‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 24 sur 216 · XXVIII PIERRE LOUVET · texte numérisé non relu

XXVIII PIERRE LOUVET

avec celles de régent secondaire, jusqu'en 165 1. Il avait voué un culte à la ville de Sisteron, qu'il appelle, à différentes reprises, sa seconde patrie. Dans le langage précieux du temps, il exposait ainsi, quatorzeans plus tard ', les raisons qui avaient déterminé son choix. Elles paraîtront sans doute quelque peu hyperboliques; mais lorsque l'on connaîtra mieux notre personnage on ne doutera pas de sa sincérité.

Si j'ay choisi ma demeure à Sisteron, ce n'a pas esté pour l'aspreté des Montagnes, ça esté l'ambition que j'avois d'acquérir quelque renom parmyle monde, & comme je me voyois beaucoup inférieur en cela, j'ay crû que la réputation de cette si célèbre ville qu'on peut appeler une escole et une pépinière de bons esprits, me l'a fait faire afin de profiter, parmy tant de bonnes testes, dequoy pouvoir un jour paroistre & à n'en point dissimuler la vérité, c'est là où j'ay le plus profité dans mes études, parmy la conversation des aussi célèbres Prédicateurs qui soient en France, des sçavans Magistrats qui mériteraient d'estre dans des Cours souveraines, de tant de Fameux Advocats qui font tous les jours paroitre à l'envy qui fera mieux retentir le barreau ; & en un mot de tant d'honorables personnes qui font profession des belles lettres, & qui composeraient une aussi belle Académie des bons esprits qu'autre ville qui soit en France.

Il établit donc sa maison à Sisteron; sa femme et ses enfants y séjournaient pendant ses nombreuses absences.

Louvet a dû se marier vers 1647, il épousa Marguerite Achard, dont la famille paraît être originaire des Hautes-Alpes 2. Une partie des

ron relatifs aux fonctions de Louvet comme régent du collège. Une des plus curieuses de ces pièces est le bail passé entre le consulat de Sisteron et Louvet pour la régence du collège pendant l'année 1644-45. Louvet s'engage « de bien et duement exercer la dite charge de régent avec tout le soin et dilligence requize et nécessère, et faire lecture publique aux lettres humaines et sellon la capacité des escolliers dans ledit collège à tous les jours et heures acoustumées et à toute personne qui les voudront enthendre, soit de la ville ou estrangers, sans rien prandre d'iceux pour les dites lectures publiques... et ce pour et moyennant le gaige de deux cens nonnante quatre livres de l'ordonnance paiable carton par carton... à la charge et condition que le dit Me Louvet sera tenu prandre pour la seconde classe Mc Pierre Monjesse, pour la troisième Mc Anthoine Revel, et pour la quatrième Mc Pierre Planchon... ausquelz pairra les gaiges à l'acoustumée moyennant la susdite somme aussi carton par carton... »

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