‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 166 sur 216 · DU BOURG DE BEAUJEU ET DES PAROISSES RESSORTABLES A SA CHATELLENIE · texte numérisé non relu

DU BOURG DE BEAUJEU ET DES PAROISSES RESSORTABLES A SA CHATELLENIE

SOMMAIRE. — I. Du château de Beaujeu. — II. Du chapitre, de sa fondation. — III. Des doyens, chantres et sacristains dudit chapitre. — IV. De la ville de Beaujeu. — V. De V établissement des RR. PP. du tiers-ordre de Saint-François. — VI. Des Pénitents Blancs. — VII. De la paroisse des Es toux. — VIII. De Ouincié, du fief de La Palu et du prieuré de Saint-Ni^ier-Lestra. — IX. De Marchampt. — X. De Durette et du château de La Pierre. — XI. De Reigné et du fief de La Terriére. — XII. Des Ardillats et de la maison des Pre^. — XIII. De Saint-Didier. — XIV. De Vernay. — XV. De Chanelettes et de la montagne Tourvéon et du fief des Perriers. — XVI. De Poule et du fief de La Fougières. — XVII. De Balmon et du fief V illion. — XVIII. De Claveysoles. — XIX. De La Mure. — XX. De Saint-Ni^ier-d' A^ergue et des fiefs de Fougières et du Bost.

Beaujeu, 59e paroisse en ordre se doit considérer en son château et en son bourg.

I. Le château est situé et élevé sur une petite montagne au-dessus du bourg, d'où, pour aller audit château, à cheval, il faut bien un bon quart d'heure de temps. Ce château est si ancien qu'on en a point de nouvelles et il faut croire qu'il était en très grande considération quand il a donné le nom à toute la province de Beaujolais, au temps que toute la France était partagée en autant de roitelets et seigneurs qu'il y avait de provinces et de villes considérables qui pussent tenir bon et faire tête à leurs voisins. C'était autrefois une forte place environnée de fossés et revêtue de cinq grosses et fortes tours bien flanquées et inaccessibles à la main, mais ce château-là et toutes ses fortifications

ont été démolis par ordre du roi, l'an 1611, sous le gouvernement de M. d'Halincourt, de peur que, dans une autre guerre civile, les ennemis du repos public ne vinssent à s'en emparer et à troubler celui de leurs voisins. Il s'appelait autrefois Beaujou, à cause de Jou qui signifie en langue celtique ou gauloise, colline ou montagnette et, par corruption d'un o en e a été appelé Baujeu et ensuite Beaujeu et le pays, Beaujolais. Il est environné de montagnes de tous côtés et je crois probablement que ce château fut donné par nos rois à quelque cadet de la maison de Flandre pour garder la frontière et réprimer l'insolence des seigneurs de Tourvéon qui étaient ennemis de la France, à cause de l'assiette de leur château qui n'est éloigné de celui de Beaujeu que d'une lieue et l'un et l'autre sur le grand chemin royal.

II. Le château d'aujourd'hui où est l'église collégiale, est un petit bourg, ceint de murailles qui enferment l'église et toutes les maisons des chanoines et autres habitants qui y demeurent, comme vignerons, boulangers et autres artisans, est séparé de l'ancien château par le fossé et l'avenue dudit château et s'appelle Pierre-Aigue, d'autant qu'il est posé et édifié sur la pierre ferme, et l'église semble pencher sur le bourg qui est au-dessous; car les seigneurs qui ont fondé ce vénérable chapitre n'avaient pas édifié l'église dans l'enceinte de leur château qui était plus propre à loger des canons qu'une église et des soldats que des prêtres. Il est, comme j'ai dit, séparé de l'ancien, bien commode, bien logeable, où il y a, au milieu de la place, une belle fontaine qui coule continuellement dans un beau bassin qui sert à abreuver les chevaux de MM. et le bétail des artisans. Il y a encore de fort beaux jardins dedans et au dehors.

L'église est fort belle et d'une agréable 1 structure, ornée de fort belles chapelles, de belles orgues, d'une riche sacristie, où il y a quantité de fort beaux ornements en quantité, la plupart desquels sont venus de la libéralité des princes qui y ont apporté du Levant de fort belles reliques, et entre autres de la croix de Notre-Seigneur. Le grand autel est très beau, au-dessus duquel, au lieu de rétable, sent quatre anges tout de bronze, à genoux et hauts de deux coudées qui soutiennent le tabernacle de même 2. Nul n'a permission d'y dire la messe

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