SA VIE ET SES TRAVAUX XXVII
Les renseignements précis sur la vie de Louvet depuis la fin de ses études classiques jusqu'à l'année 1643 font absolument défaut. Dans les passages autobiographiques dont il a parsemé ses préfaces, il ne fait aucune allusion à sa famille, il parle peu de sa jeunesse et ne donne pas d'indications relatives à ses études de médecine et à la ville où il prit ses grades. On croit que, sa philosophie terminée, il vint à Lyon avec le père Louvet, dominicain ; il y séjourna peu de temps et, se décidant à étudier la médecine, il fréquenta les écoles d'Aix et de Montpellier. M. Berthelé pense qu'il ne prit pas ses grades dans cette dernière ville, car les registres de l'ancienne école de médecine ne contiennent pas son nom. Il suppose que c'est à Aix en Provence qu'il reçut le titre de docteur ; mais la disparition des Archives de l'Université d'Aix rend toute vérification impossible.
Moreri assure que Louvet revint à Beau vais, « où ne se trouvant pas fort à son aise, il prit le parti de retourner en Provence » . Ne serait-il pas permis de supposer que, malgré ses protecteurs, Nicolas Tristan et ses fils, le jeune médecin fut loin de recevoir de ses compatriotes l'accueil qu'il souhaitait. Son enfance passée à l'hospice, ses humbles fonctions de « garçon » auprès de Claude Tristan n'étaient point faites pour relever son récent diplôme. Dans un temps où la morgue de la bourgeoisie ne le cédait pas à la hauteur dédaigneuse de la noblesse, il fallait aux déshérités du sort, pour se faire une place dans le monde, soit un talent reconnu et incontestable, soit une géniale outrecuidance; le pauvre Louvet ne possédait ni l'un ni l'autre.
En 1643 r, il se fixa à Sisteron et l'année suivante, il était régent principal du collège de cette ville 2. Il remplit ces fonctions, alternant
1. Louvet écrivait, en 1677, dans la préface de la Vie de saint Tyrse : « Depuis 34 ans que j'ay l'honneur d'être retiré dans la ville de Sisteron. »
2. Voir la notice de M. Bancal, inspecteur primaire : L Enseignement à Sisteron : le collège et les écoles primaires. Forcalquier, 1895, in-8 de 120 pp. — Voir aussi la notice de M. Berthelé qui contient de nombreux extraits des registres municipaux de Siste-