laquelle forteresse avait déjà été en partie ruinée par Charlemagne, en haine du traître Ganelon, seigneur dudit lieu; en mémoire de quoi, et en action de grâce, l'empereur Louis bâtit l'église d'Avenas, où ce traître fuyant avait été attrapé. Severt ' dit qu'il y avait là auprès un monastère de moines de Saint-Benoît appelé de Peloux, auprès du fou ou fouteau d'Avenas, qui est sur le grand chemin où l'on voit encore des ruines et masures, que ce monastère était avant l'établissement de Cluny qui ayant mis la réforme dans l'ordre de Saint-Benoît, plusieurs monastères l'embrassèrent et s'y soumirent, d'où vient que celui d'Avenas devint affecté et annexé à ce fameux monastère devenu chef d'ordre, et que les anciens curés d'Avenas étaient moines de Saint-Benoît, comme on voit encore en une épitaphe sur un tombeau de pierre où est gravé un moine, la tête rasée, son capuchon et ses manches pendantes, avec ces mots :
Hic jacet domnus Joannes Minet, p cnratiis hujus ecclesisc, qui obiit
anno Dhi millesimo CCXCII &c. J'ai été curieux de voir ce rétable et tombeau, un dimanche 2 d'août 1671, où je fus exprès.
Cette paroisse appartient aujourd'hui, en toute justice, àN. Laurencin, qui l'a eue de MM. de Meschatin la Faye 2, qui l'avaient eue des sieurs de Noblet 5 pour ladite maison forte d'Avenas, prés, bois, garennes et terres situées audit lieu.
Il y a au trésor lettres patentes de Louis, seigneur de Beaujeu, datées du mois de février 1280 4, par lesquelles, pour les bons et agréables services qui lui avaient été rendus par le sieur Guy Chabue, seigneur de Saint-Trivier, en Dombes, il lui fit don irrévocable entre vifs des droits et rentes, tant en argent qu'en avoine qui lui appartenaient et qu'il avait droit de lever, chacun an, sur les tenanciers de plusieurs héritages situés en la paroisse d'Avenas, spécifiés dans lesdites lettres,
1. G : ibid., fol. 126, in Berardo, § 7. — 2. G : au 1. A, fol. 3. — 3. L, T, C, B, J,V : qui en firent le dénombrement le 30 mai 1601, par George de Noblet, pour lad. maison forte... — 4. L, T, C, V : 1282.
Hist. du Beaujolais. 18
à la charge que ledit Chabue les tiendrait à foi et hommage dudit seigneur de Beau jeu.
Le même seigneur de Beaujeu, au mois de novembre 1284, fît encore une donation irrévocable entre vifs audit Guy Chabue, seigneur de Saint-Trivier, à cause des dépenses qu'il avait faites et qu'il continuait de faire à son service des droits, usages, lods, ventes et reconnaissances qu'il avait droit de lever sur plusieurs ténements et héritages situés dans ladite paroisse, bailliage et mandement d'Advenas, spécifié dans lesdites lettres, à la charge qu'il les tiendrait aussi de lui à foi et hommage.
Voyez le paragraphe, Quincié, N° lxic, touchant la vente d'Advenas au sieur Barjot.
XXIII. Trades, 48e paroisse. — De l'évêché d'Autun, pays assez passable, dépendant de l'abbé de Cluny qui en est décimateur,à cause du prieuré d'Ecussoles, pour partie, et le curé pour l'autre. Appartient, en toute justice, au sieur Boyer, juge mage dudit Cluny.
Vente faite, le n septembre 1606, par les commissaires de M. le Duc, à noble Claude du Cret, juge de la ville de Thornus ', en Maçonnais, des cens, servis, droits de justice et autres droits seigneuriaux, en et sur la paroisse de Trades et Germolles, en Beaujolais, dépendant de la seigneurie de Coux et Alloignet, h la réserve, etc.
XXIV. La Chè%e et Bussie, 49e paroisse. — Du diocèse de Mâcon, pays à seigle. La Chèze est proche La Granghe-des-Bois et dépendante de la paroisse de Cenves, dont il est le hameau, et Bussie est paroisse de Beaujolais, appartenant à M. le duc d'Aumont en toute justice; les sieurs de Cluny y dîment avec le curé.
XXV. Germolles, 50e paroisse. — Pas trop bon pays. Cette paroisse est dans l'évêché de Mâcon et partie dans le Maçonnais et partie dans le Beaujolais, où est le clocher; MM. de Saint-Vincent de Mâcon sont collateurs de la cure et décimateurs en partie, et les Catherins de Saint- Pierre de Mâcon et le curé pour partie, et le sieur de Tramayes pour une autre.