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L, T, C, B, J : indépendants

point dans ce pays aucune ville décorée du titre d'évêché, ils ne laissaient pas d'aller de pair avec les ducs, marquis et comtes, puisqu'ils étaient hauts justiciers et avaient deux degrés de juridiction comme ils ont encore, car avoir bailli n 'appartient qu'aux seigneurs de haubert, c'est-à-dire qui relevaient nuement du roi \ et ce mot relever ne concerne pas la nature du fief, mais de la juridiction, et anciennement tous les seigneurs de fief de haubert avaient ce droit, prééminence et autorité que les appellations de leur bailli allaient immédiatement à la cour de Paris 2 ; lesdits seigneurs créaient des notaires en leurs terres, avaient leur scel, donnaient des sauvegardes à leurs sujets, faisaient apposer brandons, lesquels il n'était licite d'enfreindre, nul officier du prince n'eût osé entreprendre exercice de son état en la juridiction du seigneur de la qualité première, et si quelqu'un l'eût entrepris sans demander permission au seigneur ou à ses officiers, et. requérir assistance, il était constitué prisonnier et condamné à grosse amende et, s'il fallait signifier quelque chose à ces hauts barons, on envoyait un huissier ou sergent d'armes du roi, et cela en un temps qu'il n'était pas permis à un roturier d'acheter un fief noble.

X. — Quant à l'explication du fief de haut ber et par corruption de haubert, il faut savoir que te mot ber signifiait baron et que, pour distinguer les grands seigneurs d'avec ceux qui ne l'étaient pas, on les appelait seigneurs de hautbert, car, quoique les noms de baron et seigneur soient quasi de même signification, toutefois le nom de baron a quelque chose de plus que celui de seigneur et on peut dire que tout baron est seigneur, mais que tout seigneur n'est pas baron.

XI. — C'est la même différence qu'il y a entre chevalier et écuyer, ces derniers allaient après les chevaliers et apprenaient à bien faire à leur suite et étaient comme pages appelés couteliers et ne pouvaient s'armer de brigandines qui étaient chemises ou cottes de maille; il n'y avait que les barons qui eussent ce droit qu'on appelait feudum loricœ, et qui eussent le privilège de porter le haubert, c'est-à-dire équipage d'homme d'armes, et, quand le roi mandait à ses hauts barons de l'aller accompagner et servir en guerre, ceux-ci mandaient aussi leurs

i. G : Saint-Julien-de-Baleure'en ses antiquités de Bourgogne. — 2. L, T, C, B, J : cour des pairs.

vavasseurs et arrière-fiefe, tant chevaliers qu'écuyers, sous une même bannière, à penons armoriés de leurs armes, ou simples ou timbrées, et semées de leur cri ou devise et chacun était tenu de se rendre sous la bannière de son baron et seigneur, avec l'équipage requis, selon le devoir et qualité de ce qu'il tenait de lui ; c'est ce qu'on appelait feodum scutiferorum, à la diversité des armes et du service qu'ils devaient, et ceux qu'on appelait bannerets étaient ceux qui pouvaient lever bannière et servir avec bannières, et conduire et mener leur troupe sous une bannière différente de celles des barons, en ce qu'elle était carrée, non à penons et queues et ne pouvaient pas mettre sur les tours et portaux de leurs châteaux et places fortes, bannières, banderoles, ou penons, mais seulement des panonceaux, qui sont girouettes carrées et, quand en un même village il y avait deux châteaux, le plus seigneurial était appelé castrum et l'autre castellum.

Or, c'était une marque d'une grande noblesse quand un baron était suivi et accompagné de beaucoup d'hommes obligés à lui faire service, comme quand le comte de Foix alla voir le roi Charles VI à Toulouse, il était accompagné de 500 gentilshommes, dont il y en avait 200 tout couverts de soie \

XII. — Ces barons avaient leurs sceaux, il s'en voit beaucoup esquels est gravé un homme armé, embrassant son écu armorié de ses armes et monté sur un cheval caparaçonné ou bardé, le tout représentant un chevalier qui va furieusement au combat et, comme aux seuls princes et compagnons des princes il appartenait à s'intituler hauts et puissants seigneurs, aussi n'était-il permis qu'aux sires bers et barons de se qualifier tels, d'autant que sous ce nom de baron étaient compris les ducs, marquis, comtes et tous autres seigneurs qui relèvent immédiatement du roi en qualité de souverain et sont de son ban, lesquels on appelait sires, qui ne connaissaient autre juge que le roi, par-devant lequel et non autre ils pouvaient être appelés; et nous lisons dans la vie de saint Louis, composée par le sire de Joinville, que luimême vidait les procès et différends mus entre les nobles, car, pour le regard des vassaux, des barons, ils appointaient leurs difficultés par

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