‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 170 sur 216 · L, T, C, B : chapitre au lieu de château. — 2. Brellie · texte numérisé non relu

L, T, C, B : chapitre au lieu de château. — 2. Brellie

une vigne à Durette; Gerberge, femme jadis de Roland de Montagny, leur donna trois moulées de vigne aux Etoux et le même Roland avec ladite Gerberge leur donnèrent pareillement un courtil, en la métairie de Bouinis; Atenulphe ' leur en donna trois en alleu, un au lieu de Thulon, l'autre en la paroisse des Etoux, et le troisième au-dessous qu'on appelle pratum juncativum.

Je ne m'étonne pas de tous ces bienfaits puisqu'ils en méritaient beaucoup plus par l'assiduité que ces messieurs ont au service de Dieu. Je puis dire avoir vu fort peu d'églises cathédrales ou collégiales où le service 2 soit mieux fait, et avec plus de modestie et de piété qu'en celle-là 3; aussi faut-il avouer qu'elle est conduite par un doyen qui mériterait de présider dans les premières églises de France pour son bon exemple et le bon ordre qu'il tient à bien faire desservir cette église.

Ce vénérable personnage s'appelle Antoine Garil, deuxième du nom, qui a succédé au doyenné à son oncle de même nom, l'an 1639, étant auparavant chanoine, par la démission de Nicolas Garil, autre sien oncle, fondateur de la chapelle de Notre-Dame de Pitié, pour laquelle il a assigné de très beaux fonds, situés en la paroisse de Saint-Didier et de Chanellettes.

M. le chantre s'appelle Biaise Claret, d'une fort bonne maison de qualité de Lyon ; les autres chanoines sont messires Philibert de la Varenne, reçu en août 1627, par la démission de Jacques Severt, son oncle, théologal de Lyon.

Claude du Rier, théologal, reçu en juillet 1634, par la mort de Claude Valeron 4, est aujourd'hui prieur et baron d'Auzy.

Claude Charreton de la Terrière, aumônier du roi, reçu le 27 septembre 1636, par la démission d'Hugues Charreton, son frère.

Jean Barjot, docteur es droits, reçu, en 1644, par résignation de Jean Barjot Ier.

Philibert Favre, seigneur du château des Cloux, en la paroisse d'Oudennas, reçu le 3 1 décembre 1646, par résignation de Bertrand de Au mort >.

1. L, T, C, V : Arnulphe; J : Alnuphe. — 2. L, T, C : office. — 3. La fin de cet alinéa manque dans le ms. V qui continue : « Il ne faut pas oublier ici les noms de plusieurs doyens, chantres et sacristains qui ont honoré cette église de leur assistance. V. p. 298. — 4. L, T, C, B : Vateron. — 5. L, T, C, B : Bertrand Aumont.

Jean Dubost, reçu le 30 mai 1659, Par dé-mission de Claude Bruchet.

Jean Pressavin ', le 23 juillet 1655, ensuite de la résignation d'Antoine Pressavin, son oncle, dernier sacristain dudit chapitre, et curé de Saint-Nicolas du bourg de Beau jeu.

Jean-Joseph Barjot, prédicateur et qui a très bien étudié en théologie, reçu le 29 octobre 1658, par démission de Jean-Baptiste Barjot, son frère aîné qui l'avait eu de Gaspard Eléonord Bridet, bachelier de la faculté de Paris.

Claude Thibaud, seigneur des Prés et de Thulon, reçu le 2 septembre 1667, ensuite de la résignation de Me Henry Muneret, doyen d'Aigueperse, son parent.

Jean-Baptiste Barjot, reçu le Ier avril 1670, par démission de Philibert Barjot, docteur es droits 2 qui mourut le samedi saint ensuite, 5 dudit mois et est décédé a Paris, au mois de décembre suivant, et sa prébende canoniale fut conférée, par le chapitre, à autre Jean-Baptiste Barjot, son parent, frère aîné de Jean-Joseph Barjot ci-dessus, le 24 desdits mois et an, qui l'avait déjà été auparavant et s'en était démis en faveur de son frère.

III. Il ne faut pas oublier ici les noms de plusieurs doyens, chantres et sacristains qui ont honoré cette église de leur assistance.

Durand, du temps de Bérard, évêque de Maçon et de Philippe Ier, roi de France, il est parlé de lui dans un acte d'un don que fait Suplicie, femme de Gérard de Vaureilles, d'un courtil à Bruillie, le XI des kalendes de septembre, en ces mots : Ego Suplicia, uxor Gerardide Vaureliis, dono unum curtilum prejatx ecclesiœ, situm in villa de Bruilliaco, eo tenore ut canonici faciant per singulos annos meum anniversarium. Actum manu Duranni decani Xlkal. sept., régnante Philipo Rege.

Gauceran, sous Louis le Gros, l'an 1117, Severt f° 125.

Etienne, dont est parlé en Severt, fol. 178, dans ses Evêques de Mâcon, et encore, au fol. 140, environ l'an 115 1.

Pierre de Thelis, doyen en 1235, fondateur de la chapelle de Sainte- Marguerite.

Hugo de Piseys, decanus Bellijoci, proenrator generalis ejusdem per

1. T, C, B ajoutent : mis en possession. — 2. L, T, C, B : et avocat.

totam terrain snam, dans une information de Tan 1244 touchant les hommages.

Guichard de Thelis, mentionné en un acte de l'an 1291, au mois d'octobre, auquel Humbert de Baysenens, clerc, fils de feu Etienne de Baysenens, chevalier, se dévêt de tout ce qu'il avait à Quincié en franc aleu, en faveur du chapitre et de Guichard de Thelis, doyen, et le reprit en hommage lige dudit doyen et chapitre.

Robert d'Amanzé, chanoine de Montbrison, étant lors juge de la cour de M. de Beaujeu, il était doyen auparavant, comme appert d'un autre acte du mois de mars 1289, auquel Josseran de Taney, chevalier, donne au chapitre, en pur alleu, tout ce qu'il avait es paroisses des Etoux, et les Arzillets et les reprit en fief et en hommage lige dudit chapitre. Ledit de Thelis est encore mentionné en un acte du mois d'avril de l'an 1277, autorisé par Me Ruffin, juge de la cour de M. de Beaujeu, auquel acte Rainier de Marchamp prend en fief de l'église de Beaujeu et de Guichard l de Thelis, doyen, tout ce qu'il tenait en biens et en hommes es paroisses de Marchamp et Chaveysoles. Il est encore mentionné en un acte du mois de mars 1296, après Pâques, autorisé par Courant Concorrèze, juge et bailli de la cour de M. de Beaujeu, ou Guichard Palatin, chevalier, qui demandait au chapitre qu'on eut à lui délivrer certaines choses qu'il demandait. Le même Guichard Palatin, au mois d'octobre de l'an 1269, sous Jean de Plaine Serre, juge de la cour de M. de Beaujeu, avait pris en fief lige du chapitre tous les servis, usages, domaines, droits et actions qu'il avait en la paroisse de Claveysoles, hormis le fief que tenait de lui Joceran d'Emeringes, chevalier, et en sa maison de La Douze, et Guichard de Thelis fut aussi juge de Beaujeu, comme il appert de plusieurs actes/.

En 1304, H. de Mailliac était doyen, comme appert de l'acte de l'union de la sacristie du chapitre a la cure de Saint-Nicolas, fol. 170 et 171, Se vert in Epis. Matisc. 3.

Pierre de Thelis, doyen, qui mourut en 1332, comme appert d'un acte inséré dans Severt, fol. 177, auquel an fut élu au chapitre Jean du Duc, doyen, Puis Pierre de Monceaux, comme appert d'un acte

1. B : Richard. — 2. J : Hugues Baudet, mentionné au chap. 6, des mines de Beaujolais, en 1304, H. de Mailliat était doyen. — 3. Le paragraphe suivant en déficit dans J.

dudit Severt, au même fol. des Évêques de Mâcon, en 1344. Après lui, fut doyen Jean Besson et ensuite Guillaume de Monceaux, puis Pierre Baudet, bachelier es loix, témoin nommé en la confirmation des privilèges de Villefranche, par Edouard II, seigneur de Beaujeu, l'an 1399.

Hugues Baudet, mentionné au ch. 6 des mines de Beaujolais.

Robert de la Goutte a fondé la chapelle de Saint-Michel au doyenné.

Jean de la Goutte, le 12 janvier 1499.

André Gontard, fondateur de la chapelle de Saint-Denis.

Claude de Mondor.

Nicolas de la Goutte, le 7 juin 1549, décédé le 14 avril 1554.

Guillaume Paradin, de Cuiseaux en Franche-Comté, le 27 ' novembre 1554, par le décès de son prédécesseur.

Antoine Garil Ier, le 30 juin 1589 2, par résignation de Guillaume Paradin, décédé le 18 janvier 1590.

Antoine Garil II, aujourd'hui vivant, reçu le 13 août 1639, par résignation de son oncle qui mourut le 30 janvier 1641 3.

Chantres de F église de Beaujeu. — Guichard de Verneys, Severt, fol.

Aimé de Montgiraud, chantre en 1288, Severt en ses Evêques de Mâcon, fol. 169.

Jean Gilles, fondateur de Saint-Nicolas, en 1288.

Pierre de Thelis, Severt fol. 171, au mois d'août 1311. Il l'était encore auparavant, en 1304, lors de l'union de la cure de Saint-Nicolas à la sacristie du chapitre.

Guichard d'Allant, chantre de Beaujeu en 1332 comme appert en Severt, fol. 177.

Aimé de la Bessée en 1352, fondateur de la Croix.

Pierre de Saint-Amour, en 137 1 4.

Vincent de Briandas, en 1396.

Guillaume Gayand, en 1493 s.

Jean Gayand, le 24 décembre 15 19.

Jean de la Bessée, le 13 novembre 1523.

Charles Gayand, le 23 juin 1525.

1. J : 12. — 2. J : 1580. — 3. J : 1644. — 4. Ces deux derniers manquent dans le mss. T, C, B. — 5. J : 1496.

André Charreton, fils de Claude, le 24 juillet 1544, par le décès de Charles Gayand qui fut le 9e janvier 1544 en suivant.

Jean de la Varenne, le 30 décembre 1590, par la mort d'André Charreton.

Claude Charreton, en 1591, par démission de Jean de la Varenne.

Hugues Charreton, le 24 décembre 1592, parla démission de Claude Charreton.

N Ponceton, en 1605.

Antoine Carrige \ en 1606, par démission de Ponceton; il est mort abbé de Joug-Dieu.

Philibert Carrige, le 10 septembre 2 16 17, par mort de Antoine Carrige.

Nicolas du Sardier, le . . . novembre 1644, par résignation de Philibert Carrige.

François du Sardier, le 3 avril 1649, par démission de Nicolas qui s'est marié, et ledit François s'est fait capucin.

François Carrige, le 30 septembre 1655, Par démission de François du Sardier.

Biaise Claret, aujourd'hui chantre, le 28 mars 1664, par résignation de François Carrige qui a épousé sa sœur.

Sacristains. — ■ Etienne de Montgiraud, sacristain de Beaujeu et commissaire enquêteur des causes, en la cour de M. de Beaujeu, est mentionné dans un acte du mois d'octobre 1285, par lequel Guy de Bos, chevalier, et sa femme Marguerite donnent tous les biens qu'ils avaient à Dompierre au diocèse d'Autun et à Saint-Bonnet-des-Bruyères au chapitre de Beaujeu et les reprennent en fief et hommage lige. Cet Etienne de Montgiraud fut un des premiers chanoines d'Aigueperse, en l'institution qui en fut faite par Hugues, évêque d'Autun, l'an 1288.

Robert de Tresmont mort le 18 des kalendes de février, Severt fol. 177.

Bernardus de Valle, en 1304, lors de l'union de la sacristie à la cure de Saint-Nicolas.

Pierre de Monceaux, sacristain, appert de Severt, fol. 177, en 1332.

1. L, T, C, B: le 10 septembre. — 2. T, C, B : Carrige en 1617.

Pierre Courtin quitta le 6 décembre 1497, appert de la chronologie de Severt in Episc. Maiisc, fol. 210.

Philippe Rosset, sieur d'Albin, reçu chanoine et sacristain par démission, le 16 décembre 1497.

Philippe de Rosset IL

Philippe Gayand.

Pierre Gayand, le 6 octobre 1557, par démission. *

Thomas Jardin, en septembre 1585, par mort de Pierre Gayand.

Thomas Mulot, le 9 juin 1600, par mort de son prédécesseur.

Antoine Pressavin, le 16 mai 1639 (par démission de Mulot, décédé le 12 octobre 1647) qui s'en est démis entre les mains du chapitre, le icr juillet 1664 et cette dignité a été depuis supprimée, le chapitre ayant pris charge d'en faire les frais et dépenses.

Au mois d'avril 1601, MM. du chapitre de Beaujeu donnèrent procuration pour comparaître à l'assignation à eux donnée de faire la foi hommage à M. le Duc et prier les officiers de les en décharger, attendu qu'eux ni leurs prédécesseurs n'y avaient jamais été contraints.

J'ai dit ci-dessus que la chapelle de Saint-Denis avait été fondée par André Gontard, doyen, et cependant il se trouve, dans le trésor de Villefranche l que ladite chapelle est de la fondation des seigneurs de Beaujeu, comme appert des lettres de Jean, duc de Bourbon, du 23 mars 1475, confirmatives des provisions de ladite chapelle fondée en l'église de Beaujeu, qu'ils avaient auparavant baillée à Jean Michel.

Il y a encore une autre fondation faite l'an 13 10, par Guiehard le Grand, seigneur de Beaujeu, d'une chapelle de Saint-Laurent, dans l'une des tours du château dudit Beaujeu, avec l'ordonnance qui en fut faite en la chambre des comptes de Beaujolais, en l'an 141 1 2, pour y faire célébrer le service divin, suivant l'intention dudit seigneur fondateur, ensemble des provisions de Mme Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais, en faveur de Nicolas Dubost, pour être l'un des vicaires de ladite chapelle de l'an 1499. Cette chapelle a été donnée par Mademoiselle en titre de fondation aux religieux du Tiers-Ordre, comme je dirai ci-après.

Jean de Bourbon donna ladite chapelle à Hugonet Baudet, bachelier

1. G. : fol. 152 du 3e vol. des enregist. — 2. G. : 12 et 13 fol. du 4e vol. des

en droit canon et doyen de Beaujeu, par lettres données à Villefranche le 7 janvier 1473 r.

La sacristie du chapitre de Beaujeu fut unie à la cure de Saint- Nicolas, le mercredi devant la fête de Saint- Clément de l'an 1304, par Nicolas, évêque de Mâcon, à la requête à lui présentée par H. de Mailiac 2 doyen, et Pierre de Thélis, chantre et le chapitre dudit Beaujeu, qui représentèrent à sa paternité que les revenus de la sacristie étant fort modiques, celui qui en était pourvu ne pouvait fournir à l'entretènement d'icelle, suppliant qu'il lui plût y unir la cure de Saint-Nicolas du bourg. A quoi annuant le susdit évêque ordonna que dorénavant, à perpétuité, ladite cure de Saint-Nicolas serait unie et annexée à l'office de sacristain du château qui devint pour lors dignité ou personnat qui aurait séance tant au chœur qu'au chapitre après le chantre, sauf les droits que ledit seigneur évêque a sur ladite cure, comme visite, correction et autres qu'il y avait avant cette union. Depuis quelques années, ladite cure a été désunie de ladite sacristie pour le bien du public, et par ce moyen éteinte, en sorte qu'il y a un chanoine au château sans titre de sacristain, et un curé à la ville ; ainsi, pour une personne il y en a deux qui augmentent le service de Dieu.

L'archiprêtré de Beaujeu a 75 paroisses, Severt, fol. 215.

IV. La ville ou bourg de Beaujeu est au-dessous du château et dans une grande rue qui contient près d'un quart de lieue, à prendre en venant de Belleville, montant le long de la rivière d'Ardière, on entre par la porte de l'hôpital qui est à main gauche de ladite rue, en entrant, et c'était autrefois le faubourg qui venait jusqu'à une autre porte où il y a une tour qui était autrefois les prisons du seigneur de Beaujeu, et qui sert aujourd'hui de colombier, appartenant au sieur président Carrige, ensuite on rencontre l'église paroissiale de Saint-Nicolas, toujours à main gauche, car l'autre côté de la rivière est borné de la montagne des Andilliés 3 et de Gonty et, au-dessous, il n'y a que quelques moulins et la blancherie de M. de Bussières, procureur du roi en l'élection du pays; puis, le long du grenier à sel, chez M. le président Dubost, de là au marché et aux halles jusqu'au pont de Paradis qui

1. G : vol. III du coffre 9. — 2. L, C, B : Mailliac ; G : Severt, fol. 169, 170 ; T : Maillac ; J : Mailla. — 3. L, T, C, B, J : Andilles.

conduit au château. De ce carrefour, on monte jusqu'à la Pescherie qui appartient au sieur chanoine Favre et qui a partie de sa maison faite en pont d'un travers de la rue à l'autre comme si c'était une porte de ville, sous laquelle il faut passer pour aller à la boucherie qui est une halle couverte tout au travers de la rivière, laquelle appartient au sieur chanoine Barjot, comme héritage de ses ancêtres. Plus avant, on rencontre le pont neuf d'où la ville se fourche en deux rues, dont celle que j'ai décrite continue jusqu'au pont de la Chevroterie proche la chapelle des Pénitents Blancs, dans la place qu'on appelle la Buerie, c'est-à-dire où l'on vend des bœufs et toute autre sorte de gros bétail, les jours de marché, qui sont tous les mercredis de l'année ; du côté des Pénitents Blancs et outre leur chapelle, il n'y a plus de maisons, sinon des jardins et prairies pour les teinturiers qui sont de l'autre côté de la rivière et qui la traversent par dessus des planches qui joignent de leurs maisons aux dits jardins, lesquelles maisons et teinturiers sont de l'autre côté, dans une grande rue qui prend à main gauche de la rivière dessous le château et fait face d'un côté et d'autre, depuis la chapelle de Saint-Damien qui appartient à la famille des Garils qui y ont leur maison joignant et va jusqu'aux moulins et blancheries, de sorte que si cette grande rue était coupée en quatre elle ferait une médiocre ville, et tient-on qu'il y a beaucoup plus de monde à Beau jeu qu'à Villefranche, c'est ce qui fait que Beaujeu demeure bourg, pour ne pouvoir être fermé de murailles étant la première rue en venant de Belleville toute ceinte et environnée de montagnes qui produisent de très bons vins mais aussi qui portent beaucoup d'incommodité a la ville par les ravines d'eau qui charient beaucoup de sable qu'il faut nettoyer de temps en temps, autrement la ville se trouverait à la fin ensablée comme est déjà l'hôpital et la porte de la ville y joignant qu'on ne peut passer à cheval, à moins que de baisser la tête ; l'autre rue, qui est dessous le château, n'y est pas si sujette, à cause que l'eau qui vient des montagnes s'écoule par un grand ruisseau qui tombe dans la rivière au-dessous du pont Paradis de sorte que la rivière partage la ville, savoir une moitié du côté droit en montant le long de la rivière et l'autre moitié du côté gauche.

Ce qui est à la droite de la rivière était autrefois de la paroisse des Etoux, et ce qui est à gauche de celle du château ou de Saint-Jean, et

la paroisse de Beaujeu n'était, en ce temps-là, qu'annexe de celle des Etoux ; c'est pourquoi ladite paroisse de Beaujeu n'a aucun terroir, sinon quelques jardins et fort peu dans l'enclos des maisons et le curé n'a que ses habitants, comme celui de Villefranche, qui n'a que l'enclos de ses murailles, recevant portion congrue de MM. du chapitre qui sont curés primitifs et décimateurs des Etoux dont Beaujeu dépendait autrefois, ne faisant qu'une paroisse comme ils font encore aujourd'hui depuis que la maîtresse paroisse des Etoux est devenue servante de sa servante, c'est-à-dire qu'elle est devenue annexe de Beaujeu, au lieu qu'auparavant Beaujeu était annexe des Etoux. On dit que ce fut le pape Innocent II qui, s'étant réfugié en France, fuyant la persécution de l'antipape Anaclet, s'en retournant à Rome, passa par Beaujeu où, à la prière du prince Guichard II, il consacra l'église de Saint-Nicolas et la rendit maîtresse paroisse de celle des Etoux. J'ai traité de cela au chapitre V des princes de Beaujeu, en Guichard II. Dans cette église, il y aune société de six prêtres avec le curé et 17 autels ou chapelles.

D'où vient qu'on ne saurait dire de quelle qualité est le terroir de Beaujeu puisqu'il n'en a pas, mais on peut dire qu'il n'y a rien d'infructueux autour du château qui est tout plein de bons vignobles du côté du matin, aussi bien la montagne qui couvre Beaujeu du côté du midi ; le reste de la vallée, en tirant vers Belleville, est pays médiocre en blé et en vins, il y a de bonnes prairies et des noyers; du côté d'en haut et des Ardillats n'y a rien et c'est tout pays de montagnes.

L'an 1543, les habitants du bourg, voyant que les guerres recommençaient plus fort que jamais entre François Ier et Charles V, résolurent de fermer leur bourg et de le joindre au château qui n'était pas encore démoli en ce temps-là et où il y avait garnison et morte paye. Ils obtinrent lettres patentes du roi pour cet effet, mais comme ils n'avaient pas bien pris garde, à ce que dit l'Evangile, d'un homme qui se mit à bâtir sans auparavant avoir prévu et considéré les dépenses qu'il lui fallait faire devant que son ouvrage fut à perfection, il leur en arriva autant. Ils obtinrent, à cet effet, lettres du roi et firent tirer des perrières grand nombre de pierres à grand frais, mais, après avoir bien considéré que toute la grande dépense qu'ils avaient faite n'était pas suffisante pour jeter les fondements de leur grande entreprise, ils en laissèrent l'exécution à ceux qui viendraient après eux.

Hist. du Beaujolais. 20

Je tiens ceci de M. Paradin qui l'a laissé par écrit que l'on verra aux preuves.

Guichard IV ', seigneur de Beaujeu, fils d'Humbert connétable, leur accorda de fort beaux et amples privilèges, au mois de mars 2 1260, presque semblables à ceux de Villefranche, qui furent confirmés par M. Henry de Bourbon, duc de Montpensier, le 10 juin 1603 5.

L'an 1485 et le mercredi 10 avril, le roi Louis XI vint à Beaujeu et logea chez Guillaume Barjot, comme font foi ces mots tirés des archives du chapitre, Anno Domini 148 j et die Mercurii décima Aprilis, dominus Ludovicus rex undecimus Bellijoci applicuit hospilatusque fuit in domo magistri Guillelmi Barjati, secretarii hujus eclesiœ, mais il y a faute à la date, puisque Louis XI mourut deux ans auparavant, savoir en l'an 1483. Il est plus probable de croire ce que dit Mathieu, au livre X de l'histoire de ce même roi, qu'au retour de Saint-Claude, l'an 1482, étant à Beaujeu en Beaujolais, il y reçut la nouvelle de la mort de Marie de Bourgogne, femme de l'empereur Maximilien Ier. Cette maison appartient au sieur président Dubost et on y nomme encore la chambre du roi.

La seigneurie, terre et prévôté de Beaujeu ayant été vendue par les sieurs commissaires, députés par le roi pour aliéner son domaine à Me Antoine Escoffier, ledit Escoffier en fit cession et transport à Guillaume Barjot, écuyer, seigneur de La Palu et d'Avenas, le 18 décembre 1543, laquelle vente fut confirmée par lesdits sieurs commissaires, le 2 avril de la même année avant Pâques, audit Barjot seigneur de La Palu et d'Avenas, au moyen de la susdite cession qui lui avait été faite par ledit Escoffier, avec ses appartenances et dépendances, sans en rien réserver, sauf les foi et hommage, fidélité et ressort, ce qui fut confirmé par lettres du roi, le 3 mai 4 1544 5. Mais, l'an 1549 au mois d'octobre, les officiers dudit Barjot ayant emmené un chanoine du château prisonnier, par le milieu du marché, au grand scandale de l'état ecclésiastique, cette affaire ayant été poussée, ledit Barjot perdit sa juridiction par arrêt donné aux grands jours à Moulins, le 1 3 octobre 1 5 50, au profit des sieurs doyen, chanoines et chapitre de Beaujeu contre ledit sieur Barjot, sei-

1. T: je dis IV. — 2. L, T, C, B : février. — 3. G: fol. 327 du 8e vol. des enregist. — 4. L, T, C, B : mars. — 5. G : 1444.

gneur de La Palu, auquel la justice de la prévôté, terre et seigneurie de Beaujeu avait été vendue, à faculté de rachat perpétuel, par les commissaires du roi. Par lequel arrêt fut dit que tant que ledit Barjot tiendrait la haute justice de Beaujeu, lesdits doyen, chanoines et chapitre seraient exempts d'icelle et iraient plaider pardevant le juge présidial du siège de Beaujolais, ou son lieutenant à Villefranche. On verra aux preuves ce qu'en a laissé par écrit le susdit sieur Guillaume Paradin, doyen dudit Beaujeu.

M. le Duc a, depuis, racheté ladite justice, l'an 1564, de Philibert Barjot, seigneur de La Sale, procureur du roi au bailliage de Mâconnois et, l'an 1 5 83 , M. le duc de Montpensier en a fait une châtellenie à laquelle répondaient autrefois Beaujeu, Les Etoux, Saint-Jean-du-Château, Saint-Didier, Vernay, le Clos de Verie, Cercié, Durette, Lantignié, Claveysoles, Saint-Nizier-d'Azergue, Saint-Vincent-de-Rain, Pôle, Ouroux, Montsoux, etc., et aujourd'hui Beaujeu, Les Etoux, Saint- Didier, Vernay, Poulie, Ouroux en partie, Lantignié, Montsoulx, Claveysoles, partie de Saint-Nizier-d'Azergues, partie de Saint-Vincent-de- Rain, partie de Saint-Bonnet-de-Troncy, partie de Balmont, partie de Saint-Igny-de-Vers, outre quoi les greffes des lieux et paroisses de Regnié, Durette, Les Ardillats, Channelettes, Saint-Jacques-des-Arests sont de Mademoiselle quoique les seigneurs desdits lieux aient la justice et leurs officiers.

Lesdits sieurs commissaires du roi vendirent encore les greffes de ladite prévôté de Beaujeu, le premier février 1552, à M. Claude de la Font, sous la condition de rachat perpétuel.

Dans ladite châtellenie les lods et ventes sont appréciés au denier trente et le feu à six écus.

Il y a deux échevins pour l'administration des affaires de la ville qui demeurent un an en charge. Il est vrai qu'ils sont quelquefois augmentés et diminués selon l'exigence et la nécessité des affaires ; on les nomme d'ordinaire le premier dimanche après la Toussaint et, l'an 1637, le dimanche 8 novembre, auquel jour on a coutume de les nommer furent nommés François d'Aigueperse et Amy Chabaud et, après avoir prêté le serment, vu et considéré les affaires , requirent, le dimanche treizième décembre suivant, de leur donner un troisième échevin, à cause du temps calamiteux des guerres auquel deux ne pou-

vaient suffire. L'affaire mise en délibération fut nommé Antoine Giron, pour troisième et, l'année 1638, en furent nommés quatre : Jean de Monthieu, Jean de Courcenay, Jean Soler et Bertrand Chassaigne qui fut nommé quatrième échevin, par acte particulier, et le dimanche 6 novembre 1639, furent nommés Pierre Denis, Guillaume Mullin et Jacques Millard; mais, le neuvième en suivant, ils demandèrent l'assistance d'un quatrième échevin qui leur fut accordé sans conséquence, et ce fut André Chabert ; ce qui fut continué les années 1640 et 1641 ; mais l'année 1643, ils furent réduits à trois, ce qui continua jusqu'en l'an 1650 qu'ils furent remis à deux, savoir Jacques de la Place et Antoine Malon, et le dimanche 18 novembre 1661, sous la présidence de M. Pierre d'Aigueperse, seigneur de L'Avergnat, lieutenant en la juridiction et prévôté de Beaujeu, fut représenté de n'en nommer qu'un qui demeurerait deux ans pour instruire celui qui viendrait avec lui et fut nommé, avec Jean Moiroud ancien, Aimé Parier, pour deux ans; ce qui ne continua pas longtemps, puisqu'en 1663, ils furent remis à l'ancien ordre.

Comme les échevins n'ont point permission d'imposer deniers communs pour les affaires de la ville, ils se servent d'un stratagème qui est assez spirituel. Ils savent ce que doit porter chaque année la taille qui leur est envoyée par les élus et, lorsqu'ils doivent faire le rôle ils tirent des billets de plusieurs aisés qui seraient par exemple imposés trente écus, plus ou moins, chacun sa portée et les mettent sur le rôle pour vingt et trente sous, et encore, pour avoir plus facilement ce payement, leur quitte un sou pour livre et tirent billet du reste en argent comptant et ce que celui supporterait ils le jettent sur un misérable, et ainsi ils tirent plusieurs billets jusqu'à la concurence de quinze ou seize cent livres, plus ou moins, selon qu'ils en ont besoin de peu ou de beaucoup, ce qui ruine le collecteur ou leveur, en ce que les échevins ayant écume pour eux ce qui est le plus liquide denier, à quoi tous les aisés sont d'accord à cause qu'ils entrent tour à tour dans la charge et ainsi ont part au gâteau. Le pauvre leveur est contraint de perdre le plus souvent la moitié de sa cueillette, ayant affaire à des misérables qui n'ont pas seulement de la paille pour se coucher et qui n'osent pas encore se plaindre, et ce qui est encore pis est qu'il faut que tous ces pauvres gens logent tous les gens de guerre, les

riches en étant exempts par cette contribution qu'ils avancent aux échevins, ou, s'ils en logent, ce sera quelque officier sur qui ils profiteront des rations de son étape.

Il y a encore un collège de deux classes, pour le revenu duquel il y a une prébende du chapitre affectée.

Il y a quatre bonnes foires : le lendemain de Saint-Nicolas d'hiver, et Saint-Nicolas d'été, et deux autres en carême savoir : le premier jour et l'autre le mercredi de la mi-carême.

L'an 1564, il y eut une émeute populaire audit bourg, en laquelle fut tué le prévôt de la maréchaussée de M. le maréchal de Bourdillion et son lieutenant, en la maison des Pâtissiers et un soldat, archer dudit prévôt, et fut aussi tué d'une pistole dame Benoîte de la Bruyère, femme de M. Antoine Charreton, laquelle était dame de grande vertu, et de ces meurtres le bourg de Beaujeu en a eu grandement à souffrir depuis.

L'an 1573, il y eut grande mortalité audit bourg dont moururent presque tous les habitants de faim et de peste.

Il y a un grenier à sel qui avait autrefois ses officiers qui ont été depuis supprimés.

L'an 1589, la ville fit union avec le château pour s'opposer aux courses des ennemis du repos public, ils sont quatre-vingt-onze signés, tant chanoines prêtres de la ville qu'autres plus considérables habitants. Voici les articles de l'union jurée et promise par lesdits chanoines, consuls et habitants du château et bourg dudit Beaujeu.

« Premièrement, nous promettons à Dieu, sa glorieuse mère, anges saints et saintes du paradis de vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, et y employer nos vies jusqu'à la dernière goutte de notre sang, espérant que Dieu qui est seul scrutateur de nos cœurs nous assistera en une si sainte résolution, en laquelle nous protestons n'avoir d'autre but que la manutention et exaltation de son saint nom et protection de son Église, à l'encontre de ceux qui, ouvertement et par moyens occultes, s'efforcent l'anéantir et maintenir l'hérésie et la tyrannie.

« Jurons aussi de tendre de tout notre pouvoir et puissance à la conservation de la ville de Lyon, établissement d'un bon et assuré repos en icelle et des autres villes et communautés de ce gouvernement, à la décharge du pauvre peuple.

« Conserver les marchands des nations étrangères et autres, fréquentant les foires de ladite ville, en leurs privilèges et tenir la main à ce qu'ils puissent négocier en toute sûreté et ne souffrir qu'il leur soit fait aucun mal ni déplaisir.

« Jurons pareillement de nous maintenir en bonne intelligence avec les princes, prélats, seigneurs, gentilshommes, habitants tant de ladite ville de Paris, capitale de ce royaume que des autres villes qui sont unies ou s'uniront ci-après pour un si bon et saint sujet et ne permettre qu'il soit fait ou attenté par deçà aucune chose qui leur puisse tourner à déplaisir ou porter préjudice de l'union faite le 20 janvier 1589; ains de nous opposer, de tous nos pouvoirs et moyens, à ceux qui les voudront entreprendre.

« Ne recevoir commandement de qui que ce soit, sans nul excepter, soit par écrit ou de vive voix qui porte préjudice à ladite union.

« Nous voulons maintenir et entretenir de point en point l'édit d'union publié es cours de parlement de ce royaume, juré solennellement par le roi en l'assemblée générale des Etats et, depuis, par lesdits Etats, établi pour loi fondamentale du royaume et de n'assister de nos personnes ceux qui l'ont violé et faussé la foi promise auxdits états.

« Promettons et jurons aussi ne nous abandonner les uns et les autres et n'entendre à aucun traité sinon d'un commun consentement de tous lesdits princes, prélats, gentilshommes, villes et communautés unies.

« Prions tous les seigneurs, gentilshommes, villes et communautés de ce gouvernement s'unir avec nous en cette si sainte résolution, leur promettant de notre part toute assistance en ce qu'ils en auront besoin. Signé, Paradin, Charreton, etc. »

L'an 161 1, Jean Gauvain, fermier des aides, huitième et ancien subside au pays et élection de Beaujolais, voulut faire payer les cinq sous d'entrée pour muids de vin en la ville de Beau jeu, sur quoi il y eut arrêt de la cour des Aides, le 29 août audit an, en faveur des habitants de Beaujeu contre ledit Gauvain, appellant d'une sentence donnée par les élus dudit Beaujolais pour le fait desdits cinq sous d'entrée. La cour, faisant droit sur l'instance principale, déclara lesdits habitants de Beaujeu francs et exempts du droit des cinq sous d'entrée pour muid de vin et condamna ledit Gauvain aux dépens de l'instance, etc.

V. — J'ai dit ci-dessus qu'il y avait une confrérie de Pénitents Blancs dans la ville, sous le vocable du très Saint-Sacrement de l'autel, laquelle est fort bien régie et gouvernée par ceux qui ont la direction, elle fut instituée et érigée, l'an 1658 1 et le mardi 19 mars, jour de Saint-Joseph, par le révérend père Pacifique du Mayet, capucin, et par permission de M. Jean de Lingendes, évêque de Mâcon, dans l'église paroissiale de Saint-Nicolas de Beaujeu, où les confrères ont fait leurs offices et dévotions, jusques au 8 décembre 1664, qu'ils les commencèrent dans leur église où ils sont à présent, de laquelle M. Antoine Garil, doyen dudit lieu, fit la bénédiction le même jour, par la permission qu'il en avait dudit seigneur évêque.

Les Pénitents se sont tous cotisés pour contribuer et ont acheté et payé trois maisons et un jardin, en la plus grande desquelles ils ont bâti ladite église.

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VI. Établissement du couvent des révérends pères du tiers-ordre de Saint François à Beaujeu. — L'an 1626 et le dimanche 18 janvier, fut proposé par les échevins que la communauté était priée, par les révérends pères du tiers-ordre, pour établir un couvent de leur ordre audit Beaujeu, moyennant qu'il plut à ladite communauté leur remettre les rentes et revenus de l'Hôtel-Dieu de Beaujeu pour aider à leur entretènement, sans que les habitants fussent tenus de leur donner place ni leur bâtir couvent, fors le présent qu'il leur plairait faire de la maison et chapelle de l'Hôtel-Dieu pour leur entrepôt seulement, jusqu'à ce qu'ils eussent bâti leur couvent et église, etc. Les recteurs de l'Hôtel-Dieu ayant formé opposition comme procureurs des pauvres, fut dit qu'il serait baillé à perpétuité, audit ordre de religieux résidant audit Beaujeu, la somme de cent soixante livres de rente annuelle qui serait prise sur les revenus et plus clairs deniers dudit Hôtel-Dieu, à la charge qu'ils seraient tenus de prier Dieu pour les âmes des bienfaiteurs dudit Hôtel-Dieu et de ladite communauté, laquelle, moyennant ce, ne serait tenue de leur fournir aucune place ni bâtir leur église et couvent, sauf qu'ils consentaient que lesdits révérends pères se logeassent dans les deux chambres et chapelle y joignant, le cellier dessous et jardin, jusqu'à ce qu'ils

eussent bâti leurdit couvent, et ce sous le bon plaisir de M. l'évêque de Mâcon et de Mademoiselle, dame et baronne cludit Beaujeu; en suite de ce, le 10 septembre audit an, en l'hôtel de M. François de Bussières, docteur es lois, prévôt et juge de Beaujeu et ressorts, pour Mademoiselle la duchesse de Montpensier, les échevins et la plupart des habitants assemblés, comparut en ladite assemblée révérend père Clément de Bresse, religieux du Tiers ordre de Saint-François, au couvent des Pénitents de Saint-Louis de Lyon, commissaire député en cette partie par ledit ordre, assisté de frère Isidore de Lyon, aussi religieux dudit ordre, lequel remontra auxdits échevins et habitants qu'à cause de leur passage par ledit Beaujeu pour aller et venir souventes fois dudit Lyon en leurs maisons de Charolles et Digoin, et de là audit Lyon, ils sont contraints requérir la charité et leur retraite en diverses maisons desdits habitants, lesquels ils craindraient s'en attiédir à la longue, occasion qui les aurait déjà ci-devant fait supplier ladite communauté leur permettre d'y venir s'établir audit Beaujeu et de leur vouloir fournir à tout le moins un hospice et, par manière de prêt, la chapelle de Notre-Dame de l'Hôtel-Dieu dudit lieu, avec la maison joignant pour y établir leur première retraite et planter la croix jusqu'à ce qu'ils pussent fonder et bâtir audit lieu. Ce qu'ils auraient appris leur avoir été concédé charitablement par lesdits habitants, avec la somme de cent soixante livres de rente annuelle à prendre sur les deniers dudit Hôtel-Dieu, mais parce qu'il serait venu à leur connaissance que le recteur dudit hôpital aurait formé opposition et que l'intention des religieux n'est pas de vouloir faire aucune chose contre le gré et volonté desdits habitants ni de faire aucun préjudice aux revenus desdits pauvres, ledit révérend père de Bresse déclara à ladite assemblée qu'il renonçait pour ledit ordre audit don à eux fait de ladite rente annuelle et perpétuelle desdites 160 1. et ne s'en vouloir servir, ni l à l'avenir quereller, consentant que ledit don demeurât nul, comme non fait ni advenu, toutefois qu'il priait les échevins et habitants leur vouloir prêter ladite maison et chapelle pour tel temps qu'il plairait à ladite communauté, ce qui fut accordé pour six ans, à la

i. L, T : aider; V, C, B, J : et ne vouloir s'en servir ni aider, demander, ni quereller à l'avenir.

charge d'en user en bons pères de famille, et sans en payer louage, pendant lequel temps ils pourraient loger et bâtir là où ils voudraient, sans que la communauté fût obligée à aucune chose, le tout sous le bon plaisir de mademoiselle de Montpensier, à laquelle dame ils présentèrent puis après leur requête au nom des habitants dudit Beaujeu.

Ensuite, sur la requête présentée à S. A. Mgr le duc d'Orléans, frère unique de Sa Majesté, par lesdits religieux nouvellement établis, contenant que S. A., par ses lettres patentes du 5 décembre 1626, pour faciliter leur établissement en ladite ville, sadite Altesse leur aurait donné et accordé, pour le temps et espace de six ans, la somme de 40 1. par an, pour servir la chapelle des prisonniers de ladite ville, à la charge d'y dire et célébrer la messe les dimanches et fêtes de commandement, devant lesdits prisonniers et de leur administrer les saints sacrements et que dans ledit temps ils espéraient d'avoir une place commode pour s'établir entièrement en ladite ville et y faire bâtir un couvent, suppliant très humblement, pour leur en donner le moyen et perpétuer leurdit établissement en icelle, leur vouloir donner ladite somme de quarante livres, à perpétuité, à la charge de faire le service accoutumé en ladite chapelle à ce destinée, devant lesdits prisonniers, et même, comme leur principal revenu consiste en la besace, il plut à S. A. leur permettre de faire la quête tant dans ladite ville qu'es lieux circonvoisins, remontrant en outre que le château dudit Beaujeu ayant été, par le commandement de S. M., abattu et démoli, les pierres se gâtaient et rompaient par les gelées et orages et emportées par les premiers qui en avaient besoin, et qu'autrefois, dans l'enceinte dudit château, il y avait une chapelle, bâtie et fondée par les anciens princes dudit Beaujeu, appelée la chapelle du prince, toute ruinée et démolie, où le service ne peut être fait, bien qu'il y eut des rentes affectées et destinées pour la desservir, suppliant très humblement S. A. leur vouloir permettre de prendre lesdites pierres de la démolition dudit château pour aider à la construction de leurdit couvent et transférer ladite chapelle ruinée, dite la chapelle du prince, en l'église que eux dits religieux entendaient faire bâtir et, vacation avenant d'icelle, les revenus et les rentes affectés à ladite ancienne chapelle soient annexés à ladite église, qui, à cause de ce, comme étant bâtie au lieu d'icelle,

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porterait le nom d'église ou chapelle du prince, avec leurs titres, éloges

et armes de sadite altesse et les marques de la restauration d'icelle, et en laquelle ils feraient des prières pour la prospérité et grandeur de S. A. et pour le repos de l'âme de feue Madame, et de celles des anciens princes dudit Beaujeu. S. A., en considération des prières des habitants dudit Beaujeu qui l'en avaient suppliée, approuvant d'autant plus leur établissement en icelle, leur donna, à perpétuité, ladite rente de 40 1. destinée pour la messe des prisonniers, etc., et encore, pour faciliter le moyen de faire bâtir un couvent, de prendre les ruines et démolitions dudit château de Beaujeu, avec défenses à toutes personnes de prendre ni enlever aucunes pierres sans l'expresse permission de S. A. et même, vacation avenant de l'ancienne chapelle qui était dans ledit château, S. A. l'a transférée et transfère en l'église que lesdits religieux feront bâtir, à la charge qu'elle portera le nom de la chapelle du Prince, au lieu de ladite ancienne, etc., et, à cet effet, a annexé et annexe le revenu et rentes affectés en ladite ancienne chapelle à l'église desdits religieux, à la charge par eux d'y faire des prières, etc., et encore leur a permis de faire la quête, etc. Fait au conseil de Monseigneur tenu pour ses finances à Paris, le 22 juillet 1627, signé Goulaz, lesquelles furent enregistrées au livre du bailliage de Beaujolais en suite de l'ordonnance de M. César Rétis, lieutenant particulier, le dernier mars 1631, signé Cordier, commis, en suite des lettres de jussion de M. le duc d'Orléans, adressantes au bailli de Beaujolais de les faire exécuter de point en point, données à Paris le 9 août 1627, signé Gaston, par monseigneur, Goulaz.

Il ne faut pas passer ce chapitre sans faire mention d'une belle cérémonie qui se fait au chapitre tous les ans le jeudi saint, le doyen, accompagné des diacre et sous-diacre, tous revêtus des mitres, chapes et dalmatiques, lave les pieds à treize pauvres à qui on donne une bonne aumône, ensuite de quoi le théologal fait une docte prédication sur la dignité du sujet, laquelle étant finie ledit sieur doyen procède à la bénédiction des pains qui sont d'ordinaire de mille à douze cents qu'on distribue ensuite à la porte du château à tous ceux qui ont assisté à la prédication. Les portes du château fermées, hormis le guichet de la principale par où chacun passe et reçoit un pain bénit.

VII. Les Estoux, 60e paroisse. — Est une annexe de la paroisse de Beaujeu et du ressort de sa châtellenie, du diocèse de Mâcon,en assez maigre pays, porte pourtant bons vins et quelques blés, le chapitre de Beaujeu en est curé primitif et décimateur in solidum, et y va en procession du château, en corps, avec la mitre, faire les fonctions de curé du château, le jour de Saint-Martin, patron de ladite paroisse, et le mardi des Rogations.

Le tellement de Malleval l est en cette paroisse, comme appert de la vente qui en fut faite par M. le cardinal de Tournon, l'an 1537, le 6 octobre. Voyez ci après Quincié.

Du temps du roi Philippe Ier et de Durand, doyen de l'église de Beaujeu, il y avait un seigneur des Étoux, comme je vais faire voir par un acte d'une femme qui fait don au chapitre de trois moulées de vignes, où il est dit, dans l'acte qui est aux preuves, qu'elle avait été contrainte de les prendre à cens d'Etienne des Etoux, chevalier, et de sa femme Vandelmode; le mari de cette femme donna pareillement, audit chapitre, un autre courtil, comme l'acte suivant fait voir, et un nommé Atenulphe leur donne pareillement trois courtils qu'il avait au lieu de Thulon et aux Etoux, etc.

VIII. Quincié, 61e paroisse. — Moyen pays qui porte blé et vin, c'està-dire les vins y sont excellents, mais le terroir n'en produit pas beaucoup. Cette paroisse est du diocèse de Lyon, dépendant du prieur de Saint-Nizier et de la nomination du prieur de Charlieu ; le seigneur marquis de Varennes en perçoit les dîmes avec le prieur et le curé pour un sixième.

Appartient en partie au seigneur Joseph-Alexandre Nagu, marquis de Varennes, a cause d'un château dans ladite paroisse qui porte ce nom et dont il est seigneur en toute justice; il est fils de Roger de Nagu, chevalier, marquis de Varennes, seigneur de Belle-Roche, Marzé, baron de Longecour, seigneur de Foreins, Ter-le-Haut, Ter-le-Bas, chevalier au parlement de Bourgogne, gouverneur d'Aigues-Mortes et Tour-Carbonnière, maréchal de camp des armées du roi, qui était fils de François Nagu etc., chevalier des ordres du roi et maréchal

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