‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 158 sur 216 · L, T, C, B, V : Thosans ; J : Thorans · texte numérisé non relu

L, T, C, B, V : Thosans ; J : Thorans

La justice appartient en partie à M. le maréchal d'Aumont et duc de Villequier, et en partie au sieur de Gorze, du nom de Berthet, qui a encore un fief appelé Combe dans ladite paroisse.

XXVI. Saint-Christophle-la-Montagne, 51e paroisse. — Est du diocèse d'Autun et pays bon à blé. L'abbaye de Cluny prend tout le dîme et en laisse une petite portion au curé pour sa portion congrue, qui peut faire le quart.

Appartenait, l'an 1601, à noble Michel l Testenoire, comme appert du dénombrement rendu, le 15 mai, pour sa maison forte de Bacot, assise en la paroisse de Saint-Christophe-la-Montagne.

La vente de la justice en fut faite par les commissaires de M. le Duc 2, le 3 février 1604, à Jean 3 Testenoire, écuyer, sieur de Bacot, gentilhomme ordinaire de la maison du roi, ensemble des cens, servis, rentes, droits de justice et autres droits seigneuriaux appartenant à S. A., en et sur la paroisse de Saint-Christophe-la-Montagne dépendant de Coux et Alloignet, à la réserve, etc. 4.

Il appartenait naguère au sieur Bacot Saron, et aujourd'hui au sieur Denis avec partie de la justice, et l'autre partie de la paroisse et de la justice est à la maison de Chavagny Rébé 5.

XXVII. Sai nt- P ter re-k- Vieux, 52e paroisse. — Du diocèse de Mâcon,

1. L, T, C : Michel du Léger Testenoire. — 2. L, T, C : de Montpensier. — 3. L, T, C : du Léger. — 4. L, C : « Note en 1748. — Par contrat de mariage du 17 juillet 1624, Me Antoine de Sarron épousa demoiselle Madeleine du Léger Tête- Noire, fille de Jean du LégerTête-Noire, à laquelle il donna en dot la terre de Bacot.

Par autre contrat de mariage du 17 avril 1660, Me Gaspard de Sacconay épousa demoiselle Angèle de Sarron, fille de Madeleine du Léger Tète-Noire, à laquelle elle donna la terre de Bacot en dot. De ce mariage est issu Me Camille de Sacconay, qui a été héritier d'Angèle de Sarron, sa mère, et qui, par transaction des 1 3 septembre 1705 et 24 avril 171 3, a acquis de M. le marquis des Prés la rente noble et la justice qu'il avait dans une partie de la paroisse de Saint-Christophle-la-Montagne. Par contrat du 6 décembre 17 19, Me Camille de Sacconay vendit sa terre de Bacot à sieur Jean Anré, les affaires duquel étant tombées dans le dérangement, ses créanciers firent vendre la terre de Bacot par autorité du conseil, laquelle fut adjugée par arrêt des commissaires du conseil, le 21 juillet 1734, à sieur Lambert Peysson, écuyer, lequel a laissé pour son héritier messire Jean-Philibert Peysson, son fils, écuyer, conseiller en la cour des Monnaies de Lyon, lequel possède en 1748 ladite terre de Bacot et Saint-Christophlela-Montagne. » — 5 . Ce paragraphe manque au manuscrit T.

pays bon à blé; la cure dépend de l'abbaye de Cluny et du prieuré d'Eccussoles qui est dans ladite paroisse, et qui a le grand dîme; il est appelé Saint-Pierre-le- Vieux, à la différence de plusieurs autres églises dans le même diocèse qui portent le même titre de Saint-Pierre, et celui-ci s'appelle le Vieux pour être la plus ancienne église du pays, où l'on dit que, dans les premiers siècles, tous les fidèles s'y faisaient enterrer. L'église est en Beaujolais avec partie de la paroisse, et l'autre partie est en Maçonnais et appartient au sieur de La Bussière qui a le dîme de Flasilières, et la justice de sa partie qui est en Maçonnais; l'autre appartenait naguère au sieur Tardy en toute justice, lequel a laissé une fille, damoiselle Charlotte Tardy.

Il y a un dénombrement rendu, le 6 mars 1555, Par noble Jean Tardy, pour ses maisons, granges, etc., assises au lieu de Saint-Pierrele-Vienx.

La vente de la justice fut faite, le 2 février 1604, Par ^es commissaires de M. le Duc, à Antoine Tardy, écuyer, des cens, servis, rentes, droits de justice et autres droits seigneuriaux appartenant à S. A., en et sur la paroisse de Saint-Pierre-le-Vieux, dépendant de la châtellenie d'Alloignet à la réserve, etc.

XXVIII. Montsoulx, 53e paroisse. — Du diocèse d'Autun et de la collation de Cluny dont l'abbé prend les deux tiers du dîme et le curé l'autre.

C'est un bon pays à blé qui est de la juridiction de Mademoiselle et de la châtellenie de Beaujeu; l'église et la plus grande partie de la paroisse sont de Mademoiselle, et le reste de Chavagny-le-Lombard, dont dépend le château de Ruire qui appartient au sieur Charles de Phelines, président en l'élection du pays de Beaujolais.

Dans ladite paroisse est le prieuré d'Aujou, dépendant de l'abbaye de Cluny, joint et uni à la sacristie dudit Cluny. Ce prieuré est sur une des plus hautes montagnes de Beaujolais, d'où l'on voit les deux rivières de Saône et de Loire, et est entièrement ruiné. La montagne d'Aujou vient d'ara Jovis, à cause d'un autel qui était dédié à ce dieu imaginaire de la gentilité. Il y avait des moines de Cluny qui se sont retirés depuis qu'en une année ces religieux moururent tous de nécessité pour ne pouvoir sortir à cause des neiges qui les assiégèrent, par

un long espace de temps; il y a grande dévotion le jour de Saint-Loup, 29 juillet, ou le dimanche suivant, et on y voit 12 à 15.000 personnes. Coux est en cette paroisse.

XXIX. Aigueperse, 54e paroisse. — Il y a le bourg d'Aigueperse, et Saint-Bonnet d'Aigueperse ou des Bruyères à demi-lieue; pays montagneux et de bois et néanmoins bon à blé, (afin qu'on ne prenne l'un pour l'autre) tous deux dans le diocèse d'Autun. Dans le bourg, il y a un célèbre chapitre dont je parlerai ci-après et une paroisse servie par un vicaire député du chapitre qui en est décimateur et qui donne portion congrue au curé, différente de celle de Saint-Bonnet-d'Aigueperse, située sur un monticule, qui est unie au doyenné pour faire son plat de doyen, et le curé était, avant l'ordonnance du roi de l'an 1662, son vicaire amovible, mais, depuis, est devenu perpétuel et a sa portion congrue qui lui est fournie par le chapitre, duquel il ne dépend plus que par bénéfice d'inventaire, à moins qu'il n'arrive vacance, auquel cas le chapitre y pourvoit comme patron et collateur.

La justice de toute l'étendue de la paroisse de Saint-Bonnet (hormis le bourg d'Aigueperse qui est du chapitre) appartient à la maison seigneuriale de Chavagny-le-Lombard, qui est un château appartenant au sieur marquis de Rébé, dans un hameau éloigné d'un quart de lieue de Saint-Bonnet et d'autant d'Aigueperse, en sorte que ces trois places font un triangle.

Ce qui est aujourd'hui le bourg n'était autrefois qu'un hôpital dépendant de la paroisse de Saint-Bonnet; et aujourd'hui c'est le contraire, comme de la paroisse des Estoux à Beau jeu. Cet hôpital fut fondé, l'an onze cent, en l'honneur de sainte Marie-Magdeleine, par Archimbaudle-Blanc qui donna, audit hôpital, ledit lieu d'Aigueperse, situé dans le diocèse d'Autun, et dans la paroisse de Saint-Bonnet, par les mains de Norigald, évêque d'Autun, sans aucune réserve, et il permit encore que tous ceux qui tenaient des fonds de lui, à cens ou autrement, en puissent faire autant s'ils désiraient et, quant aux frères ou religieux servant audit hôpital, leur donna sa forêt pour en tirer toutes leurs nécessités et y engraisser des pourceaux au temps des glands, et encore toute la tombée des eaux pour y construire des moulins, et encore tous les pâturages de ses prés après qu'on en aurait ôté les foins, à ceux qui

viendraient y habiter, ce qui fut approuvé et confirmé par sa femme et par son fils, avec cette clause que ceux qui viendraient à lui succéder, s'ils ne voulaient approuver ladite donation, y seraient contraints par le seigneur évéque d'Autun. Ensuite Henri, évêque d'Autun, donna audit hôpital cinq sous de rentes qu'il avait en et sur la paroisse de Saint-Bonnet et encore leur donna la paroisse de Gebidis pour la tenir et posséder à perpétuité, et Etienne, pareillement évêque dudit lieu, donna audit hôpital, l'an 1176, l'église de Valelii de Vauzelles, du consentement et à la prière du chapitre d'Autun.

Un siècle après ou peu plus, comme cet hôpital ne servait que de tanière et de refuge aux coquins qui y commettaient mille désordres et vilenies, Hugues, évêque d'Autun, regrettant le mal qui s'y commettait et le peu d'utilité à quoi il pouvait servir, étant éloigné des grands chemins, et en un lieu peu fréquenté à cause de l'âpreté des montagnes, pensa de le réformer et réparer de mieux en mieux ladite église Sainte-Marie-Magdeleine et hôpital et y fonder un office perpétuel à la louange de Dieu et pour l'âme du fondateur. C'est pourquoi, le samedi après la fête de saint Nicolas d'hiver, l'an 1288, de l'avis et consentement exprès de M. Jean de Monteil, maître ou recteur desdits églises et hôpital, et aussi de Martin de Gotat *, Bernard de Ozoles, Pierre d'Autun et Barthélémy de Ruères, prêtres, de Martin de Vaux- Regnard et d'Odet de Saint-Romain, clerc, demeurant et servant lesdits églises et hôpital, qui promirent, par leur serment prêté sur les saints évangiles, de garder, tenir et observer l'ordonnance qu'il désirait de faire, en tous ses points et articles, il ordonna que dorénavant ladite église de Sainte-Magdeleine deviendrait collégiale et chapitre institué de douze chanoines séculiers et de douze prébendiers, desquels chanoines il y en aurait un qui serait doyen élu par les chanoines dudit lieu, et confirmé par le seigneur évêque qui serait lors, auquel appartiendrait la confirmation et canonique information des vie et mœurs et, cas arrivant que ladite élection fût défectueuse, ce serait à l'évêque seul d'y pourvoir, sans toutefois porter préjudice au chapitre pour l'élection à l'avenir d'un doyen.

Les premiers chanoines qu'il y établit furent le susdit Jean de Monteil, Me Pierre de Santigné, Mathieu, curé de Bosc, Pierre Regnaud

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