L, T, C, B, J : écuyer
du temps disent qu'un Barjot, conseiller d'état, accompagna le roi Charles IX, tenant son lit de justice nu parlement de Bordeaux, le 13 avril 1554 J ; le puîné fut seigneur de La Salle et lieutenant général au bailliage de Maçonnais.
J'ai dit que le château de La Palu est un fief dans ladite paroisse de Quincié qui appartient au sieur Dorcières, gentilhomme dauphinois, qui a partie de la justice dudit Quincié.
L'an 1593 et le 7 février, à Paris, le seigneur de Varennes Nagu, gouverneur de Mâcon et pays Maçonnais, obtint, du duc de Mayenne, la confiscation des biens et fruits de La Palu, à cause que le seigneur était huguenot ; il l'avait auparavant donnée au sieur de Longe- Court, gendre dudit sieur de La Varenne, qui l'eut par le décès de sondit gendre 2.
Dans ladite paroisse est le prieuré de Saint-Nizier-Lestra, de l'ordre de Cluny et membre du prieuré de Charlieu, où il y a eu autrefois des religieux ; la maison est maintenant ruinée depuis les troubles de la religion et ce prieuré est possédé par le seigneur comte de Varennes qui donne tous les ans, par transaction avec le prieur de Charlieu, 400 livres, à cause de la jouissance et dépendance du prieuré de Saint- Nizier.
Il y a encore une maison de La Roche à Quincié, tenue par le sieur de Chandieu, appartient au seigneur de La Palu. Voyez Proprières, paragraphe 58 3.
IX. Marchampt, 62e paroisse. — Est une annexe de Quincié, du même diocèse de Lyon, en assez pauvre pays, appartient au même seigneur marquis de Varennes qui en a partie des dîmes avec le prieur de Charlieu, qui en est patron, et le curé un sixième.
X. Durette, 63e paroisse. — Petite paroisse et maigre pays, du diocèse de Mâcon, le curé de laquelle dîme partout, à cause qu'elle est de petite étendue ; et ce par abandonnement du prieur de Saint-Mamert qui a la collation de la cure dépendant de Cluny.
Il y a un château nommé Lapierre, qui appartient au sieur Sarazin, conseiller au parlement de Grenoble, qui a la justice de la paroisse, à
1. G. : 1654. — 2. G : fol. 123 du 8e vol. — 3. G : Saint-Jean de Seigna entre Marchampt et Quincié à enquérir.
cause du château de Durette ou Tour-Bourdon, mais le greffe est à Mademoiselle.
Dénombrement du dernier mars 1557 r par noble Antoine de Nagu, pour la maison de Durette. Autre, du 8 mai 1601, par noble Antoine d'Ars pour ladite maison.
Dans les archives du chapitre sont ces mots : Humbertus et Siephanus de Pruvencheriis donaverunt beatœ Maria BeUijocensi unam vineam apud Duretam, pro Philipo fratre suo, quem canonici in sua societate receperant. Il n'y a point de date et je crois que c'était du temps de Philippe Ier, roi de France, et de Guichard Ier de Beaujeu, à cause de plusieurs actes qui ont conformité à celui-là.
XI. Reignié, 64e paroisse. — Du diocèse de Mâcon, entre bon et mauvais pays, dépendant du chapitre de Saint-Vincent dudit Mâcon à qui appartient le dîme, et, la collation de la cure 2, au seigneur évêque.
La seigneurie appartient à noble Jacques Charreton, chevalier, seigneur de La Terrière et de Reignié, conseiller d'état ordinaire, jadis lieutenant général au bailliage de Beaujolais, fils de Me Claude Charreton, seigneur desdits lieux, lieutenant général au même bailliage, et petitfils d'Hugues Charreton, trésorier de M. le duc de Montpensier, élu en l'élection de Beaujolais, mort en 1605, qui avait épousé Françoise de Grandris, de laquelle il avait eu, outre le susdit Claude, André, Hugues et Toussaint, conseiller au parlement de Dombes.
André fut baron de Marolles et conseiller au parlement de Paris, qui laissa Louis, premier président aux requêtes du palais.
Hugues, frère d'André, a laissé une fille, Philiberte, mariée au sieur Renouard, à Paris.
Le premier, Hugues, était fils de Claude Charreton et de Françoise Barjot de la Palu, lequel Claude était fils d'Antoine Charreton, seigneur de La Terrière, intendant de la maison de Charles de Bourbon, connétable de France, et, après la mort de François Ier, il fut maîtred'hôtel de la reine Catherine de Médicis, et était fils de Guillaume, intendant de la maison des seigneurs de Beaujeu.
Le greffe de ladite paroisse appartient à Mademoiselle, néanmoins
1. C : 1537. — 2. V : « à qui appartient la dime, mais l'évêque a la collation de la cure. » Le reste de l'article manque.
Hist. du Beaujolais. 2t
M. de la Terrière en a pourvu celui qui le tient et on m'a dit que c'était par usurpation.
Il y a, au trésor et au volume VIII, fol. 280, le don fait, par madame Louise de Savoie, mère du roi François Ier, des protocoles de feu Me Claude Charreton, en son vivant prévôt et notaire de Beaujeu, à Hugues Charreton, son fils, du 21 janvier 1524.
Et, au volume V, fol. ri et 12 \ lettres de madame Anne, par lesquelles elle veut et entend que M. Antoine Charreton, son maîtred 'hôtel, écuyer, seigneur de La Terrière, assiste en tous ses conseils et affaires de la seigneurie de Beaujolais 2, tant deçà que delà la Saône. Ecrit a Moulins, le 28 juillet 15 19; il était capitaine et châtelain de Chalamont.
L'an 15 11, Jean Tiraudet, notaire de Villefranche, tua Antoine Charreton, aussi notaire dudit lieu, etc. Voyez en Suzanne de Bourbon \
XII. Les Ardillats, 65e paroisse, — Pays bon à blé, du diocèse de Maçon et de la collation du seigneur évêque. Le seigneur des Prés y dîme avec le chapitre de Beaujeu et le curé pour un sixième, avec quelques autres droits qu'il perçoit pour sa portion congrue.
La justice, avec le château des Prés de ladite paroisse, appartient à Claude de Thibaud, seigneur des Prés, La Tour, Romanèche , Le Terreau, le Mont-de-France et Tullon, à la réserve du greffe qui appartient à Mademoiselle. La vente de ladite justice haute, moyenne et basse, fut faite, le 29 octobre 1603, par les commissaires députés de M. le Duc, à Claude de Noblet, écuyer, seigneur des Prés, ensemble des cens, servis, rentes et autres droits seigneuriaux appartenant audit seigneur en ladite paroisse des Ardillats, dépendant des châtellenies et prévôté de Beaujeu, Coux, Alloignet et Tourvéon, avec permission de faire dresser des fourches patibulaires à deux piliers sur ladite terre et seigneurie des Ardillats, fors et excepté la forêt de Bourbey, assise en ladite paroisse, tant pour la propriété des fonds que de la totale justice que mondit seigneur s'était réservée, comme aussi sur l'étendue des fonds, feux et héritages qui sont au delà le ruisseau appelé le Bourbey, du côté de Beaujeu, lequel ruisseau servirait de limite pour ledit seigneur
1. C : au vol. 11 et 12. — 2. L, C, B : Janvier. — 3. C : en 1749, appartient à Me Jean-Baptiste Millière, écuyer, seigneur de La Terrière et dudit Régnié, etc.
et ledit acquéreur, à prendre depuis la forêt jusqu'à la rivière d'Ardières, et à la réserve aussi du ban, etc.
Ladite maison des Prés s'appelle de Saint-Romain-des-Prés et appartenait, depuis longtemps, à ladite maison de Noblet, comme appert d'un dénombrement baillé, le 3 mars 1539, par noble Antoine de Noblet et damoiselle Robine de Mirebel, sa femme, pour sa maison de Saint-Romain-des-Prés, assise en la paroisse des Ardillats. Plus, pour une rente noble qu'ils avaient droit de prendre es paroisse des Ardillats, Poule, Claveysoles et autres paroisses circonvoisines, et pour leur maison appelée la Tour-du-Mont-de-France, assise en la paroisse du Mont-de-France au pays de Maçonnais. Il y a eu depuis un autre dénombrement, du 12 juin iéoi, par Claude de Noblet.
La maison de Thibaud a encore acquis, de celle de Noblet, les fiefs de Vaillant et de La Roche qui sont en ladite paroisse. L'an 1603, au mois de novembre % S. M. créa et institua, par ses lettres patentes, deux foires par an audit lieu, l'une le lundi après Quasimodo et l'autre le jour de Saint-Pierre-aux-Liens, et un marché tous les samedis de chaque semaine.
XIII. Saint-Didier, 66e paroisse. — Pays bon à blé, au-dessus de Beaujeu, du côté du couchant; du diocèse de Mâcon; de laquelle le chapitre de Beaujeu est collateur et décimateur; la justice appartient à Mademoiselle et répond à la châtellenie de Beaujeu.
On fait un conte ou une histoire qu'autrefois Michel Nostradamus, auteur des Centuries qui portent son nom, a demeuré longtemps en cette paroisse, et que de là il allait souvent sur la montagne de Tourvéon contempler les astres et étudier ses prophéties. S'il est vrai, je m'en rapporte, il y a certaines gens dans le monde qui, quand ils ne sont pas de bonne maison, tachent de s'en faire accroire par quelque événement singulier dont ils croient tirer quelque avantage, comme celui qui se vantait que le roi lui avait parlé en lui disant : « Ote-toi de là, coquin. » Il en est de même de celui qui dit que Nostradamus a demeuré dans sa maison, comme si cet événement-là devait l'avoir anoblie, vu qu'il dit qu'il y vivait en coquin et qu'il n'avait pas de quoi payer sa dépense, et cependant on sait assez en Provence comme